Production semencière : NAFASO, un bon élève en Afrique de l’Ouest

vendredi 25 novembre 2016 à 22h50min

L’unité de traitement et de conditionnement des semences de la société Neema agricole du Faso (NAFASO) est un modèle de réussite. C’est du reste l’appréciation faite par l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA). Implantée dans la zone industrielle n°2 de Bobo-Dioulasso depuis 2008, l’unité est passée, en près d’une décennie, de moins de 100 tonnes à 5000 tonnes de semences de plus de dix spéculations. Une visite de terrain organisée par AGRA, le jeudi 24 novembre 2016, a permis aux journalistes de découvrir ce fleuron de la production semencière burkinabè.

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Production semencière : NAFASO, un bon élève en Afrique de l’Ouest

Peu performante du fait des aléas climatiques et de la mauvaise qualité des sols, l’agriculture burkinabè utilise très peu les semences certifiées issues des variétés améliorées, pourtant résilientes aux effets du changement climatique. A cela s’ajoute inéluctablement la faiblesse des opportunités du marché. Libérer le potentiel agricole du continent passe donc par la résolution de toutes ces contraintes et c’est ce en quoi croit l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) depuis sa création en 2006. Au rang des structures qu’elle a soutenues sur le plan technique et financier figure la société Neema agricole du Faso (NAFASO) à qui elle a décerné le 1er prix de la meilleure entreprise semencière africaine en 2012. Citée en exemple pour son abnégation et ses efforts d’autonomisation depuis sa création en 2008, la société a reçu la visite des journalistes en présence du responsable technique, Idrissa Sawadogo.

Une performance

En moins de dix ans d’existence, NAFASO a réussi à multiplier par 50 sa production, passant de moins de 100 tonnes à 5000 tonnes de semences en 2016. Avec seulement trois spéculations (maïs, niébé, riz) de cinq variétés, la société dispose de plus de dix spéculations d’une trentaine de variétés, foi de Idrissa Sawadogo. A l’en croire, le chiffre d’affaires de NAFASO est passé de moins de 100 millions en 2008 à près de deux milliards de francs CFA. Et depuis 2013, la société est anonyme (SA). L’unité de production qui emploie près de 45 personnes est en réalité une source de revenus pour un réseau de 200 producteurs semenciers dans huit régions (72 individuels, 18 coopératives et groupements). La force commerciale de la société repose sur son réseau de distributeurs répartis sur 36 points de vente.

Après la visite de l’unité, cap a été mis sur la plaine rizicole de la vallée du Kou où le groupement de Salifou Ouédraogo fort de 235 personnes, produit 800 tonnes de semences par an sur une superficie de 180 ha. Selon M. Ouédraogo, le groupement ne serait jamais arrivé à produire autant sans l’appui technique de NAFASO qu’il considère comme un père. « La société, a-t-il confié, achète70% de notre production ».

Conquérir le marché national et l’international

« Quantité d’accord, mais qualité d’abord ». A en croire Idrissa Sawadogo, NAFASO tient à la politique qualité comme à la prunelle de ses yeux et elle s’attèle à disséminer cela au niveau de la dizaine d’entreprises semencières afin de conquérir « sainement » le marché national et le marché international. Déjà, des pays comme la Côte-d’Ivoire, le Mali, la Guinée, le Sénégal, le Libéria, la Sierra Léone, le Nigéria font partie de son carnet d’adresses et elle compte allonger la liste en allant à la conquête des marchés togolais, nigérien et ghanéen.

Déjà pour atteindre ses objectifs, la société s’est dotée, il y a deux semaines, d’une unité mobile de conditionnement des semences capable de nettoyer et de trier 2,5 tonnes de semences par heure. Elle compte acquérir bientôt une trieuse optique pour mieux sélectionner les bonnes semences de niébé, débarrassées au préalable du sable. Un magasin d’une capacité de 5000 tonnes pour le stockage de semences brutes, traitées et conditionnées, est aussi en construction.

Le plaidoyer

La clé de l’agriculture réside dans la semence améliorée et M. Sawadogo estime qu’il est temps de travailler avec le ministère en charge de l’agriculture pour sensibiliser les producteurs. « Car, soutient-il, rien ne sert de produire des variétés performantes si au niveau de la base on ne peut pas les valoriser. Avec les semences hybrides de maïs, on peut produire six à sept tonnes à l’hectare. Si les producteurs les utilisaient, le Burkina atteindrait l’autosuffisance alimentaire en quelques années ». Les semences sont disponibles et selon le responsable technique de NAFASO, il faut travailler à baisser leur prix pour qu’ils soient accessibles aux petits producteurs. Aussi, il a plaidé auprès de l’Etat pour la poursuite de la subvention de l’engrais et auprès de la recherche pour le développement de variétés qui tolèrent la sécheresse et résistent aux changements climatiques.

Herman Frédéric Bassolé
Lefaso.net

L’AGRA en quelques mots

Présente dans 18 pays d’Afrique dont le Burkina Faso, depuis 2007, l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) est engagée à changer la réalité de l’agriculture en Afrique. Passer de l’agriculture où l’on mène une lutte solitaire pour survivre, à une agriculture transformée en une entreprise qui prospère. Pour ce faire, l’ONG investit dans la recherche, finance les entreprises semencières, les forme et les met en relation avec les chercheurs et les aide à accéder aux opportunités du marché agricole. Présidée par la Rwandaise Agnès Kalibata, l’AGRA a pour vision d’ici à 2020, de doubler les rendements et les revenus pour 30 millions de ménages agricoles à travers une alliance solide avec les partenaires et bénéficiaires.

HFB

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Vos commentaires

  • Le 26 novembre 2016 à 11:40, par Amadoum
    En réponse à : Production semencière : NAFASO, un bon élève en Afrique de l’Ouest

    Le niebe sur l’image me donne un appetit !

    Avec cette amelioration des varietes et un si bon rendement des produits de la NAFASO, il est grand temps que les efforts mis pour un tel succes ne soient pas vains ; il faut que la meme approche soit utilisee pour la conquete des "coeurs alimentaires" de nos freres et souers : faites nous comprendre, surtout a ceux qui ne le savent pas encore, que la qualite de vos produits n’est seconde a ceux d’aucun autre pays. Ils ont la meme qualite nutritive et sont plus sains.

    Une lueur d’espoir vers l’autosuffisance et l’independance alimentaires du pays et du continent. Je souhaite beaucoup de courage aux travailleurs de la NEFASO et plus de succes.

    Répondre à ce message

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