Attaque de Yimdi : Le Sergent-Chef Ali Sanou endosse, mais reconnait que le commando a été professionnel !

LEFASO.NET | Par Tiga Cheick Sawadogo • lundi 3 avril 2017 à 08h44min

Son témoignage était très attendu et pendant près de 5 heures d’horloge ce 1er avril 2017, le Sergent-Chef Ali Sanou était à la barre. Le cerveau de l’attaque de Yimdi n’a pas nié les faits, mieux, il a expliqué comment il a organisé l’opération. « Je ne suis pas fier de ce que j’ai fait, mais il faut reconnaitre qu’on a été professionnels », a-t-il dit.

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Attaque de Yimdi : Le Sergent-Chef Ali Sanou endosse, mais reconnait que le commando a été professionnel !

Premier à passer à la barre ce 1er avril, le Sergent Ollo Stanislas Poda a reconnu sans ambages avoir participé à l’attaque de Yimdi. Il a dirigé un des deux groupes constitués. C’est lui qui aurait fait la reconnaissance des lieux. Complot militaire, vol aggravé, détention illégale d’armes à feu et de munitions, violence et voies de fait, désertion à l’étranger en temps de paix, ce sont les cinq infractions qui pèsent sur lui.

C’est lui qui a neutralisé la sentinelle en faction, et à l’en croire, ce ne fut pas difficile. « Je n’avais aucune arme. C’est le genre de mission que je peux faire sans armes(…).Le garde était assis sur son lit, manipulait son portable et portait des écouteurs(…) », a-t-il laissé entendre.

Le commissaire du gouvernement n’est pas convaincu qu’il n’avait pas d’armes sur lui, en désarmant la sentinelle. « C’est quand quelqu’un est vigilent qu’on peut l’attaquer avec une arme. S’il n’est pas concentré, pourquoi gaspiller ses munitions ? », a-t-il interrogé, avant de préciser que le chef (Ali Sanou) leur a demandé de ne pas faire de blessés ni de morts.

Parce que l’opération s’est passée sans victimes alors qu’ils auraient pu faire des dégâts, le sergent Allo Stanislas Poda dira entre autres que, « bien vrai, on a déconné, mais on est restés professionnels ». Et en tant que chef de groupe, il fera savoir « qu’un sergent, ce n’est pas n’importe qui ».

« Ils ont été professionnels »

Lors du procès dit Madi et autre, le sergent-chef Ali Sanou avait promis de dire toute la vérité dans l’attaque de Yimdi. Ce 1er avril, il a eu le temps de s’expliquer, pendant près de cinq heures. Appelé à la barre, il a tenu à s’excuser auprès de ses frères d’armes qu’il a embarqués dans l’affaire. Selon lui, ils n’étaient au courant de rien, puisque rien n’a été préparé.

Depuis la Cote d’Ivoire où il s’était réfugié, il avait son plan mais n’aurait rien dit aux hommes. Répondant à l’une des cinq infractions qui plane sur lui, la désertion à l’étranger en temps de paix, il fera savoir que ce n’était pas un temps pour lui, au regard des menaces dont il faisait l’objet. « Ce n’était pas un temps de paix pour moi. Si j’étais resté, peut-être que je ne serai pas devant votre barre aujourd’hui pour témoigner », a-t-il lancé au président du tribunal, Seydou Ouédraogo.

En tant que Sergent-Chef, il a su trouver les mots qu’il fallait pour convaincre certains de ses frères de rentrer au pays. Lui par exemple leur a dit qu’il se rendrait, parce que les conditions de vie au bord de la lagune Ebrié étaient très difficiles.

Une fois rentré au pays, c’est en quelques heures qu’il a mobilisé les hommes pour passer à l’action, et c’est sur la route de Yimdi qu’il a décliné ses intentions. « J’avais besoin d’un effectif de 10, 12 hommes pour faire quelque chose ».

Avant de passer à l’attaque, il a constitué deux groupes en leur donnant la même mission et les mêmes consignes. Neutraliser la sentinelle et le poste de garde sans agression, ni coup de feu, pour arriver au magasin d’armes.

« On a mis en application les techniques commandos, on a appris ça à Pô, l’infiltration(…) Pas d’approche, progression perroquet. Je ne suis pas fier de ce que qu’on a fait, mais il faut reconnaître qu’ils ont été professionnels », a-t-il laissé entendre.

Ils ont ligoté certains militaires qui étaient sur place, des éléments ont commencé à pleurer, « je leur ai dit de ne pas s’en faire parce qu’ils n’avaient rien à craindre, nous sommes des frères d’armes ».

A la recherche de roquettes

C’est ainsi qu’ils sont parvenus au magasin d’armes. Et bizarrement, ils sont ressortis sans rien prendre. D’où les interrogations du commissaire du gouvernement face à ce qu’il appelle ‘’mission atypique’’. Pourquoi avoir attaqué alors le dépôt d’armes, si c’était pour repartir juste avec les armes des gardes, environ cinq kalachnikovs. « On n’a pas trouvé ce qu’on cherchait », répond le Sergent-Chef.

Le parquet insiste, « cherchiez-vous des roquettes ? », Affirmatif, reconnait l’accusé. Pourquoi faire, attaquer la MACA et libérer les deux généraux ? « On n’a pas trouvé ce qu’on cherchait, la mission a pris fin », rétorque Ali Sanou.

« Si un sergent-chef dit qu’il ne peut pas faire ce que j’ai fait en moins de 30 minutes, il ne mérite pas son galon » lancera le cerveau de l’affaire. Il a surtout insisté à la barre sur le fait de ne pas être fier de ce qu’il a fait. Il a demandé pardon à ses frères d’armes, mais a reconnu que l’opération a été menée avec professionnalisme, sans quoi il y aurait eu trop de dégâts.

Le procès reprend ce 3 avril 2017 avec l’audition des témoins.

Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net

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