Nous sommes le  
LeFaso.net, l'actualité Burkinabé sur le net
Proverbe du Jour : «Ce n’est pas la conscience des hommes qui déterminent leur existence, c’est au contraire leur existence sociale qui détermine leur conscience. Karl Marx» 

Lutte contre le tabagisme : Un procès en vue entre le ministère de la santé et Imperial Tobacco

Accueil > Actualités > Société • • mercredi 18 janvier 2017 à 19h23min
Lutte contre le tabagisme : Un procès en vue entre le ministère de la santé et Imperial Tobacco

Afrique contre le tabac (ACONTA) et le réseau des journalistes antitabac du Burkina Faso (REJAT-BF) étaient face à la presse ce mardi 17 janvier 2017. Une conférence de presse destinée à alerter l’opinion nationale et le gouvernement sur l’ingérence de l’industrie du tabac dans la politique antitabac du Burkina Faso.

Le 7 avril 2016 était la date butoir à laquelle l’industrie du tabac devait apposer sur les paquets de cigarettes des messages de sensibilisation sur la dangerosité du tabac. En effet, 60% des faces avant et arrière des paquets de cigarettes devaient porter des messages sanitaires graphiques (images) pour rappeler aux fumeurs les conséquences du tabac sur la santé.

Cela devait se faire conformément au décret N°2011-1051/PRES/PM/MS/MEF portant conditionnement et étiquetage des produits du tabac au Burkina Faso et l’arrêté N°2015-366/MS/MICA portant fixation des modalités d’application du décret.
Seulement, neuf mois après la date butoir du 7 avril 2016, Imperial Tobacco, à qui appartient la MABUCIG n’a toujours pas mis en application la loi. Alors qu’en France, il se soumet à la loi antitabac en vigueur. Pour les conférenciers du jour, ce refus d’Imperial Tobacco de se conformer à la loi au Burkina Faso s’interprète alors comme un défi vis-à-vis de l’autorité étatique burkinabè.

A en croire Salif Nikiema, coordonnateur d’ACONTA, cette situation de blocage est imputable uniquement à Imperial Tobacco, car, « beaucoup d’autres importateurs présents sur le territoire du Faso ont contacté le ministère de la santé et ont exprimé leur désir de respecter la loi, mais ont peur des représailles de Imperial Tobacco, seule société productrice de tabac au Burkina Faso. »

Pour d’ailleurs faire respecter la loi par l’industrie du tabac, le ministère de la santé a porté l’affaire en justice. Un procès opposant le ministère de la santé et Imperial Tobacco devrait se tenir le 31 janvier 2017. Afrique contre le tabac (ACONTA) espère donc que le ministère de la santé gagnera le procès, afin que la loi antitabac soit respectée au Burkina Faso et que le chiffre de 2000 morts par an dus au tabac baisse. Comme le souligne M. Nikiéma, « La vie humaine est sacrée, par conséquent, l’industrie du tabac doit respecter les textes au risque de défier le gouvernement dans sa quête de la santé pour tous dans notre pays. »

Le ministère du commerce accusé de soutenir Imperial Tobacco

L’ACONTA et le REJAT-BF accusent le ministère du commerce de s’être allié à Imperial Tobacco dans cette affaire. Ils en veulent pour preuve l’attitude de certains représentants du ministère du commerce, lors de la rencontre avec la MABUCIG organisée par le ministère de la santé en vue de décanter la situation. Au cours de la rencontre, ces représentants du ministère du commerce n’auraient pas soutenu le ministère de la santé. « Ceux-ci se sont désolidarisés en boycottant purement et simplement les travaux du comité d’experts mis en place par le ministère de la santé pour fournir des éclaircissements à la MABUCIG sur des dispositions des textes d’application, qui selon elle manquent de clarté. », explique Salif Nikiema.

Les représentants du ministère du commerce auraient estimé que l’application de la loi sur l’étiquetage favoriserait l’importation frauduleuse de cigarettes.

L’ACONTA et le REJAT-BF appellent donc le gouvernement à tout mettre en œuvre pour que l’industrie du tabac appose sans délai des messages graphiques sanitaires sur les paquets de cigarettes, car, disent-ils, « Le respect strict de cette décision contribuera à sauver des milliers de vies. »

Justine Bonkoungou (Stagiaire)
Lefaso.net

Vos commentaires

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

 Articles de la même rubrique
Bobo-Dioulasso : Deux enseignants agressés par des parents d’élèves
Ecole burkinabè : De l’impuissance face à une mort à petit feu ?
Temple évangélique Grâce et Victoire : C’est parti pour la 5e édition de « Sion »
Bruno Dipama, directeur général du Fonds permanent pour le développement des collectivités territoriales : « L’heure du citoyen local a sonné »
Boucle du Mouhoun : « La situation sécuritaire se dégrade de jour en jour », selon le MBDHP
30e anniversaire de l’Ecole des jeunes aveugles : Des perspectives pour une éducation inclusive
Nutrition : Désormais des données fiables sur le Burkina
Emploi : Environ un milliard pour l’insertion professionnelle des jeunes
Moussa Thiombiano alias Django, responsable des Koglwéogo de l’Est : « Le ministère de la Sécurité n’a pas joué son rôle … »
Mgr Pierhierge Debernardi : « L’avenir de l’Eglise, c’est l’Afrique »
Filière anacarde : Les producteurs plaident leur cause au Premier ministère
Education au Burkina : « Presque 100 000 enfants ne vont plus à l’école », soutient Anne Vincent, représentante de l’UNICEF
  Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter


LeFaso.net
LeFaso.net © 2003-2018 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés