Commémoration du soulèvement populaire du 3 janvier 1966 : les acquis de l’insurrection d’octobre 2014 au centre des réflexions

LEFASO.NET | Jacques Théodore Balima • jeudi 5 janvier 2017 à 00h05min

L’Unité d’action syndicale (UAS) a organisé ce mardi 3 janvier 2017 un panel sur le thème : « Les leçons du soulèvement populaire et historique du 3 janvier 1966 pour la défense des acquis de l’insurrection populaire et de la résistance héroïque du putsch » pour commémorer le soulèvement populaire de 1966.

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Commémoration du soulèvement populaire du 3 janvier 1966 : les acquis de l’insurrection d’octobre 2014 au centre des réflexions

C’est désormais une tradition. Les centrales syndicales célèbrent chaque année la date anniversaire du soulèvement populaire du 3 janvier 1966 qui a mis fin au régime du président Maurice Yaméogo. « Comme chaque année, nous nous retrouvons pour commémorer le 3 janvier 1966, l’une des premières insurrections avant celle de 2014 », c’est ainsi que le président du mois des centrales syndicales, Paul Kaboré, a justifié la commémoration.

La célébration du 51e anniversaire du soulèvement intervient deux ans après l’insurrection populaire d’octobre 2014, qui est aussi venue à bout du régime de Blaise Compaoré. Des acquis ont été engrangés. « La gestion du pays relève des partis politiques non d’une institution, soit-elle forte, comme l’armée. Il faut qu’on tire toutes ces leçons et préserver les acquis car il y en a eu. En guise d’exemples, il faut préserver la liberté de la presse afin que les journalistes puissent continuer à interpeller les uns et les autres sur les manquements et leurs devoirs de redevabilité des dirigeants vis-à-vis du peuple. L’autre exemple et non des moindres, est la suppression des zones rouges », a fait remarquer le conférencier, Kuilga Dominique Yaméogo, secrétaire général de l’Union régionale du Centre de la Confédération générale du travail du Burkina (CGT-B).

Des leçons du soulèvement populaire

Même vieux de 51 ans, les événements de 1966 enseignent toujours la génération actuelle. « La première leçon est que la principale revendication était « du pain, de l’eau et de la démocratie ». C’est tout un programme et s’il avait été exécuté, le Burkina ne serait pas là où il est aujourd’hui. Il faut qu’on en tienne compte. Une autre leçon, le 3 janvier 1966, la foule avait appelé l’armée au pouvoir. Elle a pris le pouvoir et l’a géré pendant quatorze ans avant le départ du pouvoir de Sangoulé Lamizana. Puis, une autre partie de l’armée l’a repris et cela a duré jusqu’aux élections de 2015. Lors de l’insurrection populaire d’octobre 2014, la même erreur s’est répétée. Les gens avaient appelé le Général Lougué à prendre le pouvoir. C’était une façon d’appeler l’armée à prendre le pouvoir. Avec la transition, l’armée était présente mais un peu moindre. Il faudra en tenir compte pour les fois à venir car l’armée n’est pas la seule institution au Burkina censée diriger le pouvoir », a fait relever le conférencier.

Des leçons mal apprises

Pour le président du mois des Centrales syndicales, les enseignements du 3 janvier 1966 n’ont pas été bien assimilés par Blaise Compaoré. « On a l’impression que les dirigeants n’ont pas tiré leçons des évènements du 3 janvier 1966 sinon on n’aurait plus connu une insurrection en 2014. Si les événements du 3 janvier 1966 avaient été bien retenus par les dirigeants, ils n’allaient pas s’engouffrer dans cette affaire de révision de l’article 37 qui a conduit à l’insurrection populaire. Je pense que c’était une nouvelle leçon pour ceux qui sont là ou qui viendront après de respecter la constitution, le peuple qui les a élus », a ajouté Paul Kaboré.

En plus de cela, le conférencier estime, entre autres propositions, qu’il faudra constitutionnaliser l’insurrection populaire. « Le peuple s’est mobilisé pour chasser le pouvoir de Blaise Compaoré. C’était une insurrection. Il est indiqué que dans la nouvelle constitution en élaboration que l’on prenne en compte l’insurrection comme un recours pour le peuple si ses droits sont violés », a-t-il conclu.

Jacques Théodore Balima
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 5 janvier à 10:54, par Le Vigilant !
    En réponse à : Commémoration du soulèvement populaire du 3 janvier 1966 : les acquis de l’insurrection d’octobre 2014 au centre des réflexions

    MR Le conférencier Kuilga Yaméogo. En 1978 comment expliquer qu’il a fallu de peu pour que Maurice Yaméogo reviennent au pouvoir après avoir mis Lamizana en ballotage. Les mêmes choses produisant les mémés effets, croyez vous que MR Blaise K. Compaoré ne reviendra til pas encore au pouvoir ? Pour éviter cela , il faudrait donc que Les syndicats jouent réellement leur rôle . Sous la transition, en un an de pouvoir Le Lt colonel Zida s’est montré pire que Les Compaoré dans sa gestion calamiteuses des deniers publics. Pour avoir du pain et de l’eau il faut que Les deniers publics soient bien gérés . Luttez pour éviter le népotisme qui régnait sous les Compaore .

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  • Le 5 janvier à 20:40, par Sidbewendin
    En réponse à : Commémoration du soulèvement populaire du 3 janvier 1966 : les acquis de l’insurrection d’octobre 2014 au centre des réflexions

    Félicitations à nos braves syndicats pour la commémoration de cet anniversaire. Mais entre nous, ne pensez-vous pas qu il est grand temps que l’on se mette un peu plus au sérieux dans le travail ? Incontestablement il y a trop de jours fériés au Burkina, il semble qu on en est les champions dans le monde. Oui pour toutes les leçons que nous pouvons tirer de cet évènement historique, oui pour poursuivre la réflexion mais faisons le tout en travaillant et bossons dur pour nous libérer de toutes les formes d’oppression car seul le travail libère . Et comme toutes les composantes se reconnaissent dans le soulèvement des 30 et 31 octobre, on peut faire barka du 3 janvier non ! Sans compter qu il y a le 1er mai et avant, le fameux O8 mars... Sans rancune !

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