Crise touarègue au Sahel : Des impensés et des non-dits

lundi 26 décembre 2016 à 21h15min

Petit à petit, les langues se délient et on commence à comprendre. Les porte-parole, officieux ou autoproclamés officiels, sortent progressivement de l’ombre. Il est maintenant question d’indépendance et d’un Etat touareg. La grave question de l’Etat-nation enfouie prudemment au moment des indépendances nationales des années 1960 refait surface.

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Crise touarègue au Sahel : Des impensés et des non-dits

Avant les épisodes touarègues, il y a eu des secousses comme au Biafra. La question n’est donc pas nouvelle. Mais elle est grave et menace tous les pays issus de la colonisation européenne. Pour une question aussi délicate, il faut s’assurer de manier correctement les mots. Même les spécialistes s’y perdent.

La nation, c’est "une communauté d’individus ayant une certaine unité (langue, culture, religion…) et possédant une conscience plus ou moins nette de cette unité. Cela ne suffit pas. Ce groupe d’individus doit affirmer le "désir de vivre ensemble de leur propre consentement". Quelque part, nous nous sommes laissé avoir par le langage colonial. Et c’est ainsi que nos nationalités ont été qualifiées d’ethnies.

L’Etat, c’est autre chose. L’Etat désigne le gouvernement et l’administration de cette communauté d’hommes. En somme, la forme de pouvoir.

Il y a d’autres mots, encore plus coriaces : le peuple, la nationalité, le pays. Il y a plus dangereux : le nationalisme. Mais là où ça se complique, c’est quand on veut que l’Etat coïncide avec une nationalité et que cela se vive dans un pays d’un seul tenant. Imaginez une nationalité Bambara, ou Songhaï, ou ce que vous voudrez, qui revendiquerait un Etat et une indépendance ! Il semble même imprudent de l’écrire dans un journal, même sous la forme d’une hypothèse. Quand on vous dit que la question est délicate ! C’est de la bombe !

Que dit l’histoire ?

Regarder le chemin parcouru permet au voyageur de se situer. Du reste, un coup d’œil par-dessus l’épaule ne fait jamais de mal. Ce sont les Européens qui sont venus nous contaminer avec la forme actuelle de l’Etat. Et quand le colonisateur est parti, il n’est pas vraiment parti puisque nous n’avons pas eu le courage de reprendre notre mode de vie antérieur. Et notre imagination n’a pas suffi à mettre sur pied une forme originale du pouvoir. On a donc hérité de l’Etat de type européen, avec les tares et les problèmes qui vont avec. Et nous n’avons pas été les premiers humains à être embêtés par cette histoire. Car cela a coûté des guerres aux Européens.

En même temps que des savants discutaient du "droit des peuples à disposer d’eux-mêmes", les politiques et les militaires ont mené des conquêtes pour annexer des contrées entières. Pour forger la nation française, on a dû forcer la main à des peuples pour les intégrer dans un tout unique. Les exemples ne manquent pas. Le cas le plus emblématique, c’est l’Italie. A un moment donné, on s’est aperçu que "Le peuple italien existe : il a une langue (l’italien), des traditions communes (catholicisme, cuisine, mode de vie) et des frontières naturelles (les Alpes et la Méditerranée)." Il aspire donc à former une seule nation. Pourtant en 1850, l’Italie est divisée en 8 Etats. Et il a fallu de longues guerres pour rassembler les morceaux.

Les hommes sont ainsi faits que les sentiments peuvent conduire à des drames. Et c’est partout pareil. Ce qu’il y a chez les Peuls, c’est ça aussi qu’il y a chez les Mossé. Ce qui a couté des vies en Europe nous menace aujourd’hui. Parce que l’histoire et la géographie ne sont pas toujours d’accord. L’exercice n’est pas difficile : il suffit de regarder la carte. Il y a donc des cas où une nationalité voit une frontière traverser son lieu de vie. Vous trouverez des Gourmantché au Burkina, au Niger et au Bénin. De même, les Sénoufos vivent au Mali, en Côte-d’Ivoire et au Burkina. Il y a des nationalités qui ont la malchance de voir des Etats rivaux se disputer leur territoire. Que dire du cas où plusieurs nationalités vivent imbriquées sur une même terre ?

