Politique de sécurité : Le CGD préconise une vaste campagne de sensibilisation des populations

LEFASO.NET | Oumar L. OUEDRAOGO • lundi 13 mars 2017 à 23h59min

Gorom-Gorom, chef-lieu de la province de l’Oudalan, région du Sahel. C’est dans cette localité que le Centre pour la gouvernance démocratique (CGD), avec l’appui du Fonds canadien pour les initiatives locales, a déposé ses projecteurs dans le cadre de ses conférences publiques sur la politique de sécurité. Cette activité, tenue le 27 février dernier, a connu une grande participation des populations parmi lesquelles, des représentants d’organisations de la société civile, des responsables des Forces de défense et de sécurité, des autorités administratives, des autorités religieuses et coutumières, des enseignants et des élus locaux. Pendant deux heures environ, il a été question de collaboration entre civils et hommes de tenue, en vue de faire face à l’insécurité sous laquelle ploie le pays.

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Politique de sécurité : Le CGD préconise une vaste campagne de sensibilisation des populations

Après avoir présenté le programme, le communicateur, Dr Thomas Ouédraogo, par ailleurs directeur exécutif du CGD, s’est appesanti sur les mécanismes de collaboration entre les populations et les Forces de défense et de sécurité. Par ces initiatives à travers des localités, il s’agit de scruter les pistes à même de promouvoir la participation des populations aux politiques de sécurité. De l’avis du conférencier, la défense et la sécurité d’un pays reposent avant tout sur la détermination de ses citoyens à se battre pour sauvegarder un « bien commun ». Sous cet angle, les Forces de défense et de sécurité doivent aussi incarner la société, c’est-à-dire être une entité dans laquelle tous les citoyens se reconnaissent.
Selon Dr Ouédraogo, la participation des citoyens à la sécurité n’a pas eu les mêmes égards de par le passé qu’aujourd’hui. Le domaine de la sécurité était perçu comme relevant de la compétence exclusive de l’Etat. En clair, l’Etat était, seul, le détenteur de la violence physique et les hommes de tenue (professionnels), seuls habilités à intervenir dans la sécurité.

Aujourd’hui, le contexte est tout autre (la montée du terrorisme par exemple) et impose une autre façon de penser la politique de sécurité. La participation citoyenne est donc au centre de la mise en œuvre des politiques publiques en la matière. La sécurité n’est plus l’affaire de l’Etat seul, mais aussi du citoyen. Cela implique un partage de compétences avec les acteurs non étatiques (structures communales de sécurité, organisations communautaires, etc.). Mais, cette participation citoyenne n’est pas aussi sans risque de dérives. L’actualité avec les associations koglweogo, le recadrage de l’Etat à leur sujet et les inquiétudes exprimées par les mouvements de droits humains témoignent bien de cette prudence à observer.

C’est pourquoi le conférencier s’est-il appesantit sur le décret portant police de proximité qui encadre désormais la participation des populations à la sécurité. Désormais, l’Etat impose le respect de la règlementation en matière de port d’armes, la dénonciation des infractions aux autorités compétentes (les Forces de défense et de sécurité surtout).

Pour le directeur exécutif du CGD, les populations civiles ont leur rôle à jouer, notamment en dénonçant aux Forces de défense et de sécurité toute situation suspecte et en participant à l’animation des structures communautaires locales de sécurité. Les populations peuvent développer ces initiatives locales dans le respect des lois et règlements.

Pour une meilleure collaboration, le conférencier pense que l’implication de la société civile dans le domaine pourrait être un atout. Aussi, la jeunesse des éléments des Forces de défense et de sécurité ainsi que la prise de conscience de leurs missions républicaines (en témoigne leur rôle dans le dénouement du coup d’état de septembre 2015) sont des éléments à même de peser positivement dans la balance de lutte. Il faut également une volonté politique de la part des dirigeants et travailler à dépolitiser le secteur de la sécurité, ajoute Dr Ouédraogo.

D’où les recommandations de sensibiliser les populations pour qu’elles soient plus consciencieuses et plus respectueuses envers les Forces de défense et de sécurité ; prévoir des récompenses pour les actes de dénonciation ; mener une vaste campagne de sensibilisation des populations sur les rôles qu’elles peuvent jouer. Dans cette optique, il est souhaité d’étendre les conférences, les émissions radiophoniques, les théâtres-fora à toutes les provinces, à tous les départements et aux villages. Il recommande également l’amélioration de la protection des citoyens qui informent et une politique adéquate de communication des Forces de défense et de sécurité avec les populations.

L’exposé du conférencier a suscité de nombreuses réactions, partagées entre suggestions, questions d’éclaircissement et inquiétudes face à la multiplication des attaques dans cette partie (Sahel) du pays. Les intervenants, tout en félicitant la pertinence d’une telle activité, ont lancé un appel aux dirigeants pour des mesures conséquentes contre les attaques dans la région. Ils ont également donné un aperçu de l’impact de cette situation d’insécurité sur le vécu des populations (activités socio-économiques, cohésion sociale…). Les participants ont donc souhaité la multiplication des cadres d’échanges et la nécessité pour les autorités de concerter les populations à la base sur certaines décisions nationales à prendre, surtout celles qui touchent le monde rural.

O.L.O
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 14 mars à 15:34, par kroh !
    En réponse à : Politique de sécurité : Le CGD préconise une vaste campagne de sensibilisation des populations

    La question fondamentale que l’on peut se poser est de savoir si les 27 ans de règne de Balise Compaoré, n’ont pas impacté négativement sur nos FDS( manque de formation des hommes, frustrations pour d’autres, mauvaises pratiques de la hiérarchie...) ? La politisation dont on tant dénoncée dans l’administration publique n’ a t elle pas gagné depuis lors, nos forces régaliennes qui, en principe doivent être au dessus de la mêlée ? Car autant nous avons des contempteurs des nouveaux dirigeants, autant il y a des laudateurs du défunt régime à tous les niveaux de la société. Ce faisant, tant que certains FDS biberonnés avec les nombreux avantages qu’il y avaient à l’époque, ne vont pas accepter la nouvelle dynamique, le changement de pouvoir, il sera difficile que bons ordres soient donnés à la troupe.La solution viendrait de la reforme des FDS tant souhaitée par le président du Faso. Mais des reformes, pour produire leurs effets supposent du temps. voilà tout l’enjeux.
    Vive mo pays

    Répondre à ce message

  • Le 14 mars à 16:51, par Kimi
    En réponse à : Politique de sécurité : Le CGD préconise une vaste campagne de sensibilisation des populations

    Des initiatives à saluer et encourager...Courage...................................................................................................

    Répondre à ce message

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