Lettre ouverte du syndicat national des encadreurs pédagogiques du premier degré (SNEP/PD)

lundi 22 août 2016 à 00h22min

À
MONSIEUR LE MINISTRE DE L’EDUCATION NATIONALE ET DE L’ALPHABETISATION.

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Lettre ouverte du syndicat  national des encadreurs pédagogiques du premier degré (SNEP/PD)

Monsieur le Ministre,

Par cette lettre, nous tenons à attirer votre attention sur un certain nombre de préoccupations relatives à la gestion de votre département ministériel. Ces préoccupations concernent entre autres :

-  Le plan de carrière des personnels de l’enseignement du premier degré ;
-  Les moyens de travail ;
-  La responsabilisation des agents aux postes stratégiques du MENA ;

Monsieur le Ministre, la qualité de l’enseignement au Burkina Faso est une des préoccupations du Ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation (MENA). Pour y parvenir, le Ministère doit compter sur des hommes et des femmes qualifiés et qui se sentent dans leur peau à tous les échelons. Mais concernant la carrière des personnels de l’enseignement du premier degré en général, de celui de l’encadreur pédagogique du primaire en particulier, nous ne vous apprenons rien sur le long chemin que doit parcourir le breveté des lycées et collèges pour parvenir au sommet de sa fonction. Néanmoins, nous vous le rappelons pour les besoins de l’exercice. Recruté niveau BEPC, l’élève-maître doit subir deux (02) ans de formation à l’issue de laquelle, il sort nanti du diplôme du Certificat Elémentaire d’Aptitude Pédagogique (CEAP). Nous faisons ici l’économie de toutes les formes et dénominations qu’a connues ce diplôme suivant le tâtonnement historique de notre système éducatif. Sorti donc de l’ENEP avec ce diplôme, l’instituteur adjoint certifié est reclassé en catégorie C échelle 1 (C1) et est affecté à un poste de travail où, après cinq (05) ans dans l’administration publique dont trois (03) ans d’enseignement effectif, il est autorisé à passer son deuxième examen professionnel [le Certificat d’Aptitude Pédagogique (CAP)] qu’il obtiendra en deux (02) ans dans le meilleur des cas (s’il n’échoue pas à l’année d’écrit ou à l’année de pratique)]. Il est alors reclassé comme Instituteur Certifié (IC) en catégorie B échelle 1 (B1) et pourra postuler à son premier concours professionnel après trois (03) ans d’enseignement effectif en qualité d’Instituteur Certifié. C’est là que l’injustice commence à prendre corps dans le corps des enseignants. En effet l’instituteur certifié (IC) a le choix entre l’administration scolaire et l’encadrement pédagogique. Deux cas de figure se présentent dans cette situation :

-  1er cas : L’IC n°1 qui se présente au concours de l’Ecole Nationale
d’Administration et de Magistrature (ENAM) cycle A, sort après deux ans de formation avec le titre de Conseiller d’Administration Scolaire et Universitaire (CASU) ou de Conseiller d’Intendance Scolaire et Universitaire (CISU) et est reclassé dans la catégorie A échelle 1 (A1). Il est de ce point de vue à grade égal avec l’Inspecteur de l’Enseignement du Premier Degré (IEPD) ou le Professeur Certifié des lycées et collèges recruté niveau licence.

-  2ème cas : L’IC n°2 qui se présente au concours des Instituteurs Principaux (IP),
subit un (01) an de formation et est reclassé à sa sortie dans la catégorie A, échelle 3 (A3). Après trois (03) années d’exercice de ses fonctions d’Instituteur Principal, il est autorisé à passer le concours des Conseillers Pédagogiques Itinérants (CPI). Il subit deux ans de formation à l’issue desquels il est reclassé en catégorie A échelle 2 (A2). Ce nouveau statut de CPI lui donne le privilège de se présenter, après trois années de fonction effective en qualité de CPI, au concours de l’Inspectorat de l’enseignement du premier degré. Là encore, il subit deux ans de formation avant d’accéder enfin à la catégorie A échelle 1 (A1) à son reclassement en qualité d’Inspecteur de l’Enseignement du Premier Degré (IEPD).

Ainsi, ce que l’instituteur n°1 a obtenu en deux (02) ans, c’est-à-dire le reclassement en A1, l’instituteur n°2 le poursuit pendant onze (11) longues années de sa vie s’il réussit coup sur coup à tous les concours. Quelle endurance !! Il y parvient donc physiquement épuisé, économiquement ruiné par cinq (05) années de coupure d’indemnités, socialement au bas de l’échelle car n’ayant rien pu réaliser au regard de son maigre salaire qu’il a du reste utilisé pour se former. Or, nous vivons dans un monde où "celui qui n’a rien n’est rien". Cette situation entraine la clochardisation du métier d’enseignant du primaire en général et de celui de l’encadreur pédagogique du primaire en particulier.

On nous dira qu’il y a un raccourci si l’IC a un diplôme universitaire. Mais là encore, la situation est plus dramatique. On demande à l’IC titulaire d’une licence et après 5ans d’ancienneté en cette qualité et à l’IP titulaire d’une licence, après deux ans de service effectif de passer le concours des Conseillers Pédagogiques Itinérants. A leur sortie d’école après deux ans de formation, nous croyons qu’ils sont à un niveau BAC+5. Doit-on les reclasser en A2 ?? Pire, dans cette logique de décapitalisation des acquis, on permet au CPI de passer le concours des IEPD après deux ans de service en qualité de CPI avec la même licence. Quel non sens !! Cela s’appelle en français facile, "faire du sur place". Un simple calcul empirique fait remarquer que l’IEPD a, au moins, un niveau BAC+7. Il suffit de regarder les textes de la fonction publique pour savoir où celui-ci doit être reclassé. Comme le dit un proverbe moaaga, "nif sên ne ka bag n yet ye". Littéralement traduit, "ce qui est visible à l’œil nu n’a pas besoin d’être révélé par un charlatan".

Ainsi donc, Monsieur le Ministre, il faut au minimum 21 ans de service à un élève instituteur adjoint certifié pour accéder au sommet de la montagne. N’est-ce pas là le plan de carrière le plus long de la fonction publique ? A la vérité, la majorité du personnel de l’enseignement du premier degré ira à la retraite sans même avoir franchi la catégorie B, sans avoir jamais été décoré et ceci après avoir produit pour la nation, ce qu’aucune industrie au monde ne pourra produire : le capital humain. Quelle honte pour le pays des hommes intègres !!! Pourtant, eux, ils ont servi loyalement l’éducation et le pays à contrario de ceux qui, aujourd’hui, n’ont d’autres ambitions que de se servir du service public de l’éducation. Même si "comparaison n’est pas raison", force est de reconnaître que les personnels de l’enseignement primaire et leurs encadreurs pédagogiques sont lésés, brimés, opprimés par leur propre patrie sous le regard coupable et/ou indifférent d’hommes et de femmes avertis qui vous ont devancé à la tête de ce Ministère ou du ministère de la fonction publique. Comme le disait Feu Norbert Zongo, "le drame de notre monde, ce n’est pas la méchanceté des gens mauvais, mais le silence des gens bien". Au nom de cette injustice, certains (les nouveaux venus à la faveur de la fusion) nous considèrent comme des caporaux qui doivent être mis sous leur coupe car ils s’estiment, eux, les généraux du "MENA NOUVEAU". Mais dites –nous : qu’est-ce qu’un IES connait pédagogiquement et qu’un IEPD ignore, avec ce parcours de formation décrit plus haut, formation reçue des mêmes formateurs et presque avec les mêmes contenus à l’ENS/UK ? (Nous y reviendrons.)

