Le projet RECOLTE pour la production de semence de coton biologique de qualité

jeudi 17 novembre 2016 à 17h30min

Dans le cadre de la mise en œuvre du projet RECOLTE (Revenue through coton livelihoods, trade and equity), une visite commentée et une cérémonie de remise de matériels ont été organisées à la ferme semencière biologique de l’UNPCB. Cette ferme est située dans le village de Koumbo, dans la commune rurale de Bieha, province de la Sissili. L’événement s’est déroulé le jeudi 10 novembre 2016 sous la présidence de Monsieur Moussa Kaboré, Conseiller Spécial du Président du Faso, Chargé de l’Agriculture et de la Sécurité Alimentaire, et en présence du Chargé des Affaires de l’Ambassade des Etats Unis d’Amérique, des autorités locales et des responsables des institutions publiques et privées.

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Le projet RECOLTE pour la production de semence de coton biologique  de qualité

Pays producteur de coton par excellence, le Burkina Faso occupe le 1er rang en Afrique depuis des années. En plus du coton conventionnel, qui a fait son grand retour au cours de cette campagne cotonnière 2016-2017, le pays des hommes intègres produit du coton biologique équitable. Cette visite commentée était donc une occasion pour les acteurs de la filière et les partenaires de prendre connaissance des actions menées sur le terrain par le projet RECOLTE pour la promotion du coton biologique.

D’une durée de cinq ans (Octobre 2013 à Septembre 2018), ce projet est mis en œuvre par Catholic Relief Services – CATHWEL (CRS) en partenariat avec l’UNPCB avec l’assistance technique de l’Institut de l’Environnement et de la Recherche Agricole (INERA) et du Centre de Recherche de l’Université Texas A&M. Cela, grâce au financement du Département américain en charge de l’agriculture (USDA) à hauteur de 12 millions de Dollar US, soit environ 6,6 milliards de francs CFA.

80 millions de FCFA pour les AGR au profit des femmes productrices de coton bio

Le projet RECOLTE, couvre toutes les zones de production du coton biologique au Burkina (Comoé, Ioba, Ziro, Boulgou, Nayala, Oubritenga, Fada N’Gourma, Kossi). Il a pour objectif de moderniser la chaine de valeur coton biologique, d’augmenter les revenus, d’améliorer les perspectives économiques et la sécurité alimentaire de plus de 10 000 petits producteurs agricoles dont la majorité est constituée de femmes.

Parlant de l’appui du projet aux femmes pour les Activités Génératrices de Revenus (AGR), ce ne sont pas les braves productrices du groupement BEDOUNKALE 2 de Koumbo qui vont s’en plaindre, elles qui ont reçu un chèque de 1 262 222 francs CFA.

D’autres associations de femmes productrices de coton biologique, dans d’autres localités bénéficieront aussi de subvention car, c’est un fonds de 80 millions que le projet RECOLTE a dégagé pour financer les AGR.

C’est dans ce même sens qu’une productrice, Mme Tagnan Katiga lors de son témoignage, a confirmé les vertus de ce projet. Puisqu’au fil des campagnes, elle a vu ses gains croitre de 50000 fcfa à 150 000 fcfa. Et, a pu non seulement scolariser ses enfants, mais a aussi contribué à payer une charrue et un bœuf de trait. Tout cela grâce à la culture du coton biologique. Donc c’est certain que l’octroi de ce fonds ne viendra que renforcer ce qui existe déjà.

Le cadre étant propice, les partenaires, pour encourager les acteurs, ont procédé à une remise de matériels. L’UNPCB a reçu deux véhicules ; trois tracteurs ; descover-crop, des semoirs, des charrues, des charrettes, des corps butteurs, des houes manga et des kits de petits matériels.

L’INERA a bénéficié aussi d’un véhicule.

Cette opération d’équipements agricoles aux producteurs et de dons de matériels roulants à l’UNPCB et l’INERA a couté plus de 382 millions de FCFA au projet RECOLTE.

