Libéralisation du secteur de l’énergie : Les professionnels de l’APET-BF saluent la vision du gouvernement, mais suggèrent un meilleur encadrement

LEFASO.NET | Par Oumar OUEDRAOGO • jeudi 27 avril 2017 à 23h21min

L’Association des professionnels des énergies et télécoms du Burkina (APET-BF), créée en avril 2016 (http://lefaso.net/spip.php?article70652), a marqué un arrêt sur l’an de son existence. Occasion pour les responsables de l’organisation de revisiter les textes fondamentaux, afficher les perspectives pour l’année en cours et se prononcer sur la libéralisation du secteur de l’énergie au Burkina. La rencontre s’est tenue dans la soirée de vendredi, 21 avril 2017 au siège de la Fédération des églises et missions évangéliques (FEME) à Ouagadougou.

Libéralisation du secteur de l’énergie : Les professionnels de l’APET-BF  saluent la vision du gouvernement,  mais suggèrent  un meilleur encadrement

Un an d’existence, c’est certes peu dans la vie d’une organisation comme celle-là, mais de l’avis de ses responsables, c’est propice pour jauger ses premiers pas, corriger les insuffisances pour mieux avancer. Car, dit-on, qui veut aller loin ménage sa monture. C’est à ce pragmatisme que se sont consacrés les membres de l’Association des professionnels des énergies et télécoms du Burkina (APET-BF). L’instance s’est donc penchée sur les textes fondamentaux de l’organisation pour mieux prendre en compte des réalités, après une année de fonctionnement et d’observations sur.

C’est aussi le moment de faire le point des activités menées au cours de l’année et d’examiner de nouvelles demandes d’adhésion à l’organisation. Ainsi, on retient entre autres qu’en douze mois d’existence, l’APET-BF a pu tisser des liens avec des institutions publiques qui entrent dans son champ d’action ; à l’image du ministère de l’énergie, la Chambre de commerce, la SONABEL (Société Nationale d’Electricité du Burkina). Toujours dans ce chapitre, l’APET-BF a noué des contacts avec des organisations sœurs et dans bien d’autres domaines à l’image de la JED (Journalistes et Communicateurs pour les Energies et le Développement durable).

Dans ce laps de temps, l’APET-BF est parvenue également à mettre en place un dispositif interne d’assainissement du milieu de l’énergie, a pu participer à des activités de formation sur des aspects liés non seulement à la vie des entreprises, mais également à son secteur d’activités. L’une des actions majeures en cette première année est sa participation aux élections consulaires (http://lefaso.net/spip.php?article74166), en novembre 2016. Un moment qui a permis à l’association de partager sa vision du secteur.

Fort des acquis engrangés, et surtout conscients des défis, les professionnels des énergies et télécoms du Burkina ont ciblé cette année, des actions pointues. « Il s’agit d’élargir l’assiette de partenariats avec d’autres structures de professionnels ; qu’ils soient du milieu de l’énergie que d’autres domaines pouvant être utiles à notre organisation. L’APET-BF veut donner un réseau d’électricité fiable et sécurisé à la SONABEL, parce que la plupart de ses travaux, c’est nous qui les exécutons (création de nouvelles lignes par exemple). Nous nous sommes donné pour objectif de fournir un travail de qualité pour qu’au finish, ce soit le client qui soit vraiment le bénéficiaire. En ce qui concerne les travaux de services (installations dans les bâtiments, prestations privées), nous nous sommes donné pour obligation de faire des installations en fonction des normes en vigueur, pour qu’on n’entende plus qu’une maison a pris feu à cause d’un coup circuit, que quelqu’un consomme de l’énergie au-delà du normal parce que son installation a été mal dimensionnée, que les gens ne se plaignent pas des plaques solaires, que nous n’entendions plus des propos de certaines autorités qui n’ont pas la bonne information que dans tel ou tel autre domaine, le Burkina ne dispose pas d’ingénieurs ou de spécialistes (par manque d’informations simplement) », explique le secrétaire général de l’APET-BF, Carl Frank Nikiéma.

