Problématique de l’abolition de la peine de mort : Le CIFDHA forme des leaders religieux et coutumiers

mardi 26 juillet 2016 à 23h02min

Ce mardi 26 juillet 2016 s’est ouvert à Ouagadougou, un atelier de formation des leaders religieux et coutumiers sur le droit à la vie et l’abolition de la peine de mort. L’initiative est du Centre d’information et de formation en matière de droits humains en Afrique (CIFDHA) en collaboration avec la coalition nationale contre la peine de mort, et est prévue pour durer deux jours.

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Problématique de l’abolition de la peine de mort : Le CIFDHA forme des leaders religieux et coutumiers

Le Burkina Faso fait partie des pays qui n’appliquent plus la peine de mort, mais il ne l’a cependant pas aboli. Pour une abolition définitive de la peine de mort, le Centre d’information et de formation en matière de droits de l’homme (CIFDHA), avec le soutien de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), a mis sur pied le projet « Action citoyenne pour l’abolition définitive et irréversible de la peine de mort au Burkina Faso ».

Dans le cadre de ce projet, trois formations ont été déjà organisées au profit de plusieurs acteurs dont des organisations de la société civile, des journalistes, des magistrats, des gardes de sécurité pénitentiaire, et maintenant des religieux et des coutumiers.

Cet atelier vient donc clore cette série de formations. Il sera une occasion de « sensibiliser davantage les leaders religieux et coutumiers afin qu’ils puissent s’impliquer dans le processus d’abolition de la peine de mort », affirme Paul Kabré, directeur de la protection des droits humains.

Il estime en effet que « ces acteurs ont un prétoire important. Et si ces acteurs sont convaincus de l’abolition de la peine de mort, il va sans dire qu’à travers leurs actions, on pourra sensibiliser beaucoup de personnes afin que nous puissions parvenir à l’abolition de la peine de mort et consacrer la sacralisation du droit à la vie. »

Il a par ailleurs rappelé que le gouvernement a mené et continue de mener des actions pour l’abolition de la peine capitale.

Une des actions majeures a été un avant-projet de loi qui a été adopté en conseil des ministres le 15 octobre 2014. Mais l’insurrection populaire a mis fin au processus d’adoption de la loi. Le ministère en charge de la justice et des droits de l’homme travaille cependant à un nouveau projet de loi qui sera bientôt soumis au gouvernement.

Le président du CIFDHA Urbain Yaméogo a quant à lui, rappelé que plusieurs pays en Afrique et plus particulièrement dans la sous-région ouest-africaine ont déjà aboli la peine de mort, sans que cela n’augmente pour autant le taux de criminalité. Pour lui donc, l’argument sur le rôle dissuasif de la peine de mort n’est pas fondé.

L’opinion publique, principale menace contre l’abolition de la peine de mort

Il estime également que la principale menace qui pèse contre l’abolition de la peine de mort est « la position de l’opinion publique, puisque prenant prétexte de ce que l’opinion publique serait largement défavorable à la problématique de l’abolition, les différents acteurs politiques se sont abstenus jusque-là de légiférer. »

C’est donc pour rallier cette opinion publique à sa cause que le CIFDHA forme les leaders religieux et coutumiers qui sont très écoutés par la population, selon Urbain Yaméogo.

A l’issue de cet atelier, le CIFDHA engagera un plaidoyer en vue d’atteindre l’abolition pure et simple de la peine capitale, et ce à la faveur de la révision constitutionnelle en vue.

Justine Bonkoungou (Stagiaire)
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 27 juillet 2016 à 10:19, par YABSORE
    En réponse à : Problématique de l’abolition de la peine de mort : Le CIFDHA forme des leaders religieux et coutumiers

    certes pour les croyants des religions monothéistes,la mort doit être considérée comme une punition. c’est le repos en attendant le jour du jugement divin soit pour le paradis céleste ou celui terrestre pour continuer à peupler la terre. vue sous cet angle, il n’est souhaitable qu’une institution donne la mort. Mais faire de ceux qui vivent que par la mort d’autrui et des demandes des victimes qui trouveraient leurs intérêts que dans la mort au lieu de dédommagements matériels ?

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  • Le 27 juillet 2016 à 11:55
    En réponse à : Problématique de l’abolition de la peine de mort : Le CIFDHA forme des leaders religieux et coutumiers

