Ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation (MENA) : Le ministre Jean-Martin Coulibaly explique les enjeux du nouvel organigramme

mercredi 18 janvier 2017 à 02h10min

Dans les structures déconcentrées du ministère de l’Education nationale et de l’Alphabétisation (MENA), l’on comptera désormais deux directions régionales et deux directions provinciales ; c’est l’une des innovations du nouvel organigramme qui a été adopté en conseil des ministres le 28 décembre 2016. Pour en connaître tous les enjeux, nous avons rencontré le premier responsable du département, M. Jean-Martin Coulibaly.

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Ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation (MENA) : Le ministre Jean-Martin Coulibaly explique les enjeux du nouvel organigramme

Lefaso.net : Le Conseil des ministres du 28 décembre 2016 a adopté un décret portant organisation du ministère de l’Education nationale et de l’alphabétisation, à quoi répond ce nouvel organigramme ?

Jean-Martin Coulibaly (MENA) : Le nouvel organigramme se veut emporter un compromis des acteurs sur l’organisation du département. Il vous souviendra que l’organigramme adopté en mai 2016 avait été l’objet de critiques de quelques acteurs, pas toujours fondées, mais nous avons souhaité prôner le dialogue et l’inclusion afin de rassembler autour de l’essentiel, à savoir fournir une éducation de qualité à tous les enfants du Burkina Faso.

Pouvez-vous nous rappeler les différents blocs qui ont été fusionné pour former le Ministère de l’Education nationale et de l’Alphabétisation aujourd’hui ?

Le Ministère de l’éducation nationale et de l’alphabétisation regroupe i) l’éducation préscolaire (3 à 6 ans), ii) l’enseignement primaire, iii) l’enseignement post-primaire, iv) l’enseignement secondaire (général, technique et professionnel) et vi) l’alphabétisation et l’éducation non formelle

Quel a été le processus d’adoption du nouvel organigramme ? Toutes les parties prenantes ont-elles été impliquées ? Y a-t-il un consensus ?

Toutes les parties prenantes ont été impliquées et se sont exprimées. L’organigramme qui a été adopté reflète les efforts faits par chaque partie pour permettre d’avancer vers l’essentiel comme indiqué plus haut qui est de fournir une éducation de qualité à tous les burkinabè.

Quelles sont les grandes articulations de la nouvelle organisation ?

Nous avons tenté de préserver la vision holistique et la nécessité d’une gestion de proximité de chaque ordre d‘enseignement, dans la perspective des réformes que souhaite faire le gouvernement. Ainsi, au niveau central nous avons préservé la vision holistique qui consacre l’enseignement formel, l’enseignement et la formation techniques et professionnels, l’éducation non formelle et l’alphabétisation, l’encadrement pédagogique et les départements transversaux. Au niveau déconcentré, nous avons privilégié la gestion de proximité des ordres d’enseignements en créant deux directions régionales et deux directions provinciales dédiées respectivement au préscolaire, primaire et non formel et au post-primaire et secondaire.

Quelles sont les innovations ?

Les innovations par rapport à l’organigramme de mai 2016, sont de 3 ordres :
- quelques harmonisations au niveau central
- la réintroduction du conseil national de l’éducation
- la création d’une nouvelle direction chargée des arts et de la culture
- la création de 2 directions régionales (l’une chargée du pré-scolaire, du primaire et de l’éducation non formelle et l’autre du post-primaire et du secondaire)
- la création de 2 directions provinciales avec la même configuration).

Comment le nouvel organigramme sera-t-il mise en œuvre ? Y a-t-il un échéancier ?

Le nouvel organigramme sera d’application immédiate. Néanmoins, pour ce qui concerne les directions provinciales des enseignements post-primaire et secondaire, leur mise en place sera progressive. Nous allons reprendre à notre compte les résultats des travaux qui avaient été menés sous l’ex. MESS concernant ces directions pour les valoriser et nous appuyer là-dessus pour l’opérationnalisation.

Dans quel climat cette réorganisation va-t-elle se faire quand on sait que votre département a connu plusieurs remous avec les revendications de diverses structures syndicales ?

Il me semble que même si tous les acteurs n’ont pas vu leurs propositions totalement prises en compte, tous ont compris l’indispensable nécessité d’aller de l’avant. La discussion entre acteurs ayant des intérêts parfois contradictoires nécessite parfois de trouver un compromis dans l’impossibilité de trouver un consensus. C’est ce que nous avons fait, ensemble avec les syndicats.