Le compromis de 1963

En mai 1963, les présidents de 32 pays africains se sont réunis en Ethiopie pour mettre sur pied une Organisation de l’Unité Africaine. Ce sont des gens pratiques. Et chacun avait dans la tête le tracé de ses frontières nationales et la bombe posée sur chaque kilomètre de cette frontière. On voit bien que les intérêts des colonisateurs n’avaient rien à voir avec les intérêts des Africains. Bien des frontières sont absurdes. Mais on sait que si on choisit d’y toucher, cela va ouvrir une période de fortes turbulences. Sans qu’on puisse percevoir une issue. Il était donc urgent d’attendre. Les diplomates savent se montrer imaginatifs. On a donc trouvé l’idée d’"intangibilité des frontières héritées de la colonisation". Formule magique qui traduit un compromis prudent : on laisse les choses en l’état. La question touarègue vient aujourd’hui rappeler brutalement cette réalité. Un peu comme si le gardien d’un dépôt de dynamite s’obstinait à fumer sur son lieu de travail.

L’occupation effective des lieux

Examinons maintenant l’autre ingrédient de cette fâcheuse affaire : la géographie. Autrement dit, qui vit où. Globalement, la population totale des Touarègues est estimée à 5,2 millions. 1,5 million au Niger sur un total estimé à 16.468.886, 900.000 au Mali sur un total estimé à 14.159.904, 1 million en Algérie sur un total estimé à 35,6 millions d’habitants, 60.000 au Burkina Faso sur un total estimé à 16.751.455 et 200.000 en Lybie sur un total estimé à 6.597.960 habitants. Ces chiffres sont à prendre avec beaucoup de précaution. Le plus souvent, il s’agit d’estimation, ou encore des résultats d’un recensement vieux de quelques années. Pour le centre de recherche berbères ou CRB de l’Inalco (Institut National des Langues et Civilisations Orientales) : « L’ensemble des populations de langue touarègue atteint certainement, voire dépasse, 1,5 million de personnes, dont la grande majorité (=1 million) est localisée au Niger et au Mali. Dans les régions sahariennes (Algérie et Libye), les Touaregs ne comptent que des effectifs très limités qui ne doivent pas dépasser les 200.000 personnes. » Autre difficulté, certains chiffres confondent toutes les composantes de la société touarègue, y compris serviteurs, captifs, esclaves ou esclaves affranchis.

Descendons au niveau d’un pays ! Si on lit ce qu’on lit, si on voit ce qu’on voit, et si on entend ce qu’on entend, la question semble concerner la pointe extrême nord de notre pays. Trois provinces : le Soum, l’Oudalan et le Séno. Au Soum, pour une population de 348.341 en 2006, on a 72% de Peuls, puis viennent les Foulsé ou Koroumba, les Bella, les Dogon, et les Mossé. L’Oudalan comptait en 2006 197.240 habitants. Là également les Peuls viennent en première position, puis les Touaregs, les Sonrais, les Haoussa et les Maures. Toujours en 2006, le Séno comptait 264.815 habitants. Peuls 76%, Sonrais 10%, Bella 5%, l’ensemble Gourmantché, Mossé, Foulsé et Bissa 8%, et un deuxième ensemble Haoussa, Bobo, Sénoufo 1%.

Des questions sous-jacentes

A-t-on besoin de commenter ces chiffres ? Cela ne semble guère indispensable. Mais il est permis de se poser des questions. Est-ce pour de telles raisons que l’on cherche à nous mener au chaos ? Comme toujours, c’est après le désastre que nous, pauvres populations, comprenons pourquoi on nous a fait vivre l’enfer. Il a fallu attendre la fin du conflit biafrais pour que du pétrole se mette à jaillir au Nigéria. Parce qu’il y a des gens dans les grands pays qui connaissent notre sous-sol mieux que nous-mêmes. Et c’est ainsi que ce qui pourrait passer pour une bénédiction que le ciel veut bien accorder aux pays pauvres devient source de calamités et de souffrances.

