De ces quelques causes orphelines

Par Sayouba TRAORE • mardi 21 mars 2017 à 23h55min

Pour éviter d’être accusé de vouloir manger mon piment dans la bouche d’autrui, pour une fois je vais tremper mon tô dans la sauce qui est devant moi. Je veux parler du dossier des sept fusillés du 11 juin 1984 « sous un baobab et enterrés nuitamment au cimetière de Tanghin ». Ceux qui me connaissent savent que c’est une affaire qui a fait dévier le cours de mon existence. Ces gens avertis savent également que j’ai une petite -toute petite- légitimité à parler de cette affaire.

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De ces quelques causes orphelines

En comptant bien, cela fait maintenant 33 ans -l’âge du Christ- que les femmes et les hommes touchés par cette sinistre affaire gardent un silence contraint. Le silence peut être un tombeau. Jamais un refuge. Car un refuge peut être précaire et temporaire. C’est-à-dire qu’au bout de l’attente, il y a l’espoir. Or le silence est une forme de mort volontaire. Un suicide non revendiqué, en somme ! Avec des parois et des limites non définies. Quelques citations glanées dans la presse, afin de situer le lecteur.

« Le 11 juin 1984, le colonel Didier Tiendrébéogo maire de Ouagadougou et six de ses camarades à savoir les lieutenants Moumouni Ouédraogo et Maurice Ouédraogo, l’homme d’affaires Adama Ouédraogo, l’ex-major de gendarmerie Barnabé Kaboré, le sergent du RCS Moussa Kaboré et le pilote d’Air-Burkina, Issa Anatole Tiendrébéogo, accusés de complot ont été froidement abattus sous un baobab et enterrés à la hâte au cimetière de Tanghin. »

« Le 11, la Cour martiale révolutionnaire de Ouagadougou condamne à mort sept personnes impliquées dans une tentative de coup d’État prévue pour le 28 mai. Les conjurés, arrêtés le 27 mai, sont immédiatement fusillés après le verdict. »
« Le 12 juin 1984 cinq militaires et deux civils ont été exécutées après avoir été condamnées à mort la veille par un tribunal militaire pour complot contre le gouvernement. « 

« On se garde d’oublier le colonel Nobila Didier Tiendrébéogo et ses 6 compagnons d’infortune, accusés de complot et sommairement exécutés sous un baobab la nuit du 11 au 12 juin 1984, verdict d’une cour martiale expéditivement réunie la même nuit. »

Ces causes rangées aux oubliettes

La jeune génération sera troublée de découvrir de telles affaires. Tout simplement parce que personne ne leur en a parlé. Les plus anciens, témoins des faits, seront peut-être irrités, agacés, et plus sûrement gênés que quelque plumitif aille déterrer de telles vilenies. Mais tous doivent comprendre la douleur de concitoyens, comme moi, porteurs en leur sein de causes orphelines, « tous ces cas rangés aux oubliettes de l’indignation sélective et qui méritent aussi qu’on en parle ». Enfin !

J’ai dit plus haut que j’avais quelque légitimité à parler de cette affaire. Explications ! Pendant onze longues années, l’homme d’affaire Adama Ouédraogo, comme disent les dossiers judiciaires, et moi avons vécu dans la même maison à Koulouba Tangzougou. Complexités de la structure familiale moaga, il était l’aîné par l’état-civil, et mon neveu du fait des stratifications générationnelles. Tout cela n’a pu empêcher une réelle complicité, en ces temps de jeunesse insouciante. Pour les copains du quartier, il n’y avait pas de Sayouba. J’étais « Grandeur », à cause d’un encombrant 1,92m et des membres interminables.

Et Adama Ouédraogo était craint et surnommé « le chinois de Grandeur », parce que judoka remarqué et doté d’une témérité sans faille. Que j’aille poursuivre des études à Paris en février 1981 n’avait pas réussi à distendre nos liens. Venu à Paris pour rencontrer des partenaires d’affaires, nous étions ensemble, le peu de temps que nos activités respectives nous le permettaient.