    Dites à la Francophonie d’arrêter son projet funeste d’abolition universelle de la peine de mort. C’est dans la peine de mort qu’il y a plus de respect des droits de l’homme et la protection de la vie humaine combien sacrée. Durcissons les conditions d’application de la peine de mort. Même s’il faut organiser un vote national pour décider du sort de chaque condamné. Ce qui me dérange dans tout ça c’est l’hypocrisie des français. Dans les faits, même la France n’a pas aboli la peine de mort. Hier (26 juillet 2016) les assassins d’un prêtre à l’église de Sainte-Etienne-du-Rouvray, près de Rouen ont été abattus à leur sorti de l’église après leur forfait. La presse rapporte que ’’les présumés’’ auteurs de l’assassinat n’avaient que des armes blanches, un pistolet et une ceinture explosive factice. La police arrivée sur les lieux avant leur sorti de l’église les a abattu sans sommation. Avant cela, la quasi totalité des attentats ou prise d’otage qui ont eu lieu en France ces dernières années se sont soldés par l’élimination pure et simple des assaillants. Dans les discours la peine de mort est abolie mais dans les faits tout est mis en œuvre pour éliminer les indésirables sur les lieux des actes terroristes. Et le pire, c’est que même le corps des personnes de nationalité française, certaines communes ne veulent pas qu’on les enterrent chez eux. Habituez nous a arrêté, jugé et condamné tous ces malfrats qui s’en prennent aveuglement à des innocents et on croira à la sincérité de votre histoire d’abolition de peine de mort. Rien ne nous indique de la part des autorités et des forces de l’ordre une volonté d’arrêter des terroristes vivants et de les juger. Pourtant, eux aussi doivent bénéficier de votre abolition de peine de mort si vous êtes sincères. Dieu seul sait que des français innocents sont dans le collimateur d’individus qui cogitent sur comment les exterminer en masse. Ces individus ont prouvé n fois qu’il faut une peine spéciale pour eux : la peine de mort. SVP, pensez à tous ces victimes innocents des attentats, leurs parents, leurs proches et toutes ces personnes traumatisées par ces actes odieux individus qui n’ont pas encore dit leur dermier mot !!!!!

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  • Le 27 juillet 2016 à 14:30, par PYONG-YANG
    En réponse à : Problématique de l’abolition de la peine de mort : Le CIFDHA forme des leaders religieux et coutumiers

    N°2, parfaite de ton coté. Les États Unis sont plus démocrate que la France mais la peine de mort y est appliquées dans toutes sa rigueur. et des recherches sont encours pour innover sur les techniques d’éliminations des condamnés à mort. Et portent les USA sont plus croyants que les français. Allez y comprendre l’hypocrisie française.

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  • Le 27 juillet 2016 à 17:29, par Charles
    En réponse à : Problématique de l’abolition de la peine de mort : Le CIFDHA forme des leaders religieux et coutumiers

    Certains disent que la peine de mort est justifiée.
    S’interroger sur la peine de mort, c’est se demander si l’homme a le droit de donner la mort à l’homme. On se donne le droit de mettre fin à la vie d’autrui. Nous pensons que personne ne peut affirmer un tel droit. La mort est inhérente à la vie. Elle est commandée par la nature mortelle de l’homme. Or la peine de mort est une mort délibérée et légale, voulue par le droit et exécutée selon le droit. Elle est préméditée.
    La peine de mort, dans un certain sens, est plus grave que le meurtre lui-même et humilie l’état et la société, c’est-à-dire nous tous. Tous finissent du côté de celui qui tue. Elle légitime une culture de mort. Celui qui est condamné à mort passe des jours, des mois, des années en prison avant d’être exécuté. Chaque jour le condamné imagine le moment où il sera tué, revit sa propre mort, quelques fois sans savoir la date de l’exécution parce que dans certains pays on ne communique pas la date. La peine de mort devient donc une torture car le condamné subit une torture morale et mentale permanente.
    Toute société doit vivre selon un ordre qu’elle s’est donnée. Elle se protège alors contre tout ce qui menace son intégrité, son existence. La prétention du droit, c’est de maintenir ou de restaurer l’ordre juridique dans son intégrité, cela par une batterie de règles préétablies selon les types d’infractions (contraventions, délits, crimes) auxquelles les sanctions proportionnés sont attachées.
    Cette hiérarchisation de l’infraction introduit la notion du plus ou moins, et cette relativité à laquelle elle invite, côtoie l’incertitude, voire l’arbitraire. On peut dire donc que l’infraction, même la plus grave, en la supposant déterminée, est toujours affectée du signe de la relativité.
    La sévérité de la peine est donnée comme mesure de la gravité de l’infraction ; or il n’y a aucune commune mesure entre le crime, toujours relatif, et la mort toujours absolue.

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  • Le 28 juillet 2016 à 10:56
    En réponse à : Problématique de l’abolition de la peine de mort : Le CIFDHA forme des leaders religieux et coutumiers

    Internaute 4, si la peine de mort humilie l’État et la société, alors abolissons la guerre aussi pendant qu’on y est. Où sont passés ces abolitionnistes de la peine de mort quand des États décident d’attaquer d’autres Etats (Irak, Syrie, Palestine, Afghanistan, ...) tout en chassant par avance qu’il y aura beaucoup de victimes innocentes ? La technologie militaire de pointe pudiquement désignée sous le vocable de matériel de défense n’est pas faite pour tuer des rats, des sauterelles ou des moustiques. Même à un niveau individuel, les criminels deviennent de plus en plus diaboliquement ’’ingénieux’’. L’attentat de Nice en est une illustration. Que celui qui planifie délibérément la mort des autres acceptent aussi que la société se donne les moyens de décourager de tel comportement quitte à légaliser lui aussi sa mort. Je reste conscient que des erreurs judiciaires peuvent coûter la vie à des innocents. L’instrumentalisation de la peine de mort peut être catastrophique et aussi avoir des conséquences très fâcheuses. Ce serait plus indiquer de travailler à corriger ces imperfections et qu’on aboutisse à une situation où personne n’est injustement sanctionnée. Abolir la peine de mort, c’est mettre chaque habitant de la cité en danger de mort pour protéger une minorité de criminelle dont la capacité de nuisance est hors du commun (84 morts en 45 secondes à Nice).

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