‘’On a des gouvernements sans leadership, qui n’ont pas de vision, qui n’ont que des visées’’ constate le panafricaniste, Dr Amzat Boukari-Yabara

LEFASO.NET | Oumar L. OUEDRAOGO • mercredi 3 mai 2017 à 17h30min

Historien, spécialiste de l’histoire politique et culturelle du panafricanisme, Dr Amzat Boukari-Yabara est un serviteur de l’idéal panafricaniste avec pour entres autres références, des leaders comme Kwamé Nkrumah, Jomo Kenyatta, Thomas Sankara. Ce Béninois d’origine (il est né d’un père Béninois et d’une mère Martiniquaise) est l’auteur de plusieurs publications dont les célèbres ouvrages « Nigeria », « Mali » et « Africa unite ! ». De passage le week-end dernier dans la capitale burkinabè dans le cadre des activités de la Ligue panafricaine, UMOJA/section du Burkina (structure à caractère panafricain qui lutte pour l’unité africaine), Dr Amzat Boukari-Yabara a bien voulu nous accorder un entretien à travers lequel, il jette un regard sans complaisance sur la vie du continent, ses structures, ses dirigeants, etc. Bonne lecture !

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‘’On a des gouvernements sans leadership, qui n’ont pas de vision, qui n’ont que des visées’’ constate le panafricaniste, Dr Amzat Boukari-Yabara

Lefaso.net : Peut-on savoir un peu plus sur votre bref séjour à Ouagadougou en ce moment ?

Dr Amzat Boukari-Yabara : Ma présence à Ouagadougou intervient dans le cadre d’un hommage que nous voudrons rendre à Kwamé Nkrumah, le premier Président du Ghana, premier Président panafricaniste, qui est décédé le 27 avril 1972. Comme j’étais à Ouidah (au Bénin) pour un colloque, j’ai demandé aux camarades de la Ligue panafricaine, UMOJA, de voir la possibilité d’organiser une rencontre, ici à l’Université OuagaI Pr Joseph Ki-Zerbo, autour de Kwamé Nkrumah et c’est dans ce cadre-là qu’une conférence publique a été donnée sur ‘’le panafricanisme comme solution aux défis alimentaires, sécuritaires et développement en Afrique’’.

Lefaso.net : Que peut-on retenir, de façon succincte, de ce thème que vous avez développé devant ce parterre d’étudiants ?

Dr Amzat Boukari-Yabara : On peut en retenir déjà la question des priorités ; c’est qu’aujourd’hui, l’Afrique est soumise à beaucoup d’urgences. On retient aussi qu’on a du mal à définir les priorités, parce qu’en fait, toutes les urgences sont imbriquées, les unes dans les autres et que la meilleure idéologie pour comprendre la globalité de ces urgences, c’est le panafricanisme (parce que, c’est justement une vision globale). On constate que la question de l’insécurité alimentaire découle souvent de l’insécurité tout court, etc. Donc, on a des cercles vicieux un peu partout sur le continent africain et que pour en sortir, il faut trouver la bonne échelle, la bonne mesure, pour rompre avec ces dépendances et le panafricanisme est probablement la plus intéressante, la plus pertinente aujourd’hui.

Lefaso.net : De nombreux Africains se disent favorables, et même défenseurs de l’idéal panafricaniste. D’abord, le panafricanisme, qu’est-ce que c’est ?

Dr Amzat Boukari-Yabara : Le panafricanisme, c’est l’unité sur des bases de résistances, de solidarité, de libération, d’émancipation et de volonté. Je pense que la notion de volonté est la plus importante. On peut être de manière passive, un panafricain ou un panafricaniste (pas de manière passive, mais on peut adhérer au panafricanisme sans avoir la volonté de transformer la société dans laquelle on évolue). Je pense qu’aujourd’hui, il est très important que l’on passe à cette volonté de transformation de nos sociétés, une volonté de transformation de la manière de faire de la politique, une volonté de transformation dans l’offre que l’on propose au peuple et surtout à la jeunesse. C’est très important (et je crois), c’est ce qui fonde le panafricanisme ; toujours apporter de la nouveauté, toujours apporter de la pertinence, toujours apporter une forme d’excellence.

Quand on regarde l’Afrique, on constate que les meilleurs filles et fils du continent ont tous eu une meilleure adhésion au panafricanisme. C’est la seule idéologie qui a réuni et produit autant d’Africaines et d’Africains qui sont admirés aujourd’hui ; aussi bien par la jeunesse (africaine, ndlr) que par le monde entier. C’est un mouvement, une école de formation, de pensée politique dont la jeunesse d’aujourd’hui doit s’emparer. Et pour que la jeunesse puisse s’en emparer de manière pertinente, il faut que ceux qui ont travaillé là-dessus, ceux qui enseignent, qui cherchent, soient en mesure de descendre justement auprès de cette jeunesse, dans un cadre militant, pour décortiquer et faire un premier travail auprès d’elle ; parce que, malheureusement, cette jeunesse est très souvent laissée à elle-même. C’est à nous, la génération précédente, de faire notre travail de formation et de conscientisation.

Lefaso.net : De vos observations sur le terrain, peut-on dire que les conditions sont réunies pour le panafricanisme ?

Dr Amzat Boukari-Yabara : Je pense qu’il nous faut travailler encore, dix à quinze ans. C’est-à-dire que ce que nous faisons actuellement, pendant dix, quinze ans, il faut le faire. Si on maintient le cap, les générations qui arriveront seront beaucoup plus fortes, plus puissantes, plus armées idéologiquement pour que le rapport de force et la masse critique soit présente. Et lorsque cette masse critique sera présente, je pense qu’il en découlera mécaniquement d’autres formes de pouvoir, d’autres formes de gouvernance, de régimes politiques et d’autres politiques beaucoup plus en adéquation avec ce que nous présentons aujourd’hui. Donc, je pense que la dynamique est bonne et qu’il faut s’y maintenir. Ce dont nous avons besoin en priorité aujourd’hui, c’est de former des formateurs ; parce que même s’il y a beaucoup de personnes qui se disent panafricanistes, il n’y en a pas, tant que ça, qui sont en capacité de participer à des mouvements sociaux, d’orienter des mouvements sociaux (du point de vue idéologique, pragmatique et théorique), qui sont en capacité aussi (je pense) d’apporter des éclaircissements à la notion de panafricanisme. C’est ce travail-là qu’il faut faire, former de plus en plus de personnes qui ont cette capacité-là, et je pense que dans les années qui viennent, le panafricanisme va nécessiter de recruter beaucoup de personnes et va offrir beaucoup d’opportunités, professionnelles et militantes à la fois.

Lefaso.net : Jeune, vous êtes déjà riche en publications sur le panafricanisme ; d’où est venue cette hargne de jeter votre dévolu sur ce combat ?

Dr Amzat Boukari-Yabara : C’est lié d’abord à une histoire personnelle. J’ai un père qui a toujours une fibre patriote et africaine et une mère qui est originaire de la Martinique (donc, qui appartient à la partie de la diaspora douloureuse, ceux qui ont été déportés de l’autre côté). Du fait de ce double régime, je suis déjà identitairement panafricain et très rapidement, dans mon parcours, j’ai constaté qu’il y a beaucoup de choses qui concernaient l’Afrique et qui me parlaient énormément. Quand j’avais six ans, que j’ai appris la mort du Président Thomas Sankara, c’est quelque chose que je ne comprenais pas, j’étais beaucoup petit, mais j’ai quand même ressenti quelque chose.

Quelques années plus tard, j’ai ressenti et compris quelque chose. Quand j’ai vu la manière dont Chris Hanis (militant politique d’Afrique du Sud, secrétaire général du Parti communiste sud-africain, assassiné le 10 avril 1993, ndlr), ce leader Sud-africain très populaire avait été assassiné. C’est à travers ces quelques figures de martyrs, que j’ai compris que cette idée d’unité africaine, de lutte et de résistance africaines, était fondamentale et que, si je devais mener des recherches, il fallait que je m’inscrive dans ce paradigme. Donc, je suis arrivé, dans le cadre de mes études, à m’intéresser à l‘histoire de l’Afrique, au panafricanisme, à produire un certain nombre d’ouvrages qui traitent de cette thématique puis à m’inscrire personnellement comme militant politique au sein de la ligue panafricaine, UMOJA, dont je suis devenu depuis quelques mois, le secrétaire général en charge du programme politique et des relations extérieures.

Lefaso.net : On note au passage que vous avez écrit deux célèbres ouvrages sur le Nigeria et le Mali. De quoi parlez-vous à travers ces deux productions ?

Dr Amzat Boukari-Yabara : J’ai écrit des ouvrages sur les deux pays, l’histoire du Nigeria et l’histoire du Mali. Ensuite, l’économie dans un second chapitre, l’actualité, la société et la culture. Ce sont donc des ouvrages-types, avec des sommaires assez identiques, qui permettent en fait de donner un aperçu général de la situation de ces deux pays. Ce qui permet à une personne qui souhaite s’instruire sur le Mali ou le Nigeria, d’avoir un livre qui peut se lire en une heure et trente minutes/deux heures, et qui lui donne les principaux éléments pour comprendre ces pays, notamment le Nigeria qui est le pays le plus important en Afrique, du fait de sa population et de son économie.

Lefaso.net : …Et sur le Mali, y-a-t-il une raison particulière ?

Dr Amzat Boukari-Yabara : Oui, parce qu’au départ, je voulais écrire l’histoire de trois pays ; le Nigeria, le Mali et l’Algérie. Ce sont trois histoires qui sont géopolitiquement liées (même si on ne le voit pas forcement). Je n’ai pas eu l’occasion d’écrire l’ouvrage sur l’Algérie, mais pour le Mali, j’ai tenu à l’écrire, parce que c’est un pays qui fait l’actualité. C’est un pays aussi qui a une histoire ancienne très importante avec les grands empires. C’est aussi un pays sur lequel, je pense, il est important de sortir des lectures un peu folkloriques et d’avoir des éléments un peu plus rigoureux et précis.