Et c’est moi qui l’ai accompagné un soir à l’aéroport Roissy Charles de Gaulle où il a embarqué dans le DC10 d’Air Afrique pour Ouagadougou. Ne voila-t-il pas que les médias d’Etat annoncent qu’il se trouvait à Dakar pour rencontrer le Professeur Joseph Ki Zerbo, afin de fomenter un Coup d’état contre Sankara ? Affaire tellement grave que je commets un attentat contre la grammaire. Ainsi donc, je mets des majuscules d’une grande sacralité à Coup d’Etat Et moi je voyais toujours la chaise qu’il a occupée, le plat de tô sauce feuilles que nous avions partagé, l’au revoir pudique que nous avions échangé à l’aéroport.

Il se dit que lors de la réunion du CNR (Conseil national de la révolution, ndlr), Sankara tenait la position selon laquelle il fallait pousser plus avant les investigations. Lui ne savait pas que les accusés avaient déjà été tués. Et que, toujours selon le fameux « ON » cher aux Africains, au petit jour du lendemain, pour la réunion du CNR, d’autres militaires ont gagné la salle, portant le nombre des partisans à la peine de mort au quorum suffisant. Et que, ainsi fait, le vote pour la peine de mort est passé plus facilement. Allez savoir ! Pour camoufler une putréfaction, les politiciens disent les militaires. Il faut comprendre la sublime supercherie qui échappe aux troupes elles-mêmes.

De même, Radio rumeur dit que suite à l’assassinat du commandant Amadou Sawadogo sur un ponton, Sankara aurait confié fiévreusement à Blaise -entendre bien évidemment Blaise Compaoré- qu’il allait mener une enquête et que les responsables « seront châtiés à la hauteur de leur forfait ». Et que Blaise -toujours entendre bien Blaise Compaoré- aurait répondu par un sourire entendu. Toutefois, cette remarque : Sankara était la tête pensante. Et il était loin d’être un vieux cheval, croyait-on. Pour lui donc, pas donc d’espace sauvage perdu. Ou alors, on a rêvé d’un type... qui … et qui... et pour qui....

Étrange vérité officielle pétrie de mensonges adroits ! Je pourrais en dire plus et tant. Mais ce n’est pas l’objet de cet écrit.

En temps et à l’endroit

Pourquoi c’est aujourd’hui seulement qu’il parle de tout ça ? Ce type ne changera jamais ! Que le lecteur se rassure ! La contradiction ici n’est qu’apparente. Elle traduit seulement l’embarras de l’interlocuteur à qui, paradoxalement, elle n’apparaît guère. Car nos yeux n’ont jamais cessé de parler de cette affaire qui dévore les tripes. Nos soupirs n’ont jamais cessé. Le regard terne de la veuve et les rires sans saveur de l’orpheline n’ont jamais cessé de questionner.

L’histoire traîne le pas, mais elle arrive invariablement à point nommé. Car comme dit le proverbe, « son wat pa roud nguéssé yé ». Pourquoi monter dans l’arbre pour regarder celui qui arrive, alors qu’il suffit d’attendre ? Au fil des dossiers, des experts internationaux ont été convoqués, invités, prébendés au Burkina Faso. Ce qu’on a pu faire pour les uns n’est pas interdit pour les autres. Si on a pu expertiser des tombes, des corps, des automobiles, des incendies et des départs d’incendie, des balles et des trajectoires de projectiles, des blessures et des traces de chocs, aucune impossibilité ne vient entraver la marche de la justice dans ce cas également.

A moins de considérer qu’il y a des super-citoyens et des citoyens de moindre importance. Ce qui ne saurait se concevoir dans un esprit normalement disposé.
Nullement perfide, je dis tout cela, j’écris toutes ces choses, avec la conscience tranquille. Persuadé qu’entre frères, on peut être adversaires. Jamais ennemis ! La nuance n’est pas mince. J’ai participé à des campagnes électorales. Et j’avais du mal à expliquer la différence entre « tond bèèba » et « tond ziidintaasé ». « Pa bèè yé, yaa wagsentaaga ». Il n’est pas notre ennemi, il est notre concurrent. Il faut aller au plus profond de soi-même pour trouver les mots qui conviennent.