Cette nouvelle restructuration a-t-elle pris en compte les problèmes « d’insubordination » ou de conflit de compétences entre agents du primaire et du post-primaire dans la direction des administrations régionales et provinciales ?

Il y a certes eu des problèmes d’insubordination, mais il n’y a pas eu de conflit de compétences entre agents des différents ordres d’enseignement. Les emplois dans l’éducation, comme partout ailleurs sont référencés aux profils définis et non aux profils de leurs occupants. C’est ainsi que je peux, tout en étant instituteur, être titulaire d’un doctorat et m’en contenter, tout comme je peux être un inspecteur et ne pas avoir le désir de faire des études plus poussées. La confusion que certains acteurs ont voulu entretenir a porté sur les nominations à des fonctions. A ce niveau, comme je l’ai toujours indiqué, la fonction prime sur le grade partout dans le monde. Et les acteurs, surtout du niveau de ceux qui ont porté cette contestation seraient bien inspirés de se remettre en cause et de mieux étudier la question.

La question de l’incivisme prend de l’ampleur dans les établissements, qu’est-ce qui est prévu pour y mettre fin ?

L’école a un rôle très important pour combattre l’incivisme et notamment les enseignants, qui sont ceux-là à qui les enfants s’identifient. Mais le rôle la communauté toute entière est également central. Si les efforts de l’école ne sont pas bonifiés par la société, qui ramerait à contrecourant, tout cela sera vain.
Il y a aussi la famille, le premier foyer d’éducation, de plus en plus dépassée par l’éducation de ses enfants. La plupart des parents travaillent tous les deux. Dans ce cas, qui s’occupe de l’éducation des enfants ? Souvent une « bonne », comme nous les appelons communément avec dédain, avec le peu de bagages qu’elle a, souvent dans une image dévalorisée de sa propre personne (pas assez bonne ou trop pauvre pour aller à l’école comme les enfants dont elle s’occupe, etc.).
Les parents d’aujourd’hui connaissent-ils vraiment leurs enfants qu’ils ne voient parfois qu’au lever et au coucher pendant 5 jours de la semaine ? Même le weekend, étant trop fatigués de leur semaine de travail, les « bonnes » continuent de prendre le relais, afin de permettre aux parents de se reposer.
Ce qui est prévu pour y mettre fin, c’est une sensibilisation, une formation permanente des enseignant à leur responsabilité vitale pour l’éducation de l’enfant dont il ont la charge. C’est aussi plus d’implication des parents dans le cadre scolaire aux activités menés avec leurs enfants. Il est bon et très éducatif pour l’enfant de voir ses parents de concert avec les enseignants conduire des activités avec lui. Des activités dans le cadre scolaire sur les questions de civisme et de citoyenneté, telle que la semaine scolaire d’éducation à la citoyenneté et la semaine nationale du civisme organisées en 2016, sont d’excellent cadres. Enfin, l’introduction de contenus sur ces questions dans les curricula de tous les ordres d’enseignement est indispensable. Mais que ce soit à l’école, en communauté ou en famille, l’action la plus efficace est celle des adultes que nous sommes qui se comportent de façon civique. Comme le note Dorothée Law Nolte, l’enfant apprend ce qu’il vit.

Où en est-on avec la relecture du statut de chef d’établissement ?

Le document sur le statut du chef d’établissement est prêt. Il reste à le partager avec les partenaires sociaux avant de l’envoyer pour examen en Conseil des Ministres. Je souhaite que cette rencontre ait lieu encore en janvier, afin que nous puissions clore ce dossier.

La question du mandatement des enseignants nouvellement affectés dans leur poste de service avait fait couler beaucoup d’encre et de salive, il y a quelques mois, quel est l’état des mandatements aujourd’hui ?

En matière de mandatement, il n’y a plus, à ma connaissance, de cas à traiter. Ceux qui seraient dans un tel cas sont des agents qui n’ont pas répondu aux demandes de la DRH pour les compléments de leurs dossiers. En dehors de tels cas, j’invite les agents non mandatés à passer à mon cabinet signaler leur cas avec les éléments de preuves.

Quels sont vos vœux pour l’année 2017 ?

Que tous les acteurs de l’éducation soient récompensés par les sourires d’enfants épanouis à l’école.

Moussa Diallo
Lefaso.net

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