Lefaso.net : Et « Africa unite ! » ?

Dr Amzat Boukari-Yabara : C’est un ouvrage que j’ai écrit, qui fait 300 pages, qui, en fait, est donné à tout lecteur qui souhaite découvrir le panafricanisme dans ses grandes lignes (les grands personnages, les grands mouvements, les grandes idées, les grands débats, les grandes difficultés). Une fois qu’on a lu cet ouvrage, je pense qu’on est à mesure de se lancer dans le combat panafricaniste, de comprendre quelles sont les erreurs à ne pas commettre, de comprendre quels sont les points sur lesquels, des victoires ont été acquises et pourquoi ont-elles souvent été acquises au prix d’énormes sacrifices. Et, enfin, je pense que c’est un ouvrage de culture générale et de relations internationales à la disposition de toutes les personnes qui s’intéressent positivement à l’histoire de l’Afrique et sa diaspora.

Lefaso.net : L’Afrique a connu une époque dynamique avec des figures comme Jomo Kenyatta, Patrice Lumumba, Kwamé Nkrumah, etc. Qu’est-ce qui explique la rupture de la tendance par la suite (les dirigeants qui leur ont succédé n’ayant pas pu maintenir le cap) ?

Dr Amzat Boukari-Yabara : Oui, effectivement. Les dirigeants qu’on avait au moment des indépendances étaient de véritables hommes d’Etat, qui, souvent, avaient une formation mixte (une formation traditionnelle africaine et une formation occidentale), et qui avaient été capables de faire l’équilibre entre les deux influences.

Les générations qui vont arriver après sont des gens qui, la plupart, vont être éliminés violemment, ils n’auront pas le temps vraiment de dédier quelque chose à la postérité en termes de cadres d’éducation politique et ceux qui prendront souvent le pouvoir après ont été des militaires, des opportunistes, des personnes qui ont détruit ce qui avait été fait auparavant. Donc, il n’y a pas eu de transmission (je pense) du sens de l’intérêt public, de l’intérêt panafricain. Ce n’est que récemment, 1999/2000, qu’on voit quelques nouveaux dirigeants qui arrivent, qui tentent de s’inscrire dans cette posture, mais qui sont très loin...

Aujourd’hui, c’est ce dont nous avons besoin ; ce sont vraiment des écoles de formation politique pour nos cadres, pour nos dirigeants et qu’ils apprennent quels sont vraiment les enjeux internationaux, quel doit être le paradigme africain de résolution de conflits, le paradigme africain de construction d’un modèle de gouvernance politique, économique, sociale et culturelle. En clair, ce dont nous avons besoin aujourd’hui, ce sont des structures qui forment des conseillers de grande qualité, qui entourent vraiment nos dirigeants et qui les conseillent de manière efficace. Ce sont aussi des structures qui font que dans les mouvements partisans, lorsque quelqu’un est élu Chef d’Etat, ce soit quelqu’un qui ait participé aux luttes syndicales, aux luttes étudiantes, aux luttes politiques et non pas quelqu’un sorti du chapeau parce qu’il est un ancien fonctionnaire de telle ou telle institution internationale. C’est ce travail qu’il faut aujourd’hui réhabiliter et c’est un travail qui est très difficile, parce que malheureusement nos Etats ne s’engagent pas dans le soutien de telles initiatives (ils en restent beaucoup trop à la coopération, la multiplication des cadres de concertations, qui font qu’on ne trouve jamais le moyen de mettre les choses à plat et de réfléchir à quels types de dirigeants nous voulons pour l’Afrique de demain et en quoi les types de dirigeants que nous mettons en place conditionnent le visage de l’Afrique de demain).

Lefaso.net : Panafricanisme et émancipation de l’Afrique, faut-il lier les deux ?

Dr Amzat Boukari-Yabara : Oui, l’Afrique ne pourra pas s’émanciper sans le panafricanisme ; parce que même les inégalités de développement entre deux pays sont des sources de tension et de conflits. Le Burkina Faso doit comprendre que son intérêt est que le Bénin se développe et inversement. Si demain le Bénin se développe beaucoup et que le Burkina ne se développe pas, on va aboutir à des différentiels qui vont être des sources de conflits majeurs. Donc, aujourd’hui, s’il doit y avoir un développement, il ne peut qu’être panafricaniste. Il ne peut pas être purement national. D’autre part, les structures et les infrastructures font qu’aucun pays, à quelques exceptions près comme le Nigeria, n’a les moyens de se développer seul et autonome. Donc, il faut aujourd’hui mettre en place des structures transnationales, qui nous permettent de nous développer ensemble, de ‘’complémentariser’’ nos économies, faire circuler nos mains-d’œuvre de manière efficace et permettre à l’Afrique de parler d’une seule voix lors des grandes conférences internationales où, très souvent, elle est vaincue parce que soit elle part vaincue d’avance soit elle est tout simplement absente à la table des négociations, faute d’avoir trouvé soient des représentants compétents soient des représentants avec suffisamment de courage.