Bien vrai, quand on parle des "hommes bleus" du désert, cela peut plaire aux Occidentaux en mal d’exotisme. Mais la vie, ce n’est pas du tourisme. Il suffit de regarder la structuration d’une société pour comprendre certaines réalités qu’on veut cacher par des campagnes de communication.
La société touarègue est hiérarchisée comme il suit : les Imajaghan : tribus nobles, essentiellement guerriers féroces et redoutés ; Ineslemen : tribus maraboutiques (au singulier ineslem signifie « musulman »), nobles aussi ; Imrad : tribus vassales ; Inaden : forgerons (en fait les artisans) noirs ; Irawellan : anciens captifs touareg ; Iklan : esclave ou si l’on préfère serviteur ; Bellas : esclaves libérés de langue Songhaï ; Bouzou : esclaves libérés de langue haoussa.
Ça ne vous dit rien, une société où les termes « vassal », « serviteur », « esclave » et « captif » reviennent sans cesse ?

Sayouba Traoré

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Vos commentaires

  • Le 26 décembre 2016 à 22:19, par KAMBIRE
    En réponse à : Crise touarègue au Sahel : Des impensés et des non-dits

    Le Sahel est-il une priorité pour nos Etats ? ce n’est pas une et la réalité est là : pauvreté et marginalisation de la population. Je pense que si nous sommes incapables de faire face aux défis du Sahel, il faut donner aux peuples du sahel leur autonomie au lieu de pousser de pauvres soldats sans préparation ni armes de pointe au mouroir.

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    • Le 27 décembre 2016 à 08:58, par Inoussa CDR
      En réponse à : Crise touarègue au Sahel : Des impensés et des non-dits

      De quel peuple du Sahel parlez vous ? On vient de voir les chiffres.

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    • Le 27 décembre 2016 à 09:30, par Lionceau
      En réponse à : Crise touarègue au Sahel : Des impensés et des non-dits

      Parfaitement d’accord avec vous. Si nous voulons la paix, donnons leur l’autonomie qu’ils réclament. je dis ça pour plusieurs raison :

      1- On aura en face un état qui voudra d’abord contrôler son territoire qui est en réalité jusque là non contrôlé par les pays auxquels ce territoire appartient. Ils contribuerons eux même à la sécurisation de ce territoire. Et on aura en face une capital, des dirigeants des casernes et des infrastructures à qui on pourra envoyer quelques missiles au besoin. Aussi à quoi sert un territoire non maitrisé pour le mali, le burkina... absolument rien qu’un cimetière pour nos braves soldats

      2- Ils vont vouloir se développer donc obligatoirement s’insérer dans le concert des nations et de cet fait mieux contrôlable et contrôle. En plus les richesses potentielles du désert (pétrole) ne sont exploitables sans le concours des nations développer et sans une sécurisation parfaite de ce territoire. Ils ne pourront que revenir à la raison si ils veulent du soutien et s’il veulent que leur nation survive.

      3- Nous économiserons nos forces, notre agent et des vies humaines. A défaut, nous devrions reconsidérer notre budget en effort de guerre et dire adieu au PNDS.

      Par ailleurs cette situation d’autonomie les fragilisera davantage, puisque, comme toute nation nouvelle, ils vont devoir se battre d’abord entre eux pour le contrôle de l’état et nous nous serons tranquille. Nous pourrons même envoyer quelques kalach aux branches rivales pour les maintenir dans le chaos le plus longtemps possible.

      C’est dommage mais il faut qu’on ait quelqu’un en face.

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      • Le 27 décembre 2016 à 12:52, par moi meme
        En réponse à : Crise touarègue au Sahel : Des impensés et des non-dits

        Lionceau, je ne suis pas d’accord avec vous ! si tu lis bien la derrière phrase de Sayouba Traoré, tu comprendras que ces gens veulent autre chose qu’un Etat véritable. Des trafiquants de drogues et des cargaisons de Malboro, qui ne veulent même pas travailler à la sueur de leur front, et qui pensent que leur région est délaissée. quand on prend notre pays, toutes les communes reculées de Ouagadougou ont sérieux problèmes( sans eau, électricité, route, centres de santé,...) Est-ce pour autant qu’une commune de la région de Gaoua ou sissili peut -elle réclamer son indépendance ou autonomie ? si vous donner un Etat aujourd’hui aux Touaregs sécessionnistes du Mali, Niger et Burkina, demains ils réclameront autre chose.

