Promotion des droits de la femme : Une caravane pour porter le message de l’abandon de la pratique de l’excision

lundi 5 septembre 2016 à 23h54min

La ministre de la femme, de la solidarité nationale et de la famille, Laure Zongo/Hien a procédé au lancement de la caravane des jeunes pour la promotion de l’élimination des mutilations génitales féminines dans les zones frontalières (Burkina Faso, Mali, Côte d’Ivoire). C’était le 5 septembre 2016 à Ouagadougou sous le patronage de la Première dame, Sika Kaboré par ailleurs présidente d’honneur du Comité national de lutte contre la pratique de l’excision.

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Promotion des droits de la femme : Une caravane pour porter le message de l’abandon de la pratique de l’excision

Le 21 mai 2013 à Zorgho, l’Association jeunesse unie pour l’éradication de l’excision au Burkina Faso (JEUNEE/BF) a pris solennellement l’engagement d’œuvrer pour une génération sans excision. Trois ans après, elle reste plus déterminée que jamais dans la lutte. Et pour cause ? En 2015 sur 159 filles et femmes excisées, 5 sont décédées. Aussi, en 2016 plusieurs cas d’excision et tentatives d’excision ont été signalés au niveau du secrétariat permanent du Comité national de lutte contre la pratique de l’excision (CNLPE). De même, le cas d’excision survenu au secteur 21 de Ouagadougou au mois de juillet dernier, a remis au-devant de la scène la question de l’élimination totale des mutilations génitales féminines (MGF).

C’est ainsi qu’elle a entamé une caravane sous le thème « Jeunes du Burkina Faso unissons-nous et disons non à la pratique transfrontalière de l’excision ». Une cinquantaine de caravaniers partis de Ouagadougou le 5 septembre vont sillonner en dix jours, les cinq communes frontalières Kologo, Oueleni, Dakoro, Niangoloko et Mangodara. Pour mener des activités de sensibilisation et cela jusqu’au 15 septembre prochain.
Il s’agit, selon le représentant des caravaniers Idrissa Konditamdé, d’un atelier de plaidoyer avec les responsables coutumiers, religieux, politiques et administratifs, dans la matinée. « Pendant ce temps, les caravaniers en équipe vont faire le tour de la ville pour des sensibilisations de proximité dans les lieux de rassemblement et les concessions. Dans la soirée, nous nous retrouvons pour une animation grand public qui comprend une représentation théâtrale, une projection vidéo et une animation artistique », a-t-il ajouté.

Selon la marraine de la caravane, Laure Zongo/Hien la loi interdisant la pratique de l’excision en 1996 a conduit à des mutations pernicieuses de cette pratique rendant encore plus compliquée les actions à menées. Il s’agit notamment de la clandestinité, le rabattement de l’âge à l’excision et la pratique transfrontalière. « Par peur de la loi, certains parents n’hésitent pas à traverser la frontière pour aller exciser leurs enfants dans les pays voisins. Dans certains cas, l’exciseuse fait le chemin inverse et vient opérer au Burkina Faso avant de retourner en toute impunité », a-t-elle explique.

Dans ce jeu de cache-cache, la dénonciation préventive reste la meilleure arme pour prémunir les filles des couteaux mutilateurs. Et c’est justement le réflexe d’appeler le numéro vert, le 80 00 11 12, qui a permis au SP/CNLPE de sauver le mois dernier, sept fillettes qui devraient être excisées dans la province du Ganzourgou. A en croire la marraine, le changement de comportement socio-culturel exige certes des moyens mais aussi et surtout du temps et de l’engagement de tous les acteurs et à tous les niveaux. C’est en cela que la contribution des jeunes en tant qu’acteurs mais aussi en tant que bénéficiaires des actions a été fortement recommandée dans les objectifs de développement durable notamment dans l’objectif 5 (égalité entre les sexes). Il invite les pays à éliminer toutes les pratiques préjudiciables, tels que le mariage d’enfants, le mariage forcé et les mutilations génitales féminines.

De son côté, la patronne de la cérémonie, Sika Kaboré n’a pas pu contenir sa joie. « Je suis heureuse de la détermination des jeunes à accompagner le mouvement de lutte contre la pratique de l’excision. Surtout qu’aujourd’hui, cette lutte a pris d’autres formes (…) », a-t-elle dit.
L’association s’engage à travers cette caravane à sensibiliser 4000 personnes des cinq communes frontalières au Mali et à la Côte d’Ivoire, susciter l’adhésion d’au moins 500 jeunes à la promotion de l’élimination de la pratique des MGF et à diffuser des messages sur les MGF.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

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