Il est temps, au nom de la dignité humaine et de la justice sociale, que cesse cet esclavage malicieusement orchestré dans les textes de la fonction publique. La refondation du corps enseignant dans son ensemble à travers un plan de carrière attrayant, valorisant et flexible, qui soit un véritable outil de développement des compétences et de la professionnalité du personnel enseignant, est plus que jamais un « impératif catégorique » ; mais en attendant cela, le reclassement des Instituteurs Principaux en A1, des Conseillers Pédagogiques Itinérants(CPI) et des Inspecteurs de l’Enseignement du Premier Degré en catégorie P ne serait que justice rendue à un corps de combattants dont l’apport à notre système éducatif n’est plus à démontrer. Nous interpelons le gouvernement de Monsieur Paul Kaba Tiéba et les plus hautes autorités de notre pays pour une correction rapide de cette injustice vieille de plusieurs décennies. La couleur des années scolaires à venir en dépend largement. De toutes les façons, qu’il pleuve ou qu’il neige, nous briserons les chaines de cet esclavagisme professionnel digne d’un autre âge.

Monsieur le Ministre, notre deuxième préoccupation concerne les moyens de travail mis à la disposition des encadreurs pour l’accompagnement pédagogique des enseignants sur le terrain et pour le fonctionnement des écoles et des circonscriptions d’éducation de base (CEB). En effet, dans les instructions de rentrée, il est clairement établi que le CPI doit effectuer trois visites de classe par semaine et l’IEPD, Chef de circonscription, une visite d’école par semaine. Pourtant, dans bon nombre de CEB, il n’y a aucun moyen logistique pour accomplir ces missions. Quelques encadreurs (les plus heureux) ont des motos dont l’âge varie entre une et trois décennies. Peut-on faire un encadrement de proximité dans ces conditions ? Vu le parcours calamiteux de l’encadreur pédagogique ci-dessus évoqué, doit-il achever sa propre vieille moto (s’il en a encore une) qui lui reste à l’autel du devoir professionnel ? Le comble, Monsieur le Ministre, c’est que le carburant mis à la disposition de chaque encadreur pour couvrir le trimestre suffit à peine à couvrir une journée de sortie de terrain (60000F/ trimestre pour l’Inspecteur, les conseillers et le fonctionnement du service de l’inspection). La clé de répartition est la suivante : 1/5 pour la gestion, 2/5 pour le CCEB et 2/5 pour le CPI. Mathématiquement et dans le meilleur des cas, dans une CEB où il y a un IEPD et un CPI, chacun reçoit 24000F de carburant par trimestre soit 8000f par mois pour aller trois fois par semaine en visite de classe pour le CPI (666f /visite classe) et une fois par semaine en visite d’école pour le CCEB (2000f /visite école). Cela répond à quel barème quand on sait que pour certains, les sorties d’encadrement pédagogique sont des missions gracieusement payées ? Quel encadrement de qualité peut –on faire avec ça ? Quelle école de qualité peut –on construire ? Manifestement, entre les principes, les objectifs, les résultats attendus et les faits et moyens mis en œuvre, il y a incohérence, voire contradiction. D’ailleurs, au cours de l’année scolaire écoulée (2015/2016), les encadreurs n’ont reçu, après le carburant de rentrée, aucune goutte d’essence pour effectuer les sorties. Que reste-t-il alors à faire à l’encadreur sans moto et sans carburant ?

En plus de l’encadrement pédagogique, l’Inspecteur, Chef de Circonscription a l’obligation de faire tourner la grosse machine qu’est le bureau de l’inspection (communication, ventilation de courriers divers, entretien et gardiennage des locaux, établissement des actes administratifs…). Curieusement, le ministère ne prévoit aucun budget pour le fonctionnement de ces services. Le pauvre inspecteur doit se débrouiller pour faire tourner la machine, organiser les compétitions sportives et culturelles (OSEP/OPCEP). Où est donc cette priorité nationale de l’éducation si les acteurs à la base n’ont aucun moyen pour faire leur travail ?

Monsieur le Ministre, nous avons des familles à nourrir, à soigner et leur offrir des loisirs, des enfants à scolariser, notre honneur et notre dignité à préserver. Nous ne pouvons donc plus continuer à sacrifier le peu qui nous revient de droit après service rendu à la nation, au nom de la conscience professionnelle. La nation doit cesser de sucer le sang de ses fils et filles qu’elle a engendrés en les spoliant insidieusement de leur dû. Si rien n’est entrepris pour rembourser le reliquat du carburant de l’année écoulée avant la rentrée scolaire 2016-2017, si aucune initiative n’est prise pour permettre le fonctionnement efficient des services déconcentrés que sont les CEB, alors ne vous attendez à aucun résultat. Les encadreurs pédagogiques ne seront plus le mouton de sacrificiel pour la fête des convives au nouveau MENA.

Monsieur le Ministre, notre troisième préoccupation se rapporte aux nominations à la tête des services stratégiques du MENA nouveau (fusion du préscolaire, du primaire, du post-primaire et du secondaire). La première nomination qui a fait du bruit fut celle de l’actuel Secrétaire Général (SG/MENA). Mais cette grogne s’est rapidement estompée car ceux qui se croyaient "généraux" devant lui se sont rendu vite compte qu’ils étaient face à un maréchal. Depuis lors, nous avons suivi avec intérêt toutes les nominations. Les dernières en date ont vu le balayage des IEPD tel un tsunami des directions régionales (DRENA) et centrales et la montée en puissance des IES (Inspecteurs de l’Enseignement Secondaire). Ces faits ont fini de nous convaincre que vous avez choisi votre camp en vous saisissant de la malencontreuse sortie de nos collègues encadreurs du secondaire pour mettre en œuvre votre plan de sabotage du corps enseignant du primaire à travers la déchéance de leurs supérieurs hiérarchiques que sont les IEPD des différents postes de responsabilité. Sans contester les personnes en qui vous avez choisi de placer votre confiance parce que cela relève de vos prérogatives régaliennes en tant que premier responsable du département, nous sommes en droit, tout de même, de nous interroger sur les mobiles de ce nettoyage corporatiste. Est-ce pour incompétence ? Nous en doutons fort car ce sont eux qui, pendant des décennies ont fait de ce ministère ce qu’il est avec, bien entendu, toutes les imperfections liées à la nature humaine.