Je dis et j’écris ces choses aujourd’hui parce que nous aussi nous voulons savoir. Savoir sous quel bosquet dort mon cher neveu Adama, depuis ces 33 longues années. Ces matinées lumineuses dont il n’a pu profiter. Ces soirées dont il n’a pu goûter la fraîcheur. Ces nuits étoilées dont il n’a pu admirer la flamboyance. Nous sommes Africains. Une tombe commune est une infamie comprise seulement des soldats. Ou peut-être des croque-morts. Encore que ! On ne leur a pas demandé s’ils font semblant pour mériter, ou alors...

Pour l’heure, cette supplique ardente, vénéneuse, indécise. Donnez nous la force de venir transférer notre fils et époux, dans le seul endroit qui réclame sa sépulture. Cela ne nous consolera pas de sa perte, injuste il est vrai, mais cela mettra un peu de baume sur nos meurtrissures. Il n’y a rien de politique, rien de politicien, rien de politicard, dans cette demande. Et je sais que tout être humain doté de raison peut le comprendre. 33 ans qu’il est occis pour répondre de la raison d’état, 33 ans qu’il veut un endroit à lui pour dormir. C’est trop demander ?

Excellences, magnificences et succulences, toutes catégories confondues, toutes coteries comprises, nous vous prions de bien vouloir comprendre et accepter que nous ne demandons pas autre chose. Il n’y a aucune raison de penser que nous ne ressentons pas de la douleur. Seulement, ces souffrances sont muettes. Et le mutisme est un troublant mystère.

Sayouba Traoré
Écrivain-Journaliste
Chevalier de l’ordre du mérite National

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Vos commentaires

  • Le 21 mars à 19:59, par RV
    En réponse à : De ces quelques causes orphelines

    C’est triste. Le Faso à trop de compte à régler avec ses fils et filles. Pitié pour ses familles.
    Pitié ! Juste un peu d’humanité pour permettre leur deuil. Un coup de fils anonyme à la presse pour donner des indications sur leur tombe. Pitié.
    On peut comprendre nos difficultés actuelles au Burkina car trop de morts ne reposent pas en paix. Pitié !

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  • Le 21 mars à 20:12, par TAPSOBA DESIRE
    En réponse à : De ces quelques causes orphelines

    Ce que j’admire chez vous grand-frère, c’est votre grande sagesse. Ni haine , nie vengeance mais simplement un cri du coeur qui touche tant par sa sincérité que sa dimension. Puisse cet appel être entendu car le plus grand respect que l’on puisse témoigner à l’égard d’un mort est de lui accorder le droit d’avoir une sépulture digne et la possibilité aux survivants d’entretenir le souvenir de la personne disparue. Oui tous ceux qui sont tombés pour des raisons obscurément politiques sont avant tout des êtres humains avant d’être des fils , filles , frères ou maris de.... Il y a certes des plaies que l’on ne peut guérir mais des douleurs morales que l’on peut atténuer en faisant simplement preuve d’humanisme.

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  • Le 21 mars à 20:50, par koz paperdu
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    Vérifie ou fait vérifier si une demande est déposée au Haut Conseil pour la Réconciliation et l’Unite Nationale. Essaie on ne perd absolument rien en déposant la demande. Une feuille quadrillée, un bic pour écrire peut être un demi litre d’essence parking gratuit au siege du hcrun a la ZAD. Et tu auras la suite. Merci "Grandeur" et en fait tu peses combien. MDR. On suit.

