Ouverture de la session budgétaire : Le parlement rend hommage aux combattants de la première insurrection populaire des peuples voltaïques

mercredi 28 septembre 2016 à 23h55min

La 2e session ordinaire de l’année 2016 de la 7e législature s’est ouverte, le 28 septembre. La cérémonie officielle d’ouverture s’est tenue sous le signe de la commémoration du centenaire de la première insurrection du peuple voltaïque. Appelée session budgétaire, elle devrait s’atteler à l’examen et l’adoption de la loi de finances de l’Etat, gestion 2017. Elle examinera également les rapports des commissions d’enquêtes parlementaires sur les mines et le foncier urbain.

RÈagissez ‡ cet article Réagissez
Ouverture de la session budgétaire : Le parlement rend hommage aux combattants de la première insurrection populaire des peuples voltaïques

La session budgétaire s’ouvre à un moment où la reprise d’une croissance économique mondiale forte et soutenue comme annoncée demeure faible. Et, au Burkina, le gouvernement actuel a hérité d’une « situation économique exsangue » dans un contexte sous régional morose. Qu’à cela ne tienne, l’exécutif a tracé des lignes de force pour la reprise économique. C’est pourquoi, Salifou Diallo, le président de l’Assemblée nationale dit fonder l’espoir que le budget de l’Etat gestion 2017 constitue « un tournant décisif en matière d’investissement et de réponses aux nombreuses sollicitations de notre peuple ».

Pour cette 2e session ordinaire de l’année 2016, le bureau de l’Assemblée nationale a arrêté un ordre du jour qui s’articule comme suit :

- l’adoption de la loi de finances de l’Etat, gestion 2017 ;

- la ratification d’accords internationaux relatifs à la sécurité et à l’environnement ;

- l’examen des rapports des commissions d’enquêtes parlementaires sur les mines et le foncier urbain.

Ainsi, l’adoption de la loi de finances, gestion 2017 permettra au président Roch Marc Christian Kaboré et son gouvernement de disposer enfin d’un outil de prévision à la hauteur de ses ambitions.

Dans son discours d’ouverture de la session budgétaire, le président du parlement n’a pas manqué d’évoquer la question du passage à la 5e république. « Il nous faut une loi fondamentale qui soit à même de traduire le renouveau politique souhaité par l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 », a martelé Salifou Diallo.

« Révolte de Bani-Volta » : environ 30 000 morts

La représentation nationale a placé la cérémonie d’ouverture de la 2e session parlementaire ordinaire sous le signe de la commémoration du centenaire de la première insurrection populaire des peuples voltaïques. Faut-il le rappeler, de novembre 1915 jusqu’en fin 2016, les peuples Bwa, Bobo, Marka, Sénoufo, Gourounsi, Lobi, Dagara, Peulh et Mossi du centre-ouest, et les populations de la région du Macina ont pris les armes pour dire non à l’occupation coloniale et ses conséquences meurtrières et humiliantes. Malheureusement, cette insurrection de grande ampleur reste meconnue du grand public aussi bien national qu’international. Pourtant, elle fut l’un des plus violents en intensité parmi les conflits post-pénétration coloniale française en Afrique noire et le plus long à circonscrire dans le temps.

Appelé indistinctement « révolte des populations de la Boucle du Mouhoun », « révolte des populations du Bani-Volta », « insurrection Bwaba et Bobo », « rébellion du Bani-Volta », cette révolte qui débuta dans le village de Bona à 25 kilomètres au Sud de Dédougou s’est ensuite étendue dans les régions de Bobo-Dioulasso, Houndé, Gaoua, Koudougou, Léo, Pô, Loropéni jusqu’à Bandiagara dans le Mali actuel. Selon des historiens chercheurs, Jacques Frémeaux et Kambou Ferrand, ce conflit a affecté plus de 900 000 personnes à l’époque et occasionné environ 30 000 morts sur notre sol national.

