Université de Ouagadougou : L’exploitation minière et l’expansion commerciale de la Chine au Burkina à la loupe de chercheurs

LEFASO.NET | Par Moussa DIALLO • samedi 19 novembre 2016 à 00h06min

Les résultats de la recherche doivent contribuer à l’éclosion du développement économique. C’est dans ce cadre qu’une équipe de chercheurs, membres du Laboratoire d’analyse quantitative du développement au Sahel de l’Université Ouaga II, avec le soutien technique et financier du réseau Partenariat en politiques économiques (PEP), a organisé, le 17 novembre 2016, à Ouagadougou, un atelier de dissémination des résultats de leurs recherches sous le thème « impacts de l’exploitation minière et de l’expansion commerciale de la Chine au Burkina Faso ».

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Université de Ouagadougou : L’exploitation minière et l’expansion commerciale de la Chine au Burkina à la loupe de chercheurs

L’actualité économique nationale est dominée ces dernières années par le boom minier et l’expansion commerciale de la Chine au Burkina Faso. Or, la recherche économique montre que la découverte de ressources naturelles et l’implantation des entreprises étrangères n’a pas que des effets positifs. Ainsi, une équipe de chercheurs du Laboratoire d’analyse quantitative du développement au Sahel de l’Université Ouaga II s’est intéressée aux impacts de l’essor du secteur des mines et l’expansion du commerce et les investissements de la république de Chine au Burkina.

Et l’organisation de cet atelier de dissémination permet de démontrer que les chercheurs ne travaillent pas/ou plus en vase clos. « En organisant cette activité de dissémination des résultats de recherche empirique, en mettant à votre disposition les recommandations, le réseau Partenariat en politiques économiques (PEP) et l’université de Ouaga II entendent élargir les échanges approfondis sur les liens entre les politiques de développement, la croissance économique et l’emploi au Burkina », expliqué le Président de l’Université Ouaga II (UO2), Pr Stanislas Ouaro.

« Si l’Université veut être une solution au développement économique, elle doit contribuer significativement à la production de la connaissance, à la valorisation des savoirs endogènes et à l’apport de solutions concrètes aux préoccupations de la société africaine », a-t-il poursuivi.

Un outil d’aide à la décision

Les chercheurs burkinabè cherchent et trouvent. Ce n’est un secret pour personne. Mais, pour que les résultats de leurs recherches soient pris en compte dans les décisions de politiques de développement, ils doivent être présentés aux décideurs politiques. Et, c’est l’intérêt de cet atelier de dissémination qui se veut « un cadre inédit de partage et de suggestions d’orientation politique dans le cadre du Plan national de développement économique et social (PNDES) ».Toute chose qui permet de murir davantage l’orientation dans les plans sectoriels de développement au Burkina.

Présidant la cérémonie d’ouverture de cet atelier, le ministre de l’énergie, des mines et des carrières, Pr Oumar Alfa Dissa n’a pas manqué de saluer cette initiative. Il a invité les participants à faire les amendements nécessaires aux résultats desdites études afin de permettre aux politiques de les utiliser dans leurs décisions futures. Toute chose qui contribuera à l’éclosion du développement économique. Car, assure-t-il, « dans le cadre de ces activités, le gouvernement burkinabè accorde une importance capitale aux études tendant à faire en sorte que le secteur minier profite davantage au développement rural ».

Dans cette étude, trois thèmes ont été abordés et présentés aux participants de l’atelier de dissémination des résultats. Il s’agit de : « Impact de l’exploitation de l’or sur les conditions de vie des populations au Burkina Faso » ; « Chute du cours de l’or, recettes fiscales et emploi : quelle stratégie d’adaptation pour le Burkina Faso ? » ; « Impact de l’expansion économique et commerciale de la Chine sur la croissance et l’emploi au Burkina Faso ».

« Réexaminer les relations » avec la Chine populaire

La gestion des ressources naturelles, avec l’implantation de multinationales étrangères pose de nombreux défis économiques et sociaux. Et, cet espace de discussion scientifique et professionnelle entendait contribuer, à termes, à des suggestions pertinentes allant dans le sens de la relance de l’économie nationale.
Concernant le 3e sous-thème, les chercheurs ont abouti à la conclusion selon laquelle « l’expansion des relations économiques et commerciales avec la Chine a un impact positif sur l’économie du Burkina ».

Pour tirer le maximum de bénéfices, ils recommandent de « réexaminer, afin de mieux orienter et conduire, les relations commerciales et économiques avec la Chine ». Car, malgré la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays depuis 1994, la présence commerciale et des investisseurs chinois au Burkina n’ont cessé de croitre. « Le commerce entre les deux pays s’est intensifié, avec une croissance de 32% des exportations du Burkina vers la Chine et 34% des exportations chinoises vers le Burkina entre 2011 et 2012 », précisent-ils.

Moussa Diallo
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 19 novembre 2016 à 10:18, par GANSONRE Marc
    En réponse à : Université de Ouagadougou : L’exploitation minière et l’expansion commerciale de la Chine au Burkina à la loupe de chercheurs

    Peu -t- on savoir quels types de produits sont exportés du Burkina vers la chine ? Pour l’année antérieur quel est le % de référence pour atteindre 32% maintenant ?

    Répondre à ce message

  • Le 20 novembre 2016 à 02:33, par samuel
    En réponse à : Université de Ouagadougou : L’exploitation minière et l’expansion commerciale de la Chine au Burkina à la loupe de chercheurs

    Nous souhaitons la reprice diplomatique avec la chine populaire pour accélérer les echanges commercialles entre les deux pays.