Est-ce le prétexte de la classification catégorielle ? A ce niveau, jusqu’à preuve du contraire, il n’y a pas de hiérarchie entre le corps enseignant du primaire et celui du secondaire. En d’autres termes, un IES n’est pas le supérieur hiérarchique d’un IEPD. Tous les deux sont des cadres supérieurs du degré d’enseignement dont ils relèvent. Au ministère de la santé, des attachés sont nommés à des postes de responsabilité sans pour autant susciter l’émoi des autres cadres. Le mérite de chaque burkinabé doit d’être reconnu et mis à contribution surtout dans le contexte actuel fait de défis de tous ordres pour la nation burkinabé. Nos collègues du secondaire, en vous servant l’argument de la catégorie P, ont commis ce qu’on appelle « le crime de l’infatuation ». Pourtant, de l’ancien MESS d’où ils sont venus, nul n’a entendu les professeurs d’université arguer que les postes de responsabilité leur revenaient de droit et d’autorité, même intellectuelle. Pourquoi ? Parce que, eux sont de vrais intellectuels qui savent qu’une telle attitude est administrativement insensée, professionnellement improductive, moralement indécente, humainement inconcevable et que, par-dessus tout, la république de Platon est une utopie.

Est-ce la qualification académique ? Là aussi peine perdue. Ils sont nombreux ces enseignants du primaire en général, ces encadreurs pédagogiques du premier degré en particulier qui sont d’un niveau académique supérieur à des IES. Pour vous donner une petite indication, allez dans les ENEP pour vous rendre compte de l’incongruité et de l’escroquerie intellectuelle. La majorité a des diplômes universitaires mais à leur sortie, ils seront reclassés dans une catégorie inférieure par rapport à leurs camarades de même niveau académique qui ont eu la chance d’être admis au concours des professeurs du secondaire. Le degré d’enseignement dans lequel on exerce doit –il être facteur d’inégalités socio- professionnelles et salariales ?

Le complexe de supériorité des enseignants du secondaire vis-à-vis de leurs collègues du primaire s’explique par l’origine sociale des uns et des autres à la création du corps enseignant par le décret napoléonien du 17 mars 1808, « article 1 : il sera formé sous le nom d’université impériale, un corps chargé exclusivement de l’enseignement et de l’éducation dans tout l’empire ». Nous faisons référence à la France parce qu’en vérité, il n’existe pas encore d’école burkinabé ; il existe plutôt une école française au Burkina. Par conséquent, c’est l’histoire du système éducatif français qui nous offre des clés de lecture des mouvements et soubresauts de l’école burkinabé. Durkheim(1938) ne disait –il pas qu’ « une histoire de l’enseignement est la meilleure des écoles pédagogiques » ? Ceci étant, les instituteurs et les professeurs comme on les appelait à l’époque en France (c’est toujours malheureusement le cas au Burkina) ont été longtemps issus de deux catégories bien distinctes : les premiers sont issus d’un corps laïc institué par la République et envoyés dans les campagnes ; les seconds sont issus d’une corporation universitaire, semi-cléricale, d’ancien régime, née de l’essor des villes. Leurs fonctions initiales sont également divergentes : les uns ont pour vocation d’instruire le peuple ; les autres de former une élite. Ils étaient formés dans deux structures différentes : les Ecoles Normales (EN) depuis 1810 forment les instituteurs (1838 pour les institutrices) et les Centres pédagogiques régionaux (CPR) depuis 1952 pour les enseignants des écoles primaires supérieures (EPS) et ceux des lycées et collèges du secondaire. L’école en ordres était fondée sur cette dualité primaire /secondaire qui va, du reste, se dépeindre sur les spécialistes de l’éducation par leur classification en Républicains, qualifiés de passéistes et Pédagogues, réputés novateurs dont les figures archétypales sont Jean Claude Milner et Philippe Meirieu ; les premiers estimant que pour enseigner , il faut savoir ce qu’on enseigne donc la matière ou discipline enseignée que FELOUZIS(1997) a nommé « ritualisme académique » ; les seconds défendant la méthode et l’enfant car pour eux, pour enseigner il faut connaître d’abord celui à qui on enseigne et comment enseigner d’où l’appellation « pragmatisme pédagogique ».

Ces vieilles contradictions furent résolues au 20è siècle grâce à l’évolution dans le domaine des sciences de l’éducation. « L’opposition entre les savoirs et la pédagogie est l’une de ces fausses querelles qui alimentent périodiquement le débat public sur les positions éducatives en France. Qu’on ne puisse pas bien enseigner ce qu’on ne sait pas bien, ce qu’on ne maîtrise pas intellectuellement, c’est là une évidence qui ne devrait pas avoir besoin d’être rappelée avec insistance et théorisée de façon savante tellement elle est triviale et primordiale […] Autre vérité primordiale et triviale, symétrique et complémentaire de celle évoquée ci-dessus : il ne suffit pas de bien savoir quelque chose pour savoir bien l’enseigner c’est – à-dire pour savoir le faire comprendre et le faire apprendre. » Forquin (1993).

À partir des années 40-50, s’amorce le difficile parcours vers l’école unique réalisée finalement en 1975 à travers la loi Haby. Les conditions de travail se modifient pour les uns et les autres avec l’évolution sociale du corps des instituteurs, la syndicalisation du corps enseignant, les modifications des tissus sociaux affectés par l’urbanisation, l’expansion de l’enseignement privé, l’élévation du niveau général d’instruction du peuple, la modification du statut du savoir et de ses modes d’acquisition sous l’effet des TIC. Les distinctions initiales de recrutement entre populaires et bourgeois s’estompent. L’école unique d’aujourd’hui, du point de vue historique et sociologique, est une école en degrés (pas en ordres comme toujours certains) avec un corps enseignant unique, un niveau de recrutement unique (licence en 1989 et master pour certains pays d’Europe) et un lieu de formation unique (création des IUFM par la loi d’orientation du 10 juillet 1989, article 17, encore appelée loi Jospin) avec des enseignements tronc commun et des enseignements spécifiques. Soit dit en passant, l’école unique en degrés est continue d’où le nom de système éducatif. Le concept de continuum éducatif forgé et forcé récemment par le Burkina est une véritable aberration, un non sens dans l’absolu.