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  • Le 21 mars à 20:53, par Jupiter ouarga
    En réponse à : De ces quelques causes orphelines

    Merci beaucoup Mr Sayouba,

    je ne vous aimais pas trop à cause de vos articles en faveur des ex compaagnons de Blaise, car j estimé qu ils sont les mêmes et pires. On voit aujourd’hui que le printemps burkinabé a été confisqué par des gens sans scrupule et sans égard pour ce peuple de villages qui souffre. Mais je reviens à mon intention, de vous dire un grand merci et que Dieu vous aime encore.
    En effet, j ai été un ami d enfance d Anatole , Le pilote. Nous avons été à l école de la salle ensemble, il habitait à bilbaogho et était une personne serviable , incapable de faire du mal. J ai de sueurs froides quand j imagine son exécution. Non, il faut qu il yait une justice pour ces innocents. Didier , l ancien maire fut une personne admirable, en tant que Maire , il aida beaucoup d indigents.

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    • Le 22 mars à 07:26, par Sayouba Traoré
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      Chère soeur ou cher frère. Je pourrais vous en dire tant et tant sur Anatole. Nombre de Voltaïques à Paris ont su profiter de sa disponibilité. Et ont pris soin d’oublier que la période est devenue chaude. Humainement, ce fut une grosse perte.

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  • Le 21 mars à 20:56, par Leicora
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    Moi je suis arrivé à Ouaga en fin 1994, j’ai habité à Paspanga puis à Dapoya , il y avait un bar...., J’ai souvent entendu des gens dirent, c’est la famille de Didier Tiendrebeogo. Puis discrètement on m’a raconté cette histoire. Moi j’ai été pionnier dans ma Kossi natale, j ’aimais la révolution, j’ai pleuré à la mort de Sankara. Mais j’ai aussi vu de mes yeux les dérives de la révolution du 4 Août, le commissaire de mon village déshabillé et humilié par la population sur la base de fausses accusations. Des choses que moi à 12 ans j’avais la preuves qu’elles étaient fausses(TPR). C’est pourquoi si je suis admiratif des résultats de la RDP et du CNR en matière d’éducation , de santé, d’agriculture je suis aussi conscient des dérives et des insuffisances.
    Je penses que l’état devrait pouvoir rendre justice à tous, y comprit les victimes de la RDP. Si la nation a sacrifiée ses fils , elle doit leur rendre hommage au mème titre sans distinction.

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  • Le 21 mars à 21:59, par Le Fair Play Citizen
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    je suis confus et ne comprend pas et suis ébahit donc depuis quel période ça tue dans ma chère patrie

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  • Le 21 mars à 22:57, par sidwaya sorgho gomis
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    Monsieur, vous aviez parfaitement raison. Une chose est de juger, condamner et exécuter quelqu’un de façon expéditive et une autre est de remettre son corps à sa famille.

    A ma connaissance aucune loi de ce pays sous aucun régime, ne dit que le corps d’un condamné à mort exécuté n’est pas remis à sa famille. En particulier quand il s’agit d’une personne non militaire.

    Certains des membres de ce peloton d’exécution ou de ceux qui ont procédé aux inhumations doivent encore être vivants pour éclairer les familles des suppliciés sur où reposent les corps.

    Ici le ministère de la justice et des droits humains est interpelé !!!

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  • Le 22 mars à 05:33, par Kaikai
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    Bonjour,

    juste pour donner ma petite contribution. Le père de Thomas Sankara, à propos de ces exécutions, a déclaré avoir interpellé son fils pour comprendre ce qui se passait et Thomas aurait déclaré. J’ai appris comme toi l’exécution de ces 7 personnes à la radio mais comme je suis le chef de la révolution je dois assumer.
    Je n’ai aucune haine aujourd’hui contre Blaise mais je dois avouer qu’il a été très nuisible pour le pays. Il ne savait peut être pas ce qu’il faisait. Derrière tous ces morts il y’a toujours eu sa main mais malheureusement ces conseillers et hommes de main (civils comme militaires) de la période ne sont plus de ce monde.
    Vivement que le pays connaisse son histoire sans haine ni rancune mais que l’on saches qui a été qui et qui a fait quoi.