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  • Le 26 décembre 2016 à 22:55, par La Foudre
    En réponse à : Crise touarègue au Sahel : Des impensés et des non-dits

    C’est tout à fait normal que les peuhl soient majoritaire dans le sahel. Et un peulh n’est pas un touarègue et il est loin de l’être. Pour moi, ces esprits malins qui revendiquent des nations sont motivés par les intérêts égoïstes, économiques et ils veulent utilisent d’autres éléments comme ethnies pour atteindre leur sale besogne. Les peuhl sont à plus de 70% dans le sahel et ils ne sont pas touarègues, le nord est occupé par les yadssés à plus de 70% et ils ne sont pas touarègues, le plateau central est occupé à plus de 60% par des mossis, etc. Appelons les choses par leurs noms. Ils revendiquent simplement les territoires à causes de l’abondance des ressources naturelles que regorgent ces parties. C’est mon point de vue. Je m’excuse si je suis hors sujet

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    • Le 27 décembre 2016 à 09:07, par Zorro
      En réponse à : Crise touarègue au Sahel : Des impensés et des non-dits

      Tout à fait d’accord avec votre commentaire Monsieur ou Madame La Foudre. A cela il faut ajouter le commerce malsain des vendeurs d’armes qui incitent les communautés à s’affronter rien que pour vendre leurs armes. Il y a même des moments où ces marchands d’armes se confondent à des Etats.....

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    • Le 27 décembre 2016 à 14:22, par "LE VIEUX"
      En réponse à : Crise touarègue au Sahel : Des impensés et des non-dits

      POURTANT CE SONT NOS FRERES PEULHS QUI ONT ATTAQUÉ NASSOUMBOU (LEUR PROPRE VILLAGE) ET NON LES TOUAREGS.
      IL FAUT CHERCHER L’INFO JUSTE DÈS MAINTENANT AVEC LES RADIOS ETJOURNAUX DE LA PLACE.
      C’EST NOUS MÊME NOTRE ENEMI.

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  • Le 26 décembre 2016 à 23:26, par Cheikh
    En réponse à : Crise touarègue au Sahel : Des impensés et des non-dits

    Ce problème Touareg n’est pas si nouveau que çà. Il semblerait que c’est l’AZAWAD que le peuple Touareg reconnaît, réclame et revendique comme étant sa propriété. C’est à dire un redécoupage de son royaume, qui chevauche les frontières officielles, sans en tenir compte.Et cet AZAWAD aurait sa capitale au Burkina. Qu’est-ce que ce peuple a de si cher à l’intérieur de ce territoire, autre que l’appartenance à une seule et même culture, nul ne saura le dire. En attendant, nous on n’y voit que des intentions d’application d’une charia, qui est pourtant loin de faire l’unanimité. A moins que des occidentaux malintentionnés y lorgnent du gaz ou du pétrole dont ils soupçonnent l’existence, le profane en le parcourant, ne s’y retrouve qu’avec un amas de sable et de dune à perte de vue.Mais au demeurant, à moins d’être partisans de troubles ou maniaques de désordres, qu’a-t-on à passer vraiment par des procédés si belliqueux pour démontrer la véracité d"une loi religieuse, ou monopoliser l’exploitation d’un sous-sol ? Ne s’agit-il pas à coup sûr, de velléités d’implantation d’un foyer de tensions, pour mieux commercialiser des armes, et faire circuler la drogue ? Dans tous les cas, pourquoi ne pas anticiper, en ordonnant des prospections dans la partie qui nous échoit, propres à nous éclairer sur les potentialités réelles qui s’y trouvent ? En attendant en tout cas, moi j’affirme et je répète que le seul poison pour tous ces hurluberlus, c’est la Russie et elle seule, comme elle nous l’a suffisamment démontré en Syrie.

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    • Le 27 décembre 2016 à 12:41, par Turbo
      En réponse à : Crise touarègue au Sahel : Des impensés et des non-dits