Gouvernement et chercheurs invités à approfondir les recherches

« A l’occasion du centenaire de ces évènements douloureux qu’a connu notre peuple de l’époque, la représentation nationale tient à rendre un vibrant hommage à ces vaillants combattants précurseurs de notre liberté. C’est le lieu pour l’Assemblée nationale d’inviter les historiens et le gouvernement à procéder à des recherches approfondies sur ce segment de notre histoire et d’envisager la tenue d’un colloque international sur le sujet. Pour l’heure, je souhaite que les différentes structures de l’Etat rendent un hommage appuyé à ces combattants de la liberté tombés dans l’oubli », a lancé Salifou Diallo.

Et pour le symbole, l’Assemblée nationale, à l’occasion de l’ouverture de sa 2e session ordinaire de l’année 2016, a invité les chefs de canton de Bobo-Dioulasso (Sa majesté Sidiki Sanon) et de Dédougou (Sa majesté Lombo Dayo).

Après l’ouverture de la session parlementaire, la cérémonie d’hommage s’est poursuivie par une soirée culturelle au niveau du jardin du parlement. « Nous commémorons le centenaire de la révolte de la Boucle de la volta-noire. D’une certaine manière, il est loisible de considérer que nous sommes les continuateurs des insurgés de 1916 en ce sens que nous promettons la liberté, l’émancipation économique et sociale à notre peuple par l’effort soutenu au travail », a estimé le président de l’Assemblée nationale.

A l’occasion de la cérémonie d’ouverture de la session budgétaire, les présidents d’autres parlements ont été invités par le parlement burkinabè. Il s’agit du président du parlement panafricain, Roger Kodo Ndang ; du président de l’Assemblée nationale du Bénin, Adrien Houngbédji et du vice-président de l’Assemblée nationale de France, David Habib.

C’est avec une charge émotionnelle forte que j’ouvre la présente session ordinaire qui consacre en même temps la rentrée politique des élus du peuple

Moussa Diallo
Lefaso.net

Portfolio

Imprimer l'article

Vos commentaires

  • Le 29 septembre 2016 à 02:09
    En réponse à : Ouverture de la session budgétaire : Le parlement rend hommage aux combattants de la première insurrection populaire des peuples voltaïques

    J’avoue qu’à priori, je n’ai pas perçu le lien entre une session budgétaire et un hommage de l’AN aux combattants de la révolte de Bani-Volta face à l’occupation coloniale d’alors. Cependant, si nous avons compris enfin que la vraie résistance à la pénétration coloniale et la plus âpre en Haute-Volta, fut celle-ci entre autres, c’est une très bonne chose et une petite avancée dans l’histoire de ce pays car beaucoup reste à faire. On nous a toujours relaté la résistance courageuse de Naba Boukari Kutu face à la pénétration de la colonne Voulet-Chanoine dans le royaume mossi. Sauf que la Haute-Volta va au de-là des royaumes mossi. Qu’ont fait les autres peuples face à l’invasion coloniale ? C’est tout aussi bon à savoir. Je me demande pourquoi on a mis aux oubliettes cette partie de notre histoire qu’est la lutte héroïque des peuples du centre-ouest pour contrer l’envahissement colonial (la révolte de Bani-volta, 1ère insurrection populaire des peuples voltaïques).
    Nos aînés nous ont parlé de cette insurrection mais les historiens en parlent très peu car ils se sont peut-être focalisés sur les hérésies du colon dans les manuels d’histoire que nous leur demandons de rectifier désormais afin que nos descendants soient bien informés sur l’histoire de leur pays. Les colons ont occulté sciemment dans leurs récits les épisodes de la colonisation où ils ont été bien matés par la résistance de nos valeureux parents en Afrique et pour ce qui nous concerne, en Haute-Volta. Je le répète : l’histoire de l’Afrique est à réécrire.
    Pour une fois que Salif Diallo et nos députés disent quelque chose d’intéressant, approuvons-les. En effet, nos historiens ont vraiment du travail et n’ont aucune raison de chômer, ne serait-ce que pour écrire ou réécrire toute l’histoire de ce pays, la vraie, l’authentique. Pas les hérésies que les colons ou certains de nos politiciens mal intentionnés et collabos des colons, ont écrites en s’attribuant toutes les victoires et tous les beaux rôles. Les colons se sont érigés en grands civilisateurs et ont beaucoup menti pour s’en convaincre alors qu’eux-mêmes sont loin d’être civilisés. Sinon, ils auraient compris que la civilisation est plurielle, que chaque peuple a sa civilisation, que toutes les civilisations s’équivalent et se brassent sans qu’on ait besoin de coloniser et s’entretuer, enfin qu’on ne domine jamais un peuple impunément et infiniment. A bon entendeur, salut.