Certes le Burkina traine les pieds à aller dans le sens d’une véritable réforme du corps enseignant pour le conformer aux exigences de l’évolution socio- historique et technologique du 21è siècle mais raviver cette ancienne rivalité primaire/ secondaire, dont l’origine remonte à 3 siècles en arrière, relève tout simplement de l’inculture, d’absence de vision et de convictions refondatrices, innovatrices et fécondatrices pour notre système éducatif. Nous, enseignants et encadreurs du primaire, ne tomberons nullement dans cette querelle indécente que l’on tente de nous vendre car nous ne sommes pas atteints par le syndrome du nivellement vers le bas. Etre du primaire ne signifie nullement que l’on est, soi même, primaire. Le corps enseignant du premier degré a été créé humble, modeste, respectueux, travailleur et socialement intégré et il le restera contre vents et marrées et malgré les aléas d’un système éducatif parfois désorienté. Si on s’évertue à réveiller le volcan qui sommeille, son éruption n’épargnera personne au MENA. Si, en tant que cadres (encadreurs pédagogiques du primaire et du secondaire) de ce département ministériel, nous ne pouvons espérer bien plus pour nos enfants, nos frères et nos petits fils que pour nous-mêmes, alors c’est perdu pour le système éducatif burkinabè. La sagesse recommande que le département soit gérer de façon équilibrée entre le préscolaire, le primaire et le secondaire sans hégémonisme d’aucune des composantes. Un adage populaire nous enseigne que lorsque des éléphants se battent, c’est l’herbe qui en pâtit ; nous ne voulons pas que les enfants du Burkina soient les victimes des basses ambitions de certains de siéger à la droite du « père » ou de souper à la table du « seigneur ». Un proverbe moaaga dit que “yêbg roog sân n dat waabo, a boonda a kamb kêer ti wùuse, wal witu, n vend bâmba”. (Quand la maison du crocodile veut se détruire, il commence à considérer certains de ses fils comme des iguanes ou des gueules-tapées et les avale). L’injustice, l’orgueil, le mépris des autres, la division sont des antivaleurs qui ne doivent nullement prospérer dans le secteur de l’éducation. Les postes de responsabilité sont des postes de coordination, de management pour la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation de la politique éducative du pays et tout cadre supérieur, indistinctement de sa catégorie, est à même de l’assumer avec un minium de bon sens, qui, du reste, serait « la chose la mieux partagée » selon Descartes.
Réfléchissons ensemble au sens de ces mots de François Cheng, écrivain franco-chinois, poète, calligraphe, romancier et académicien :

« C’est l’espace entre les mots et les lignes qui crée le sens de la phrase.
C’est le blanc dans l’image qui permet à la forme d’émerger.
C’est le silence entre les notes qui structure la mélodie.
C’est l’écoute de ce qui n’est pas dit qui crée la compréhension.
C’est la pause intérieure qui ouvre la parole vraie.
C’est l’espace de respect entre les personnes qui conditionne la liberté. »

Sur ce, monsieur le Ministre, veuillez croire en l’assurance de notre pleine et entière disponibilité.

Vive les personnels de l’enseignement du premier degré ;

Vive le SNEP/PD ;
Solidarité - Honneur – Travail.

Ouagadougou, le 22 août 2016.
Le Secrétaire Général

Bertin TOE
Inspecteur de l’Enseignement du Premier Degré
Chevalier de l’Ordre du mérite burkinabè

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Vos commentaires

  • Le 23 août 2016 à 01:23, par kolo
    En réponse à : Lettre ouverte du syndicat national des encadreurs pédagogiques du premier degré (SNEP/PD)

    salu a tou ces encadreurs du faso.bravo a vous. c’est maintena que vous voyez l’injustice parce que vos postes sont menacé. quand vos collègues qui sont a la base vont en grève vous les traité de tout non ?sachez qu’on ne pas derrière vous. notr souhait est qu’on vous enlève tous au poste de direction.

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  • Le 23 août 2016 à 01:31, par ZANGRE Pierre
    En réponse à : Lettre ouverte du syndicat national des encadreurs pédagogiques du premier degré (SNEP/PD)

    Chers collègues, l’heure a sonné. Mobilisons-nous pour la reconnaissance de nos mérites au sein du corps social...
    Il est temps que cesse la clochardisation du métier d’encadreur pédagogique du premier degré. unis et déterminés, nous vaincrons !

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  • Le 23 août 2016 à 02:30, par nonguierma antoine
    En réponse à : Lettre ouverte du syndicat national des encadreurs pédagogiques du premier degré (SNEP/PD)

    un reveil tardif mais plein de sens .mieux vaut tard que jamais.nous apprécions trés positivement votre analyse .dans ce mena il y a véritablement de l’expertise que le premier responsable du département doit se servir pour un meilleur devenir du systéme éducatif au lieu de se focaliser sur des catégorisations qui ne pourront pas l’aider véritablement dans sa lourde mission qui est de coordonner les différents ordres d’enseignement.quand" la CHINE s’éveillera le monde changera "disait un penseur CHINOIS dans les années 1990.lorsque le snep/pd va prendre la place qui lui revient,c’est le bonneur d’un monde nouveau qui se construira sur des bases équitables.valorisons les compétences pour un véritable développement de notre pays au lieu de nous focaliser sur des diplomes academiques.

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  • Le 23 août 2016 à 04:37, par koukson
    En réponse à : Lettre ouverte du syndicat national des encadreurs pédagogiques du premier degré (SNEP/PD)

    vs vous croyez lésé ?dites moi dans la fonction publique,ya quel corps ou la progression de C1 à B1 se fait par examen et non par concours ?n.est ce pas un avantage ?

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  • Le 23 août 2016 à 06:38, par Yameogo
    En réponse à : Lettre ouverte du syndicat national des encadreurs pédagogiques du premier degré (SNEP/PD)

    Félicitation au SNEP qui enfin sort de son silence. Bravo pour la qualité, la pertinence et le timing pour apporter de l’éclairage à M. Le MENA nouveau. Au regard des sujets évoqués personne ne devrait rester indifférent, que l’on soit universitaire, du secondaire ou du primaire sans compter avec les parents que nous sommes. La copie gagnerait a être revue par Monsieur le Ministre sur les trois points évoqués pour donner de l’équilibre a la chose. Encore félicitation à nous tous.

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  • Le 23 août 2016 à 06:48, par oran
    En réponse à : Lettre ouverte du syndicat national des encadreurs pédagogiques du premier degré (SNEP/PD)

    Yaako !!! Encore des intérêts corporatistes et égoïstes.

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  • Le 23 août 2016 à 07:00, par nikemsongo
    En réponse à : Lettre ouverte du syndicat national des encadreurs pédagogiques du premier degré (SNEP/PD)

    A mon humble avis, en vue de résoudre les problèmes soulevés dans la première partie de cette lettre ouverte, il faut tout simplement, à l’exemple des douaniers et des policiers qui étaient également formés à l’ENAM, que les enseignants du primaire rejoignent tous leurs structure professionnelle de formation. Ils pourront dès lors harmoniser les choses suivant leurs convenances sans ameuter toute la république.

