Décongestion des maternités des centres médicaux de Ouagadougou : Les solutions du ministre de la Santé

samedi 1er avril 2017 à 01h04min

Le ministre de la Santé, Nicolas Médah était à l’hémicycle, le 28 mars 2017, pour répondre à trois questions orales sans débat. L’une des questions à lui adressées portait sur les capacités d’accueil et de prise en charge des patients dans les maternités. Face à la représentation nationale, il a d’abord dépeint la situation actuelle, peu reluisante des maternités des centres médicaux de la ville de Ouagadougou. Il a ensuite décliné les mesures prévues pour les décongestionner afin de réduire les délais d’attentes pour les césariennes.

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Décongestion des maternités des  centres médicaux de Ouagadougou : Les solutions du ministre de la Santé

Répondant à la question du député Honorine Ouédraogo/Sawadogo sur les maternités de la ville de Ouagadougou, le ministre de la Santé, Nicolas Médah, a reconnu d’entrée que : « les maternités des Centres médicaux avec antenne chirurgical (CMA) aussi bien publics que privés conventionnés et celles des centres hospitaliers universitaires de la ville de Ouagadougou sont souvent surchargés ». Sur les causes principales de cette ‘’surcharge’’, le ministre Médah cite, entre autres : l’inadéquation entre l’offre et la demande en matière d’infrastructures d’accueil, l’accroissement des infrastructures sanitaires non proportionnel à l’accroissement de la démographie de la ville de Ouagadougou. A ces raisons, il ajoute le non-respect de la pyramide sanitaire. Certains patients, sans passer par un CSPS, se retrouvent directement à l’hôpital de district ou même à l’hôpital universitaire. « L’analyse des malades de l’hôpital Yalgado Ouédraogo révèle que plus de 30% des patients qui y sont admis auraient dû tout simplement être pris en charge au niveau CSPS ou CMA », précise le ministre de la Santé.

Le CSPS de Yamtenga couvre plus 75 000 habitants au lieu de 5000

Ce ne sont pas seulement les maternités qui sont débordés, c’est souvent quasiment tous les services des centres de santé. A titre d’exemple, il cite le cas du Centre de santé et de promotion sociale (CSPS) de Yamtenga, en zone péri-urbaine de la capitale. Ce CSPS couvre environ 75 616 habitants alors que la norme fixée par l’Organisation mondiale de la santé est de 5000 habitants.

Construction de centres de santé, respect de la pyramide de soins….

Pour décongestionner les maternités en particulier et les centres de santé en général, le département dirigé par le Pr Nicolas Médah travaille sur les axes suivants : l’amélioration de la couverture sanitaire à travers la construction et la mise en service de formations sanitaires. « Ainsi, dans le cadre de la mise en œuvre du PNDES, mon département a prévu la construction de nouvelles infrastructures sanitaires, la construction du district de l’hôpital de Boulmiougou, la construction d’un grand hôpital à Bassinko, la construction de CSPS dans la zone péri-urbaine de Ouagadougou », a-t-il annoncé.

Etendre la gratuité des soins aux centres de santé privés conventionnés

Par ailleurs, il précise que des négociations sont en cours avec des structures privées de santé conventionnées tels que les centres médicaux Paul VI et Schiffra ainsi que l’hôpital Saint Camille de Ouagadougou pour permettre à ces formations sanitaires d’appliquer la gratuité des soins pour les femmes enceintes et enfants de moins de cinq ans.
Pour permettre de résorber le trop grand flux de patients sur l’hôpital Yalgado Ouédraogo et les hôpitaux publics de la ville de Ouagadougou, le ministère prévoit l’amplification de la sensibilisation des populations au respect de la pyramide sanitaire.