    Répondre à ce message

  • Le 29 septembre 2016 à 06:33, par Le Vigilant !
    En réponse à : Ouverture de la session budgétaire : Le parlement rend hommage aux combattants de la première insurrection populaire des peuples voltaïques

    Nos dirigeants ont ils perdu le nord ? Quel lien y’a t-il entre cet événement et une session budgétaire de l’assemblée ? Si Cest la recherche de la sensation !!!! Thomas Sankara ET Dabo Boukary luttaient tous contre l’impérialisme Français ? Alors qu’on leur rende justice aussi . Attention au démagogue de notre Assemblée . Mr Salifou est en manque vraiment d’idées . Quel piètre cinéma ? !!!! Ah oui !!! Salifou a invité aussi ses chefs !!!!! ET le MoghoNaaba , pourquoi ne pas l’associer, ne serait que par courtoisie. Messieurs les chefs coutumiers éviter d’être des marionnettes d’hommes politiques EN manque de vision. Attention !!! Attention !!! Messieurs les chefs coutumiers, L’histoire des peuples ne se fait pas avec des politiciens sectaires......

    Répondre à ce message

  • Le 29 septembre 2016 à 09:41, par Boinzem
    En réponse à : Ouverture de la session budgétaire : Le parlement rend hommage aux combattants de la première insurrection populaire des peuples voltaïques

    Que Salif, le maitre de l’imposture politique prenne les devants de cette célébration du centenaire de l’insurrection Bwa n’est pas fortuite. Venant de Salif et voyant son investissement personnel dans cet évènement, je dirai que c’est encore une tentative de récupération d’un fait historique noble. Or, il salit tout simplement la mémoire de ces vrais combattants et patriotes car lui, il ne les ressemble pas. Par exemple, il nous conseille de nous endetter massivement pour condamner les futures générations à la dépendance alors que les guerriers bwa défendaient leur indépendance et autonomie vis-à-vis des blancs et des puissances extérieures. Salif salit la mémoire des guerriers bwa parce qu’il cherche juste à s’approprier une insurrection dont personne d’autre ne lui disputera pas les honneurs. On dirait un magicien qui sort une surprise de son chapeau. Et en effet, le coup médiatique est réussi. Mais les retombées politiques, Salif ne les auras pas pour plusieurs raisons. Paul Kaba Thiéba est hilare parce qu’il n’a rien compris.

    Pourquoi fêter le centenaire maintenant de cette révolte à un mois de l’anniversaire de l’insurrection d’Octobre 2014 ? Pourquoi se faire autant visible sur une histoire que Tahirou Barry pouvait bien conduire au nom du gouvernement ? Est-ce un message pour dire à Roch que le Président de l’Assemblée peut porter une insurrection à son encontre ? Visiblement, il s’agit d’occuper la scène médiatique et enlever à la célébration de l’insurrection de 2014 son éclat. Puisque Salif ne pourras pas t’attribuer la propriété et les honneurs de l’évènement que lui contestent les "insurgés", il organise son propre show à l’avance. Zeph a devancé Salif en annonçant sa conférence des "insurgés", autant dire qu’il a coupé l’herbe sous les pieds des RSS. Comme parade Salif déniche une insurrection centenaire pour amuser la galerie. Pauvre Salif. Toujours dans le populisme et les gros mots il dit « Ces devanciers ont payé le prix du sang pour que nous puissions vivre en toute liberté aujourd’hui".

