Panafricanisme : Le Comité international Joseph Ki-Zerbo présente deux ‘’ambassadeurs’’

LEFASO.NET | Par Oumar OUEDRAOGO • vendredi 10 mars 2017 à 23h50min

« L’idéal panafricain contemporain » et « Le balafon ». Ce sont les deux ouvrages présentés par le Comité international Joseph Ki-Zerbo pour l’Afrique et sa Diaspora (CIJKAD) dans la matinée de ce jeudi, 9 mars 2017 au domicile du Pr Joseph Ki-Zerbo à Ouagadougou. Pour les responsables du CIJKAD, pour parler de panafricanisme, on ne peut trouver mieux aussi que Joseph Ki-Zerbo. Par ces ouvrages, les promoteurs du CIJKAD entendent poursuivre le combat de Pr Joseph Ki-Zerbo : le panafricanisme.

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Panafricanisme : Le Comité international Joseph Ki-Zerbo présente deux ‘’ambassadeurs’’

Selon les conférenciers, « L’idéal panafricain contemporain » est inspiré par le forum panafricain sur le cinquantenaire de la « All african peoples conference », en décembre 2008 à Ouagadougou, pour jeter un regard critique sur la gouvernance régionale de l’Afrique. Par ce symposium, le CIJKAD s’est proposé de prendre comme références, les résolutions de la Conférence de tous les peuples africains tenue à Accra (Ghana et organisée par Dr Kwamé Nkrumah) en décembre 1958.

Il a été souhaité que les actes de ce rendez-vous puissent être gravés dans un livre pour continuer à transmettre la pensée et les méditations de tous ceux qui y ont pris part, de près ou de loin. « Nous avons voulu que tous ces documents circulent dans l’Afrique dite francophone et au sein de la diaspora dite francophone », expliquent les représentants du CIJKAD pour qui, il est important que les jeunes africains, les chercheurs africains, aient aussi des références pour leur permettre de comprendre le mouvement panafricain.

L’ouvrage qui vient de sortir, il y a à peine une semaine, contient donc les interventions de ce colloque et des hommages au Pr Joseph Ki-Zerbo.
Lazare V. Ki-Zerbo, co-auteur de « L’idéal panafricain contemporain », perçoit l’idée panafricaniste comme la clé de la survie et de l’épanouissement des peuples.
« L’idéal panafricain contemporain » contient cinq grandes parties. Dans le premier axe, on retrouve des documents sur la conférence de décembre 1958, notamment sur les discours d’ouverture et de clôture de Dr Kwamé Nkrumah et un hommage à Joseph Ki-Zerbo.

La deuxième partie consiste en des interventions qui retracent l’héritage du mouvement panafricaniste (la lutte contre l’apartheid, l’autodétermination des nationalités en Afrique, etc.). Une autre partie est consacrée aux questions d’éducation (comment faire pour que toutes ces discussions sortent d’un cercle restreint pour toucher les jeunes, apprendre aux enfants la vie des panafricanistes afin qu’ils grandissent en ayant en tête qu’ils sont citoyens à la fois de leur pays et du continent africain).

Le quatrième volet jette un regard sur le rôle des migrations dans la création d’une intégration des peuples. Comment faire pour intégrer la diaspora africaine (la Jamaïque, la Martinique, Haïti..) dans l’Union africaine ? « Ce sont des Etats où la majorité écrasante est africaine », soutiennent les dirigeants du CIJKAD, précisant que ce chapitre traite également de la question religieuse.

La dernière partie, quant à elle, scrute l’idée de l’intégration économique (comment dépasser les frontières, comment l’intégration économique aussi peut être un fondement du panafricanisme…).

Sur le second ouvrage, « Le balafon », le CIJKAD dit avoir choisi d’en être également l’éditeur, parce qu’il est le prolongement de l’œuvre et de la vision de Joseph-Ki Zerbo dans son combat pour la confirmation de l’identité culturelle africaine. Selon les conférenciers, l’auteur, Konomba Traoré, est une mémoire vivante de l’histoire du Burkina, notamment du pays Sénoufo. « Ces œuvres doivent être lues et la jeunesse africaine, en particulier, doit se les approprier ; elle qui, de plus en plus, montre sa capacité de résilience face aux chocs exogènes que la vie subit ces derniers moments », souligne Lazare V. Ki-Zerbo pour qui, ce livre est l’un des premiers au Burkina et en Afrique sur le balafon.

« Le balafoniste a le pouvoir de faire parler le balafon, il est craint, respecté parce que réputé être de connivence avec les génies, les génies de la musique. Donc, partout où il se trouve, il n’est pas seul. Les génies de la musique veillent sur lui », apprend-on. Selon Lazare V. Ki-Zerbo, qui a procédé à la présentation des deux œuvres, le balafon est un instrument qui existe partout en Afrique (dans toutes les parties du continent) mais n’est, jusque-là, vulgarisé par un support. A l’en croire, l’ouvrage traite du balafon dans son monde culturel à l’ouest, dans le monde mandingue de façon générale, ses considérations sur la fabrication ainsi que sur le plan musical.

Ces deux ouvrages sont donc considérés par le CIJKAD comme « ambassadeurs » du panafricanisme. C’est pourquoi comptent-ils rendre leur contenu largement accessible, en les traduisant également dans des langues nationales.
Le président du CIJKAD, Cruz Melchor Eya Nchama, estime, pour sa part, que le combat pour le panafricanisme est aussi une lutte qui vise à dire aux gouvernants africains d’introduire dans les manuels scolaires, les langues nationales. Ce, d’autant plus que, parmi les priorités que défendait le Pr Joseph Ki-Zerbo, figure l’éducation.
Ces deux ouvrages seront disponibles dès la semaine prochaine à un prix de 15000 FCFA pour « L’idéal panafricain » et 5000 FCFA pour « Le Balafon ». Ils sont aussi quérables sur le site web de CODESRIA (https://www.codesria.org/spip.php?rubrique193).

O.L.O
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 27 juillet à 12:53, par diadié koné
    En réponse à : Panafricanisme : Le Comité international Joseph Ki-Zerbo présente deux ‘’ambassadeurs’’

    La page que je viens de lire est très intéressante. En tant que Chef de Division Bibliothèque Nationale du Mali, j’aimerai savoir si vous pouviez envoyer un exemplaire version papier de ces intéressants livres « L’idéal panafricain contemporain » et « Le balafon » à l’adresse postale de mon service. Il s’agit plus des documents africains, continentaux que nationaux, c’est ce qui explique l’intérêt de la Bibliothèque Nationale du Mali pour ces deux livres.
    L’adresse postale est :
    Diadié Koné,
    Direction Nationale des Bibliothèques
    et de la Documentation,
    Division Bibliothèque Nationale
    BP E 4473, Tél. (223) 20 29 94 23
    Fax : (223) 20 29 93 96,
    Bamako,
    Mali

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