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  • Le 22 mars à 07:54, par LE JUSTE
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    IL FAUT SAISIR LE HAUT CONSEIL POUR LA RECONCILLIATION NATIONALE

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  • Le 22 mars à 07:56, par Ka
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    Merci Sayouba pour ce crie que toutes les familles conscientes cautionnent, comme j’ai toujours partagé tes critiques fondées sur la vérité et de la réalité. Si dans notre société, surtout celui du Burkina du régime Compaoré, il existe encore dans les cœurs de deux personnes vivantes, 1% d’humanisme pour terminer leur vie sanguinaire dans la paix, un dans sa cellule a la MACA, et l’autre sans domicile fixe a COCODY à Abidjan, doivent sortir de leurs silences et apaisé le saignement des plaies béantes des familles qui réclament les corps de leurs familles pour des deuils dignes des êtres humains. Le concerné Thomas Sankara a été condamner et canarder par son ministre de justice et son bras droit, qui, autour du PF Thomas Sankara, éclaircissaient et assombrissait le beau ciel du Burkina. Le ministre de la justice de la révolution Burkinabé au près du PF, était à l’époque le maître de tout œuvre juridique, ôté la vie ou ne pas l’ôté. Aujourd’hui pour une réconciliation nationale, ‘’’le passé n’est pas une maladie honteuse, mais que chaque Burkinabé, telle était la gravité de son passé, essaye d’apaisée les cœurs des familles des victimes en étant humaniste, pour soigner l’avenir du pays que nous aimons tous.’’’ Les hommes passent, mais les écris de nos journalistes écrivains et idéologues pour la paix que je peux t’ajouter aux valeureux Norbert Zongo, B. Paulin Bamouni, et tant d’autres, restent le seul moyen pour que la vérité éclate au jour : Je te dis Sayouba, merci pour ce cri de cœur blessé a vie.

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  • Le 22 mars à 08:06, par sheiky
    En réponse à : De ces quelques causes orphelines

    Merci pour ce brin de l’histoire même si elle est dramatique. Il faut savoir que nous autres qui étions petits à l’époque, il y a plusieurs aspects de la révolution et des débuts du FP qui nous échappent. Des personnes militaires et civiles sont parfois citées et demeurent de simples noms (Yorian Somé, Guébré Fidèle, Sessouma, Clément...). On n’est pas également très cultivé en ce qui concerne les périodes avant la révolution et des hommes qui ont joué un rôle important dans notre pays. J’ai également lu avec un pincement au coeur un article sur le commandant Moumouni Ouedraogo. Il faudra que les historiens commencent à travailler parce que le régime Compaoré a proprement effectué un lavage de cerveau des burkinabè. Nous avons eu et perdu des hommes valeureux dans notre pays. Nous ne voulons pas faire de l’angélisme pour Tom Sank parce que c’était un militaire commando et l’assumait. Mais il est effectivement revenu à plusieurs reprises que Tom Sank a assumé des exécutions sans en avoir donné l’ordre. Les récits montrent implicitement que Blaise était plus dur et n’avait aucun scrupule. Les événements du 15 octobre et la suite des assassinats nous ont prouvé à dessein ce caractère.
    C’est le moment de faire un catharsis par une procédure de jugement de tous les crimes qui sera suivi par une réconciliation nationale.
    Il y a trop de choses cachées dans les coeurs des gens.

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  • Le 22 mars à 08:40, par Alex
    En réponse à : De ces quelques causes orphelines

    Quoi dire devant l’unanime reconnaissance de la légitimité de cette demande et de la sagesse, voire la noblesse qui transparaît dans les propos... Que la vérité soit faite pour apaiser les cœurs. Peut-être être aussi qu’aucune démarche n’a jusque-là été faite en ce sens, ce qui est compréhensible, mais il n’est peut-être pas pas trop tard... Par ailleurs, les uns et les autres, surtout les plus jeunes, devraient savoir et accepter que malgré tous les bienfaits et les multiples aspects positifs que l’on reconnaît à la révolution, il y a également eu ces dérives qui ne endeuillé et detruit des familles et des vies... C’est la vie...