      Mr Cheikh, le problème toureg est alimenté par la France et ses alliés saoudiens et quataris et tout le monde le sait. Soutenir un groupe ethnique, les financer, les armer contre leur État est une crime qu’il faut combattre sans pitié et sans merci. Les touregs ne sont pas les seules populations ni le seul groupe ethnique du nord du mali, du Niger ni du Burkina-Faso. L’hypocrisie de ceux qui les arment et les manipulent est sans limite. Je ne sais pas quelle boisson vous avez ingurgité ce matin mais elle vous a rendu saoul au point que votre analyse est biaisée. Comparé le problème toureg et la situation syrienne est juste incorrecte et mal connaitre la géopolitique mondiale. La Russie constitue un Rampart contre l’expansionnisme europeen et ses alliés saoudiens et quataris dans le sahel et en Syrie. Qui sont ceux qui ont soutenu les rebelles islamistes syriens en 2011 durant les printemps arabes ? Qui sont ceux qui ont détruit la Lybie, l’Irak, l’Afghanistan ? Qui a armé les rebelles et les ont defendu dans toutes les tribunes du monde ? Ou vivent les leaders de ces rebelles islamistes que les occidentaux prétendent de combattre ? il faut avoir le courage d’ouvrir les yeux pour voir. Les pays sahéliens devraient mettre ensemble leur force pour anéantir ces bandits rebelles égoistes de leur territoires s’ils ne veulent se conformer à republique,Au pire, que ces pays demandent de l’aide aux russes qui ne jouent pas à l’hypocrisie. et j’ajouterai vive Poutine.

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      • Le 27 décembre 2016 à 21:49, par Ben
        En réponse à : Crise touarègue au Sahel : Des impensés et des non-dits

        Bravo ! J’étais tellement déprimé devant l’inculture et la "manipulabilité" de @ Cheikh (notamment par les médias occidentaux) que votre post m’a dispensé de lui adresser une contradiction cinglante. L’un des plus grands malheurs de notre siècle est que malheureusement beaucoup qui ont les moyens d’accéder aux moyens de communication modernes (internet notamment) n’ont pas les moyens de l’esprit critique.

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  • Le 27 décembre 2016 à 06:13, par Gangobloh
    En réponse à : Crise touarègue au Sahel : Des impensés et des non-dits

    Hummmhhh vous pensiez que cette affaire de rebelles touaregs c’était quoi ? Les grandes puissances savent ce qu’il y a comme richesse dans le sous sol de cette zone . Il faut que la France ait un moyen de continuer d’exploiter ces anciennes colonies et se maintenir parmis les grands de ce monde . Nous avons intérêts à revoir nos partenaires au développement et créer des armées fortes et modernes. Si ne savons pas ce que nous voulons ou du moins nos dirigeants ne savent pas ce qu’ils veulent , les autres dirigeants savent ce qu’ ils veulent pour leur peuple . La Libye n’a pas été destabilisée pour rien, c’est stratégique. Nous africains n’avons pas de vision stratégique de développement c’est cec qui nous laisse à la traîne et c ’est dommage.

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  • Le 27 décembre 2016 à 08:04, par Kôrô Yamyélé
    En réponse à : Crise touarègue au Sahel : Des impensés et des non-dits

    - Aha ! Une fois de plus l’histoire est entrain de me donner raison !

    Je vous avais dit ici sur ce site même qu’au moment du tracé des frontières par le colon, les touaregs ont été oubliés pour le simple fait que ce peuple a toujours résisté à la colonisation, et se déplace beaucoup, vivant de razzias. On les a ignoré alors qu’ils avaient bel et bien un territoire. Leur territoire a été morcellé entre le Mali, le Niger, le Burkina, la Mauritanie, la Lybie et l’Algérie. Du coup, ils sont minoritaires dans tous ces pays. Alors une seconde fois les Etats les ont ignoré dans les politiques de développement. Ils se sont appauvris et avec les sécheresses ils ont perdu leurs animaux et ne peuvent plus faire des razzias. N’en pouvant plus, ils se sont rebellés une première fois au Mali, rebellion que Moussa TRAORÉ avait fait mâté avec violence. Mais le temps a mûri leur revendication et elle a refait surface.

