Les racines de l’incivisme sont à rechercher dans une classe politique discréditée

jeudi 7 juillet 2016 à 19h17min

Dans le discours d’intronisation du président Rock Marc Christian Kaboré, le 29 décembre 2015, il avait particulièrement insisté sur la nécessité d’instaurer la discipline, la citoyenneté et le respect de la loi.

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Les racines de l’incivisme sont à rechercher dans une classe politique discréditée

En rappel, le tout nouveau président du Faso avait dit :
« L’incivisme, la remise en cause de l’autorité de l’Etat, et d’une manière générale, le non-respect de la loi par les citoyens et les personnes morales doivent cesser immédiatement. En tout état de cause, toutes les mesures seront étudiées et mises en œuvre pour que force reste à la loi. (…) Tout en étant un ardent défenseur des libertés individuelles et collectives que je souhaite promouvoir et élargir, je voudrais attirer l’attention de tous que bien souvent l’ennemi de la liberté, c’est la liberté mal comprise et sans bornes ».

En observateur attentif de la scène politique de notre pays, nous avons été inquiété par cette insistance persistante car on traversait une période relativement calme à cette époque sans crises post-électorales, dans l’attente de la mise en place du nouveau gouvernement. Deux semaines après, les djihadistes attaquaient Ouagadougou en son plein cœur et depuis cette date du 15 janvier 2016, « plus rien n’est comme avant ». Mais par la suite, nous avons assisté à un regain de tension avec des attaques sporadiques que nous avons mises au compte des répliques après séisme.

Cependant, les élections municipales viendront alors nous replonger de nouveau dans une vague jamais égalée que nous avons analysée dans les écrits antérieurs. Cependant, nous n’avons pas encore épuisé les actes d’incivisme qui se manifestent aussi bien au niveau politique que dans la vie quotidienne des Burkinabè au point de nous amener à nous demander pourquoi autant d’actes d’incivisme ? Qui en sont les responsables et quelles sont les causes profondes ?

Nous n’allons pas nous étaler sur les manifestations que nous vivons au quotidien aussi bien dans la circulation (non-respect du code de la route, violences policières, refus d’obtempérer…), dans les services publics de l’Etat (absentéisme chronique, laxisme, corruption…) dans le quartier (installation anarchique des boutiques de rue, des ateliers, garages...).

Nous pensons que les causes profondes sont à rechercher dans la durée du régime Compaoré avec ses impacts psychologiques et psychiques sur la classe politique et les citoyens. En d’autres termes, le traumatisme politico-militaire de ce qu’une certaine presse avait surnommé « l’enfant terrible de Ziniaré » perdure et marque jusqu’à présent les hommes politiques de tout bord. Par conséquent, la réaction du peuple peut être comprise, même si elle n’est pas acceptable.

L’intérêt de la présente analyse n’est certainement pas de trouver des excuses pour les indisciplinés ou les pyromanes mais de rappeler à ceux qui détiennent le pouvoir qu’on ne peut pas continuer « à faire du Compaoré sans Balise Compaoré ». A cet effet, le Président du Faso devra se ressaisir, s’élever au dessus de la mêlée pour donner l’impulsion nécessaire afin que son autorité légitimement acquise dans les urnes s’exerce dans toute sa plénitude.

Nous allons partir de l’analyse de l’impact de la durée du régime défunt sur le plan psychologique dans un premier temps. Nous terminerons par la perception de la situation par les populations et ses conséquences dans ses rapports avec le sommet.

En rappel, si l’histoire n’est pas une science mais un savoir, il est connu et admis que les régimes politiques qui durent longtemps engendrent le chaos. Par exemple, après 70 ans de communisme, l’Union Soviétique s’est effondrée et aussi bien à Moscou que dans les capitales des nouveaux pays indépendants des années 1990. Le développement se traduit par l’émergence de nouveaux oligarques et le peuple, l’éternel, perdant croupit dans la misère. Passons Cuba pour en arriver en Afrique. La chute du régime de l’Apartheid en Afrique du Sud n’a pas apporté les résultats escomptés, tant la pauvreté endémique de 40 années d’exploitation raciste a fortement grippé la machine. Mandela qui était le premier à le comprendre n’a pas voulu faire un second mandat en donnant la chance au pays « d’accélérer son histoire ». Dans le Maghreb (Tunisie, Egypte, Lybie..), au Gabon, au Togo, au Mali de Moussa Traoré et enfin en Côte d’Ivoire… les différents régimes, jadis « solidement bien implantés » se sont fragilisés, voire se sont s’effondrés, démontrant une fois de plus que « le temps (durée) est l’ennemi du politique ».