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  • Le 23 août 2016 à 07:33, par Sidpawalemdé Sebgo
    En réponse à : Lettre ouverte du syndicat national des encadreurs pédagogiques du premier degré (SNEP/PD)

    Effectivement, l’état Burkinabè gagnerait à réformer son système de plans de carrières et ses parcours professionnels qui sont sources de nombreuses injustices et conflits dans la fonction publique. L’adoption du LMD avait déjà mis à jour ces incohérences, il faut aller plus loin afin d’avoir des équivalence claires pour éviter les frustrations.

    Le problème de la direction unique au niveau déconcentré d’un MENA incluant le secondaire, ainsi que celui de l’affectation des professeurs de collège et de ceux des lycées ont constitué des casse-tête qui ont longtemps retardé le transfert du post primaire au MENA. La transition a cru trouver la solution en transférant tout les lycées au MENA, mais visiblement ce problème demeure. Une séparation nette des directions régionales et provinciales de l’enseignement secondaire de celles du primaire et du pré-scolaire aurait été plus simple. Ce précédent existe pour d’autres ministères qui séparent ainsi certains services au niveau déconcentré, et aurait évité ces "jalousies". Une refonte de l’organigramme du MENA, avec l’adoption d’une structure divisionnaire serait la bienvenue. Si on tient à garder un organigramme-type, il suffit de généraliser la pratique. Cela servirait aussi à tous les gros ministères comme la sécurité, l’économie et autres.

    Cela dit, cet écrit est à rapprocher des récentes réclamations des informaticiens qui estimaient que "l’importance" de leur corps devait imposer un classement et des indemnités particuliers. Ici, nos chers encadreurs estiment qu’ils doivent continuer à diriger des directions régionales, même si celles-ci incluent maintenant des agents plus gradés qu’eux, notamment des professeurs des lycées et collèges et des inspecteurs du secondaire. Personnellement, je connais des gens qui n’ont que le certificat mais qui sont plus cultivés que certains maîtrisards. Mais que ce genre d’arguments devienne un critère de nomination administrative, désolé, mais cela n’est pas logique.

    Qu’un breveté puisse devenir cadre supérieur de catégorie A1, c’est déjà une bonne chose permise par la "méritocratie" à la sauce Burkinabè, qui n’est pas possible partout. Mais que ce cadre estime qu’il doit d’office commander un inspecteur du secondaire, qui en plus de son diplôme de base, le BEPC, a le BAC, le DEUG, la Licence, le CAPES (A1), le diplôme de conseiller pédagogique (P7) et le diplôme d’inspecteur (P4), soit au bas mot BAC+9 de formation diplômante sans compter les années d’expérience professionnelle requises (12 au minimum !), au motif "qu’il ne connait pas plus que lui au niveau pédagogique" il ne faut pas exagérer...

    D’ailleurs, parlant d’injustice, ce qui est anormal, c’est qu’un IC puisse passer de B1 en A1 en seulement deux années de formation à l’ENAM (soit un bond de 3 catégories) et non que le CPI soit en A2. A titre de comparaison, le professeur de collège (A2) doit réussir au concours avec cinq années d’ancienneté et faire trois ans de formation pour passer en A1 professeur de lycée ! En d’autres termes, un qui a le BEPC devenant instituteur adjoint certifié mettra 11 ans pour passer de C1 à A1 CASU, alors qu’un qui a BAC+2 mettra 10 ans pour passer de A2 à A1 professeur de lycée. Qui voudra encore se casser la têt à faire le BAC ou des études universitaires ? Vous avez dit injustice ? La fonction publique raffole de ce genre d’absurdités. Il faut vraiment revoir tout cela.

    Le ministre a essayé de faire un "mixage" des cadres des deux niveaux au niveau des nominations mais visiblement, les "anciens" veulent garder "leur" gâteau. Et il est à craindre que la prochaine sortie médiatique soit celle de chefs d’établissements secondaires ou d’inspecteurs mécontents d’être dirigés par un "simple" inspecteur du premier degré. La situation est donc à étudier et régler avec responsabilité par les plus hautes autorités et au plus tôt.

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  • Le 23 août 2016 à 08:03
    En réponse à : Lettre ouverte du syndicat national des encadreurs pédagogiques du premier degré (SNEP/PD)

    Je félicite le corps enseignant qui se bat dans les conditions difficiles pour donner des connaissances à nos enfants ! Je vous exhorte à demander justice et réparation pour toutes les injustices commises à votre corps.

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  • Le 23 août 2016 à 08:29, par Vraiment
    En réponse à : Lettre ouverte du syndicat national des encadreurs pédagogiques du premier degré (SNEP/PD)

    "MENA NOUVEAU". Mais dites –nous : qu’est-ce qu’un IES connait pédagogiquement et qu’un IEPD ignore, avec ce parcours de formation décrit plus haut, formation reçue des mêmes formateurs et presque avec les mêmes contenus à l’ENS/UK ? (Nous y reviendrons.)

    N’importe quoi. L’encadreur du Secondaire est en P et toi tu es A.
    Vous les inspecteurs primaires là, il faut vous calmer car ni vous ni les inspecteurs secondaires n’ont droit d’occuper des postes administratifs. Ce sont plutôt les CASU que vous minimiser tant qui devraient l’être.
    Vous pensez que c’est seulement du français, l’administration ?
    Quand on lançait les concours des profs (devenus inspecteurs du secondaire, vous êtiez où)
    Combien parmi vous inspecteurs primaires ont échoué ( 10 fois) au concours des CASU-CISU ?
    Donc, le fait que le prof soit resté, faire de la 2nde en terminale et de la 1ere en licence ce n’est rien quoi ? C’est le fait qui toi, tu sois passé du BEPC à ton (BAC +7 sans théorie d’aucune académie) qui est meilleur ?
    Cessez de vous amuser avec les gens !!!!! et rappelez vous que nous sommes une fonction publique de catégorie et non de ’’malcause’’.

    Répondre à ce message

  • Le 23 août 2016 à 09:18, par L’Indigné
    En réponse à : Lettre ouverte du syndicat national des encadreurs pédagogiques du premier degré (SNEP/PD)

    Ce n’est même pas un bac+7 c’est plutôt un chiffon ! Comment peut-on quitter de BEPC+2 à BAC+2 sans aucune formation ? Les racines de l’injustice commencent là ! En reprenant normalement les calculs, l’IC devrait être ds le meilleur des cas au même niveau qu’un bachelier soit B3, et puisque l’IP n’a qu’une année de formation, lui sera en B2, le CPI en A3 et l’IEPD en A1. Ts les scénarii les maintiennent en A1. Du reste, la catégorie P ce n’est pas seulement la longueur du parcours, mais aussi l’intérêt pour l’Etat à conserver une catégorie de fonctionnaires au-delà d’un certain âge ! De plus, il y a une cascade d’encadreurs qui ne se justifie nullement. Il n’y a pas plusieurs façons d’encadrer et il faut soit les dégrossir soit les rendre facultatifs.S’il y a plan de carrière à revoir, ce sera pour l’ensemble des corps du MENA et non pour des gens qui se plaignent à tort d’être mis à leur place !