Lefaso.net : Cette émancipation de l’Afrique, doit-on l’arracher ou la négocier ?

Dr Amzat Boukari-Yabara : Là encore, ça dépend de la situation dans laquelle on est. Ça dépend donc d’avec qui on doit l’arracher et avec qui on doit la négocier ; parce que les puissances de domination sont de multiples échelles. Je pense qu’il est tout à fait possible de négocier une partie et possible d’arracher une autre. Maintenant, qu’est-ce qu’il faut négocier et qu’est-ce qu’il faut arracher, c’est cela le grand débat aujourd’hui sur lequel on doit réfléchir. Il faut y réfléchir, parce que les modalités d’arrachement, il faut les déterminer ; on n’arrache pas les choses sans une stratégie brutale. Or, qui dit stratégie brutale dit anticipation des mesures de rétention.

La négociation, je pense qu’il y a beaucoup de choses que l’on peut y gagner, dès lors que l’on est intelligent. Je pense que notre déficit (ce qui nous fait peur dans les négociations, alors que nous pouvons les gagner), c’est que nous ne maîtrisons pas notre propre compétence, notre propre paradigme et nos propres connaissances. Nous maîtrisons encore moins les paradigmes, les compétences et les connaissances de l’adversaire qui, lui-même, maîtrise parfaitement ses propres compétences et son propre paradigme et est en capacité de mieux comprendre notre paradigme que nous-mêmes, nous ne le connaissions. C’est ce qui explique qu’aujourd’hui, on a des Français qui se disent experts de l’Afrique, alors que vous ne verrez jamais un Africain dire qu’il est expert de la France. C’est dire donc que nous-mêmes, nous ne maîtrisons même pas notre propre paradigme, encore moins celui de l’adversaire, et avec ça, nous prétendons que nous allons les combattre alors qu’on sait que du point de vue intellectuel et mental, il y a beaucoup de mise à niveau à faire.

Lefaso.net : … D’où la nécessité du panafricanisme ?

Dr Amzat Boukari-Yabara : D’où la nécessité du panafricanisme. Après, il y a d’autres choses qu’on peut éventuellement arracher, mais pour y parvenir, il faut déterminer comment on peut les arracher. Je suis assez réservé sur les discours fondamentalement révolutionnaires, je suis assez réservé sur les personnes qui disent par exemple NON au Francs CFA, mais qui, dans leur quotidien, n‘ont toujours pas inventé autre une modalité de payer leurs produits que d’utiliser du franc CFA (ils vendent des T-shirts estampillés Non au franc CFA, mais pour vous les vendre, il faut les payer en franc CFA).

C’est pour cela vraiment que j’ai appelé à une insurrection de l’intelligence ; nous devons repenser les chaînes auxquelles nous sommes liés, parce que dans tous les cas, nous sommes comme dans l’image du cheval qui est attaché à une chaise et qui ne sait pas qu’il suffit qu’il bouge et la chaise tombe et qu’il peut partir ! On est un peu dans ce schéma-là. Je pense que nous sommes beaucoup trop dans l’attentisme, nous attendons que les choses viennent de l’extérieur, que l’on nous dise qu’on peut faire quelque chose, qu’on nous dise qu’il faut se réveiller, etc. Alors que non, chacun peut, au quotidien, apporter sa pierre et sa contribution.

Lefaso.net : Sur cette question de la monnaie qui fait l’actualité, pensez-vous donc qu’il faut d’abord avoir cet élément (de substitution), le mûrir, avant de mener le combat contre le franc CFA ?

Dr Amzat Boukari-Yabara : Oui, il faut sortir du Franc CFA, c’est évident. On a-là, plusieurs discours. Certains disent qu’il faut négocier le contrôle de la monnaie, c’est-à-dire rester dans le franc CFA, mais négocier son contrôle (c’est-à-dire mettre fin au droit de véto des Français au niveau du Conseil d’administration de la Banque centrale et faire en sorte que le franc CFA soit géré par les Africains, selon un mécanisme qui,au final,pourrait rester sensiblement le même…). Le principe même d’une monnaie commune est un bon principe. Moi, quand je quitte le Bénin que j’arrive au Burkina, le fait d’utiliser la même monnaie est en soit positif. Ce qui est négatif, c’est le fait que cette monnaie appauvrisse nos Etats respectifs. Ceux qui plaident pour un contrôle du franc CFA par les Africains, ont leurs arguments ; ceux qui plaident pour un abandon total du franc CFA ont aussi leurs arguments.

