Lutte contre le terrorisme : « La solution militaire, oui ; mais Il faut un dialogue permanent entre l’administration et les confessions religieuses », Amadou Sanogo, président de l’Association pour la mémorisation du Coran

LEFASO.NET | Par Dalou Mathieu Da • vendredi 31 mars 2017 à 00h32min

Amadou Sanogo fait partie de la deuxième génération des étudiants à étudier à l’université islamique de Médine en Arabie Saoudite. De retour au pays après ses études, il s’est Installé à Bobo-Dioulasso et est engagé dans l’humanitaire, la promotion de la paix et de l’islam. Nous l’avons rencontré pour échanger sur les questions d’actualité, notamment le terrorisme.

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Lutte contre le terrorisme : « La solution militaire, oui ; mais Il faut un dialogue permanent entre l’administration et les confessions religieuses », Amadou Sanogo, président de l’Association pour la mémorisation du Coran

Lefaso.net : Qui est M. Sanogo ?

Amadou Sanogo : C’est le fondateur des écoles franco-arabes à Bobo Dioulasso et vice-président de la communauté musulmane. Actuellement, je suis membre de l’Office national des affaires religieuses, ONAHFA, imam à la grande mosquée, mais également le président de l’Association pour la mémorisation du Coran.

Pour ce qui concerne mon cursus scolaire, j’ai fait mes études primaires à Bobo Dioulasso, le premier et le deuxième cycle à l’université islamique de Médine en Arabie Saoudite. Là-bas, j’ai obtenu ma maitrise en 1985 et mon DEA en 1988. Après mes études, j’ai été envoyé au Togo comme missionnaire de la ligue mondiale islamique où j’ai fait 3 ans avant de revenir au pays pour ce même poste.

Les rumeurs disent que vous êtes promotionnaire au chef de Boko Haram, Aboubacar Sekahu. Qu’en est-il ?

Non, ce n’est pas vrai. Je ne l’ai jamais connu et nous n’avons pas étudié ensemble. Je suis de la deuxième génération des étudiants en Arabie saoudite ; même s’il est venu là-bas, c’est après nous.

Comment se porte la communauté musulmane à Bobo-Dioulasso ?

Il faut dire qu’on ne parle plus de la communauté musulmane, mais de la fédération des associations islamiques du Burkina. Cette fédération permet aujourd’hui de fédérer les activités de plus de 200 associations. Je dirai que la fédération est la bienvenue, car nous avons plus de 200 associations. La communauté se porte bien et très dynamique. L’adhésion est libre et toutes les grandes tendances des associations musulmanes se reconnaissent à l’intérieur de cette fédération.

Nous assistons à des dons de mosquée de la part de pays musulmans comme le Qatar ou l’Arabie Saoudite. Ces pays ont-ils une influence sur votre pratique religieuse ?

Bien avant ces dons, le Qatar et l’Arabie saoudite aidaient nos pays et cela datent des années 1970, alors que le terrorisme est un phénomène récent. L’intention de ces derniers n’est pas d’influencer les croyances religieuses à mon humble avis. Leur intention est désintéressée. C’est aider les personnes démunies sur le plan social et spirituel. Vous savez, ces pays mêmes combattent le terrorisme et les brebis galeuses ne manquent pas.

Quelles sont vos relations avec les autres communautés religieuses

A Bobo Dioulasso nous avons de très bonnes relations avec les catholiques, les protestants et les coutumiers. Nous n’avons pas de problèmes avec les autres confessions religieuses. Face à certaines situations, on se retrouve pour chercher des solutions. C’est le cas par exemple du cimetière de Bobo. Nous travaillons ensemble pour ce qui concerne les œuvres sociales. Lorsque l’Union fraternelle des croyants (UFC) de Dori est de passage ou organise des activités, ils nous font appel. Pour ce qui concerne les prêches, il existe vraiment la tolérance, il n’y a pas de dénigrement de religions jusqu’à ce jour.

Le Burkina Faso est menacé depuis quelques années par les extrémistes ? Quel est votre avis et comment expliquez-vous la montée de l’extrémisme au Burkina Faso ?

C’est un phénomène international et régional et le Burkina ne peut pas faire l’exception. La pauvreté, le chômage et la mauvaise compréhension des textes islamiques et l’absence de dialogue entre l’autorité et les confessions religieuses expliquent en grande partie la montée de l’extrémisme.[ Cliquez ici pour lire l’intégralité ]

Dalou Mathieu Da

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