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  • Le 22 mars à 09:44, par Toutdemême
    En réponse à : De ces quelques causes orphelines

    Des écrits de ce genre, il y en aura encore et encore, si nous ne quittons pas la voie actuellement empruntée des règlements de comptes. Le fort d’aujourd’hui deviendra faible demain et le faible d’aujourd’hui fort demain. Ainsi irons-nous de justice du vainqueur en justice du vainqueur. Or, nous ne sommes pas obligés de reproduire les erreurs du passé, sous prétexte de vengeance , par populisme ou par anticipation. La haine sème les graines de la haine. Une vie humaine en valant une autre, les oubliés trouveront un jour défenseurs. Pourquoi ne pas faire le point de ce que la violence en politique nous a coûté jusqu’à ce jour, en pleurer, réparer, faire acte de contrition et jurer de ne plus recommencer ? L’absolution générale viendrait alors ouvrir la voie à une nouvelle époque de vivre et construire ensemble. De toute façon, les différents simulacres engagés buttent déjà contre des obstacles objectifs. Persister sur cette voie nous coûtera inutilement du temps et des ressources. Il est temps de sortir des propagandes, des passions et des calculs, en un sursaut salvateur.

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  • Le 22 mars à 11:43, par Alexio
    En réponse à : De ces quelques causes orphelines

    Le Burkina Faso un pays pauvre ou on se tue pour le pouvoir. Le NAAM er devenu la cle du bonheur. Nos tirroirs politiques sont bourres d squelettes humains dont la justice corrompue a les mains souillees de sang pour le retardement des dossiers judicaires. Cette traine des dossiers judiciaires est une strategies de falsifications des crimes de sang institues par les pouvoirs en place.

    Depuis la mort spectaculaire du Commandant parachutiste Moumouni Ouedraogo a Ouahigouya dans les annees 70, par un sabotage politique de l epoque. La Haute Volta avait couvert cette criminalite par des faux experts Francais pour expertiser la defaillance fonctionelle de son para. Jusqu a la chute de Sangoule Lamizana anos jours personne ne parle plus de cette atrocite inhumaine qui avait et traumatiser toute la ville du Sia(Bobo-Dioulasso). A cette epoque, le Commandant venait dans notre quartier chaque jour pour rendre visite a son fils qu il avait eu avec la grande soeur d un copin d enfance.

    Sa mort a secouer toute la ville. Ce militaire bien aime qui avait refuser l Armee francaise de s implanter en Haute-Volta. Les speculations, en voulaient a Gerard Kango Ouedraogo, alors Premier ministre de la troisieme republique qui d ailleurs n avay\it pas fait long feu, du aux rivalites politiques JO Weder- Gerrard Kango Ouedraogo. Ce dernier etait favorable a la presence de l Armee francaise sur notre territoir. Voulant preserver et consolider leur pouvoir a la Houphouet F.Boigny ou l Armee francaise lui couvrait et decapitait toute opposition militaire. La chute de Gbagbo en dira mieux.

    tant que notre justice est selective pour les crimes de sang, la paix sosiale est loin d etre gagnee et guarantie dans des coeurs brises par ses assassinats kommandites par les pouvoirs en place.

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    • Le 22 mars à 18:16, par Dikiélté
      En réponse à : De ces quelques causes orphelines

      La seule personne qui peut témoigner de "l’assassinat " du commandant Moumouni Ouédraogo est actuellement le colonel Bonkoungou. Mais, il ne le fera point car la France serait impliquée dans ce coup tordu. Tous les blancs qui constituaient l’équipage seraient rentrés immédiatement en France (mission accomplie). En saut para, généralement le commandant Moumouni sortait en dernière position ; Ce jour là, il serait sorti avant Bonkoungou et l’adjudant Zeba.