Mais,lorsqu’il s’agit de présenter des solutions, c’est moins clair ; parce qu’il y a plusieurs possibilités. Il y a la possibilité d’une monnaie commune à l’échelle des pays qui utilisent le franc CFA, il y a ceux qui parlent d’une monnaie commune à l’échelle de toute l’Afrique de l’Ouest (le Nigeria y compris), il y a ceux qui parlent d’une monnaie commune à l’échelle continentale et il y a ceux qui disent qu’il faut revenir à des monnaies nationales. On a donc quatre hypothèses probables, sur lesquelles il faut réfléchir, travailler. Je pense qu’il sera aussi pertinent de réfléchir à trois zones monétaires au niveau de l’Afrique de l’Ouest : une zone qui concernerait uniquement le Nigeria (la véritable puissance économique et monétaire, on ne peut pas sortir du franc CFA tant qu’on ne travaille pas la question de l’économie et de la production avec ce pays ; parce que si on sort de la monnaie, on change de paradigme, il faudra produire ce que nous consommons et à part le Nigeria, il y a très peu de pays qui ont une industrie digne de ce nom en Afrique de l’Ouest) ; la deuxième zone monétaire qui sera en fait les pays côtiers (les pays du Golfe de Guinée) et, enfin, une troisième zone monétaire qui sera constituée des pays sahéliens.

Adapter les zones monétaires aux zones agro-économiques ou environnementales, pour faciliter la convergence économique. Ce que j’ai exposé, certains économistes le défendent également. Après, dans l’idéal, le projet d’une monnaie commune africaine, ou d’une base monétaire commune à l’ensemble du continent africain, me semble la solution la mieux intéressante, la plus ambitieuse, audacieuse et je pense que c’est vers cet objectif que nous devons travailler, ne pas revenir à des monnaies strictement nationales, mais repartir en fait sur des politiques monétaires au minimum sous-régionales, voire continentales. Mais, en tout cas, le franc CFA ne peut plus être considéré comme un outil de développement, je crois que cette monnaie a perdu une grande part de sa crédibilité, au vu des résultats économiques des pays africains.

Maintenant, dans la façon dont le débat est mené, il y a beaucoup de choses qui me semblent contre-productives, qui me semblent un peu décalées, voire déplacées, qui ne sont pas suffisamment stratégiques. Sur les questions de boycott, il faut examiner par exemple quelles sont les classes sociales qui, par exemple, consomment des produits français, en sachant que même le fait d’acheter des produits chinois à partir du moment où on les achète en franc CFA, même si le produit français est boycotté, par le biais du contrôle monétaire, la France récupère ce qu’elle a perdu commercialement. Donc, ça ne change rien au problème. C’est la monnaie même qu’il faut boycotter donc. L’un des éléments commerciaux de boycott pertinents serait probablement de sensibiliser les Français immigrés en Afrique, ce qu’on appelle de manière induite les expatriés pour que, eux-mêmes qui ont souvent le pouvoir d’achat pour vivre et consommer à la française en Afrique, comprennent le sens du boycott de ces produits français. Je pense que si eux sont touchés de manière stratégique et intelligente, la question du boycott peut prendre une autre dimension.

Sinon, ce n’est pas le petit mécanicien de Ouagadougou, qui n’a pas du tout les moyens de consommer les produits français, ce n’est pas le fait qu’il boycotte quelque chose qu’il n’a pas les moyens de consommer, qui va changer quoi que ce soit à la question. Donc, il faut vraiment cibler la classe sociale, la petite bourgeoisie africaine, les étrangers qui font vivre le système de dépendance, ce système de bourgeoisie comprador, comme disait Amiral Cabral, qui repose sur la domination militaire, faire comprendre que cette question monétaire doit aussi être articulée à la politique menée par le Fonds monétaire international, qui est le véritable garant de la servitude monétaire telle qu’on la connaît.

Lefaso.net : Au même moment où le discours pour l’émancipation est tenu, la réalité est que les pays africains continuent de tenir des tables-rondes dans les capitales des puissances occidentales pour mobiliser des Fonds pour le financement de leurs projets et programmes de développement. N’est-ce pas un paradoxe ?

Dr Amzat Boukari-Yabara : Oui, c’est un paradoxe. En fait, quand un gouvernement arrive, il met en place un programme politique/programme d’action et très souvent, la seule question qui se pose, c’est comment financer son programme d’action. Alors que, je pense qu’il faudrait plutôt partir de qu’est-ce qu’on peut faire avant de réfléchir à comment trouver du financement. Quand vous interrogez un ministre sur tel ou tel projet (vous les journalistes), il va vous répondre que sur tel projet, le financement est en cours, etc., mais il ne va pas s’exprimer sur le fond du projet (c’est pour juste dire que le financement est en cours, l’Union européenne va nous donner tel montant…).