    C’est exactement comme le cas des peuls. L’internaite 2 parle de l’affaire des peuls sans savoir au fonds. Les peuls aussi ont eté morcellés entre plusieurs États d’Afrique si bien que partout ils sont minoritaires et n’ont pas une base territoriale fixe dans certains États. Vivant souvent à l’écart à cause de leurs animaux, ils sont incompris et déconsidérés voire dévalorisés dans plusieurs contrées, même du Burkina Faso ici (Celui qui refusera de reconnaitre cette vérité est simplement un malhonnêtes !). Le développement ne les touchait généralement pas jusqu’à la fin des années 1990. Ils sont mis à l’écart de tout. Aux premières planifications du PNGT au tout début, dans plusieurs cas, les peuls ont été ignorés. Alors que quand on parle de terroirs, ils en font forcément partie. On a même souvent entendu lors de ces planifications, quand quelqu’un dit : ’’Il y a un camp peul à quelques kilomètres du village’’, un autre de rependre immédiatement : ’’Ay ! Il faut les laisser là-bas ! Ils sont en brousse !’’ comme si cette brousse ne fait pas partie du terroir villageois. Ils sont donc exclus du dévelopement le plus souvent par des gens ignorants. Voilà le type de raison qui a fini par pousser Moussa KOUFFA au centre du Mali à se rebeller et a entreprendre la réhabilitation de l’Empire peul du Macina (territoire peul très vaste morcelé par les colons). Voyez en Guinnée comment les peuls ont été martyrisés sous Sékou TOURÉ et comment ils ont été encore malmenés a moment de l’élection de Alpha CONDÉ  !

    CONCLUSION : Et pourtant, comme ce que les juifs furent en Europe, les peuls le sont aujourd’hui en Afrique : riches, intelligents, les plus nombreux en Afrique, mais sans base territoriale fixe.

    Par Kôrô Yamyélé

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    • Le 27 décembre 2016 à 17:29, par Eveline Kiswensida
      En réponse à : Crise touarègue au Sahel : Des impensés et des non-dits

      Je ne partage pas votre point de vue Kôrô Yamyélé,

      La terre appartient à qui ? Car à vous lire, on croirait qu’au commencement (s’il y a eu commencement), il y a eu un partage de terres à chaque ethnie, mais que certains ont été méprisés à l’occasion du partage, ou alors expropriés de leur terre. Les peuplements se sont faits par vagues de migrations. Les Hommes se sont toujours déplacés pour des question de survie, soit à cause de la nature, soit à cause du fait de l’homme (guerre, bannissement, ou pour des raisons professionnelles comme les éleveurs et leur bétail...).

      Si vous prenez le cas des peuls, il faut savoir qu’il s’agit d’une ethnie qui est restée pendant longtemps nomade. Leur sédentarisation est relativement récente par rapport aux peuples agriculteurs. Vous en trouvez depuis la Mauritanie jusqu’en Afrique centrale. Du fait de l’élevage, les peuls se sont répartis très largement dans l’espace et ont plus ou moins été bien accueillis dans les différentes contrées. Peut-on à présent parler d’inexistence d’un Etat peul et en faire un problème comme vous le faites ? Et cette absence d’Etat-ethnie serait-elle le fruit d’un mauvais partage ? Non assurément ! Il y aurait peut-être un problème peul (si problème il y a), mais est ce vraiment celui de l’inexistence d’un Etat appartenant à une ethnie pure ? Est ce que les problèmes dont vous faites cas (si tel est que c’est vrai) ne sont pas ceux de l’anachronisme d’un mode de vie nomade face au fatalisme d’un monde sédentaire ?
      Par ailleurs, je constate que les peuhls ne sont pas les seuls migrants de l’histoire. Pourquoi alors certains ont réussi à trouvé leur place et non pas les peuls (si tant est qu’il y a bien un problème purement peul) ? Cette question pourrait partiellement trouver une réponse sociologique : les peuls ont toujours refusé l’assimilation et sont en général repliés sur eux-mêmes. Leur mœurs sont très conservatrices, ce qui expliquent qu’ils aient pu conserver leur langue quasi-intacte, malgré l’éloignement géographique.

      Le même raisonnement peut se répéter au sujet des Touaregs. Pourquoi les touarègues ne peuvent pas s’intégrer dans l’Etat moderne, et pourquoi faut-il un Etat Touarègue ? Est-ce réellement parce qu’ils sont exclus ou bien se pourrait-il qu’eux-mêmes refusent la vie avec les autres peuples ? Qu’est ce qui empêche les touarègues de rentrer dans la république multiethnique ?
      Il s’agit jadis de peuples nomades marchands et/ou éleveurs. C’est ce qui explique aussi qu’il y ait une grande répartition géographie à leur sujet. SI ON SUIT VOTRE RAISONNEMENT, LES 5 MILLIONS DE TOUAREGUES AURAIENT JADIS UN TERRITOIRE QUI S’ETENDRAIT DEPUIS LA MAURITANIE A LA LYBIE ET PASSANT PAR L’ALGERIE. Or, en réalité, tout ce vaste territoire était une zone de trafique pour le commerce entre le Sud, le Nord et l’orient ; et il n’y a pas que les touarègues qui y vivent d’ailleurs ! Quand viennent les changements avec la fin du commerce camelin transsaharien et l’ère de l’Etat moderne, les populations touarègues ont-elles su s’adapter ?