Au Burkina Faso, Blaise Compaoré a accédé au pouvoir dans le sang en instaurant un régime de terreur depuis le 15 octobre 1987 ; mettant fin à quatre années de ferveur idéologique volontariste. Durant son long règne, et malgré tous les changements qu’il opérés, le passage à l’Etat de droit n’a jamais été achevé et les apprentis sorciers constitutionalistes avec à leur tête un militaire ont appliqué une peinture démocratique sur un régime militaire. Les différentes organisations politiques qui se sont succédé aux côtés du pouvoir de Blaise Compaoré, que ce soit l’ODPMT ou encore le CDP, l’ont été par la volonté et au service du seul chef. Les mêmes serviteurs sont encore présents sur la scène politique aussi bien au pouvoir que dans l’opposition. Les opposants étaient fabriqués soit comme candidat (Frederic Guirma, Maxime Kaboré, Ram Ouédraogo…) soit comme parti politique et ses partis devaient leurs ressources financières, sinon leur existence sur l’échiquier politique national, par la seule volonté de Blaise Compaoré. Toute voix discordante (journaliste ou politique) était soit neutralisée sur le plan financier ou simplement « fait », comme on le disait à l’époque.

Dans ce contexte, toute idée de lorgner le fauteuil présidentiel était devenu un rêve dangereux que tout politique s’était interdit vivement. « Qui est fou pour lorgner Kossyam » avait lancé quelqu’un qui est devenu subitement courageux après la chute « du chef ». Pendant que les opposants consensuels ou non jouaient « leur rôle » dans les limites autorisées par « le chef », les sujets l’encensaient dans son règne sans fin et sans limite et toute disposition visant à limiter cette éternité dans le temps et l’espace était jugée « antidémocratique ». Du coup, le chef se croyait invincible et toute petite secousse à son pouvoir était comme un petit coup de vent sans effet. Le Burkina Faso de Blaise Compaoré était donc un long fleuve tranquille pour lui et sa famille dans lequel baignaient des opposants fabriqués et des partisans bâillonnés et frustrés.

Et comme l’injustice est le premier ennemi du pouvoir, la famille régnante s’est donc livrée au pillage économique et aux abus de toute sorte avec la complicité des juges qui étouffaient les dossiers. « Appuyées » et /ou intimidées, toutes les personnes susceptibles de dire le droit ou même de témoigner prenaient un gros risque à se mêler de ce que « tous savait mais que personne n’osait dire ».
L’Etat voyou s’était même exporté au Libéria, en Sierra Leone, en Côte d’Ivoire et le représentant personnel « du chef » auprès des Nations Unies qui assurera un rôle de premier plan pendant la transition était de toutes les batailles pour défendre l’indéfendable.

Ainsi, les victimes collatérales se comptaient en millions aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Parallèlement, la gangrène monte à l’intérieur du régime qui se fragilise de l’intérieur comme un bois mort. Les analystes de l’époque qui ont osé affirmer que les carottes étaient cuites avaient en face « le diseur officiel de vérité » en la personne de Djibrill Bassolé. Ce dernier aussi, ainsi que son ami Yacouba Ouédraogo di Yak (qui avait créé un mouvement pour colmater les brèches) vont tous se révéler être, par la suite, des fidèles qui lorgnaient le fauteuil du chef sans pouvoir le dire.

L’explosion interviendra les 30 et 31 octobre 2014, avec la foule incontrôlable et livrée à la merci du premier venu. La querelle selon laquelle « Qui est le père de l’insurrection ? » a opposé Ablassé Ouédraogo, devenu « correspondant personnel d’une certaine presse étrangère, radio notamment » à Emile Paré qui aurait « déclaré la fin de la session extraordinaire » sans être parlementaire. C’est magique n’est-ce pas ? Et pire, les vautours et les-sans-vergogne vont se livrer à des querelles sur le partage des victimes. Quelqu’un ira jusqu’à déclarer que sur la vingtaine de victimes de l’insurrection populaire, « 17 sont des militants du MPP ». Franchement !

Pendant donc que les politiques « républicains » se livraient à des querelles macabres sur « le partage des cadavres » le « peuple mouton » scande une fois de plus « l’armée au pouvoir ! » comme en 1966. C’est donc dire qu’aucun homme politique se leur semblait à même d’occuper la fonction tant ils étaient tous mouillés.

En rappel, nos beaux-parents les Malgaches ont fait leur insurrection et ont mis un DJ au pouvoir. On en a plein dans tout le Burkina Faso. Bon, après tout, 27 ans, ça laisse des traces et pas de repères, n’est-ce pas ? Et comme chacun trainait sa casserole, certains ont cru qu’un simple mea-culpa suffit pendant que d’autres comme l’ADF RDA et les opposants de la mouvance présidentielle se sont murés dans le silence « non coupable ». Après tout, un pardon même du bout des lèvres suffit au pays « du peuple mouton » pour se faire une nouvelle virginité politique.