Il va limiter l’explication du projet même à la question du financement. Ça, c’est un problème structurel sur lequel, je pense sincèrement, qu’il faut que la société civile se positionne, qu’elle soit à mesure de produire des programmes politiques clé en mains, qui seront posés aux différents candidats, aux différents gouvernements. Ensuite, sur l’analyse d’aller à l’extérieur chercher de l’argent, là aussi, je pense qu’il y a un quiproquo ; parce que la catégorie sociale qui investit le plus aujourd’hui en Afrique, c’est la diaspora.

La diaspora burkinabè investit beaucoup plus au Burkina que la France ne le fait. Pourtant, c’est la France qu’on présente comme bailleur de fonds, comme premier investisseur, etc. Alors que c’est plutôt la diaspora. Le problème est que cette diaspora n’a pas de cadre économique d’investissements pour justement faire en sorte que cet argent investi puisse être injecté dans un véritable projet (circuit) de développement. Quand le Président Roch Kaboré vient à Paris, je suis à peu près certain, que s’il mobilisait la diaspora (burkinabè), il obtiendrait une somme supérieure à ce qu’il vient chercher auprès de l’Etat français. Mais, il ne le fait pas, parce qu’il y a des mécanismes institutionnels, qui nous font croire que la diaspora, c’est juste du folklore, juste de la représentation. Et s’il le faisait, il sera aussi obligé de mettre en place des logiques de droit de contrôle, etc.

Lefaso.net : Une sorte de mécanisme de redevabilité, voulez-vous dire !

Dr Amzat Boukari-Yabara :Exactement, ce sont tous ces enjeux-là qui montrent à quel point ces questions de développement et de financement sont des questions fondamentalement démocratiques. Des bailleurs de fonds sont devenus des partenaires techniques et financiers ; ce sont eux qui financent nos élections. C’est quand même grave, si nos élections ne sont même pas financées par nous-mêmes ! A partir de là, quelle est la légitimité des résultats qui en sortent ? Ce sont des problématiques sur lesquelles nous devons réfléchir. L’une des solutions serait qu’au niveau continental, au niveau africain, il y ait un véritable fonds de redistribution des ressources et des richesses ; une véritable taxation des transactions commerciales, qui font que toute valeur qui sort du continent africain serait taxée de 50 à 60% dans un fonds spécifique au niveau de l’union africaine et qui le redistribuerait en fonction des différents programmes au niveau national et régional.

Le paradoxe, c’est qu’aujourd’hui, l’Union africaine (elle-même) est une institution financée par l’Union européenne où la bureaucratie travaille pour proposer des programmes de développement à l’échelle continentale et lors des grandes réunions, les Chinois, les Américains, les Allemands, les Français ….viennent, chacun regarde le programme de l’Union africaine et chacun met ce qu’il veut dans le domaine qui l’intéresse. Donc, nos politiques de gouvernement, qu’elles soient à l’échelle d’un gouvernement, comme celui du Burkina, ou à l’échelle de l’Union africaine, ne sont en réalité que des appels d’offre. On ne fait que des appels d’offre. Et cela aussi est lié à la prégnance du secteur privé sur le secteur public. L’Etat s’est désengagé. Quand vous allez au Bénin, vous discuter, les gens vous disent que l’Etat ne sait plus diriger, l’Etat ne sait plus gouverner. Seul le privé sait gouverner, sait diriger. On se retrouve dans des situations où, finalement, on élit des personnes qui n’ont aucun pouvoir de décision économique et tout est organisé par des lobbies ou des agents du secteur privé qui ne vont pas dans le sens de l’intérêt du peuple et qui n’ont aucune responsabilité démocratique.

Lefaso.net : Donc, des gouvernants sans leadership !

Dr Amzat Boukari-Yabara : On a des gouvernements sans leadership, effectivement, qui sont principalement habilités à valider des choses qui les dépassent, en général et surtout des personnes qui n’ont pas de vision, qui n’ont que des visées. C’est-à-dire comment se maintenir au pouvoir, comment éviter de se faire taper les doigts par la France ou par les Etats-Unis, comment ne pas faire des vagues, comment bien se faire voir par les parents occidentaux, etc.

Lefaso.net : Après plusieurs années, le Maroc fait son retour dans l’Union africaine. Mieux, il tape même aux portes de la CEDEAO, comment analysez-vous ce mouvement du royaume chérifien ?

Dr Amzat Boukari-Yabara : Le retour du Maroc est un retour prévisible, puisqu’on sait que le pays est sorti il y a trente ans à cause de l’affaire du Sahara occidental. Pas plus tard qu’hier (l’entretien a eu lieu le 29 avril), le front Polisario a annoncé qu’il était prêt à se retirer d’une bande territoriale pour s’ouvrir à de nouvelles négociations. Ce conflit est gelé depuis 40 ans, on voit que ça commence à évoluer, positivement.

