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Dernières tendances de la fécondité : Un indice de 5,1 pour l’Afrique Subsaharienne

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Population et développement • • samedi 23 juillet 2016 à 00h20min
Dernières tendances de la fécondité : Un indice de 5,1 pour l’Afrique Subsaharienne

En juin 2015, l’académie nationale des sciences des Etats-Unis a organisé un atelier sur les tendances récentes de la fécondité en Afrique subsaharienne. La version française des résultats de l’étude a été présentée ce vendredi 22 juillet 2016 par l’Institut supérieur des sciences de la population (ISSP). Spécialistes et décideurs des questions de population et de fécondité ont pris part à cet atelier de dissémination des résultats, initié à l’occasion du 25ème anniversaire de l’institut.

Composé de trois grandes parties, le présent rapport analyse les tendances récentes de l’évolution de la fécondité sur le continent africain, l’évolution et les déterminants de l’utilisation de la contraception et de la planification familiale et enfin, les recommandations adressées aux différents décideurs en la matière.
L’indice synthétique de fécondité de l’Afrique subsaharienne est estimé à 5,1 naissances par femmes et « les taux qui avaient commencé à baisser dans certains pays de la région marquent désormais le pas. En comparaison, les taux de fécondité des pays en développement en Asie et en Amérique latine ont baissé plus rapidement dans les années 1970 et sont actuellement de 2,5 et 2,2 naissances par femmes, respectivement ».

selon Jean-François Kobiané, directeur de l’ISSP, la dernière enquête de l’Institut national de la statistique et de la démographie indique un indice de fécondité de 5,3 au Burkina. L’Afrique au sud du Sahara est la région où le processus de transition démographique peine à se mettre en place. En effet, plusieurs facteurs expliquent la persistance d’une fécondité élevée en Afrique de l’ouest et du centre. Il s’agit entre autres du mariage précoce, le remariage rapide, la polygamie, le non recours aux contraceptifs modernes par crainte des effets indésirables. Malgré une tendance à la baisse, on note en général un désir d’enfants beaucoup plus élevé dans ces deux zones.

Directeur de l’Ecole nationale de la statistique, de la planification et de la démographie du Bénin,le Pr Amadou Mouftao salue la présente rencontre qui est un cadre de dialogue entre scientifiques et décideurs. Aussi, il apprécie cette étude qui a su analyser les éléments contextuels qui affectent les comportements en matière de fécondité et de dégager des pistes de solutions permettant d’améliorer les programmes en matière de santé de la reproduction de la femme. C’est le cas du projet sur l’autonomisation des femmes et le dividende démographique. L’objectif est de promouvoir l’autonomisation des femmes et des adolescentes ainsi que leur accès à des services de santé de la reproduction maternelle et infantile de qualité.

Ainsi, le présent atelier a permis aux différents spécialistes de faire des commentaires constructifs qui permettront d’améliorer la qualité du rapport. « Il faut que les données soient des données qui traduisent vraiment les besoins des sociétés africaines parce que c’est certainement ça qu’on n’a pas encore suffisamment compris et qui fait qu’il n’y a pas ce qu’on attend des populations en matière de comportements pour leur bien-être », a indiqué le Pr Amadou Mouftao. De son avis, il faudra également prendre en compte les réalités endogènes de l’Afrique, c’est-à-dire,les savoirs locaux traditionnels. Il s’agit de voir dans quelle mesure, les pratiques et les besoins du passé sont encore actuels. « Qu’est-ce qu’on peut tirer comme programme consensuel tant pour les acteurs de développement que pour les sociétés », a-t-il ajouté.

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

Messages

  • pour diminuer la croissance démographique, faisons en sorte que toutes les filles soient scolarisés jusqu’à 16 ans. Une fille éduquée n’accepte plus d’être une mère pondeuse...

  • Ce maintien d’une fécondité haute en Afrique Sub-saharienne est vraiment très inquiétant (il eut été intéressant de rappeler dans cet article l’évolution du même indice au cours des 20 dernières années).

    Il fut un temps où l’on comptait sur le développement (et l’éducation qui souvent l’accompagne) pour faire mécaniquement baisser cet indice).

    C’était évidemment sans doute la meilleure des solutions, mais Il est probablement trop tard désormais pour ne tabler que sur ce facteur, il faut maintenant impérativement que l’aide au développement soit accompagnée d’une aide conséquente au planning familial. Avec plus de 5 enfants par femme de manière durable nous ferons sinon face très bientôt à des situations intenables.

    Rappelons à titre d’exemple que l’ONU prévoit pour le Nigéria une population entre 800 et 1 milliards d’habitants à la fin du siècle. On voit bien l’irréalisme d’une telle situation qui risque de se résoudre par de violentes crises humanitaires.

    Il est temps que le monde entier comprenne que la maîtrise de la démographie est la priorité pour connaître un monde supportable.

    L’Afrique devrait avoir multiplié sa population par 20 entre 1950 (200 millions d’habitants) et 2100 (plus de 4 milliards selon les projections moyennes de l’ONU). Dans l’ensemble du monde la population a été multipliée par plus de 4 depuis le début du 20 ème siècle.

    Ou nous réussissons à inverser volontairement cette tendance par des aides et des mesures douces et incitatives, ou cela se fera sous l’effet de la confrontation aux limites de la planète, c’est à dire par des crises, des famines et un effondrement de la biodiversité, ce serait là évidemment, le pire des scenarii.

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