      Voilà une autre façon, bien plus pertinente, de voir le problème de ceux qui nous attaquent en prétextant le faire au nom des touarègues délaissés. Votre comparaison des peuls (persécutés) avec les juifs est malvenue et très grossière. Gardons la juste proportion des choses Koro Yamyélé : il est vrai que, de nos jours, la victimisation est un argument qui nous donnent tous les droits, même celui de nier les droits et la liberté des autres.

      Eveline Kiswensida

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      • Le 28 décembre 2016 à 00:10, par Jeunedame seret
        En réponse à : Crise touarègue au Sahel : Des impensés et des non-dits

        Eveline, grand merci pour ce lavage ; je pensais répondre à korô yamyélé, mais je n’avais pas le français adéquat comme le tien. Kôro semble confondre État et village. Le découpage des territoires c’est la caricature sur l’espace géographique ; sans aucune considération aux habitations et coutumes. Les dés sont pipés. Et le temps n’est plus de monter les ethnies contre elles ; mais de les intégrer. Des raisonnements comme ceux de KORÔ insufflent de conflits ethniques à visage cynique. Un territoire aux touaregues ou aux peuls est un caprice dangereux à ne même pas oser. On parlait hier souvent d’unité ou d’intégration ; et on publie aujourd’hui des idées de créations de quartiers-territoires à occupation ethnique. Pourquoi ? Enterrons nos orgueils ethniques un instant. Éducation oblige !

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    • Le 27 décembre 2016 à 17:50, par TK
      En réponse à : Crise touarègue au Sahel : Des impensés et des non-dits

      Je partage votre avis koro Yamyele ! Quoique je pense qu’en Guinee les Peuls sont majoritaire. Le grand defies c’est la marginalization de certaines nationalites. Mr Sayouba Traore a bien fait de nuance nationalite et ethnie mais il n’a pas du tout traiter de la question de la marginalization de certaines nations. Un exemple simple : les societies touareg ne connaissent pas le concept de nom de famille. Elles ne sont d’ailleurs pas les seules en Afrique et au monde. Mais si vous prenez nos CNIB ells comportment la mention nom de famille. l y’a des societies qui ne s’identifient pas comme cela et s’identifient pluto par le nom du pere. Juste un exemple pour demontere comment nos Etats modernes n’incluent pas tout les segements de nos societies correctement

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    • Le 28 décembre 2016 à 00:16, par Jeunedame seret
      En réponse à : Crise touarègue au Sahel : Des impensés et des non-dits

      C’est le même Kôro qui raisonne comme ça ? Il est peut-être dans les délires de fête toujours. Et il doit se confesser après. Sinon il est un virus à isoler.

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  • Le 27 décembre 2016 à 08:11, par BORODOUGOU
    En réponse à : Crise touarègue au Sahel : Des impensés et des non-dits

    Mais qu’on leur donne leur territoire et qu’on en parle plus. Que peuvent ils faire dans la gestion d’un état eux qui n’ont aucune instruction,aucune vision de développement,aucun sentiment du vivre ensemble ils vont s’entredéchirer dans leur cloisonnement de terre qu’ils semblent revendiquer et que les frontières avec ceux qu’ils massacrent les populations aujourd’hui seront pour eux des calvaires que nous allons les faire vivre.

