Dix ans de sa grève historique : Le SAMAE exige toujours la satisfaction de sa plateforme revendicative

Ceci est un communiqué du syndicat autonome des agents du ministère des affaires étrangères (SAMAE). • dimanche 9 avril 2017 à 19h21min

Le Syndicat autonome des agents du ministère des Affaires étrangères (SAMAE) commémore aujourd’hui le dixième anniversaire de sa grève du 10 avril 2007. En rappel, cette sortie revendicative avait entrainé le licenciement des élèves diplomates et la fermeture de l’Institut Diplomatique et de Relations Internationales (IDRI) par les autorités de l’époque. Dix ans après, le SAMAE se rappelle de cette grève et déplore la non-satisfaction des points de sa plateforme.

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Dix ans de sa grève historique : Le SAMAE exige toujours la satisfaction de sa plateforme revendicative

Il y a de cela dix (10) ans, les travailleurs du Ministère en charge des Affaires étrangères, répondant à l’appel de leur syndicat, le Syndicat autonome des Agents du Ministère des Affaires Etrangères ont organisé une marche pour exiger la satisfaction de leur plateforme revendicative soumise à l’administration, dont les points saillants étaient entre autres l’octroi d’un plan de carrière, d’indemnités de logement, de sujétion et l’adoption d’un statut particulier au profit des agents.

Dénonçant en toute légalité les conditions précaires de travail au sein de leur département, ils ont subi la férule des autorités politiques et administratives de l’époque qui, au mépris des textes pertinents, les ont durement réprimés. En effet, dans sa séance du 23 mai 2007, le Conseil des Ministres a administré des sanctions à l’encontre des manifestants qu’il a justifié en ces termes : « Les participants aux manifestations de rue du 10 avril 2007, ont manqué aux règles administratives et à l’éthique du corps de la diplomatie burkinabè et cela jette un discrédit sur l’ensemble des composantes de la diplomatie burkinabè tout en constituant une faute d’une extrême gravité ». Ces sanctions étaient :

-  un avertissement avec maintien à leur poste de trente-cinq (35) agents ;
-  un blâme avec reversement au Ministère de la Fonction Publique et de la Réforme de l’Etat pour redéploiement dans d’autres administrations de cent cinq (105) autres.

En plus de ces sanctions, rappelons que le Conseil des Ministres du 11 avril 2007 avait décidé de fermer l’Institut Diplomatique et de Relations Internationales (IDRI), interrompant la formation de dizaines de cadres.

En réaction à ces décisions manifestement illégales et liberticides du Gouvernement, le SAMAE a opté de saisir les juridictions compétentes pour rétablir le droit. C’est ainsi que par ordonnance n°041 du 26 juillet 2007, le Tribunal Administratif de Ouagadougou a prononcé un sursis à exécution de la Décision n°2007-0085 /MFPRE/SG/DGFP/DPE du 1er juin 2007 portant reversement de 105 militants du SAMAE avant de procéder à son annulation.

Ces Décisions judiciaires sont la preuve que non seulement la marche du 10 avril 2007 était conforme aux lois et règlements en vigueur, mais aussi et surtout montrent à souhait que les Décisions du Gouvernement de l’époque n’étaient rien d’autre que des manœuvres relevant de la cabale politique, ourdie contre les militant(e)s du SAMAE.

Malgré les tentatives du SAMAE pour faire appliquer la Décision d’annulation du Tribunal administratif, le Gouvernement est resté sans réaction. Ce n’est qu’en 2012 que le Conseil des Ministres, en sa séance du 07 mars, a « instruit le ministre des Affaires étrangères et de la coopération régionale ainsi que le ministre de la Fonction publique, du travail et de la sécurité sociale à de prendre les dispositions nécessaires pour évaluer la situation et organiser leur le retour progressif » des 105.
En ces instants d’intenses souvenirs, le SAMAE, dans un esprit de dialogue républicain, réaffirme son engagement à poursuivre la défense sans relâche des intérêts moraux et matériels de ses militants. C’est la raison pour laquelle, il interpelle les autorités compétentes à se pencher sur la situation du Ministère en charge des Affaires étrangères. Aussi regrette-t-il que les principales revendications qui ont justifié la marche du 10 avril 2007 demeurent d’actualité. Il s’agit entre autres de l’adoption du statut autonome, du plan de carrière et de l’indemnité spécifique au profit des agents.

Par ailleurs, le SAMAE reste déterminé à obtenir réparation du préjudice subi, aussi bien par lui-même, en tant que personne morale, que par chacun des militants qui ont été affectés par les décisions illégales du Gouvernement. Il nourrit l’espoir que le dossier par lui soumis au Haut Conseil pour la Réconciliation et l’Unité Nationale (HCRUN) trouvera une issue heureuse et que l’Etat s’amendera à travers une juste et équitable réparation.