Faciliter le dispatching des évacuations sanitaires

En ce qui concerne le retard dans la prise en charge des cas de césariennes dans ces maternités, le ministre Médah évoque des facteurs multiples et diversifiés selon les formations sanitaires. « Le personnel du bloc opératoire est effectivement insuffisant dans certains hôpitaux de district pour assurer le service continu, avec des infrastructures et équipements insuffisants, une salle opératoire unique et souvent un groupe électrogène en panne », explique-t-il. En plus de la mutualisation des ressources pour une meilleure prise en charge des urgences, une des pistes de solution est la mise en place d’une « centrale d’appel entre les services d’urgence des formations sanitaires afin de faciliter le dispatching des évacuations sanitaires ». Toute chose qui devrait contribuer à simplifier et fluidifier davantage les flux entre les centres de santé.
« Mais, il est clair que nous ne sommes pas dans normes de personnel tel qu’indiqué par l’Organisation mondiale de la santé, mais nous y travaillons et nous comptons sur la représentation nationale pour augmenter les enveloppes budgétaires à cet effet » a soutenu le ministre.

Moussa Diallo
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 1er avril à 07:28, par Pyramide sanitaire
    En réponse à : Décongestion des maternités des centres médicaux de Ouagadougou : Les solutions du ministre de la Santé

    Les CHU Sanou Souro de Bobo et Yalgado de Ouaga,sont 2 hôpitaux de référence au plan national. On doit évacuer dans ces hôpitaux des malades dont les soins dépassent les compétences des CSPS et CMA. De même, les cas de grossesse à risques avec des femmes souffrant de pathologie délicate peuvent être transférés dans les maternités de ces 2 hôpitaux. Cependant, les femmes qui ont un suivi normal sans risque de leurs grossesses peuvent faire leurs accouchements dans des CSPS ou CMA dans les périphéries des villes de Bobo et Ouaga. Les hommes et les femmes doivent faire l’effort de comprendre ainsi la pyramide sanitaire du Burkina pour éviter de causer trop d’affluence inutile dans les CHU de Bobo et Ouaga. Les responsables des services de santé devraient aussi assurer la maintenance régulière de leurs groupes électrogènes dans les CMA pour sécuriser les interventions chirurgicales en cas de coupure d’électricité. Pour ce faire, il conviendrait que des mesures de souplesse et de célérité soient accordées aux services de santé pour les dépenses d’entretien et de fonctionnement des équipements médicaux. Ce sont là de vrais problèmes à résoudre pour un meilleur fonctionnement de nos services de santé. Il ne s’agit pas d’occulter ces problèmes objectifs pour viser des règlements de comptes entre personnes car, il faut éviter de causer des encombrements inutiles des hôpitaux qui ont des capacités limitées de place. Les autorités sont bien au courant de ces réalités et la solution réside à la mise à disposition des moyens financiers et matériels nécessaires aux hôpitaux. De même, les problèmes de reins sont devenus une affaire de santé publique qui mérite beaucoup de moyens. La direction générale du CHU Yalgado a fourni de gros efforts pour faire passer le nombre de générateurs pour la dialyse de la dizaine à la vingtaine courant 2013/2014.Compte tenu du coût élevé d’un générateur et ses accessoires qui avoisine la vingtaine de millions de FCFA, l’appui de bonnes volontés au CHU Yalgado qui est le seul centre d’hémodialyse pour le traitement des maladies rénales au Burkina sera très utile. C’est ainsi qu’il convient de saluer le don de générateurs par la LONAB à Yalgado. C’est le lieu également de féliciter et encourager les généraux donateurs du CHU Yalgado qui sont entre autres Abdoul Service, le Port Autonome de Cotonou, EBOMAF ,dont les appuis contribuent à renforcer les conditions de soins aux malades.

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  • Le 1er avril à 07:50, par un attaché de santé
    En réponse à : Décongestion des maternités des centres médicaux de Ouagadougou : Les solutions du ministre de la Santé

    Monsieur le Ministre, sauf votre respect, il convient de savoir que la population , surtout les femmes enceintes connaissent mieux que quiconque les dysfonctionnements qu’il y a dans la fameuse pyramide sanitaire. Les femmes enceintes savent qu’en allant au CSPS ou au CMA, elles ne seront pas satisfaites parce que des faux problèmes et prétextes seront évoqués pour enfin la référer ou évacuer ailleurs. Il faut voir clairement monsieur le ministre : le non fonctionnement des centres de santé de base, tant du point de vue des ressources humaines que des équipements, est inacceptable. De toutes les façons, rien ne peut fonctionner dans ce pays sans un minimum de contrôle car des mauvaises pratiques et mauvais comportements sont légion. je m’ arrête là sans rentrer dans les détails que le ministre est censé savoir.

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