Journée mondiale des enseignants : Les syndicats de l’éducation invitent le gouvernement à sortir l’école burkinabè de sa situation chaotique !

LEFASO.NET | Par Moussa Diallo • jeudi 6 octobre 2016 à 06h07min

La Journée mondiale des enseignants est célébrée le 05 octobre de chaque année. Le but est de sensibiliser sur l’importance et le rôle de ce corps de métiers dans le système éducatif. Au Burkina, cette année, la Coordination nationale des syndicats de l’éducation a décidé d’organiser, non pas, des réjouissances, mais une action de protestation. Ainsi, après une marche (bourse du travail-ministères de l’éducation), elle a remis un message à leurs ministres de tutelle. Dans ce message, elle exige de meilleures conditions de vie et de travail pour ses membres. Aussi, elle invite le gouvernement à prendre ses responsabilités pour sortir le système éducatif burkinabè de sa « situation chaotique » actuelle.

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Journée mondiale des enseignants : Les syndicats de l’éducation invitent le gouvernement à sortir l’école burkinabè de sa situation chaotique !

Au niveau mondial, la Journée internationale des enseignants, édition 2016, a été célébré sous le thème : « Valorisons les enseignant(e)s, améliorons leur statut professionnel ». Par ce thème, l’Internationale de l’éducation, l’Organisation internationale du travail (OIT) et l’Organisation des nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) entendent réaffirmer le rôle essentiel des enseignants dans le progrès de l’éducation et l’importance de leur contribution au développement de la personnalité humaine et de la société moderne.

Au Burkina Faso, la Coordination nationale des syndicats de l’éducation a choisi de se pencher sur le thème « la responsabilité de l’autorité politique dans la faillite de l’école burkinabè ». Cette coordination est composée de 16 syndicats. Au menu des activités commémoratives, il y avait une marche, la remise d’un message aux ministres de tutelle et une conférence de presse. Mais, ce n’est pas tout. Les activités se poursuivront le 08 octobre à l’Education ouvrière avec un panel autour du thème sus-cité.

Le message adressé aux ministres en charge de l’éducation a été réceptionné par le ministre de l’éducation nationale et de l’alphabétisation, Jean Martin Coulibaly. Dans ledit message, le porte-parole des marcheurs, François de Salle Yaméogo a égrené un chapelet de difficultés rencontrées par les enseignants dans l’exercice de leur fonction. Il a également présenté un diagnostic peu reluisant du secteur éducatif burkinabè.

« Depuis l’entrée en vigueur du Programme d’ajustement structurel (PAS), le système éducatif a amorcé une descente aux enfers qui ne semble pas prêt de prendre fin », a-t-il martelé. S’il reconnait que des progrès quantitatifs liés à l’accès ont pu être enregistrés, il s’étale davantage sur les « reculs considérables constatés ». Il cite, entre autres : la qualité de l’enseignement, l’insuffisance ou absence d’infrastructures et d’équipements pédagogiques, la suppression de certaines aides (bourses et internats) aux élèves, le recrutement de personnel en situation de précarité et inexistence quasi-totale de formation des enseignants à certains niveaux, les traitements salariaux et moraux extrêmement dévalorisants, etc.

« Cette situation chaotique est la conséquence du désengagement de l’Etat des secteurs sociaux marqué par un budget total pour l’ensemble du système éducatif se situant autour de 16% alors même que les infrastructures physiques, les personnels sont les plus nombreux dans le dispositif matériel et des ressources humaines de l’Etat. Les 16% du budget alloués à un secteur aussi étendu sont une négation claire du statut de priorité nationale dont il est pompeusement affublé par la loi d’orientation de l’éducation ainsi que dans les discours officiels », soutient-il.

Quant aux réformes entreprises ces dernières années, les syndicats dénoncent une mise en œuvre chaotique. Il s’agit notamment du continuum et du système Licence master doctorat (LMD). « Dans une telle situation de faillite, la condition enseignante ne peut qu’être désastreuse, avec des salaires dérisoires, une dévalorisation de la fonction, des conditions de travail lamentables accentuées par la situation des écoliers, des élèves et des étudiants affamés et laissés à eux-mêmes, quasiment sans aucun soutien de l’Etat, y compris aux plus démunis comme les orphelins et les enfants des indigents », s’alarme François de Salle Yaméogo, secrétaire général du SYNATEB. Ainsi, las de porter le fardeau d’une école dont ils ne sont pourtant pas les seuls bénéficiaires, les personnels de l’éducation interpellent une fois le gouvernement en tant que « principal responsable du système éducatif ».

Après avoir reçu le message, le ministre de l’éducation nationale et de l’alphabétisation, Jean martin Coulibaly a félicité l’ensemble des enseignants, avant de rappeler que la question de l’éducation n’est pas de la seule responsabilité de l’Etat. « C’est ensemble que nous pouvons faire en sorte que toutes ces difficultés que nous rencontrons soient traitées à la satisfaction de l’ensemble des acteurs. Il nous faut continuer à faire des sacrifices à tous les niveaux », a-t-il lancé.

Mieux, il a annoncé que la part de l’éducation passe de16% à 19% dans le projet de budget de l’Etat, gestion 2017. « Je puis vous rassurer que les préoccupations que vous avez posées seront examinées avec beaucoup d’attention », a-t-il conclu.

Faut-il le rappeler, la coordination nationale des syndicats de l’éducation a déposé une plateforme revendicative minimale conjointe en onze points adressée au gouvernement depuis quatre ans. Cette plateforme est en voie d’actualisation et sera transmise incessamment à l’exécutif.

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