    Répondre à ce message

  • Le 29 septembre 2016 à 09:42, par Boinzem
    En réponse à : Ouverture de la session budgétaire : Le parlement rend hommage aux combattants de la première insurrection populaire des peuples voltaïques

    Que Salif, le maitre de l’imposture politique prenne les devants de cette célébration du centenaire de l’insurrection Bwa n’est pas fortuite. Venant de Salif et voyant son investissement personnel dans cet évènement, je dirai que c’est encore une tentative de récupération d’un fait historique noble. Or, il salit tout simplement la mémoire de ces vrais combattants et patriotes car lui, il ne les ressemble pas. Par exemple, il nous conseille de nous endetter massivement pour condamner les futures générations à la dépendance alors que les guerriers bwa défendaient leur indépendance et autonomie vis-à-vis des blancs et des puissances extérieures. Salif salit la mémoire des guerriers bwa parce qu’il cherche juste à s’approprier une insurrection dont personne d’autre ne lui disputera pas les honneurs. On dirait un magicien qui sort une surprise de son chapeau. Et en effet, le coup médiatique est réussi. Mais les retombées politiques, Salif ne les auras pas pour plusieurs raisons. Paul Kaba Thiéba est hilare parce qu’il n’a rien compris.

    Pourquoi fêter le centenaire maintenant de cette révolte à un mois de l’anniversaire de l’insurrection d’Octobre 2014 ? Pourquoi se faire autant visible sur une histoire que Tahirou Barry pouvait bien conduire au nom du gouvernement ? Est-ce un message pour dire à Roch que le Président de l’Assemblée peut porter une insurrection à son encontre ? Visiblement, il s’agit d’occuper la scène médiatique et enlever à la célébration de l’insurrection de 2014 son éclat. Puisque Salif ne pourras pas t’attribuer la propriété et les honneurs de l’évènement que lui contestent les "insurgés", il organise son propre show à l’avance. Zeph a devancé Salif en annonçant sa conférence des "insurgés", autant dire qu’il a coupé l’herbe sous les pieds des RSS. Comme parade Salif déniche une insurrection centenaire pour amuser la galerie. Pauvre Salif. Toujours dans le populisme et les gros mots il dit « Ces devanciers ont payé le prix du sang pour que nous puissions vivre en toute liberté aujourd’hui".

    Répondre à ce message

  • Le 29 septembre 2016 à 12:35, par Le vigilant
    En réponse à : Ouverture de la session budgétaire : Le parlement rend hommage aux combattants de la première insurrection populaire des peuples voltaïques

    Boinzem, tu as bien vu et même très bien vu. Salif, pour peu qu’on le connaisse, ne fait rien pour rien. Cette initiative est pour ternir l’éclat de la commémoration de l’insurrection des 30 et 31 octobre 2014. Salif veut dire qu’il y a eu une plus grande insurrection que celle d’octobre 2014 et que les insurgés de l’insurrection et du putch de 2015 doivent se calmer. Mais pourquoi cela ? Est-ce en réaction à l’humiliation que lui ont fait subir les blessés et les familles des martyrs de l’insurrection d’octobre 2014 et du putch manqué de septembre 2015 ? Est-ce pour mettre dans la tête des gens que nous sommes des peuples rebelles et que nous pouvons encore nous insurger contre le pouvoir de Roch (comme pour faire comme le fou qui dit qu’on lui a rappelé qu’il mord et qu’il va effectivement mordre) ? Wait and see.

    Répondre à ce message

  • Le 29 septembre 2016 à 12:48, par Vérité
    En réponse à : Ouverture de la session budgétaire : Le parlement rend hommage aux combattants de la première insurrection populaire des peuples voltaïques

    C’est triste qu’on préféré obligé les élèves à suivre des cours sur des guerres des pays impérialistes envahisseurs/assaillants alors qu’ils ignorent leurs propres histoire !

    Répondre à ce message

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter


LeFaso.net
A propos..
Flux  RSS 2.0
Plan du site
Nous contacter
Condition d'utilisation
Responsabilité
Cookies et cache
Version mobile
Publicité
Partenariat

LeFaso.net © 2003-2017 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés