Coopération : L’union européenne soutient le savoir- faire traditionnel

LEFASO.NET | Nicole OUEDRAOGO • mardi 28 février 2017 à 00h00min

Relancer la coopération avec le Burkina, avec la culture comme facteur de création d’emplois et de cohésion sociale. C’est ce qu’a confié le Directeur général de la Coopération internationale et du développement de l’Union européenne, Stefano Manservisi, dans le cadre de sa visite officielle au Burkina Faso. C’est ainsi qu’à l’issue de son entretien avec le président du Faso, M. Manservisi est allé soutenir les associations de tisseuses qui bénéficient de l’appui financier de son organisation. C’était ce lundi 27 février 2017.

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Coopération : L’union européenne soutient le savoir- faire traditionnel

A Ponsomtenga, localité située à environ 15 km de Ouagadougou, la production du tissu traditionnel est un don. En effet, l’on pourrait croire que toutes les femmes savent tisser dans cette localité, au regard de l’intérêt accordé à ce savoir-faire traditionnel.

Autrefois constituées en un petit groupe, les femmes de Ponsomtenga produisaient individuellement le Faso Dan fani avant la mise en place du projet mode éthique financé par l’Union européenne. « C’était une petite communauté de femmes qui travaillait sans un local. Avec d’autres personnes que nous avons formées, nous avons pu démontrer que le Dan fani est le symbole de l’autonomisation de la femme » a soutenu Haram Sidibé, coordonnatrice Mali-Burkina Faso du projet mode éthique du centre de commerce international, une agence de l’organisation mondiale du commerce et des Nations unies, en charge d’assister les micro- entreprises des pays en développement. « Il s’agit notamment de faire la promotion de la filière artisanale sur le marché international, de mettre en lien les artisans marginalisés et sans accès aux marchés, avec les stylistes et les maisons de mode de la haute couture internationale » a-t-elle renchéri, soulignant qu’il est question de produits de qualité unique et qui ont une valeur ajoutée.

Regroupant aujourd’hui 50 femmes, le désormais centre de tissage de l’association des femmes tisseuses de Ponsomtenga est une structure qui s’illustre dans le tissage et les coutures réalisés à base de fils traditionnels de coton et ce, dans la pure tradition de l’artisanat burkinabè. « C’est une communauté de femmes qu’on a trouvées, qui avaient du talent et qui ont accepté les dures conditions via un délai de livraison et l’agenda de la mode internationale » se souvient madame Sidibé.

Un consortium du centre de commerce international.

A l’image de l’association Zoodo pour la promotion de la femme située au quartier Pissy de Ouagadougou, l’association des femmes tisseuses de Ponsomtenga fait partie du consortium du centre de commerce international. Composé d’entreprises individuelles et collectives d’artisans œuvrant dans le secteur du textile au Burkina Faso et au Mali, le Groupement d’intérêt économique dénommé Commerce et artisanat pour le bien-être social (GIE CABES), est le consortium des associations adhérant au projet de mode éthique. « Nous avons rassemblé les micro -entreprises du Burkina et du Mali au sein d’un consortium que le centre de commerce international assiste en formation et en dotations d’outils sur fonds de l’union pour un contrôle qualité et une gestion à l’international » a expliqué la coordonnatrice Mali-Burkina Faso du projet mode éthique du centre de commerce international.

En effet, après la visite au centre de Ponsomtenga, la délégation de l’Union européenne a mis le cap sur la section Ouagadougou de l’association Zoodo pour la promotion de la femme. Zoodo s’est spécialisée dans la teinture naturelle appliquée sur le coton biologique, filé traditionnellement ou industriellement. L’association excelle également dans le tissage en petite et en grande largeur et le tissage vertical. Une équipe de contrôle qualité contribue également à garantir la qualité des produits de Zoodo selon les standards de la haute mode internationale.

Qualifiant sa visite d’un témoignage de soutien aux femmes, Stefano Manservisi s’est dit fier de faire partie de ce projet formidable qui est porté par les femmes du Burkina et d’autres pays en développement. « C’est un projet qui crée de l’emploi et qui est prisé par l’industrie de la mode internationale .Ce n’est pas une usine à coudre. C’est une usine qui est basée sur les capacités traditionnelles du domaine » s’est –il réjoui. Et M. Manservisi de poursuivre : « on y ajoute de la formation pour pouvoir être compétitif sur le marché, on rémunère en conséquence, de manière à créer un esprit de professionnalisme d’entreprise et par la suite, de la périphérie de Ouaga, on arrive en Europe, au Japon, aux Etats-Unis ». Il souligne que l’ambition de l’Union européenne est de multiplier ces centres d’artisans dans les différentes régions du Burkina.

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 28 février à 13:05, par the upright
    En réponse à : Coopération : L’union européenne soutient le savoir- faire traditionnel

    Sommes-nous vraiment conséquents ici au Faso ? C’est à juste titre que je me pose la question ! Au début des années 80 sous la RDP, tous disaient que le Président Sankara imposait le Faso Dan Fani (FDF) et on a minimisé son impact sur la vie des Burkinabè. Que s’est-il passé entre temps ? J’en déduis que nous avons reculé de 30 ans. Mais comme mieux vaut tard que jamais, je tire mon chapeau à l’UE qui a accepté de soutenir les femmes du domaine. Remarquez que le Président du Faso est toujours habillé en FDF, ainsi que son PM. Alors, Thomas Sankara comme Laurent Bado ? Proposer le juste pour qu’on le rejette et finalement y revenir. Très rétrograde.

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  • Le 28 février à 17:29, par Cheikh
    En réponse à : Coopération : L’union européenne soutient le savoir- faire traditionnel

    Le Faso dan fani c’est bon, mais envisageons très rapidement de créer aussi comme les autres pays, une usine pour remplacer Faso-fani. Car, étant donné que la grande masse des consommateurs, persiste toujours dans son refus de tendre systématiquement vers les pagnes artisanaux, oeuvrons plutôt parallèlement, à l’érection d’une telle usine, que de nous cantonner à la seule option des pagnes tissés.

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