Grève des agents de santé : A défaut d’aller en clinique, où vont les malades ?

LEFASO.NET | Par Nicole Ouédraogo • jeudi 24 novembre 2016 à 22h20min

La grève du syndicat national de la santé humaine et animale (SYNTSHA) sans service minimum a occasionné une paralysie totale des formations sanitaires publiques. Cette situation peut-elle peser en faveur des cliniques et autres centres de santé privés ?

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Grève des agents de santé : A défaut d’aller en clinique, où vont les malades ?

Du centre de santé et de promotion sociale (CSPS) du secteur 19 à celui du secteur 10, c’était le désert total ce mercredi 23 novembre 2016. Aucun signe de vie des agents de santé, juste quelques malades et accompagnants visiblement surpris et consternés de voir les portes fermées.

La désolation pouvait se lire sur le visage de madame Rasmata Sana. « Je n’ai pas fermé l’œil de toute la nuit parce que mon fils a passé le temps à se plaindre de maux de tête. Ce matin, je me suis empressée de l’amener au CSPS », a-t-elle dit, fustigeant au passage le comportement des agents de santé. « En instaurant cette grève, ils auraient dû penser aux pauvres comme nous qui n’avons pas les moyens d’envoyer nos enfants en clinique », a-t-elle suggéré. C’est avec le cœur meurtri que dame Sana nous confie retourner à la maison afin d’emprunter de l’argent auprès de ses voisins pour envoyer son fils en clinique.

Parlant de clinique, le Directeur général de la clinique Philadelphie, le docteur Boblewende Sakandé, nous a rassurée que le « travail continue comme il faut » car dit –il, « Nous ne sentons pas de façon marquée cette grève ». Par ailleurs, le docteur Sakandé a précisé : « Avec le volume de travail qu’on a eu la semaine passée, nous ne pouvons pas parler d’être dépassés. Nous ne sentons pas un effet exagéré de cette grève sur notre travail et ce, d’autant plus que nous sommes organisés pour faire face à la demande ».

S’exprimant sur la présente grève, le DG de la clinique Philadelphie estime que même si le droit de grève est un droit reconnu aux travailleurs, « en médecine, on n’est pas obligé de faire la grève sans avoir un service minimum afin de prendre en charge les cas les plus graves », a-t-il soutenu. Prenant l’exemple de certains pays, docteur Sakandé a noté que la grève est marquée par un signe. « On porte un signe pour montrer qu’on n’est pas content en produisant encore plus au point que les patrons soient débordés pour écouler la production », a-t-il fait remarquer.

A l’en croire, les gens confondent démocratie et libertinage. « Ça grève de façon intempestive et je pense qu’on ne se développera pas ainsi. Il faut obligatoirement que nous nous mettions au sérieux et que l’on travaille ». Et s’il estime qu’il est encore « trop tôt pour tirer sur tout ce qui bouge par rapport à la situation économique de notre pays, il faudrait reconnaître que l’on ne crée pas, on ne fait qu’importer. Et quand on ne produit pas, on ne peut pas se développer ».

Le développement, a-t-il expliqué, demande de la transformation et en médecine, « on ne transforme pas, on aide. Bien sûr, la santé permet aux gens de produire, de transformer mais de façon générale, il n’y a pas de transformation dans notre pays. C’est mon avis qui n’a rien à voir peut être avec l’avis purement médical », a-t-il conclu.

Voulant évaluer l’impact de la grève dans d’autres cliniques comme la polyclinique Yentema et la clinique Sandof, nous n’avons pas pu rencontrer les responsables, ces derniers étant indisponibles.

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 24 novembre 2016 à 20:35, par Wennonga Tounsba
    En réponse à : Grève des agents de santé : A défaut d’aller en clinique, où vont les malades ?

    GREVE LEGITIME MAIS IMMORALE DANS SON FORMAT. SA REUSSITE SUPPOSE QU’IL Y A EU TROP DE MORTS. LE GOUVERNEMENT NE SAURAIT ENDOSSER SEUL LA RESPONSABILITE DE CETTE HECATOMBE. L’ANARCHIE OU LE CHAOS QU’ON PREPARE POUR MON FASO NE PROFITERA PERSONNE MEME PAS LES PARTISANS DE COMPAORE QUI DOIVENT ETRE AUX ANGES ACTUELLEMENT. TOUT LE MONDE DOIT OUVRIR LES YEUX ET SURTOUT LES BONS.

    Répondre à ce message

  • Le 25 novembre 2016 à 09:51, par sougre nooma
    En réponse à : Grève des agents de santé : A défaut d’aller en clinique, où vont les malades ?

    merci Dr SAKANDE pour votre clairvoyance. c’est vrai le développement de nos pays est hypothéqué par notre insouciance.

    Répondre à ce message

  • Le 25 novembre 2016 à 10:52, par OUOBA
    En réponse à : Grève des agents de santé : A défaut d’aller en clinique, où vont les malades ?

    Une erreur en appelle une autre semblent dire beaucoup de burkinabè. Les magistrats et autres juges prennent un salaire comme s’ils étaient sur un sol américain, sans se soucier des qu’en dira-t-on. Cela ne devrait pas être une raison pour nous de vouloir ruiner notre chère patrie. Tout un chacun sait qu’on ne peut satisfaire à toutes les revendications qui fusent de toutes parts, surtout que la satisfaction des unes entraîne l’apparition d’autres. Où allons-nous. Mais comme nous l’avions dit au moment de l’insurrection, Dieu s’aura mettre sa main sur tout ça pour la paix au Faso.

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  • Le 25 novembre 2016 à 14:43, par Clairvoyant
    En réponse à : Grève des agents de santé : A défaut d’aller en clinique, où vont les malades ?

    Mon frère c’est ta vision.mais sache que le seul et unique responsable de cette grève c’est le gouvernement.La PFR des agents n’a pas été rédiger ni déposé la veille de la grève.Si le gouvernant était conscient de ces morts dont vous scander ils auraient mis les moyens.En passant sache que la mort des burkinabés ne fait pas peur a ses gars là comparer à leur dossiers judiciaires.Sinon ils l’auraient résolu.

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  • Le 26 novembre 2016 à 17:43, par quitter dans ça
    En réponse à : Grève des agents de santé : A défaut d’aller en clinique, où vont les malades ?

    Ceux qui parlent de grèves pensent qu’on est contre quelqu’un. Chacun sortIra gagnant une fois les revendications honorées. Voyez les médécins partent dans les cliniques où vous payer cher pour vos soins parce que dans les hôpitaux publics l’Etat les paie mal. Sans les agents de santé dans les villages nombreuses des familles mouront de problèmes de soins. Mais regardez comment sont vos locaux de soins, la mauvaise qualité des matériels qui sont utilisés pour vous soigner. Parce que vos droits de disposer de matériels de soin de qualité et de locaux ne sont pas respectés. Comprenez que la lutte n’est pas seulement pécunière. Cela montre le mépris de nos autorité sur la santé, l’éducation et autres besoins sociaux de base des populations qui pourtant lors des campagnes leur promettent tout.

    Répondre à ce message

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