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  • Le 22 mars à 12:12, par TRAORE JACQUES
    En réponse à : De ces quelques causes orphelines

    La famille d’Adama OUEDRAOGO a déjà saisi la Commission de Réconciliation Nationale qui lui a versé 25 400 000 F du Fonds d’indemnisation des victimes en politique sous Blaise Compaoré !!!!!
    POURQUOI N’A-T-ELLE EXIGER DE SAVOIR OU SE TROUVE SA TOMBE COMME PREALABLE AVANT DE PERCEVOIR CETTE SOMME D’ARGENT ?
    PAR CE FAIT CE DOSSIER EST CLOS !

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    • Le 22 mars à 13:51, par Yabirou
      En réponse à : De ces quelques causes orphelines

      L’argent doit donc dispenser une famille de chercher à savoir où est enterré son défunt ? Tout le monde sait das quelles conditions on a organisé a journée nationale du pardon et les indemnisations qui vont avec. Et puis, entre nous, comment chiffrer une vie humaine à 25 millions de francs CFA ?

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    • Le 22 mars à 14:28, par RV
      En réponse à : De ces quelques causes orphelines

      Vos propos sont indignes. Je prie pour vous car vous ne savez pas ce que vous dites.
      Relisez vous et faites pénitence car les morts sont sacrés.

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    • Le 22 mars à 14:30, par ahbon !
      En réponse à : De ces quelques causes orphelines

      Donc à cause de l’argent, ce dossier est clos ? Comment faites vous pour évaluer le prix d’une vie humaine ? Ainsi fait, comme après la journée du pardon on a humilié des familles en les forçant à dire qu’elles pardonnent, on doit aujourd’hui accepter de continuer à ignorer où son défunt parent a été hâtivement enseveli ?

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  • Le 22 mars à 13:26, par madi
    En réponse à : De ces quelques causes orphelines

    Internautes 3 et 15, vous êtes simplement odieux ou inhumains. Une famille n’a-t-elle pas le droit d’exiger qu’on lui indique la tombe où est enterré un membre exécuté et enterré à la sauvette sans rituel digne du mort, quand bien de l’argent aurait été versé ? Je ne peux pas comprendre le commentaire de ces deux-là, à moins qu’ils ne fassent partie des exécutants !

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    • Le 22 mars à 19:55, par freedom
      En réponse à : De ces quelques causes orphelines

      Arrêtons avec l’hypocrisie et la mauvaise fois, l’internaute 15 a apporté une information capitale et posé une bonne question. Je pense que cette histoire nous amène à avoir bcp d’égard à l’endroit de toutes ces personnes qui ont perdu des parents, mais il est important de savoir quelle a été leur contribution pour le repos de l’âme de ces victimes innocentes. C’est facile d’effacer certains passage de l’histoire.

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      • Le 23 mars à 09:44, par ahbon !
        En réponse à : De ces quelques causes orphelines

        Arrêter l’hypocrisie ? Tout à fait d’accord ! Il faut donc interroger sur le mode de fonctionnement et les résultats du "comité pour la réconciliation nationale" qui a fait semblant de travailler à obtenir des réparations. L’hypocrisie, c’est d’organiser une grand’messe dite journée nationale du pardon, puis après faire voter au parlement une "amnistie pour les chefs d’Etat de 1960 à nos jours". Si chacune des instances qui ont jalonné notre vie politique n’avaient pas pour but de poser des emplâtres inutiles sur des plaies vives, il n’y aurait pas besoin d’amnistie pour Blaise Si on avait travaillé avec sincérité, on aurait économisé l’insurrection. Et Blaise et sa clique n’auraient pas eu besoin de se sauver comme des lapins. On doit prendre l’histoire en gros, afin d’éviter, comme vous dites "d’effacer certains passages de l’histoire". Principalement, ne pas omettre le climat de terreur qui prévalait il y a peu. Qui pouvait oser lever un sourcil ? Et vous demandez "quelle a été la contribution de ces gens qui ont perdu un parent". Qui pouvait oser bouger le petit doigt ? Vous n’avez pas pu oublier, quand même ! Ceux qui ont osé, comme Norbert Zongo, l’ont payé de leur vie. Je répète : Vous n’avez pas pu oublier, quand même !

