Moussa Gabriel Dao : « Quand on est engagé à mener des actions, il ne faut pas s’attendre toujours à ce que tout soit reconnu »

LEFASO.NET | David Demaison Nébié • mardi 24 janvier 2017 à 16h00min

Quand sa voiture s’immobilise à chaque fin d’année devant sa cour à Solenzo, c’est une foule nombreuse qui vient l’accueillir. La joie se lit sur le visage de tous. Des tout-petits aux adultes. Puisqu’ils savent que Moussa Gabriel Dao, puisque c’est de lui qu’il s’agit, va pour un temps au moins changer leur quotidien. Tout le monde va s’amuser, va se vêtir et recevoir un cadeau du père Noël. Moussa Gabriel Dao parraine plusieurs activités, et prend en charge la scolarité de certains enfants de la famille Dao. Il a également mis en place une mutuelle de santé pour sa famille et pour la population, et fait souvent des dons par-ci et par-là. Soutenu par son épouse et certains amis de bonne volonté, le couple Dao fait parler de lui dans les actions qu’il mène sans s’attendre toujours à une quelconque reconnaissance. Nous nous sommes entretenus avec le couple, lors de son séjour pour la fête de la nativité à Solenzo.

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Moussa Gabriel Dao : « Quand on est engagé à mener des actions, il ne faut pas s’attendre toujours à ce que tout soit reconnu »

Que faites-vous dans la vie active ?

Je suis géologue de formation. J’ai fait toutes mes études au Burkina ici du primaire à l’université. J’ai commencé à travailler au Burkina avant d’être expatrié. Le premier pays où j’ai été est l’Australie, ensuite c’était le Ghana. Présentement je suis en Espagne où je suis chargé de la supervision des sites. Je travaille pour une multinationale spécialisée dans l’extraction de l’or.

Comment arrivez-vous à mener des actions humanitaires en direction des populations ?

Disons que mon épouse et moi et son association bénéficions de l’aide de certaines bonnes volontés. C’est ainsi qu’un forage a été offert au CSPS (Centre de santé et de promotion sociale, ndlr) de Moussakongo. C’est un forage qui a coûté en tout 7 à 8 millions. Ce n’était pas le choix initial, mais c’est grâce aux éclairages des autorités que ce village a été retenu. Pour les dons aux CSPS, tout est parti d’une situation que nous avons vécue pendant les vacances lors d’un de nos séjours. C’est suite à une visite à un malade au CSPS Urbain 1 que nous avons constaté les conditions difficiles dans lesquelles vivaient les agents et les malades. Sur place, nous avons pris l’engagement d’aider ces structures sanitaires. C’est ainsi que nous avons pu offrir quelques lits aux deux CSPS de la ville. Vous savez, quand nous venons ici, beaucoup de gens nous approchent pour poser des problèmes. C’est ainsi que nous avons essayé de soutenir la santé et l’éducation. Au niveau de l’éducation, nous avons offert une photocopieuse au Lycée. Nous avons soutenu l’OSEP (Organisation du sport à l’école primaire, ndlr) en donnant des ballons et des jeux de maillots aux différentes CEB (Circonscription d’éducation de base, ndlr) de Solenzo. L’équipe provinciale de volley-ball a également reçu des ballons et des maillots.

Qu’attendez-vous de toutes les actions et gestes à l’endroit des populations ?

Tous ces gestes ne sont pas faits pour être forcément reconnus par les populations. Ce n’est pas ça notre objectif. Quand on est engagé à mener des actions, il ne faut pas s’attendre toujours à ce que tout soit reconnu. D’ailleurs, les populations nous sont très reconnaissantes. La preuve est que quand nous sommes là, nous recevons beaucoup de visites et même en ville nous sentons que les gens nous respectent beaucoup sur les routes. Nous sommes fiers de nos séjours à Solenzo. En plus de cala, lorsque nous sommes disponibles, nous parrainons des activités socio-culturelles. Ainsi, nous avons parrainé deux fois la journée des handicapés mentaux. Nous avons aussi eu à parrainer la clôture des enfants du Centre d’Eveil. Il y a aussi les activités sportives dans les écoles où nous sommes souvent sollicités.

Quelle appréciation faites- vous de la crise de la COOPELSO (Coopérative d’électrification de Solenzo) ?

Vous savez, j’ai une façon de voir les choses. Dans la vie, il faut toujours communiquer. C’est dans la communication qu’on peut résoudre les problèmes. Je suis arrivé à Solenzo coïncider avec ce problème. Je trouve que c’est regrettable qu’on arrive à cela parce que pour moi, il y a des problèmes plus sérieux que celui de la COOPELSO. N’ayant pas toutes les informations, mon opinion est qu’il faut beaucoup communiquer pour se comprendre. Car quoiqu’on dise, tous les camps cherchent le développement de Solenzo. Donc pourquoi ne pas s’asseoir pour partager les différentes visions. La communication c’est toutes les informations utiles qu’il faut donner aux populations à temps. Il ne faut pas attendre les temps de crise pour informer. Et c’est ça le problème de Solenzo que je connais bien. Les gens ne se parlent que quand il y a crise. Ensuite, il faut de vrais leaders : un leader c’est celui qui sait écouter, qui sait faire la part des choses, qui ne s’emballe pas vite. Donc tout se résume à la communication et au leadership.

A chaque fin d’année, selon les dires des uns et des autres, vous fêtez la fête de la nativité à Solenzo dans votre village natal, avec toute votre famille. Dites-nous comment vous arrivez à avoir les informations sur votre village étant à l’extérieur du pays ?

J’aime beaucoup Solenzo ; c’est pourquoi chaque année je m’organise pour rentrer au moins une fois et généralement avec toute ma famille. Comme j’aime mon village, je cherche chaque fois les informations à travers lefaso.net, les AIB de Sidwaya, sans oublier les appels en famille et les amis qui me disent l’actualité de Solenzo même si je suis loin.

Quel est votre cri de cœur pour terminer notre entretien ?

Je remercie beaucoup mes amis qui m’aident à réaliser des choses pour Solenzo. Ils sont tellement engagés que je n’ai plus besoin de leur demander de venir quand je suis là.

L’état des routes est vraiment déplorable. Il était impossible de rouler à plus de 20km/h. Pour une province dite ‘’grenier du Burkina’’ et qui est de surcroît frontalière, je crois que les autorités doivent tout faire pour la réparer. Economiquement, Solenzo apporte beaucoup avec la présence de la SOFITEX et bien d’autres potentialités. C’est un vrai cri de cœur que je lance parce qu’au-delà de l’aspect économique, il y a les risques sérieux d’accidents et de pertes en vies humaines.

David Demaison Nébié
Correspondant dans la Boucle du Mouhoun
Lefaso.net

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