L’intérêt supérieur de la nation d’abord…

samedi 16 juillet 2016 à 03h00min

Depuis un certain temps, le train de la démocratie était en bonne marche au pays des hommes intègres jusqu’à ce mois de Mai 2016… Si le Président de Faso vient à déclarer que nous avons franchi le rubicond et son ministre de la sécurité intérieure et de l’administration territoriale abonder dans le même sens, c’est que les violences survenues lors des élections municipales de Mai dernier et lors de la désignation des maires en Juin ont eu un impact non négligeable sur la bonne santé de notre démocratie.

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L’intérêt supérieur de la nation d’abord…

A Gomboro, Andemtenga, Kantchari, Sabcé, Kongoussi, Paongho, Karrangasso Vigué, Koubri, Peni, A l’arrondissement numéro 4 de Bobo-Dioulasso et numéro 8 de Ouagadougou, le constat a été pour le moins amer. Lorsque je vois le bilan dressé -au moins trois morts et plusieurs blessés sans oublier les mairies incendiées- je ne peux faire l’économie de questionnements quant à l’avancée réelle même de notre démocratie. Si les actes de violences enregistrés sont le fruit de l’instrumentalisation ou de l’ignorance d’un groupuscule de militants de partis politiques, la situation est grave. Si par contre, ils sont le reflet d’une mentalité anti-démocratique qui est née et se propage au sein des populations burkinabè, la situation est davantage grave. Qu’est-ce que j’entends par mentalité anti-démocratique ? C’est cette mentalité qui consiste, à agir selon ses intérêts personnels -faire gagner tel candidat de tel parti ou de tel autre, avoir ma part du gâteau- envers et contre les principes démocratiques et les lois qui régissent le fonctionnement de la nation.

S’il est vrai que le régime démocratique reconnait les droits de l’individu, il ne les place cependant pas au-dessus de l’intérêt de la nation. Comme le disait le philosophe français Jean Paul Sartre : « ma liberté s’arrête là où commence celle des autres ». A l’instar de certaines voix qui se sont déjà élevées, je déplore au plus haut point, ce militantisme non encadré sinon cette instrumentalisation dangereuse. Je déplore ces vies fauchées alors qu’elles auraient pu être préservées, ces dommages subis de part et d’autre alors qu’on aurait pu s’en passer. Mais loin de se contenter de déplorer ce qui est déjà arrivé, ce qu’il sied plutôt de faire, c’est de penser à des mesures à prendre pour ne plus que de tels événements se reproduisent.

Il s’agira pour les leaders de partis politiques de s’évertuer à bâtir des partis aux principes élevés où le dialogue l’emporte sur les coups de poings. Par ailleurs, faut-il le leur rappeler : une bonne formation politique de la foule est de loin plus utile que son instrumentalisation à des fins dangereuses.

Pour les militants de façon particulière et toute la population de façon générale, il est nécessaire de comprendre que l’intérêt de la nation passe avant toute ambition ou considération partisane. Car avant d’être militant de tel parti politique ou de tel autre, on est citoyen burkinabè d’abord. Et tant que citoyen burkinabè, je ne peux porter atteinte ni à l’intégrité physique, ni à l’intégrité morale de mes concitoyens. En tant que citoyen burkinabè, je dois agir seulement et seulement dans le sens du bien-être du Burkina Faso, quel le que soit mon appartenance politique.

Du reste, il est clair que de tels événements malheureux auront encore de beaux jours devant eux tant que la majorité des burkinabè ne comprendront pas véritablement la Politique. Il est impératif pour tous, militants et leaders, de comprendre sinon d’accepter que la politique ne signifie pas arriver aux affaires pour s’enrichir illicitement, encore moins brûler des mairies ou des sièges de partis politiques adverses mais que la politique, c’est chercher à construire le pays suivant une vision bien précise.

Nous parlons beaucoup de démocratie ; Nous voulons bâtir une démocratie forte. Sachons que cela ne se fera pas sans un sens élevé de responsabilité chez chaque citoyen burkinabè, car la démocratie exige certes des formes (présence de certaines institutions…), mais aussi un état d’esprit.

Alfred Bewindin Sawadogo, Etudiant burkinabè en Algérie,
Et conférencier sur les questions de développement du Burkina Faso
(sa_alfred@rocketmail.com)

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