Personnellement, je considère que c’est une bonne chose que le Maroc vienne dans l’Union africaine et je pense que ce retour a été l’occasion de repenser fondamentalement ce qu’on entend par Union africaine, parce qu’aujourd’hui, on voit que la carte est en train de se reconstruire, un peu sur le modèle de l’Afrique que sur votre cahier. C’est dire que l’Afrique du nord est en train de se diluer ; une partie vise l’Afrique de l’Ouest, notamment le cas du Maroc, une autre partie vise l’Afrique de l’Est (c’est le cas de l’Algérie, la Tunisie, la Libye et l’Egypte). Donc, l’Afrique du nord est en train de disparaître du point de vue politique et géopolitique.

Quant à la demande d’adhésion à la CEDEAO, je pense que c’est quelque chose qu’il faut étudier avec beaucoup de prudence et beaucoup de rigueur et de critères. Dans l’Afrique du nord, notamment au Maroc et en Algérie, nous savons que la situation des Africains, noire de peau, est très mauvaise. Cette question-là, je pense qu’il ne faut pas transiger dessus, il faut exiger du Maroc (aussi bien de l’Algérie), qu’ils mettent bien une véritable politique pour lutter contre la négrophobie et la xénophobie. Tant qu’ils n’ont pas mis en place des lois qui protègent les noirs étrangers qui vont dans ces pays-là, je crois qu’il faut surseoir à leur adhésion à la CEDEAO et à laCEMAC (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale) pour l’Algérie.

Je crois que ce sont des principes de dignité fondamentaux. Ensuite, il faudra étudier les questions de libre circulation ; est-ce que le Maroc veut entrer dans ce contexte de libre circulation, pour quels intérêts, il faudrait aussi écouter les questions monétaires. Beaucoup de personnes pensent aujourd’hui que le Maroc a les moyens de servir d’agent français pour mettre en place un nouveau système qui ne serait pas le franc CFA, mais qui en sera proche. Il faut le dire, la France, elle-même, veut sortir du franc CFA (ce n’est pas parce que les gens s’agitent qu’elle veut sortir, mais elle cherche juste des stratégies pour passer à un autre type de relation monétaire qui lui permette de mieux conserver ses intérêtsdans un contexte de guerre économique et monétaire avec les Américains, les Chinois, etc.). Ce sont des éléments importants à prendre en compte. Le Maroc a aussi une diplomatie très active en Afrique, et je pense que d’autres pays doivent s’en inspirer pour mieux apprendre à défendre leurs intérêts. Ce retour doit être aussi regardé sous l’angle des relations qu’il peut entretenir avec d’autres puissances (idéologiques, culturelles), notamment au Moyen oriental. Je pense donc qu’il être assez ferme sur les modalités d’intégration politique du Maroc dans un ensemble ouest africain.

Lefaso.net : Un mot pour la jeunesse burkinabè !

Dr Amzat Boukari-Yabara : Je dirais que la lutte continue, elle ne s’est jamais arrêtée. C’est une lutte inscrite dans la durée, c’est une lutte qui a porté ses fruits par moment ; des fruits parfois amers, beaucoup de martyrs et de sacrifices, mais que néanmoins, quand on dit qu’on est Burkinabè, partout où on passe, on reçoit une forme de respect. Je pense que la jeunesse burkinabè doit avoir conscience de cela, de tout ce qu’elle inspire au reste du monde, de tout ce qu’elle peut encore apporter en termes de lutte et de stratégie révolutionnaire. Je lui conseillerai également de s’engager dans les structures politiques, la Ligue panafricaine UMOJA en fait partie, nous pouvons être retrouvée sur notre site internet et par le biais de la section Burkina de la Ligue panafricaine, UMOJA.

Entretien réalisé par Oumar L. OUEDRAOGO
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 3 mai à 14:40, par Bernard Luther King ou le Prophete Impie
    En réponse à : ‘’On a des gouvernements sans leadership, qui n’ont pas de vision, qui n’ont que des visées’’ constate le panafricaniste, Dr Amzat Boukari-Yabara

    Merci Dr Amzat. Vous êtes vraiment un panafricaniste :
    1) La preuve, c’est la preuve de votre militantisme litteraire : plusieurs livres ecrits sur l’Afrique. Bravo !
    2) Sur la question de la candidature du Maroc dans la CEDEAO. Votre reaction est celui d’un panafricaniste. Il ya non seulement la question des Noirs, mais il ya pire.En effet, les pays maghrebiens sont tous orientés CHARIA version DURE même s’ils sont paradoxalement signataires du Pacte International sur les Droits Civils et Politiques (ONU). Dans les faits, c’est ZERO ! En effet dans ces pays, leur concept de liberté de pensée, de conscience et de religion est diametralement opposé à celui de nos Etats Africains (Affaire Nasr Hamid Zayd en Egypte). En effet, il est interdit de convertir et interdit de se convertir à une autre religion. Ceci n’ajoute-t-il à la dangerosité d’une integration entre peuples ?
    3) C’est pourquoi, le panafricanisme doit aussi chercher à soutenir la lutte des intellectuels Marocains, Tunisiens et surtout Egyptiens dans leur martyr contre l’establishment indeboulonnable. Vive le panafricanisme des intellectuels maghrebiens visionnaires.
    4) Vous avez trouvé l’expression juste et sacré pour ce qui concerne le changment en Afrique : Insurrection de l’Intelligence. Vous ne croyez pas si bien dire ! On continue de confondre "être lettré" et "être intellecuel". Dans cette jungle de survie sur terre entre les peuples, que les meilleurs gagnent !
    A bas Dieu et Vive le respect de la vie d’autrui sur les routes !

