Coordination des CDAIP de la ville de Ouagadougou : Pour la défense des acquis de l’insurrection

LEFASO.NET | Angelin DABIRE • jeudi 27 octobre 2016 à 01h07min

La Coordination des Comités de défense et d’approfondissement des acquis de l’insurrection populaire (CDAIP), a animé une conférence de presse le 26 octobre 2016 à Ouagadougou. Elle portait sur la commémoration de l’an 2 de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 et la situation nationale.

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Coordination des CDAIP de la ville de Ouagadougou : Pour la défense des acquis de l’insurrection

Les conférenciers dont Elie Tarpaga (de gauche à droite) ; Yacouba Kientéga le porte-parole et Mahamadou Fayama ont à l’occasion, peint un tableau assez sombre de la situation nationale.

« Le deuxième anniversaire de l’insurrection populaire se tient dans un contexte national marqué par la persistance de la vie chère, la crise énergétique et de l’eau, et de la pauvreté endémique et généralisée qui frappent de nombreux foyers.
A cela, il faut ajouter la corruption de plus en plus galopante dans laquelle baigne notre pays et qui se traduit par : le blanchiment des capitaux ; les fraudes fiscales ; les détournements de deniers publics et de parcelles ». Et voilà donc le décor planté par Yacouba Kientéga et ses camarades.

Sur le plan politique et sécuritaire, ils ont parlé de crise qui se traduit par « une incapacité des pouvoirs publics à assurer la sécurité des populations et de leurs biens ; une faillite du système judiciaire malgré les proclamations d’indépendance ».
Toute chose qui les a amenés depuis leur dernière sortie datée du 6 septembre 2016 disent-ils, à entrer en campagne pour « exiger vérité et justice pour les martyrs de l’insurrection et de la résistance populaire ».

Pour la coordination, « la commémoration de l’insurrection ne saurait se limiter à des hommages : il faut surtout exiger la manifestation de la vérité et de la justice pour les martyrs, les blessés et pour tout le peuple ».
Ils se sont insurgés contre le pouvoir de la transition dont des membres à l’image de l’ancien premier ministre, Yacouba Isaac Zida et l’ex ministre de l’Habitat, Réné Bagoro actuellement ministre de la justice, ont été épinglés par le rapport 2015 de l’ASCE /LC.

Du rapport d’enquête parlementaire sur les détournements de 100 000 parcelles, ils diront qu’il est sélectif, non exhaustif et vise à protéger les puissants du moment : « Ce rapport pêche pour avoir mis hors de cause certains dignitaires du MPP qui ont pourtant coiffé tous les maires crapuleux épinglés et géré les milliards d’argent extorqué aux populations au titre des contributions aux lotissements ».

Les conférenciers déçus de la gestion du pouvoir d’Etat

Les conférenciers ont aussi dénoncé le sous équipement des forces de défense et de sécurité ; la libération de certains bonzes du CDP (Congrès pour la démocratie et le progrès, ex parti au pouvoir) et d’anciens membres de l’ex RSP (Régiment de sécurité présidentielle) ; des décisions de justice impopulaires telles que l’annulation du mandat d’arrêt contre Guillaume Soro : « Tous ces actes qui visent à perpétuer l’impunité dans notre pays constituent des remises en cause d’un acquis important de l’insurrection populaire ».

Ils ont vu en la récente création de la Coalition pour la démocratie et la réconciliation nationale (CODER) dirigée par Ablassé Ouédraogo du Faso autrement et des partis politiques de l’ex front républicain, une prime à l’impunité. « Les pardons et les réconciliations concoctés sur le dos du peuple ne passeront pas. Leurs auteurs et complices les payeront en une nouvelle insurrection », ont prévenu les membres de la Coordination.

Ils ont exigé la vérité sur tous les crimes économiques et de sang ; la sécurisation des populations et de leurs biens ; le départ des bases et forces militaires étrangères notamment françaises et américaines ; l’inscription dans la future constitution, du droit du peuple à l’insurrection contre les gouvernants corrompus et oppresseurs.
Pour eux, la commission constitutionnelle est taillée sur mesure. Demande aurait été faite afin que les aspirations des populations soient prises en compte dans la rédaction de la future constitution. Et non les intérêts des puissances occidentales : « Dans notre cas, c’est conformément aux intérêts des puissances impérialistes françaises principalement et ses alliés locaux, à l’idéologie néolibérale, celle des programmes d’ajustement structurel qu’a opté de mettre en œuvre le pouvoir du MPP et alliés, que la constitution de la Vème République sera conçue et élaborée ».

Ils ont appelé les populations à la vigilance « dans un contexte socio-économique catastrophique dont les signes d’échec et de faillite annoncés du pouvoir MPP et alliés sont patents, de crise profonde ». Et ceux-ci de conclure que le pouvoir MPP fait pire que le régime déchu.

Un appel a été également lancé aux populations à participer aux activités commémoratives qui seront organisées dans les quartiers, secteurs et arrondissements pour rendre hommage et exiger la justice pour les martyrs de l’insurrection et de la résistance.

Angelin Dabiré
Lefaso.net

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