Le président de l’APET-BF, Emile Ouédraogo (au milieu) avec à sa droite, son secretaire général, Carl Frank Nikiéma

De son avis, il y a donc nécessité de poursuivre et d’intensifier le travail de communication pour faire connaître davantage l’organisation, non seulement auprès des institutions publiques, mais également des populations. « Nous voulons que les populations puissent avoir facilement accès aux professionnels du domaine pour leurs travaux ; cela va leur permettre, en plus de la faveur des coûts, d’avoir des installations qui minimisent les risques. C’est dans cet esprit que nous allons aussi miser sur la formation des membres et partenaires (électriciens de la mairie de Ouagadougou pour l’éclairage public) », confie Carl Frank Nikiéma. Il s’agit pour l’APET-BF, d’offrir des ouvrages de qualité et apporter son soutien à l’Etat dans sa politique énergétique.

Le président de l’APET-BF, Emile Ouédraogo, précise que l’accent sera mis cette année sur la mobilisation des acteurs pour plus de prestations de qualité aux populations. L’instance a accouché de la mise en place d’une commission pour réfléchir sur toutes ces actions ciblées. « Souvent, les populations sont dans le besoin, mais ne savent pas à qui s’adresser. Si fait qu’elles sont obligées de se confier à des individus qui se disent électriciens, mais qui, en réalité, ne le sont pas du tout. Dès lors, ce sont les populations qui en pâtissent. Voilà pourquoi, en tant qu’organisation de professionnels, nous allons mettre l’accent aussi sur la communication. Nous voulons que les populations, dans leurs besoins, sachent à quelle structure s’adresser. C’est une mesure de fiabilité et de sécurité pour le consommateur et pour l’ensemble des populations… », a expliqué le président de l’APET-BF, M. Ouédraogo.

Le président de l’APET-BF, Emile Ouédraogo

Cette rencontre, tenue 24 heures seulement après le vote de la loi consacrant la libéralisation du secteur de l’énergie au Burkina, a été mise à profit pour saluer cette décision gouvernementale. Cette loi autorise ainsi les sociétés privées à s’investir dans la production et la vente de l’électricité. Elle consacre, entre autres, la suppression de la segmentation permettant l’installation de producteurs indépendants d’électricité sur l’ensemble du territoire national, la possibilité pour les clients de s’approvisionner en électricité auprès des fournisseurs de leur choix.

Sous réserve de prendre connaissances de son contenu, les membres de l’APET-BF pensent que le Burkina vient de marquer un tournant important dans le domaine de l’énergie. De leur avis, cette option, bien ficelée, peut bien profiter à l’Etat et aux populations. « …parce que, si on laisse le domaine à des multinationales, on peut aussi regretter cette ouverture. Il faut d’abord faire un travail de base ; de sorte que même si les multinationales arrivent, elles trouvent déjà un barème à partir duquel, elles vont travailler. (…). Nous pourrions aussi avoir des propositions à ce niveau pour qu’au finish, l’énergie ne soit plus un luxe pour les populations et pour le Burkina », suggère le secrétaire général de l’APET-BF, Carl Frank Nikiéma.

Représentée à ce jour à Bobo-Dioulasso (région des Hauts-Bassins), Koudougou (dans le Centre-ouest), Ouahigouya (dans le nord), Tenkodogo (au Centre-est), Fada N’Gourma (dans l’Est), Djibo (dans le Sahel), l’APET-BF entend couvrir dans un court terme, les autres localités du pays.

Peut adhérer à l’organisation, toute entreprise à jour vis-à-vis de la réglementation nationale (régis de commerce, sécurité sociale, fiscalité, etc.), qui respecte les exigences de compétences et d’engagements et qui emploie au moins cinq personnes.

O.L.O
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 28 avril 2017 à 09:20, par Le Citoyen En réponse à : Libéralisation du secteur de l’énergie : Les professionnels de l’APET-BF saluent la vision du gouvernement, mais suggèrent un meilleur encadrement

    Je suis tout à fait d’accord avec vous, il faut un encadrement parce que le tout n’est pas la libéralisation. Certains l’ont fait à la va-t’asseoir mais l’ont regretté, ni l’état ni les populations n’en bénéficient à la fin. C’est donc une bonne de libéraliser mais le plus essentiel, c’est l’encadrement.
    En ce concerne, c’est une bonne idée de vous connaître des populations pour ne pas qu’on victime des électriciens de nom qui font monter nos factures d’électricité et bousillent nos appareils. Pourquoi pas un salon des professionnels de votre organisation, une plateforme en ligne (page Facebook-site web-) annuaire, représentation par zone dans les grandes villes).

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