Abandon de l’excision et du mariage d’enfants : 100 villages de la région du plateau-central s’engagent

LEFASO.NET | Par Aïssata Laure G. Sidibé • mercredi 21 décembre 2016 à 18h35min

Les populations de 100 villages dans neuf communes de Salogo et Mogtédo dans le Ganzourgou, Dapelogo, Nagréongo, Ziniaré et Zitenga dans l’Oubritenga, Boussé, Laye et Niou ont proclamé publiquement éradiquer le phénomène de l’excision et du mariage d’enfants. Cet acte collectif a été posé le mardi 20 décembre 2016 à Tanlili dans la commune de Zitenga. L’initiative est portée par le groupe d’appui en santé, communication et développement.

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Abandon de l’excision et du mariage d’enfants : 100 villages de la région du plateau-central s’engagent

La pratique de l’excision et le mariage d’enfants constituent des fléaux dans nos contrées qui renforcent les discriminations de genre. Toute chose qui nuit au développement, en freinant l’épanouissement et l’autonomisation des filles et des femmes, et viole du même coup les dispositions de la déclaration universelle des droits de l’homme. Conscient de cela, le Groupe d’appui en santé, communication et développement (Gascode) a fait de la promotion et de la protection des droits des enfants et de la femme, son cheval de bataille. C’est ainsi qu’avec l’appui de l’UNICEF, il a mis en œuvre dans le plateau central et ce depuis 2009, quatre projets qui ont permis d’engranger des acquis importants. Parmi lesquels la déclaration publique d’abandon des Mutilations génitales féminines (MGF) dans 135 villages et 8 secteurs en 2012, 2014 et 2015. Et la cérémonie d’engagement solennel de ce jour est une fois de plus, un pari gagné.

Pour la circonstance, c’est une foule immense qui a pris d’assaut le terrain de Tanlili. Cette forte mobilisation de l’assemblée témoigne de l’engagement et de l’intérêt qu’elle porte à la promotion de la protection des droits de l’enfant et de la femme. Tour à tour, les représentants des communautés musulmane, chrétienne, coutumière ainsi que des représentants de femmes, jeunes et ex exciseuses se sont succédé à la tribune pour s’exprimer sur l’importance de l’abandon de la pratique de l’excision pour une meilleure vie des petites filles. Tous ont pris la résolution de combattre le fléau de l’excision et du mariage d’enfants. De façon spécifique, les chefs coutumiers promettent des sanctions coutumières à quiconque pratiquera dorénavant l’excision dans leurs royaumes.

En effet, pour aboutir à cette prise de conscience et cet engagement des membres de la communauté autour des questions de protection de l’enfance et de la femme, le Gascode a utilisé une approche holistique basée sur le changement des normes sociales pour plus d’efficacité. « En plus des activités d’information, d’éducation et de communication pour le changement de comportement, un accent est mis sur le renforcement des capacité des familles et de la communauté toute entière à assurer leur devoir de protection de l’enfant et sur le changement de comportement individuel et collectif pour une meilleure protection de l’enfant », précise la présidente de l’association, Félicité Bassolé. Par la suite, des causeries éducatives ont été réalisées dans les 100 villages et dans les chefs-lieux des 9 communes.

C’est pourquoi, le maire de la commune de Zitenga n’a pas manqué de féliciter le Gascode pour son intervention. A l’UNICEF, il a sollicité sa disponibilité et son soutien pour renforcer les actions dans la région et plus spécifiquement dans la commune de Ziniaré où ces pratiques perdurent, selon lui. Sa requête n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd. Anne Vincent a en effet assuré que l’UNICEF, qui fête ses 70 ans ce mois de décembre, va continuer à accompagner le gouvernement et la société civile dans leurs efforts communs pour la protection de l’enfant au Burkina Faso.

Convaincu que l’exemple des communautés villageoises va stimuler d’autres, le maire de la commune de Zitenga n’a pas manqué de les inviter à être des sentinelles pour que cette pratique prenne réellement et totalement fin dans leurs contrées.

Pour ce faire, la secrétaire d’Etat, représentant la ministre en charge de la femme, Yvette Dembélé a lancé un appel solennel pour un changement de comportement en vue de l’atteinte de la tolérance zéro pour les MGF. « C’est ensemble, main dans la main, que nous parviendrons à bout dans cette lutte combien noble pour les générations à venir », a-t-elle dit.

Toutes les déclarations et allocutions ont été ponctuées par des animations musicales traditionnelles et des sketches animés par la troupe théâtrale Naaba-Oubri de Ziniaré. Les moments forts de cette cérémonie solennelle ont été les instants symboliques de dépôt de matériels d’excision, marquant du coup la fin de la pratique de l’excision dans la région du Plateau-central. Une plantation d’arbre ainsi que des danses ont mis fin à l’office.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 22 décembre 2016 à 11:21, par Flacus
    En réponse à : Abandon de l’excision et du mariage d’enfants : 100 villages de la région du plateau-central s’engagent

    La pratique en elle même n’est pas mauvaise, ce sont les exciseuses qui manquent de professionnalisme.

    Répondre à ce message

  • Le 22 décembre 2016 à 14:44, par plus jamais ca
    En réponse à : Abandon de l’excision et du mariage d’enfants : 100 villages de la région du plateau-central s’engagent

    Monsieur flacus exciseuse professionnelles , experts ou pas ma fille ne sera pas excisée ./. Si tu avais été excisé, tu ne raisonnerais pas de cette manière .
    pour ce qui est du mariage forcé cela nécessite un changement de mentalité ; qui ne voudrait pas un jour que sa fille évolue et vienne à son secour, mais si l’avenir de la fille est déjà sombre ce mariage viendra débarrasser le géniteur d’une bouche en plus à nourrir . Dans nos ville combien de fillettes arpentent les rues pour du racolage ou pour mendier . En lieu et place de ces discours et de ces cérémonies qui n’aboutissent à rien, prenons en main l’Éducation et la formation intégrale de la jeune fille.Tant que l’éducation sexuelle demeurera un tabou au Burkina tant que la scolarisation et la formation professionnelle de la jeune fille seront reléguées au second plan ,souffrons, mais nos filles continuerons à périr en suite de couche ou par suite de viole car elle se lanceront bon gré malgré dans l’activité sexuelle dans l’ignorance total des problèmes qu’entrainent les relations sexuelles précoces .La contrainte est sous deux angles La pression des parents ce que vous appelez mariage forcé ; et la prostitution en bas age pour gagner leur pitance pour celles qui préfèrent le libertinage .

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