Genre et gestion de l’eau dans le bassin de la Volta : Une cartographie disponible pour le pays des hommes intègres

LEFASO.NET | Par Marcus Kouaman • lundi 9 janvier 2017 à 13h10min

L’Institut International de Gestion de l’Eau (IWMI) en partenariat avec les Cellules Genre des Ministères de l’Agriculture et de l’Eau du Burkina Faso, a organisé une rencontre de clôture du projet Profils Genre de 4 Bassins (4BGP), le mercredi 28 décembre 2016 à Ouagadougou. Au cours de cette rencontre qui a rassemblé plusieurs acteurs des départements ministériels, de la recherche scientifique et des ONG, les résultats de l’étude menée dans le cadre de ce projet ont été présentés.

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Genre et gestion de l’eau dans le bassin de la Volta : Une cartographie disponible pour le pays des hommes intègres

Ce projet de recherche pour le développement, financé par Water Land and Ecosystems (WLE), et conduit par l’International Water Management Institute (IWMI) avec ses partenaires a débuté en janvier 2014. Pour Dr Liza Debevec, Socio-Anthropologue à l’IWMI et Coordonnatrice de la composante Volta, le projet avait pour objet de fournir des informations disponibles, sur une gamme de sujets relatifs à la gestion de l’eau, à l’agriculture, au foncier et aux écosystèmes dans les 4 bassins hydrographiques sélectionnés à savoir : le Gange (Inde), le Mékong (Asie du Sud-Est), le Nil et la Volta (Afrique).

Plus précisément, il s’agissait de faire une cartographie de base des données existantes et désagrégées par sexe dans 13 pays (y compris le Burkina Faso), et de poursuivre la recherche sur les données manquantes.

L’intervention de la Socio-Anthropologue a été suivie par la présentation des cellules genre des Ministères de l’Agriculture et de l’Eau assurée par Atala Marie Poda/Somé et Raïssa Lengani. Selon ces intervenantes, la cellule genre est chargée entre autres de la mise en œuvre de la Politique Nationale Genre en veillant à la prise en compte du genre dans les stratégies, projets et programmes de développement dans les Ministères sus-évoqués.

Amoindrir les inégalités liées au genre

Pour mieux faire appréhender les enjeux liés au genre, plusieurs présentateurs ont fait montre de leurs connaissances. C’est ainsi que Dr Yacouba Banhoro, Historien a fait l’historique de l’approche genre dans le secteur de l’eau au Burkina Faso de 2000 à nos jours. Pour lui, la prise en compte du genre connait un intérêt croissant dans les politiques sectorielles au Burkina Faso, au regard des décisions internationales et sous régionales.

En définitive, il souligne que l’intérêt des décisions dans le secteur de l’eau, c’est de parvenir à amoindrir les inégalités liées au genre, notamment dans le contexte de forte pression sur les ressources naturelles. L’intervention de Dr Eveline Compaoré/Sawadogo et Dr Ramatou Traoré toutes les deux Sociologues, respectivement à l’INERA (Institut de l’environnement et de recherches agricoles de Burkina Faso) et à l’UPGC (Université Peleforo Gon Coulibaly de Korogho), en Côte d’Ivoire est relatif au sujet : « Femmes et gestion communautaire de l’eau dans le bassin versant du Nakambé : Enjeux et perspectives ». Elles estiment que dans la mise en œuvre des plans d’actions relatifs à la gestion inclusive de l’eau, il se pose le double défi des compétences des structures d’appui et du niveau d’éducation des femmes en milieu rural.

Quant à la présentation du Sociologue AdolpheYemtim, Consultant et Coordinateur national d’un projet de l’IWMI sur la planification participative dans le domaine de la Gestion Intégrée des Ressources en Eau au Burkina Faso, elle a porté sur les déterminants de la participation féminine dans les Associations d’Usager de l’Eau (AUE) du Plateau Central et du Sud-Ouest.

Il ressort que sur les 49 AUE de Ziniaré et les 16 de Diébougou, Dissin, Tiankoura, Bouroum-Bouroum, on note une disparité de représentation des sexes. Le Sociologue admet que « dans la prise en compte du genre, on ne tient pas suffisamment compte des facteurs socioculturels qui peuvent limiter ou faciliter la pleine participation des femmes dans les instances de gestion, l’identification de ces déterminants est fondamentale pour l’atteinte d’une véritable équité ».

Pour le Consultant, au-delà de la simple recherche d’une égalité numérique des catégories d’individus dans les instances de gestion, il faudrait privilégier par exemple, les ajustements qui permettent à ces individus de jouer pleinement un rôle qui améliore leurs conditions de vie, leur statut et leur participation véritable aux actions de développement.

Selon Dr Liza Debevec, qui par ailleurs est l’initiatrice de cette rencontre de dissémination et de concertation sur le genre, « les données du Projet Profil Genre de 4 Bassins sont en accès libre sur le site web (http://wle.cgiar.org/genderbasinmaps), et deux articles tirés des recherches sur l’étude de cas au Burkina ont été soumis pour publication dans des journaux scientifiques ». Elle a ainsi exhorté l’ensemble des participant(e)s de l’atelier et les Burkinabè d’une manière générale, à se rendre sur le site web pour se faire une idée du travail accompli tout en ajoutant que ses collègues ont travaillé sur d’autres bassins et ont fait à peu près les mêmes recherches sur les aspects liés à l’eau et au foncier.

Une communauté virtuelle pour le partage des données

Toujours selon la spécialiste des questions de genre en lien avec la gestion des ressources naturelles, ce projet qui est à son terme pourrait servir de tremplin pour la création d’une communauté virtuelle de concertation et de partage de bonnes pratiques voire ; générer d’autres projets pour appuyer le gouvernement et les acteurs principaux à améliorer les stratégies et la législation dans la prise en compte du genre.

Parlant de communauté virtuelle, Malick Tapsoba, Gestionnaire Adjoint de Burkina Open Data Initiative qui relève de l’Agence Nationale de Promotion des TIC (ANPTIC) a fait une présentation sur l’importance des données en accès libre (Open data). Pour l’intervenant, les objectifs poursuivis par sa structure sont entre autres de garantir une visibilité aux données produites au Burkina, d’améliorer leur accessibilité ainsi que de contribuer à la transformation numérique des données afin de créer des services à valeur ajoutée.

La finalité de toutes ces actions est de faciliter une réutilisation des données existantes par le privé, les étudiants, les chercheurs, les journalistes etc. Au titre des réalisations de Open Data Burkina sur la thématique du Genre, Malick Tapsoba et sa collègue Alida Yonli énumèrent entre autres la plateforme NENDO qui présente des données désagrégées par sexe, sur la scolarisation et les taux de succès dans les villes de Ouagadougou et de Bobo Dioulasso.

À la suite des différentes présentations et des échanges en plénière, les participants de la rencontre ont constitué des groupes de réflexion autour des contraintes et des opportunités relatives à la prise en compte effective du genre dans les actions de développement. C’est ainsi qu’il a été retenu à l’unanimité de poursuivre les échanges pour la mise en place de cadres de réflexions du même type, au regard de la pertinence du sujet et des besoins affirmés par les différents acteurs.

Marcus Kouaman
Lefaso.net

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