    Répondre à ce message

  • Le 23 août 2016 à 09:31, par Sidzabda
    En réponse à : Lettre ouverte du syndicat national des encadreurs pédagogiques du premier degré (SNEP/PD)

    comme dirait quelqu’un autrefois, "au MEBA tout est bas". ce syndicat est né en 2004-2005 pour contrer les CASU qui étaient pressentis pour les postes de DREBA. un syndicat corporatiste pour quoi faire ? je crois que le corps des IP et CPI sont le fruit de votre jalousie et de votre haine de voir l’autre évoluer. demandez aux anciens qui sont à la retraite, ils vous diront de quoi il s’agit. le corps des IP n’existait pas, qui l’a crée. comme le dit un adage, si vous bruler la forêt en étant dedans, vous n’allez pas échapper. c’est maintenant qu’on "foncondu" les deux ministères et les Inspecteurs du secondaire sont les DRENA, c’est cela qui vous choque ? alors, ressaisissez vous. et quand je dis que vous myopes, vous m’en verrez, mais le présent écrit ne devait pas être adressé au MENA mais au ministre de la fonction publique. mais comme vous êtes limité, cela ne fait que se ressentir partout.

    Répondre à ce message

  • Le 23 août 2016 à 09:54, par aaa
    En réponse à : Lettre ouverte du syndicat national des encadreurs pédagogiques du premier degré (SNEP/PD)

    INTERNAUTE 9(vraiment) ,ne plaisante pas avec ce dossier ;tu me fais honte.
    En attendant je félicite le SNEP pour son réveil,sa détermination et sa fermeté pour cette nouvelle lutte qui doit à tout prix aboutir .Rien que des gueulards maintenant à la tête du MENA .Que peut faire le MENA sans les encadreurs pédagogiques du primaire ?

    Répondre à ce message

  • Le 23 août 2016 à 10:17, par providence
    En réponse à : Lettre ouverte du syndicat national des encadreurs pédagogiques du premier degré (SNEP/PD)

    "Pourtant, de l’ancien MESS d’où ils sont venus, nul n’a entendu les professeurs d’université arguer que les postes de responsabilité leur revenaient de droit et d’autorité, même intellectuelle. Pourquoi ? Parce que, eux sont de vrais intellectuels qui savent qu’une telle attitude est administrativement insensée, professionnellement improductive, moralement indécente, humainement inconcevable et que, par-dessus tout, la république de Platon est une utopie."
    Je suis pour que vous réclamiez vos "droits", mais pourquoi vous plaigniez-vous lorsqu’on nommait les PAG - CISU ou CASU - à certains postes administratifs ? Goutez voir. Du reste, le ministère a mal fait de fusionner DR-MESS et DRENA. Il risque de récolter les pots cassés. Et cette histoire de carburant aux SG de syndicats ? Le DRH gère du carburant maintenant ?

    Répondre à ce message

  • Le 23 août 2016 à 10:33, par Ashley
    En réponse à : Lettre ouverte du syndicat national des encadreurs pédagogiques du premier degré (SNEP/PD)

    En fait, les problèmes au MENA,celles soulevées ici en l’occurrence, ne sont pas difficiles comme on le croit.C’est la volonté politique qui manque.Nous à la base,nous voyons tout,sauf le sommet.Mais de plus en plus,je me convaincs que c’est fait à dessein pour que nous n’ayons pas un bon système éducatif, sinon dans les discours et les programmes.

    1.Du plan de carrière des personnels de l’enseignement du premier degré. Il ne faut pas fuir le débat. Il est posé depuis des années, des démarches sont entreprises,sans que le MENA n’examine sérieusement la question.

    2.Des moyens de travail. Là c’est très grave.L’on se demande ce que veut le ministère. Comment voulez-vous qu’un Chef de Circonscription et ses collaborateurs,qui gèrent des dizaines d’écoles et des dizaines ou centaines d’enseignants, produisent des résultats s’ils n’ont rien pour faire le travail ? Pour ceux qui connaissent les réalités du terrain,c’est très honteux,croyez-moi.Certains CCEB ou même Directeurs provinciaux sont souvent obligés de dépenser leur propre argent pour que fonctionne le service. Personne ne se sacrifie dans cette Fonction publique plus que ces acteurs de l’éducation, notamment les encadreurs et les enseignants. Je defie quiconque, même le Ministre de la Fonction Publique, d’apporter la preuve du contraire.Et pour quelle reconnaissance ?Mépris, ingratitude,...

    3.De la responsabilisation des agents aux postes stratégiques du MENA. Ici j’accuse l’organigramme. La fusion est bonne mais au niveau déconcentré,il y a problème. Chacun est bon dans son domaine.L’IEPD maîtrise tous les rouages du primaire (CP1 au CM2), l’IES, les rouages du post-primaire et du secondaire (6è à la 3è), et l’Inspecteur d’Éducation de Jeunes Enfants, le préscolaire. Maîtrisent aussi le primaire, les CASU et CISU ayant été des enseignants. Il aurait donc fallu malgré la fusion et pour éviter un clash (il viendra probablement) et les problèmes des gestion liés à la non maîtrise de tous les ordres par les cadres, faire comme au Ministère de l’Économie, des Finances et du Développement : conserver au niveau déconcentré, les différentes directions régionales existant avant la fusion. Ce qui vont parler de budget n’ont rien compris.Pour l’éducation, l’on ne devrait pas chercher forcément à faire des économies. C’est inutile et nous serons rattrapés par nos mauvais choix. Ce MENA nouveau,avec à sa tête un ministre dont je me demande d’où il vient, va tuer le système éducatif.

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  • Le 23 août 2016 à 10:34, par aaa
    En réponse à : Lettre ouverte du syndicat national des encadreurs pédagogiques du premier degré (SNEP/PD)

    proposions simple.Rattacher simplement les 3 Directions Générales (péscolaires ;primaires et secondaires au SG MENA .Comme ça on garde les structures DR de ces trois ordres d’enseignement en place.MERCI

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  • Le 23 août 2016 à 11:10, par Ashley
    En réponse à : Lettre ouverte du syndicat national des encadreurs pédagogiques du premier degré (SNEP/PD)

    Correctif (internaute 15)

    J’avais écrit : "Chacun est bon dans son domaine.L’IEPD maîtrise tous les rouages du primaire (CP1 au CM2), l’IES, les rouages du post-primaire et du secondaire (6è à la 3è), et l’Inspecteur d’Éducationde Jeunes Enfants, le préscolaire."

