Insécurité alimentaire au Sahel et en Afrique de l’Ouest : Le CILSS tire la sonnette d’alarme

LEFASO.NET | Herman Frédéric Bassolé • vendredi 31 mars 2017 à 00h28min

9,6 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel et en Afrique de l’Ouest, ce nécessite une assistance humanitaire. La situation est alarmante et c’est ce qui ressort de l’analyse courante (mars, avril et mai 2017) du Cadre harmonisé d’analyse et d’identification des zones à risque et des populations en insécurité alimentaire et nutritionnelle. Pour le Comité permanent inter-Etats de la lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS), qui a animé un point de presse, ce jeudi 30 mars 2017 à Ouagadougou, il faut agir et vite.

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Insécurité alimentaire au Sahel et en Afrique de l’Ouest : Le CILSS tire la sonnette d’alarme

Réunis à Dakar du 22 au 24 mars dernier, les experts du dispositif régional de prévention et de gestion des crises alimentaires (PREGEC) ont dressé un bilan « globalement satisfaisant » de la campagne agricole 2016-2017 avec 67,2 millions de tonnes de productions céréalières. Des productions en hausse de 10 % par rapport à la campagne 2015/2016 et de 17% par rapport à la moyenne quinquennale. Malgré ces bonnes disponibilités alimentaires, le PREGEC a déclaré que l’insécurité civile dans le bassin du lac Tchad et le Nord du Mali continuait d’affecter négativement les conditions de vie des ménages dans la sous-région. Ce qui a entrainé une situation alimentaire et nutritionnelle critique par endroits au Burkina Faso, au Nord du Mali, en Mauritanie, au Niger, au nord du Nigeria, au Sénégal et au Tchad.

« Il faut agir »

Selon, le Coordonnateur programme régional d’appui à la sécurité alimentaire, lutte contre la désertification, population et développement, Dr Mahalmoudou Hamadoun, l’analyse courante pour la période (mars – mai 2017) a révélé que 9,6 millions de personnes sont en situation de crise contre 10,4 millions annoncés en novembre 2016. Selon lui, cela est due à l’amélioration progressive de la situation sécuritaire et des actions d’assistance humanitaire en cours dans le Bassin du Lac Tchad en général et au Nord-Est du Nigeria en particulier.

Toutefois, l’arbre ne doit pas cacher la forêt et pour l’expert, « il faut continuer d’agir et ne pas baisser la garde sinon le nombre de ces personnes en situation d’insécurité va passer de 9,6 millions à 13,8 millions de personnes dont 1,6 millions de personnes pour le Nigéria ». Et c’est seulement dans ce pays, souligne le Dr Mahalmoudou Hamadoun, qu’il a été identifié 50 000 personnes qui sont en situation de famine. « Il faut les assister tout de suite », a-t-il martelé.

Les recommandations

Pour éviter le pire, le dispositif régional de prévention et de gestion des crises alimentaires (PREGEC) a formulé à Dakar des recommandations aux principaux acteurs dans la lutte contre l’insécurité alimentaire. L’on retiendra essentiellement qu’il est demandé aux Etats et à leurs partenaires de « mettre en œuvre rapidement et renforcer les mesures d’assistance alimentaire et humanitaire envisagées pour protéger les moyens d’existence des populations et sauver des vies humaines, notamment au Burkina Faso, au Nord du Mali, en Mauritanie, au Niger, au Nord du Nigeria, au Sénégal et au Tchad ». Il leur est également suggéré de « maintenir la veille informationnelle dans les zones à risque d’insécurité alimentaire et nutritionnelle et sur le fonctionnement des marchés »

Au CILSS, les experts du dispositif recommande de « poursuivre avec ses partenaires, les efforts de renforcement des capacités des pays au regard des difficultés qu’ils rencontrent dans la mise en œuvre du Cadre Harmonisé ». Les statistiques fiables et actualisées étant la base de toute analyse cohérente, il a été demandé au CILSS « d’organiser en collaboration avec ses partenaires, une concertation régionale sur les statistiques agricoles et alimentaires et la problématique de son financement durable pour améliorer le fonctionnement des systèmes nationaux d’information sur la sécurité alimentaire ». Lesquels systèmes doivent être financés par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union économique et monétaire Ouest-africaine (UEMOA), pour la production des données statistiques devant permettre la mise en œuvre du Cadre Harmonisé.

Notons que 10 au 12 avril 2017, il est prévu à Paris une réunion restreinte du Réseau de prévention des crises alimentaires qui validera les résultats définitifs de la campagne agro-sylvo-pastorale 2016-2017 et analysera la situation alimentaire et nutritionnelle.

Herman Frédéric Bassolé
Lefaso.net

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