Marche du SNAID sur la primature : L’autorité communale fait volte-face et annule la marche

LEFASO.NET | Marcus KOUAMAN • vendredi 31 mars 2017 à 00h03min

Ce jeudi 30 mars 2017, en marge du sit-in de deux semaines entamé depuis le lundi 27 mars, le Syndicat des agents des impôts et des domaines (SNAID), a décidé d’organiser une marche en direction de la primature. Finalement, cette marche n’a pas eu lieu suite à une annulation de l’autorisation par l’autorité communale.

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Marche du SNAID sur la primature : L’autorité communale fait volte-face et annule la marche

Après la grève de 120h (20 au 24 mars) suivi du sit-in de deux semaines de 7h à 14h entamé depuis le lundi 27 mars, les Syndicat des agents des impôts et des domaines (SNAID), a décidé de mieux se faire entendre en marchant sur la primature en cette matinée. Gonflés à bloc à la bourse du Travail de Ouagadougou, les membres et sympathisants du SNAID, pancartes en main, rythmé par le son des vuvuzelas et des coups de sifflet, n’attendaient que le top de départ pour damer le macadam jusqu’au Premier ministère sous ce soleil ardent. Cela pour livrer un message à l’occupant des lieux, Paul Kaba Thiéba.

Tel était le parfait scénario, tant la mobilisation était belle et forte. Mais à la surprise générale de la troupe, il en fut autrement. Finalement, la marche sur la primature n’aura pas lieu. La raison, l’autorité communale qui au départ avait accordé l’autorisation de marcher s’est ravisée à la dernière minute selon le Secrétaire général du SNAID Nongo Grégoire Traoré. « Notre mobilisation et notre détermination à fait peur à l’autorité qui est en face », a t-il lancé. C’est ce qui explique donc la volte-face de l’autorité communale qui dans la même journée du mercredi 29 mars 2017, c’est-à-dire la veille, a signé « deux notes contradictoires ».
La première note autorisait la marche et déterminait l’itinéraire. Tandis que la seconde, intervenue quelques heures après la première note portait à la connaissance du syndicat que la marche est annulée. Pour la simple raison que l’autorité destinataire du message n’a pas été informée par le SNAID. Par conséquent, plus d’autorisation, plus de marche.

L’insurrection populaire, un souvenir

Le syndicat par la voix de son SG s’inscrit en faux, quant aux insinuations de cette correspondance, car toutes les démarches légales à son avis avaient été entreprises. « C’est la première manifestation que les nouvelles autorités viennent d’interdire sur le territoire. Nous pensons que les gens oublient très vite. C’est l’insurrection qui a permis un changement profond dans ce pays-là. Les mêmes marches qu’ils veulent interdire là, ils n’ont qu’à faire un recul en arrière pour voir ce que les marches ont rapporté à ce pays », a t-il martelé.

Loin d’être un défaite, cette interdiction de la marche est, selon le syndicaliste une grande victoire parce qu’il y a la peur en face. « Ils ont peur que nous prenions l’opinion publique à témoin », a avancé le SG Traoré. Il considère donc ce qui vient d’arriver comme une attaque, non pas contre le SNAID mais, contre l’ensemble du mouvement syndical et démocratique. D’où le danger. Pour lui, ce n’est ni plus, ni moins que de l’arbitraire puisque dans la correspondance d’annulation aucun texte légal n’a été cité. Donc, l’autorité se trompe en pensant qu’annuler la marche va saboter leur lutte et démobiliser les troupes. Au contraire, cette attitude qui s’assimile à une provocation n’ébranle en rien leur détermination pour la satisfaction de leur plateforme minimale d’action.

Le bourgmestre de Ouagadougou, Armand Pierre Béouindé, n’est pas de cet avis. Pour lui, l’annulation de cette marche n’est en rien une manière de casser la lutte du SNAID, car ils ont le droit de revendiquer. Seulement, il aurait fallu que le dentinaire du message, en question, en soit informé.

En attendant, le dialogue de sourds se poursuit entre le gouvernement et le SNAID. Pour ce dernier, le mouvement de sit-in de deux semaines débuté le 27 mars se poursuit, et si d’aventure le dialogue n’est pas renoué, le syndicat sera dans l’obligation d’entreprendre d’autres actions.

Marcus Kouaman
Lefaso.net

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