    La correction : le post-primaire et le secondaire convrent de la 6è à la 3è et de la seconde à la terminale.

    Le reste sans changement, excepté les erreurs de frappe que je vois après lecture.Merci

    Répondre à ce message

  • Le 23 août 2016 à 11:12, par madi
    En réponse à : Lettre ouverte du syndicat national des encadreurs pédagogiques du premier degré (SNEP/PD)

    Une telle sortie contre le corps d’encadrement du secondaire est vraiment malheureuse, sortie qui traite tous les encadreurs du secondaire comme de faux intellectuels, comparés comme ce fameux syndicat le dit, aux enseignants du supérieurs qui eux seraient de vrais intellectuels. A une des interrogations posées par cette diatribe, je souhaiterais qu’un IEPD/CPI aille suivre un cours de mathématiques ou de français en terminale à la rentrée prochaine et faire son rapport, dans la mesure où selon ce brûlot l’IEPD ou le CPI a les mêmes compétences pédagogiques qu’IES ou un CPES. Un peu de modération aurait permis peut-être de comprendre certaines récriminations mais insulter bassement tout le corps d’encadrement du secondaire est vraiment navrant. Le souhait manifeste de ce papier c’est de revenir à l’ancienne formule où les IEPD vont régner en maître sur leurs esclaves les CPI/IP/IC/IAC et autres : le MENA gagnerait à créer 2 directions régionales différentes Enseignement Primaire/ex-MESS pour éviter de faux conflits de compétences. Si cela advenait je souhaiterais qu’on confie la gestion de certaines DRENA-primaires à des IAC qui ont des diplômes académiques ! Désolant qu’un tel écrit provienne d’intellectuels et surtout d’une organisation syndicale

    Répondre à ce message

  • Le 23 août 2016 à 11:57, par Tomy75
    En réponse à : Lettre ouverte du syndicat national des encadreurs pédagogiques du premier degré (SNEP/PD)

    J’ai honte pour ces encadreurs pédagogiques qui à peine ne mendient pas une part du gateau. N’est-on plus utile au MENA si on n’est pas DRENA, DPENA ou CCEB ? Ça fait pitié cette façon de voir les choses. Resaisissez-vous chers collègues.

    Répondre à ce message

  • Le 23 août 2016 à 15:10, par bobn’donbin
    En réponse à : Lettre ouverte du syndicat national des encadreurs pédagogiques du premier degré (SNEP/PD)

    Cet écrit ne serait pas et nous aurions fauché tout ce à quoi on s’ y attendait avec ce nouveau mena !
    M Toe , avec tout cet étalage de votre culture générale vous traité les autres de ceux qui sont venus de l’ex mess ! On ne te comprend pas et c’est là tout le problème du gouvernement de n’avoir pas changer la dénomination de ce ministère. C’est bien dommage pour quelqu’un qui se veut égal a un ies de raisonner ainsi ! Qui est venu trouver qui ?
    Aussi nous ne comprenons pas ta haine viscérale e tes collègues ies ! Mene juste ton raisonnement et laisse braire les gens, ; tu l pas à faires des compairaisons qui tiennent sur des béquilles ! tu parles de chance ; alors il faut en vouloir a la nature. qu’est ce que l’ies a à voir ! Que chacun reconnaise sa place dans ce mena qui n’est plus une propriété a qui que ce soit.
    A cette allure si l’iepd equivaut a un bac plus 7 je crois que les autres dont tu parles seront a bac plus 14 !

    Répondre à ce message

  • Le 23 août 2016 à 17:08, par GORKO
    En réponse à : Lettre ouverte du syndicat national des encadreurs pédagogiques du premier degré (SNEP/PD)

    Je suis écœuré par la petitesse d’esprit de l’auteur de cet écrit. Parce qu’il n’y a que les petits esprits qui insultent quand ils prennent la parole. Ce ton belliqueux, si ce n’est un affront, qu’est-ce que c’est ? La catégorisation est facile à résoudre : si vous voulez aller en P, il faut obligatoirement relever le niveau du concours de recrutement de l’instituteur( minimum Licence), comme cela il enseigne progressivement du primaire au secondaire et il peut faire tous les concours professionnels qu’il veut. Sinon, ne rêvez pas. Quand vous parlez des diplômes académiques que vous obtenez en étant déjà enseignant, c’est tout simplement une aberration : vous abandonnez les enfants des gens soit disant pour aller vous former et vous vous en vanter ? L’université est là pour tout le monde. Celui qui veut et qui peut n’a qu’à finir ses études universitaires avant de s’engager parce que la faiblesse de niveau des écoliers est tributaires de vos pratiques mafieuses et égoïstes au détriment des enfants qu’on vous confie pour instruction. De grâce, le pays n’a pas besoin de querelles d’intérêt à l’heure actuelle.

    Répondre à ce message

  • Le 23 août 2016 à 17:26, par philippe
    En réponse à : Lettre ouverte du syndicat national des encadreurs pédagogiques du premier degré (SNEP/PD)

    Je suis d’accord avec les internauter 15et16.Au lieu de s’entre-dechirer,il vaut mieux engager ensemble des luttes ppour l’amelioration des conditions de vie et de travail des enseignants qu’ils soient du primaire,secondaire ou superieur et revaloriser le metier d’enseignant !

    Répondre à ce message

  • Le 23 août 2016 à 17:30, par Que ca change
    En réponse à : Lettre ouverte du syndicat national des encadreurs pédagogiques du premier degré (SNEP/PD)

    Felicitation a vous.il faut vraimn du reveil il faut lutter il faut qe chacun de nous lutte.les problmn de correction surtout.bien le ministre a fait de bell promess.comn voulez qe le nouveau enseignan rjoingn les deux bout si les condition sont precaire.moi si jamais on ne me corrige pas to j demissionerai.a bon entendeur salu

    Répondre à ce message

  • Le 23 août 2016 à 17:37, par GUEULARD
    En réponse à : Lettre ouverte du syndicat national des encadreurs pédagogiques du premier degré (SNEP/PD)

    Les gars, si vous croyez résoudre vos problèmes avec ce MENA vous vous fourrez le doigt dans l’œil jusqu’au coude ! Ce type, très manipulateur et super arrogant devant Dieu lui-même, va vous instrumentaliser comme il le fait avec certains membres du Gouvernement pour se faire valoir ! L’histoire va vous enseigner sur sa nature réelle. Attendez et vous verrez !