Ce dixième anniversaire donne l’occasion au Bureau National du SAMAE de rendre un vibrant hommage à l’ensemble de ses militants qui ont toujours su se mobiliser quand les circonstances l’exigent. Par ailleurs, il remercie l’ensemble du monde syndical pour son soutien constant, particulièrement pendant les moments consécutifs aux évènements du 10 avril. Enfin, qu’il lui soit permis de faire une mention spéciale à la presse nationale, dont le professionnalisme dans le traitement de l’information, a donné un écho favorable aux actions du SAMAE.
« Ni partisan, ni courtisan, la cause est commune. »

Pour le Bureau National,
Le Secrétaire Général

Wendpanga Jean Didier RAMDE

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Vos commentaires

  • Le 9 avril à 14:02, par tout est pire qu’avant
    En réponse à : 10 avril 2007- 10 avril 2017 : 10 ans de lutte du syndicat autonome des agents du ministère des affaires étrangères

    oui félicitation mais sachez que votre ministère recule
    un exemple la liste des rappelés de 2017 n ’est toujours pas sortie , ce qui était fait avant des janvier

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  • Le 10 avril à 06:57, par LE PAUVRE
    En réponse à : 10 avril 2007- 10 avril 2017 : 10 ans de lutte du syndicat autonome des agents du ministère des affaires étrangères

    Mon frère tout est pire qu’avant, vous aviez fait une observations car c’est un ministère où tout est pourri n’importe qui qui se lève demande à aller servir dans mes représentations diplomatiques et consulaires juste pour faire ses affaires et c’est cet ministère qui doit prendre en charge ses rémunérations mensuelles par le budget alloué au Ministère des Affaires Etrangères pendant cet temps cet agent qui relève d’autre département ministériel a été budgétisé dans son ministère en plus se sont les gens souvent qui se battent pour qu’on voit à la rabais le budget alloué au Ministère de Affaires Etrangères. Hier j’échangeais avec un parent qui se trouve dans une représentation diplomatique et quand il s’agit de la question de la loi 081 n’est pas appliquée à leur niveau. Et aujourd’hui s’ils n’ont toujours pas publié la liste des rappelés c’est qu’ils (les tous puissant) du central veulent placer leurs copines, copains, cousins ; amis qui viennent encore de dehors au détriment de nos vaillants agents formés dans la diplomatie. Chez les enseignants, agents de santé, agriculture et autres personne n’est fou en voulant pointer son gros nez dans leurs organigrammes en affectant ou nommant un corps étranger là-bas. Sinon je connais très bien ce syndicat qui nous a couvert les portes de se battre sans crante avec leur courage et engagement qu’ils ont mené dans les année 2005. SAMAE que Dieu te bénisse en protègeant tes fidèles.

    Répondre à ce message

  • Le 10 avril à 08:24, par juste
    En réponse à : 10 avril 2007- 10 avril 2017 : 10 ans de lutte du syndicat autonome des agents du ministère des affaires étrangères

    Bonjour chers militants du SAMAE, vous avez tous nos encouragements et sachez que seule la lutte libère.

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  • Le 10 avril à 08:41, par juriste
    En réponse à : 10 avril 2007- 10 avril 2017 : 10 ans de lutte du syndicat autonome des agents du ministère des affaires étrangères

    Félicitations pour cette commémoration qui nous rappelle que les libertés syndicales n’ont pas toujours été protégées comme il se doit au Burkina. Si l’Etat a reconnu son tort en revenant sur le reversement des 105 diplomates, il n’en demeure pas moins qu’ils ont été des victimes et que à ce titre, ils doivent être dédommagés. Un diplomatie rayonnante ne peut s’accommoder de diplomates miséreux, parents pauvres de la fonction publique. Espérons que le régime de RMCK aura une meilleure vision de la diplomatie en mettant l’accent sur la qualité des ressources humaines, le professionnalisme et l’amélioration des conditions de vie et de travail des acteurs de la diplomatie.

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  • Le 10 avril à 12:04, par Rwalian
    En réponse à : Dix ans de sa grève historique : Le SAMAE exige toujours la satisfaction de sa plateforme revendicative

    JOURNEE DE COMMEMORATION DU 10 AVRIL 2007

    Samedi 15 avril 2017

    THEME : 10 avril 2007-10 avril 2017, dix ans de lutte du Syndicat autonome des Agents du Ministère des Affaires Etrangères (SAMAE), bilan et perspectives

    08h 30mn – 08h 55mn : Mise en place des participants

    09h 00mn – 09h 30mn : Cérémonie d’ouverture

    09h 30mn – 10h 30mn : Communication sur le thème « La problématique des libertés syndicales à l’épreuve des évènements consécutifs à la manifestation du 10 avril 2007 » ; Bassolma BAZIE, représentant de l’Unité d’Action Syndicale (UAS)

    10h 30 – 10 h 45 mn : Pause-café

    10h 45mn – 11h 45mn : Communication sur le thème « 10 avril 2007, contexte et épilogue d’un sursaut syndical » Mamadou ILBOUDO, Premier Conseiller près l’Ambassade du Burkina Faso à Abidjan

    11h 50mn – 12h 50mn : Communication sur le thème « Le SAMAE à l’épreuve des évènements du 10 avril 2007, facteurs de survie d’une jeune organisation syndicale » Dr Boniface SOME, Ancien Secrétaire Général du SAMAE

    13h 00mn : Cérémonie de clôture suivie d’une Collation

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  • Le 10 avril à 14:29, par Cheikh
    En réponse à : Dix ans de sa grève historique : Le SAMAE exige toujours la satisfaction de sa plateforme revendicative

    Chers syndicalistes, il vaut mieux encore prendre votre mal en patience ! Si vous n’avez pas pu résoudre vos problèmes au temps du régime déchu, continuez à négocier souplement avec le nouveau régime, mais sans trop d’exigences. Car nous voyons tous que malgré toute la bonne volonté de ce gouvernement, il paraît à tel point enseveli sous les revendications, que nous semblons tous encore loin du bout du tunnel.

    Répondre à ce message

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