Le Président de l’UNPCB, Karim Traore, s’est dit satisfait du déroulement de ce projet. Pour lui, cette production biologique, « prend en compte plusieurs paramètres ».A savoir le renforcement de capacité des producteurs et un appui en matériels. En témoigne le tracteur remis à sa structure. « Au Burkina Faso, nous avons trois sites de production de semence biologique, à savoir celui-ci, un à Gouersan dans le Nayala et un autre à Fada », confie-t-il. Avec ces trois fermes, l’UNPCB, selon son président, n’aura plus de problème de semences comme autrefois.

Même son de cloche pour Moussa Dominique Bangre, représentant résident de CRS Burkina. Pour le premier responsable de l’ONG humanitaire américaine, sa structure a accompagné l’UNPCB dans la promotion de la production car « le projet cible prioritairement des personnes à revenu faible dont les petits producteurs, particulièrement les femmes ». Il a ajouté que le projet s’est résolument engagé dans la promotion de la protection de l’environnement par « l’utilisation exclusive des intrants organiques et des activités de conservation et de restauration des sols ».

Parlant de restauration des sols, des cultures alternées sont instaurées dans cette ferme semencière, ainsi que dans les autres sites. Et cette ferme en est un exemple parfait car sur les 18 ha cultivés, 13 ha sont consacrés au coton biologique, 4 ha au sésame et 1 ha à l’arachide.

Pour le Chargé d’Affaire de l’Ambassade des Etats Unis, David Young, ce sont les bonnes relations de coopération entre les Etats Unis et le Burkina Faso qui ont conduit à la naissance de ce projet. Raison pour laquelle, « le peuple américain a décidé d’aider le peuple Burkinabè à travers la culture du coton biologique ». Pour lui, cette ferme semencière et tout ce qui l’entoure serait le signe d’un bon lendemain pour l’activité de production biologique pendant de longues années.

Le prix du coton bio plus cher que le conventionnel

Ce n’est pas le Conseiller Spécial du Président du Faso, chargé de l’Agriculture et de la Sécurité Alimentaire, Moussa Kaboré, qui dira le contraire, lui qui a trouvé encourageant le travail abattu par les producteurs dans cette ferme. « Les producteurs essaient de s’organiser par eux- mêmes pour prendre en charge leur filière à travers l’introduction d’autres systèmes de mise en culture », laisse-t-il-entendre. Pour lui, le coton serait la filière tête de proue de notre agriculture, et pouvoir intégrer l’agriculture durable, biologique dans cette filière, serait encourageant pour les autorités.

Il a invité les acteurs à poursuivre dans ce sens car « si dans le secteur coton les choses prennent, il n’y a pas de raison que cela ne prenne pas dans les autres domaines ».A entendre le Conseiller Spécial, l’enjeu pour notre pays ne serait pas le volume de production, mais plutôt la valorisation de cette production. Raison pour laquelle il a encouragé l’UNPCB à la mise en place d’un système de collecte, de transformation et de commercialisation du coton biologique.

Au Burkina Faso, la production du coton biologique a débuté depuis la campagne cotonnière 2004-2005. Tandis que le projet RECOLTE a vu le jour en octobre 2013. Pour cette campagne, le Burkina attend au moins 700 000 tonnes pour le coton conventionnel et2000 tonnes pour ce qui est du coton biologique. Et comme cette production n’utilise pas de produits chimiques mais uniquement des produits naturels, le prix est de 325 francs le kilogramme, contre 235 francs pour le coton conventionnel. Soit une différence de 90 francs sur le Kilogramme.

Marcus Kouaman
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 18 novembre 2016 à 09:55, par TANGA
    En réponse à : Le projet RECOLTE pour la production de semence de coton biologique de qualité

    C’est ça un AMERICAIN, un vrai. Il intervient là où la frange pauvre de la population a besoin de coup de main. ça me rappel un AMBASSADEUR Américain de le village de Outila dans l’ouest du Burkina. Il était allé pour l’inauguration officiel d’une école faite en grande partie par la population qui s’adonnait à la culture de coton bio. Le Reste qu’il y a ici là, ce ne sont que des hoba hoba. Mes chers, à chacun son pays et sa politique et Vive TRUMP !!!

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