    Répondre à ce message

  • Le 23 août 2016 à 17:43, par L’Indigné
    En réponse à : Lettre ouverte du syndicat national des encadreurs pédagogiques du premier degré (SNEP/PD)

    L’IES n’est pas le supérieur hiérarchique de l’IEPD . Désormais c’est chose faite !Ces IEPD ne connaissent que la haine, l’égoisme et la jalousie. Comme ils ont l’oreille dure, ils ne comprennent pas que le MENA n’est plus la propriété d’un seul corps. Ils ont raison puisqu’ils confondent toujours école primaire et éducation nationale. Ils aiment les comparaisons ridicules. Donc, on peut couper court avec le BEPC et tourner derrière les buissons pour déboucher Docteur ! Quelle performance ! Equivalence pour équivalence, les autres seraient à quelle catégorie ?Ca aussi c’est une question de niveau ! Mais que diantre ! On ne voit de pareilles énormités que ds une société qui évolue vers la médiocrité !

    Répondre à ce message

  • Le 23 août 2016 à 18:22, par Julien
    En réponse à : Lettre ouverte du syndicat national des encadreurs pédagogiques du premier degré (SNEP/PD)

    Au lieu de vous bagarrer inutilement, parler du reversement qui tarde a se concretiser et qui interesse la majorite. Combien sont ou seront encadreurs pedagogiques ? Combien seront promus ? Etes- vous surs que vous etes sur la bonne liste ?

    Répondre à ce message

  • Le 23 août 2016 à 19:11
    En réponse à : Lettre ouverte du syndicat national des encadreurs pédagogiques du premier degré (SNEP/PD)

    Ah oui. Les textes liés à l’évolution de carrière des carrières des enseignants du primaire et du secondaire sont très vieux et actuellement injustes. Il faut les relir

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  • Le 23 août 2016 à 19:25, par Pa
    En réponse à : Lettre ouverte du syndicat national des encadreurs pédagogiques du premier degré (SNEP/PD)

    A mon avis ce débat ne pouvais pas ne pas venir.Tant mieux s il arrive de cette façon.La lettre ici ecrite s adresse en premier lieu au minsitre pas aux IES ni au IEPD.
    Le veritable probleme ce sont les injustices toujours posees mais jamais resolues par le ministere et le gouvernement en général.
    La conclusion qu il faut tirer de ce malaise généralisé au MENA, c est que si les injustices perdurent, ce macro ministere
    Tirera toutes les consequences de sont silence
    Nous avons tout interet a revoir nos attitudes et soigner la plaie avant qu elle ne s infecte
    Pas d injure mais luttons pour nos droits et pour l avenir radieux du pays

    Répondre à ce message

  • Le 23 août 2016 à 19:55, par lass
    En réponse à : Lettre ouverte du syndicat national des encadreurs pédagogiques du premier degré (SNEP/PD)

    je crois que chacun doit garder sa lucidité pour ne pas perdre raison.cette sortie n’est nullement contre les IES.il s’agit la d’une légitime préoccupation que pose les responsables syndicaux.dans toutes les armées du monde un soldat peut grâce à ses mérites personnelles devenir général.avouons que le parcours d’un enseignant du primaire pour accéder en A1 est sans équivalent dans la fonction publique.maintenant que le problème est posé il faut falloir trouver une solution.sinon la maison MENA connaîtra des lendemains difficiles j’en suis certain

    Répondre à ce message

  • Le 23 août 2016 à 20:18, par crésus
    En réponse à : Lettre ouverte du syndicat national des encadreurs pédagogiques du premier degré (SNEP/PD)

    C’est le chant du cygne ! Trop beau pour ne pas être porteur de lendemains sombres. "Phagocytose" ou "Fusion" ? Je pense qu’il y a lieu de clarifier les concepts pour certains esprits qui de toute évidence se perdent dans les borborygmes de leur ventre, courroucés de n’être plus les seuls maîtres à bord. Quelle image voulons nous donner à travers cette sortie sinon celle de petits esprits mesquins, étriqués, prêts à tout pour un poste de responsabilité même si pour cela on doit passer par la case mensonge. De plus, apprenons à respecter ceux qui sont admis aux concours professionnels, fruit d’une préparation rigoureuse et pas seulement du fait de la "chance" la preuve, bon nombre d’entre nous qui adoptons cette posture avons déjà échoué à un concours ou à un examen. Vous avez des diplômes universitaires ! soit allez donc enseigner au supérieur ou allez vous faire valoir ailleurs comme beaucoup l’on fait et le font toujours. Soit dit en passant pour compter BAC+ le bon sens commande de commencer par le BAC. Je suis heureux de compter parmi mes relations beaucoup d’IEPD pour lesquels j’ai beaucoup de respect ; je suis certain qu’il ne se reconnaîtrons pas dans cet écrit ostentatoire et aux relents haineux. Le MENA a un problème structurel et c’est là qu’il faut mettre le doigt ; la gestion du personnel est catastrophique et les plans de carrière aberrants.Parlant des encadreurs pédagogiques, un DRH disait que les ministères en charge de l’éducation triaient leurs meilleurs enseignants pour les mettre au placard là est l’abomination. Pour le reste, de grâce arrêtez de vous rabaisser de la sorte et travaillons ensemble à faire avancer le pays.

    Répondre à ce message

  • Le 24 août 2016 à 02:14, par issa ouedraogo
    En réponse à : Respectons tout simplement les nominations. tout le monde y gagne.

    C’est aussi de l’incivisme que de contester les decisions de l’autorité.

    Répondre à ce message

  • Le 24 août 2016 à 12:22, par MAX WAX
    En réponse à : Lettre ouverte du syndicat national des encadreurs pédagogiques du premier degré (SNEP/PD)

    L irréalisme quand il nous tient ! Des pédagogues se font la bagarre à cause de postes hautement administratifs alors qu il existe des administrateurs de l éducation formés à l ENAM.Ils ont raison car le Ministre a prêté le flanc en mettant de côté les CASU .Qui va assurer l encadrement pédagogique des enseignants ?Les postes de DRENA devaient revenir aux administrateurs de l éducation et les postes de DPENA aux pédagogues et/ou aux administrateurs.

    Répondre à ce message

  • Le 27 août 2016 à 12:16, par ben de kari
    En réponse à : Lettre ouverte du syndicat national des encadreurs pédagogiques du premier degré (SNEP/PD)

    c’est bien que les iepd se réveillent mais je me demande si ce n’est pas tardif .quand vos subordonnes luttent certains d.
    entres vous croient que c’est contre eux.chers encadreurs de haut niveau bien venus dans la lutte pour notre salut

    Répondre à ce message

  • Le 19 septembre 2016 à 22:39
    En réponse à : Lettre ouverte du syndicat national des encadreurs pédagogiques du premier degré (SNEP/PD)

    Bsr Chers Collegues, Arretons Les Massacres Je Pense Que Chacun Merite Sa Place.Maintenant C’est Au Gouvernement De Se Reveiller.Mr Le Ministre Vous Avez Du Pain Sur La Planche !

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