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  • Le 22 mars à 16:08, par AMADOU
    En réponse à : De ces quelques causes orphelines

    Que dit la CODER dans tout cela ? J’espère qu’ils vont lire cet écrit . Il faut que les Ablassé soient sincères et honnêtes avec eux mêmes. Voilà des cas pratiques ou il faut s’invertir. Cesser de mettre la politique au devant de la scène. Les Rock sont là pour 5 ans. La courte échelle n’existe plus .

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  • Le 22 mars à 19:42, par freedom
    En réponse à : De ces quelques causes orphelines

    C’est vraiment triste tout çà. Que Dieu apaise le cœur de leurs proches. En tant qu’admirateur de SANKARA, la seule chose qui me console encore en apprenant cette triste histoire est de l’avoir entendu dire dans un récent documentaire sur TV5 qu’il est triste pour tous ces assassinats qu’il est obligé d’assumer en tant que Président. Il a montré qu’il pense personnellement que bcp de vies pourraient êtes épargnées pour en faire des militants convaincus, d’où sa fameuse phrase du 2 octobre 1987 qui traduit bien ce sentiment : "Nous avons besoin d’un peuple convaincu plutôt que d’un peuple vaincu".
    Avec cette histoire, je pense que SANKARA a laissé faire les vampires assoiffés de sang et il finalement, il en a payé de sa propre vie.

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  • Le 22 mars à 19:45, par Mawuéna
    En réponse à : De ces quelques causes orphelines

    Je suis un peu troublé ! La fameuse journée du pardon avait consisté en quoi si les tombes des fusillés de 1984 ne sont pas connues des parents ? Comment pardonner quand on ne peut même pas faire le deuil ? "Soin na youbgue la biiga ma kon youbgueyé"

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  • Le 22 mars à 20:21, par Blasco Lenferreux
    En réponse à : De ces quelques causes orphelines

    Leicora, si vous savez lire vraiment, est-ce qu’ il y a une diference entre les victimes de la RDP et les victimes du Front Populaire et les victimes de Blaise le tueur froid ? C’est le meme qui avait le couteau, non ? Blaise va tout voir avant de mourir. Ce type est mal ne ! Ils ont invente une histoire pour tuer ces gars- la et moi j’ ai pleure le jour- la. J’ etais l’ ami de l’ adjudant Major Barnabe qui etait a Kampti. Ils l’ ont tue et mon ami ne ppouvait meme plus faire l’ ecole.C’etait faux. Vous les gens du PAI, vous etes responsables de ca. Vous avez monter votre cou avec Blaise. Vous etes sans coeur.

    Répondre à ce message

  • Le 22 mars à 20:22, par Blasco Lenferreux
    En réponse à : De ces quelques causes orphelines

    Leicora, si vous savez lire vraiment, est-ce qu’ il y a une diference entre les victimes de la RDP et les victimes du Front Populaire et les victimes de Blaise le tueur froid ? C’est le meme qui avait le couteau, non ? Blaise va tout voir avant de mourir. Ce type est mal ne ! Ils ont invente une histoire pour tuer ces gars- la et moi j’ ai pleure le jour- la. J’ etais l’ ami de l’ adjudant Major Barnabe qui etait a Kampti. Ils l’ ont tue et mon ami ne ppouvait meme plus faire l’ ecole.C’etait faux. Vous les gens du PAI, vous etes responsables de ca. Vous avez monter votre cou avec Blaise. Vous etes sans coeur.

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  • Le 23 mars à 07:57, par Calmos
    En réponse à : De ces quelques causes orphelines

    Triste vraiment merci bcp grand frère pour cette page d’histoire. Je souhaite que toutes les personnes qui ont quelque chose à dire sur notre histoire commune faite de sang, de pleurs et de larmes aient le courage de la faire. Cela pourrait faciliter la reconciliation nationale
    Merci encore au KORO pour ce témoignage qui m’a fait versé des larmes car j’étais très jeune à l’époque des faits et pionnier de la revolution de mon lycée à BOROMO

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