Programme « la France s’engage au Sud » : Deux projets innovants burkinabè primés

LEFASO.NET | Par Marcus Kouaman • mercredi 23 novembre 2016 à 22h10min

Depuis 2015, le Président de la république Française a lancé un programme intitulé « la France s’engage au Sud » qui récompense des projets porteurs. Cette année, des dix lauréats, deux sont Burkinabè. C’est pour faire connaitre cette consécration, que l’Ambassadeur de France au Burkina Xavier Lapeyre de Cabanes a procédé à une signature de convention avec les lauréats le mardi 22 novembre 2016, dans sa résidence à Ouagadougou.

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Programme « la France s’engage au Sud » : Deux projets innovants burkinabè primés

« La France s’engage au Sud », est un programme qui récompense des projets innovants, pérennes, ayant une utilité sociale. Pourvu que ces projets soient portés par des entrepreneurs, des associations ou des fondations du Sud. Cela dans le domaine du développement durable, de l’éducation, de la culture, de l’agriculture…

Pour l’édition de 2016, le jury basé en France a reçu 800 dossiers. 250 dossiers ont été retenus.Ensuite 60 dossiers et à la fin, dix projets ont finalement été primés. C’est le Président français, François Hollande qui a procédé à la remise des prix aux lauréats, le 7 novembre dernier en France. Chacun d’eux a reçu un soutien financier de 42 000 euros, soit 28 millions de francs CFA.

Exceptionnellement, parmi ces dix lauréats dont huit de de diverses nationalités (Cameroun, Tunisie, Haïti, Laos, le Benin, l’Egypte, la Côte d’Ivoire, la Guinée), il y avait deux burkinabè. Il s’agit de Kahitouo Hien avec son projet FasoPro et de Claude Arsène Sawadogo avec son projet BioProtect-B.

Selon l’Ambassadeur de France au Burkina Faso, Xavier Lapeyre de Cabanes, l’objectif de cette signature de convention avec les deux lauréats est de faire connaitre leurs projets aux Burkinabè et au monde agricole. Afin que plus de portes leur soient ouvertes. Pour le diplomate, avoir non pas un, mais deux Burkinabè comme lauréats parmi 800 projets, est « exceptionnel ». « L’idée est de leur donner une somme d’argent qui n’est pas ridicule (28 millions de francs CFA), pour leur permettre de donner un nouvel élan et plus de facilités pour financer leurs activités », affirme l’Ambassadeur Cabanes.

Des projets futuristes

Le projet FasoPro (Protéines du Faso) de Kahitouo Hien, consiste à professionnaliser et à industrialiser la production de chenilles de karité pour la rendre disponible toute l’année, à un prix stable et dans de meilleures conditions d’hygiène. « Ce prix est beaucoup plus un grand message, un message fort qui invite justement à croire en nos rêves et à persévérer parce que le meilleur reste à venir », confie-t-il.

Avec cet argent, Kahitouo Hien compte élargir le réseau de collette de la chenille et permettre à beaucoup plus de femmes de bénéficier de cette ressource en leur donnant l’occasion d’avoir une activité supplémentaire génératrice de revenus. Ce projet, depuis près de 2 ans implique 400 femmes et ce prix pourra, selon le lauréat, porter le nombre de femmes à 1000 d’ici un an. Il ajoute que d’autres projets pourront voir le jour et très bientôt, l’on pourra avoir des biscuits, des barres protéinées made in Burkina. Et pourquoi pas voir d’autres insectes qui seront associés.

Pour Claude Arsène Sawadogo, ce prix lui permettra de faire des investissements, acquérir du matériel. Surtout qu’il a commencé dans un garage avec un petit frigo. Son souci est donc d’avoir un vrai laboratoire pour rehausser la qualité des produits proposés aux maraichers. Mais aussi se faire connaitre et avoir plus de visibilité afin que tous sachent que l’on peut produire au Burkina, sans utiliser des pesticides chimiques, seulement avec des engrais naturels et locaux.

Son projet qui s’intitule BioProtect qui veut dire protection biologique des cultures, vise à développer l’agriculture biologique au Burkina par une approche marché. « C’est de rendre les produits sains, sans résidus de pesticides chimiques accessibles à tous les Burkinabè. Et que ce ne soit pas réservé à une élite », explique-t-il, pour ce qui est de l’objectif premier de ce projet. Le second objectif est de permettre de récupérer les terres dégradées et d’améliorer substantiellement le revenu des producteurs. Surtout que 80% de la population burkinabè est agricultrice. En plus d’améliorer leurs conditions de vies, ce projet permettra de mettre les agriculteurs dans une démarche de qualité pour conquérir des marchés européens.

Marcus Kouaman
Lefaso.net

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