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  • Le 27 décembre 2016 à 08:46, par Humbly
    En réponse à : Crise touarègue au Sahel : Des impensés et des non-dits

    Des arguments peuvent être trouvés pour légitimer les revendications des touaregs, tout comme ils peuvent être trouvés pour les condamner. Pour ma part, j’estime que peu importe les richesses probables du sous-sol de la zone, économiquement et socialement, l’AZAWAD ou je ne sais quoi, ne pourra tenir comme état. Nous avons à cet effet un exemple bien net : le Soudan du Sud.
    Je crois qu’il est grand temps que son Excellence le Président KABORE et son ami Simon Compaoré libèrent respectivement le ministère de la Défense et celui de la Sécurité. Le pays compte tellement de Cadres compétents pour qu’on joue à ’nul ne peut si ce n’est moi’.
    Pour finir j’estime qu’il faut ramener nos camps militaires qui sont d’ailleurs de trop en grandes villes vers les frontières. Là en plus de l’effet dissuasif que cela aura sur les éventuels agresseurs, l’armée sera plus réactif, outre le fait que nos soldats pourront cultiver des champs communautaires pour se nourrir et nourrir nos cantines scolaires.

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  • Le 27 décembre 2016 à 12:30, par bonzi
    En réponse à : Crise touarègue au Sahel : Des impensés et des non-dits

    si cela devait arriver, les pays du sahel auraient leur israel à leur porte. une minorité puissamment armèe par l’occident. et comme nos gouvernants sont myopes, ça peut arriver.

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  • Le 27 décembre 2016 à 17:51, par KOBINABA
    En réponse à : Crise touarègue au Sahel : Des impensés et des non-dits

    Koro Yamyele j ai toujours eu plaisir a vous lire mais aujourd hui vous etes tout faux.Les peulh on fait le choix de par leur activite de vivre sans frontiere ou est le probleme.Mieux comment amener le developpement devant chaque hameau.Celui qui est de mauvaise foi n est pas celui qu on croit forcement.

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  • Le 27 décembre 2016 à 22:13, par Wallam
    En réponse à : Crise touarègue au Sahel : Des impensés et des non-dits

    Comment un peul peut revendiquer un Etat ? Si on leur donne un Etat, un jour vous n’y trouverez personne. Ce sont des nomades. Meme leur président de la république trouverait du mal à rester sur place. Donc ce n’est pas la peine de leur donner un territoire. Ce sont des gens qui aiment bouger à cause de leurs betes qu’ils adorent au point meme de les comparer à des etres humains.

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  • Le 27 décembre 2016 à 23:00, par Sayouba Traoré
    En réponse à : Crise touarègue au Sahel : Des impensés et des non-dits

    Je demande à mon contemporain Kôrô Yamyélé d’accepter ces quelques remarques. Peut-être ai-je manqué de clarté ce coup-ci. Si tel est le cas, je m’en excuse. Il n’est pas question d’irrédentisme peul sous ma plume. Je ne crois pas savoir que nos amis pasteurs du Burkina aient émis des revendications d’un tel ordre. Et je pense qu’ils peuvent se défendre tout seuls. Reconsidère les chiffres de populations. Une minorité qui réclame une indépendance ! Si ce n’est pour continuer d’asservir les autres populations (majoritaires, je souligne) qui vivent sur les mêmes terres ? On doit tous s’inscrire dans la république, c’est-à-dire vivre désormais à la sueur de son front, corollairement cesser de vivre à la sueur du front d’autrui. C’est la substance du propos. Encore une fois, si j’ai manqué de précision, mille excuses ! On maintient ! Comme on disait dans nos jeunes années.

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  • Le 28 décembre 2016 à 12:19, par Sage
    En réponse à : Crise touarègue au Sahel : Des impensés et des non-dits

    Ne pas me confondre avec "Le Sage". Je suis "Sage" et non "Le Sage".
    Revenons au sujet.De toutes les façons, ceux qui s’appuient sur les ethnies et autres, perdent leur temps ; puisque toutes ces ethnies vont tellement se diluer avec le temps qu’elles vont disparaître, en tout cas elles ne plus "pures". Vous êtes bobo, marié à une moaga, vivant à Gaoua en milieu lobi ; votre épouse a une mère peule dont la mère est gourmantché ; vous même, votre mère est baoulé, etc... Vous pensez que cela va donner quoi après 100 ans de brassage ? Qu’on nous laisse respirer avec cette affaire d’Etat touarègue et ou peul ; ça pue.
    Tout le monde est venu de quelque part et on se fond dans un Etat ; créer un "Etat pur" à la Hitler n’est plus possible sur terre ; il faut peut être aller sur Mars . Quelqu’un disait que l’autochtone est juste le premier venu.

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