« Nous sommes comme des soldats ; des soldats de la paix et du développement à qui, il ne manque ni talents ni inspiration », Malick Garané, maire de la commune de Toma

mardi 6 septembre 2016 à 23h28min

Le Conseil municipal de la commune urbaine de Toma, chef-lieu de la province du Nayala dans la région de la Boucle du Mouhoun, a été officiellement installé ce dimanche, 4 septembre 2016 dans ladite ville en présence de nombreux populations et ressortissants. Patronné par Sa Majesté Emile Paré, chef de canton de Toma, cet acte solennel a été présidé par le ministre de l’Urbanisme et de l’habitat, Maurice Dieudonné Bonanet.

« Nous sommes  comme des soldats ; des soldats de la paix et du développement à qui, il ne manque ni talents ni inspiration », Malick Garané, maire de la commune de Toma

Cette cérémonie officielle se voulait également un nouvel engagement (voire nouveau pari) pour les actions de développement. Challenge pour le nouvel exécutif municipal, les cadres ressortissants de la localité et pour l’ensemble des populations. C’est le fil conducteur des propos de tous ceux qui se sont succédé à la tribune. Devant de nombreuses populations, autorité de tutelle, conseil municipal et forces-vives ont donc pris des ‘’engagements forts’’ à inscrire les actions de développement au rang des priorités.

Ainsi, l’autorité de tutelle administrative, le haut-commissaire de la province du Nayala, Mariam Konaté, s’est d’abord réjouie de l’esprit de paix et de sérénité qui a entouré la désignation de cette instance ; témoignant, selon elle, de la maturité des acteurs de la commune. D’où ses encouragements à ceux-ci à poursuivre dans cette lancée.Au maire, elle a recommandé l’écoute des populations pour prendre de bonnes décisions. « Communiquez beaucoup car, la communication est mère de toute compréhension. Qui dit compréhension dit concorde et cohésion. Donc, usez-en à volonté. Je dirai même, n’ayez pas peur d’en abuser », a galvanisé le haut-commissaire pour qui, communiquer, c’est partager également ses angoisses.

Aux conseillers municipaux, elle a donc exhorté à soutenir le maire et son équipe dans l’exécution des décisions prises ensemble. ‘’Soyez à l’écoute les uns des autres et cultivez la paix et la cohésion. N’ayez aucun autre objectif que la satisfaction des immenses besoins des populations. Faites de vos divergences d’idées, une force productive‘’, a-t-elle lancé avant de dire la disponibilité de son administration à accompagner le Conseil municipal dans ses missions.

Aux populations, le haut-commissaire a rappelé que, si la décentralisation investit du droit de participer effectivement à l’exercice du pouvoir et à la gestion des affaires de leur localité, elle est également un mode de gouvernance qui engage leur devoir de citoyenneté vis-à-vis de la collectivité, notamment en payant les taxes et impôts. ‘’D’un bon recouvrement découlera la capacité financière de votre mairie. Les recettes constituent le niveau de performance de la commune et attire l’attention des partenaires’’, dit-elle en substance avant de partager cet adage africain selon lequel, « Si tu veux qu’on te lave le dos, lave-toi-même d’abord la face ». Un message reçu cinq sur cinq par le premier responsable de la commune, Malick Garané.

Quatre grands axes d’intervention au cours de ce mandat

Investi de tous les attributs de maire par le président de la cérémonie, M. Garané va décliner la vision de son équipe pour la commune. Mesurant la ‘’lourdeur’’ de la tâche, il a appelé son équipe à l’abnégation. « Nous sommes donc comme des soldats ; des soldats de la paix et du développement à qui il ne manque ni talents ni inspiration », s’est-il adressé à ses collègues conseillers municipaux.Il exhorte chacun à s’investir en ayant en ligne de mire, les attentes des populations « pour être en phase avec le Burkina post-insurrectionnel ». Tout en reconnaissant les efforts de ses devanciers à la tête de la commune, le nouveau bourgmestre a promis tenir haut le flambeau dans les actions de développement.

Malick Garané a également mis un point d’honneur sur la mobilisation des forces-vives de la localité dans cet élan de développement. « La commune dispose de la matière et de meilleures ressources ; il s’agit des filles et fils, unis par les liens de parenté et de fraternité », a insisté le premier responsable de la commune. Pour lui, il faut un engagement à construire la commune dans un esprit de complémentarité. Il prône dans cette optique, « la graine de l’amour du prochain, l’esprit du pardon et d’acceptation de la différence pour que règnent dans la commune, l’unité, la cohésion sans lesquelles tout développement est rendu caduc ».

Selon le maire, l’action du Conseil municipal sera fondée sur le plan communal de développement. Ce dernier sera élaboré en prenant en compte les orientations du PNDES (Plan National de développement économique et social) et les contraintes actuelles de développement de la commune. Quatre grands domaines d’intervention sont donc dans le viseur. Il s’agit du secteur productif avec l’appui des services et des partenaires techniques pour booster l’agriculture à travers l’aménagement de bas-fonds agricoles et de périmètres maraîchères. Toujours dans ce chapitre, on note la sauvegarde de l’environnement et la gestion des ressources naturelles. Le deuxième grand axe concerne l‘amélioration de l’accès aux populations des services sociaux (eau, assainissement, éducation, santé). L’appui au secteur de production (énergie, connexion des plus gros villages au réseau électrique) et le désenclavement constituent les deux autres domaines prioritaires de l’équipe de Malick Garané.

« Unir nos efforts, pour qu’enfin, le Nayala décolle »

A l’en croire, des initiatives seront développées pour engranger des Fonds : mobilisation de ressources locales (promotion du civisme fiscal), développement du secteur privé local, coopération décentralisée (jumelage), mise à contribution des forces-vives, etc.

Vision soutenue par le président de la cérémonie, le ministre de l’Urbanisme et de l’habitat, Maurice Dieudonné Bonanet pour qui, l’union, la cohésion et le dépassement de soi doivent être des valeurs les mieux partagées. « Unir nos efforts, pour qu’enfin, le Nayala décolle. Nous sommes dans un moment historique de l’évolution de notre localité. Nous avons toutes les chances avec nous mais, ces chances ne pourront s’épanouir qu’avec l’union, la cohésion, l’entente entre les fils et filles de la province », a souligné Maurice Dieudonné Bonanet, appelant à conjuguer les efforts pour le bien-être des populations. Occasion également pour annoncer quelques projets du gouvernement au profit de la localité. Il s’agit du démarrage des travaux de bitumage de la voie Didyr-Toma-Tougan dans ce mois de septembre. « Et même mieux, comme nous avons trop attendu, ils ont décidé de prendre deux entreprises ; une qui va exécuter le tronçon Didyr-Toma et une autre Toma-Tougan », a confié le ministre, Bonanet.

L’enseignement, la santé, l’agriculture et l’emploi sont également des domaines sur lesquels, le ministre a rassuré les populations.

Forte de 36 000 âmes, la commune urbaine de Toma totalise 48 conseillers. A l’issue du scrutin du 22 mai dernier, le MPP (Mouvement du peuple pour le progrès, parti au pouvoir) s’en tire avec 36 conseillers et douze pour Nouveau Temps pour la démocratie (NTD, mouvance présidentielle).

Oumar L. OUEDRAOGO
oumarpro226@gmail.com
Lefaso.net

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