Crise mondiale de l’assainissement urbain, WaterAid Burkina Faso appelle à l’action

COMMUNIQUE DE PRESSE • vendredi 18 novembre 2016 à 18h03min

Pour célébrer la Journée mondiale des toilettes le 19 novembre, WaterAid Burkina Faso plaide pour que le gouvernement tienne sa promesse et fournisse un accès universel à l’assainissement, après qu’une nouvelle analyse place notre pays parmi les 50 nations au monde ayant le pourcentage le plus élevé de citadins vivant sans toilettes adéquates.

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Crise mondiale de l’assainissement urbain, WaterAid Burkina Faso appelle à l’action

Le rapport de WaterAid, Des villes qui débordent : L’état des toilettes dans le monde examine le problème de l’assainissement urbain et les menaces qui pèsent sur la santé du monde, alors que l’ONU prédit que d’ici à 2050 les deux tiers de la population mondiale vivront dans des villes et métropoles.

Le rapport met en exergue les problèmes auxquels sont confrontés les 700 millions de citadins du monde qui vivent sans assainissement. Malgré les progrès enregistrés ces dernières années, seulement 34,2% de la population urbaine du Burkina Faso ont accès à des toilettes adéquates, ce qui veut dire que beaucoup de citadins n’ont pas d’autres choix que de déféquer en plein air – sur le bas-côté des routes, ou même dans des sachets plastiques baptisés « toilettes volantes ».

La forte densité démographique des zones urbaines fait que les maladies se propagent rapidement en l’absence d’un bon assainissement. Un enfant meurt toutes les deux minutes d’une maladie diarrhéique due à l’eau insalubre, à un mauvais assainissement et un manque d’hygiène. À l’échelle mondiale, 159 millions d’enfants de moins de cinq ans connaissent un retard de croissance ou de développement cognitif : dans de nombreux cas, ces retards sont dus à des épisodes répétés de diarrhée attribués à de l’eau sale, un mauvais assainissement et un manque d’hygiène. Au Burkina Faso, l’actualité de la maladie de la Dengue montre suffisamment le lien qui existe entre cette maladie et le manque d’assainissement dans les quartiers et les concessions.

Parmi les autres conclusions de l’étude :

• L’Inde, dont l’économie connaît la plus forte croissance au monde, arrive en première place des pays ayant le plus grand nombre de citadins qui vivent sans toilettes salubres et privées – soit 157 millions de personnes. C’est aussi le pays qui compte le plus de citadins qui pratiquent la défécation en plein air – 41 millions.
• Le Soudan du Sud, ravagé par la guerre, est le dernier-né des pays du monde, mais c’est aussi la nation qui affiche le plus faible pourcentage d’assainissement urbain. 84 % de ses citadins n’ont pas accès à une toilette et un sur deux pratique la défécation en plein air.

• Le Nigéria, pourtant l’une des plus grandes économies d’Afrique, affiche le plus de retard dans la fourniture de toilettes à sa population urbaine. Pour chaque citadin ayant gagné accès à l’assainissement depuis 2000, deux personnes sont venues gonfler les rangs de ceux qui vivent sans, soit une hausse de 31 millions au cours des 15 dernières années.

• La Chine, qui connaît un rapide essor, affiche quant à elle le plus de progrès dans la fourniture d’assainissement à sa population urbaine. Elle a réussi à construire des toilettes plus vite qu’elle n’accueille de nouveaux arrivants dans ses villes, touchant ainsi 329 millions de personnes depuis 2000, et dépassant de 9 millions l’essor démographique.

Selon Dr Halidou KOANDA, Directeur Pays de WaterAid Burkina Faso :
« Pour la première fois de son histoire, plus de la moitié de la population mondiale vit dans des villes et métropoles. D’ici à 2050, ce taux pourrait atteindre les deux tiers. De nombreuses personnes viennent peupler au quotidien les quartiers périphériques et non lotis de nos villes qui connaissent un essor rapide sans avoir accès à des toilettes salubres et à l’eau potable.

À l’occasion de cette Journée mondiale des toilettes, nous appelons les leaders nationaux à tenir leurs promesses pour réaliser l’objectif 6 des Objectifs de développement durable de l’ONU, celui de contribuer à réaliser l’accès universel à l’eau et à l’assainissement car chacun – quel que soit l’endroit où il vit – mérite d’avoir accès à ces éléments essentiels à la vie. Des initiatives comme la mise en œuvre du Projet Assainissement durable dans les quartiers non lotis et périphériques de Ouagadougou (PeriSan) développé par WaterAid, l’ONEA, Eau Vive et la commune de Ouagadougou sur financement de l’Union Européenne doivent être encouragées et mises à répliquées à l’échelle du pays afin de réduire la crise de l’assainissement en milieu urbain notamment dans les quartiers précaires et non lotis. »

À l’occasion de la Journée mondiale des toilettes, WaterAid plaide pour :
• Que tous ceux qui vivent en zone urbaine, y compris dans les quartiers non lotis, bénéficient d’une toilette pour garantir la protection de la santé publique
• Plus d’argent, dépensé judicieusement, de la part des pouvoirs publics pour la promotion de l’assainissement et des bonnes pratiques d’hygiène pour les pauvres des zones urbaines

• Une coordination efficace de la chaîne de l’assainissement à travers un leadership clair et effectif des pouvoirs publics, la responsabilisation des citoyens et l’implication des autres acteurs (urbanistes, ONG et associations, secteur privé, prestataires de services informels)
• Les travailleurs du secteur de l’assainissement (du public et du privé) bénéficient du respect qu’ils méritent et de conditions décentes de travail. Sans eux, des communautés et des villes en bonne santé sont irréalisables.

Pour en savoir plus ou pour organiser une interview, veuillez contacter :

Roch W. OUEDRAOGO, Manager Communication et Appui aux OSC, rochouedraogo@wateraid.org ou sur +226 25 37 41 70 ou 70 74 09 75

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Vos commentaires

  • Le 19 novembre 2016 à 12:36, par MEDA W.
    En réponse à : Crise mondiale de l’assainissement urbain, WaterAid Burkina Faso appelle à l’action

    Merci au représentant de Water Aid dans son discours de plaidoyer en faveur des travailleurs dans le secteur de l’assainissement qui méritent respect et meilleures conditions de travail.
    J’affirme que réellement dans ce secteur beaucoup d’ONG et d’individus se font les choux gras au détriment des bénéficiaires d’ouvrages car c’est vraiment les éléphants blancs. Ces derniers ne réalisent pas le tiers de ce qui leur a été confié et font des déclarations de 100% de taux de réalisation, ce qui fausse les statistiques réelles du pays(ces pourcentages déclarés dans le texte ne sont pas crédibles). N’en parlons pas des agents qui se saignent sur le terrain pour des résultats,eux sont réduits à de simples marionnettes et misérables exécutants sous un prétexte de précarité d’emploi au Burkina.Je pense que le secteur a besoin d’un suivi particulier par l’Etat et ses structures décentralisées en vue vraiment du plus grand bien de tous. Une équipe parlementaire devrait diligenter des enquêtes là où il y a eu de très grands projets d’assainissement cette dernière décennie pour mieux comprendre les choses.

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