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  • Le 20 novembre 2016 à 16:52, par Kanzim
    En réponse à : Université de Ouagadougou : L’exploitation minière et l’expansion commerciale de la Chine au Burkina à la loupe de chercheurs

    Je suis très étonné des résultats au niveau du 3ème sous-thème et qui aurait abouti à une solution selon laquelle « l’expansion des relations économiques et commerciales avec la Chine a un impact positif sur l’économie du Burkina ». Sans aller dans les détails, la simple observation empirique fait douter de la véracité d’une telle assertion. Prenons le cas de l’Agriculture un secteur qui connaît une concurrence déloyale de chinoiseries préjudiciables à toute la chaîne des valeurs du coton : le Faso dan-fani qui a pour ambition de renforcer la chaîne des valeurs doit faire face au faux tissu importé de Chine. La pisciculture connaît des problèmes avec une disparition à terme, du fait de l’envahissement du marché par des poisson rejetés partout en Europe et dans la plupart des pays d’Afrique du fait de sa toxicité prouvée par des études. Il semblerait que du miel artificiel chinois viserait le marché ouest africain, ce qui est grave et pour la santé, pour l’environnement et et l’emploi de milliers d’apiculteurs. Un dernier exemple, au niveau de l’artisanat : lors du dernier SIAO, une exposante se plaignait de la concurrence de produits chinois faits sur la copie et la production industrielle, moins chers donc et concurrentiels, mais sans aucune âme de création ni d’inventivité, comme le font les artisans africains au SIAO. Au niveau des TIC, il est quasi impossible de trouver un ordinateur de qualité et de longue durée sur le marché, à cause de la chinoiserie. Ceci est est préjudiciable au pouvoir d’achat des burkinabè qui dépensent plus pour la réparation de leurs ordinateurs, ou l’achat de nouveaux ordinateurs de remplacement. Au niveau de l’Administration burkinabè et en matière de commandes de matériels informatiques et technologiques, des cadres pourris et souillés par la corruption confient les marchés à leurs complices qui en Chine des échantillons de pièces de rechanges, ou même des installation et machines entières, pour leur reproduction au moindre coût et de qualité douteuse.Je pourrais aller plus loin sur les exemples et le caractère quasi hérétique des conclusions de l’étude, qui me font penser à des chercheurs qui sans état d’âme, ont affirmé ici au Faso que le coton génétique était bien pour notre pays. Il faut donc espérer que l’étude sur nos relations commerciales avec la Chine ne relève pas de la même logique fondée sur une commande politique ou par des intérêts économiques privé, des ordres souterrains. La très bonne question qui permet de se rassurer est celle de l’internaute N° 1 GANSONRE Marc qui porte sur les types de produits exportés au Burkina et le pourcentage de référence sur proportion des 32% .

    Répondre à ce message

  • Le 20 novembre 2016 à 17:15, par Kanzim
    En réponse à : Université de Ouagadougou : L’exploitation minière et l’expansion commerciale de la Chine au Burkina à la loupe de chercheurs

    Je suis très étonné des résultats au niveau du 3ème sous-thème et qui aurait abouti à une solution selon laquelle « l’expansion des relations économiques et commerciales avec la Chine a un impact positif sur l’économie du Burkina ». Sans aller dans les détails, la simple observation empirique fait douter de la véracité d’une telle assertion. Prenons le cas de l’Agriculture un secteur qui connaît une concurrence déloyale de chinoiseries préjudiciables à toute la chaîne des valeurs du coton : le Faso dan-fani qui a pour ambition de renforcer la chaîne des valeurs doit faire face au faux tissu importé de Chine. La pisciculture connaît des problèmes avec une disparition à terme, du fait de l’envahissement du marché par des poisson rejetés partout en Europe et dans la plupart des pays d’Afrique du fait de sa toxicité prouvée par des études. Il semblerait que du miel artificiel chinois viserait le marché ouest africain, ce qui est grave et pour la santé, pour l’environnement et et l’emploi de milliers d’apiculteurs. Un dernier exemple, au niveau de l’artisanat : lors du dernier SIAO, une exposante se plaignait de la concurrence de produits chinois faits sur la copie et la production industrielle, moins chers donc et concurrentiels, mais sans aucune âme de création ni d’inventivité, comme le font les artisans africains au SIAO. Au niveau des TIC, il est quasi impossible de trouver un ordinateur de qualité et de longue durée sur le marché, à cause de la chinoiserie. Ceci est est préjudiciable au pouvoir d’achat des burkinabè qui dépensent plus pour la réparation de leurs ordinateurs, ou l’achat de nouveaux ordinateurs de remplacement. Au niveau de l’Administration burkinabè et en matière de commandes de matériels informatiques et technologiques, des cadres pourris et souillés par la corruption confient les marchés à leurs complices qui en Chine des échantillons de pièces de rechanges, ou même des installation et machines entières, pour leur reproduction au moindre coût et de qualité douteuse.Je pourrais aller plus loin sur les exemples et le caractère quasi hérétique des conclusions de l’étude, qui me font penser à des chercheurs qui sans état d’âme, ont affirmé ici au Faso que le coton génétique était bien pour notre pays. Il faut donc espérer que l’étude sur nos relations commerciales avec la Chine ne relève pas de la même logique fondée sur une commande politique ou par des intérêts économiques privé, des ordres souterrains. La très bonne question qui permet de se rassurer est celle de l’internaute N° 1 GANSONRE Marc qui porte sur les types de produits exportés au Burkina et le pourcentage de référence sur proportion des 32% .

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