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  • Le 3 mai à 15:37, par Nansamda
    En réponse à : ‘’On a des gouvernements sans leadership, qui n’ont pas de vision, qui n’ont que des visées’’ constate le panafricaniste, Dr Amzat Boukari-Yabara

    Merci Docteur pour votre engagement.
    Les dirigeants africains ont besoin du soutien des intellectuels et des populations pour prendre des décisions qui libéreront l’Afrique.
    Chacun de nous dans son environnement doit prôner la libération de l’Afrique à travers des discours qui encouragent et qui valorisent les africains. Parler surtout de l’histoire de la vraie Afrique. L’Afrique des valeurs humaines, l’Afrique de la science, l’Afrique de la civilisation. Exemple l’Empire du Mali.
    Bon courage à nous tous !

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  • Le 3 mai à 16:33, par Alexio
    En réponse à : ‘’On a des gouvernements sans leadership, qui n’ont pas de vision, qui n’ont que des visées’’ constate le panafricaniste, Dr Amzat Boukari-Yabara

    Ce n est pas la faute a l ancien President francais, le bouillant Nicolas Sarkosy quand il nous giflent en masse. Comme quoi que l Afrique ne s est pas affirmer dans l histoire comptemporaine des hommes. Aucun President africain n a eu le culot de lui arreter de son mensonge historique.

    D abord l Afrique reconnue comme le berceau de l humanite continu toujours de livrer le lait de ses mamelles( Nos matieres premieres) a d autres enfants eloignes et ingrats qui veulent plus la reconnaitre comme leur Source de la vie. Bref ! notre grand dilemme est que nous sommes aujourdhui diriges par des dirigeants a la solde de d autres peuples et les puissants familles de la metropole par le biais de nos fils- a- papa de la releve politico-sosial qui sont herites de generation en generation.

    Beaucoup d entre eux ont ete pistonnes et prepares pour cette releve au service toujours de meme cercle des maitres de ce monde. Les Rothschilds et autres familles manipulateuses dans tous les secteurs de l economie mondiale.

    L arret subit de notre revolution est un temoignage tres concret ou Blaise Compaore trahissant son ami qui n aura plus dans sa vie. L argent et la gloire etait son butin. Ou il est aujourdhui ? Dans la fuite avec tous les deshonneurs qu un ancien demi-dieu de son temps ne pouvait s attendre une fin.

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  • Le 3 mai à 19:21, par La’cCord
    En réponse à : ‘’On a des gouvernements sans leadership, qui n’ont pas de vision, qui n’ont que des visées’’ constate le panafricaniste, Dr Amzat Boukari-Yabara

    "C’est à nous... de faire notre travail de formation et de conscientisation." Approuvé !

    La Société Civile Africaine est l’alternative la plus crédible contre la perpétuation de la colonisation et de l’esclavage dans toutes leurs formes. Car les chefs d’Etat africains sont en réalité des occidentaux, sans aucune culture ni éducation africaines. Et c’est pourquoi ils volent les ressources des Etats africains aller placer en occident : maisons, comptes bancaires, etc. Ils n’aiment pas l’Afrique, et ne se sentent d’aucune appartenance aux autres Africains qu’ils osent souvent désigner "mon peuple", "mes frères", "chers compatriotes", etc.

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  • Le 4 mai à 09:24, par LUSTRE
    En réponse à : ‘’On a des gouvernements sans leadership, qui n’ont pas de vision, qui n’ont que des visées’’ constate le panafricaniste, Dr Amzat Boukari-Yabara

    « La valeur de toute chose est fonction de la valeur que l’on lui porte ».
    « Les Hommes les plus respectés, enviés et pris en exemple de part le monde sont ceux qui ont eu, ou ont eu à défendre des valeurs telles : l’amour du prochain, la tolérance, l’intégrité. La capacité à amasser la fortune n’y fait pas partie »

    - Quant les africains partent aux USA ou en Europe, ils reviennent tous en disant « Ces gens la sont trop en avance sur nous, Je ne pense pas que nous pourrons les rattraper un jour »

    - Faisons en sort que lorsque les américains viennent en Afrique qu’ils nous envient en disant : « Les Africains sont trop en avance sur nous, ils n’ont pas d’argent mais ils ont des vertus, ils sont intègres et plein d’amour. Je ne pense pas que nous pourrons les rattraper un jour »

    Thomas SANKARA , n’était ni un richard, ni un scientifique. Mais, force est de reconnaître qu’il est respecté à travers le monde pour son intégrité.

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