La conduite de la transition sur laquelle nous reviendrons très prochainement a démontré une fois de plus que Blaise Compaoré a discrédité et anéanti la classe politique burkinabè ; ce qui a laissé le pays, après sa chute aux mains fabriqués par « le chef » qui a organisé et orchestré « son départ ». S’il n’a pas mis en place ses remplaçants, ceux-ci, en rien, ne pouvaient lui créer des problèmes : anciens représentant personnel à l’ONU appuyé par un ancien proche de sa sécurité personnelle et le tout encadrés et surveillé par le premier responsable de sa sécurité. Et comme la plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu’elle a, ceux-ci vont tenter d’appliquer les méthodes auxquelles ils ont été formés et habitués. Et comme « l’élève dépasse toujours le maître », ceci explique pourquoi en 13 mois, « l’aigle a pris notre poisson qui séchait au soleil » . Une fois de plus, le peuple a perdu. On reviendra sur ces ravageurs sous peu, c’est promis.

Les seules forces organisées vont ainsi prendre part aux élections et comme la révision du code électoral est intervenue dans la précipitation pour « bloquer » une partie pour complicité active au profit de la partie « complicité passive »... Ouvrant alors le boulevard vers une victoire certaine du MPP qui comptait des sympathisants au sein de l’équipe de la transition et la société civile, créant un mélange des genres, la ruée vers le MPP s’accélère. On a même annoncé à un certain moment l’arrivée d’un certain Zakaria, l’homme par qui la chute du CDP a commencé à l’arrondissement 4 de Ouagadougou. Comme l’un des leaders militaires de la première phase de la transition, « Il sent la poisse, on n’en veut donc pas ».

Ainsi, la méthode Blaise Compaoré a survécu et les militants chanceux du CDP qui sont passés à la trappe se sont engouffrés dans le MPP avec comme seule ligne directrice et idéologique « on n’a pas les habitudes de l’opposition » disait un politique dans un pays voisin.

Le long règne de Blaise Compaoré a nivelé la classe politique et discrédité les hommes politiques

Disons donc que le long règne de Blaise Compaoré a nivelé la classe politique et discrédité les hommes politiques. La conduite de la transition et les affaires que nous découvrons au fur et à mesure n’ont fait que confirmer une fois de plus que les habitudes n’ont pas changé ; pire, elles ont empiré. Les opposants de la « 25ème heure » devaient donner la garantie au peuple qu’ils avaient des raisons objectives, idéologiques et politiques de quitter le navire CDP de l’époque. Au lieu de cela, ils se sont alignés à la tête du MPP, montrant qu’il s’agissait non pas de la défense des intérêts du parti, mais d’une querelle de positionnement personnel. La grande bagarre pour les positions sur la liste à la députation et les municipales avec tous les actes de violences qui s’en suivent sont les manifestations, au niveau des militants, de cette envie permanente « de manger ». Par son comportement, la tête n’a pas montré d’autres voies.

L’opposition n’a pas fait mieux. En s’engouffrant dans les mêmes erreurs d’anciens compagnons du chef aux imaginations limitées, elle a présenté les mêmes déçus du CDP qui ont rejoint ses rangs ; comme quoi le changement, ce n’est pas pour maintenant. De même, lors des « distributions de postes » à l’Assemblée Nationale ou dans le parlement panafricain, elle s’est donné en spectacle en reprochant aux gagnants du jour d’avoir fait la même chose qu’eux dans le temps en « ne leur donnant pas assez de postes ». On prend les mêmes et on recommence, ainsi va la vie politique au pays des Hommes intègres.

La formation du gouvernement de janvier 2016 avec à sa tête un certain Paul Kaba Tiéba est venu confirmer que le MPP n’est pas un parti politique ordinaire mais « la chose de son chef » du moins de « ses chefs ». Dans une démocratie normale, les analystes politiques et les hommes de presse peuvent pronostiquer pour dire à 90% qui sera ministre et à quel poste. Tout comme Blaise Compaoré, le président élu nous a sorti en janvier un parfait inconnu de son chapeau à la grande surprise du peuple et à la déception de son bureau politique national. Et ce dernier, lors de sa toute première conférence de presse, viendra « remercier le Président Blaise Compaoré (…) », comme quoi 27 ans de traumatisme, ça laisse des traces ! Une dame qui a pris la parole lors de « la fête des femmes » le 8 mars 2016, a fait de même en disant « Excellence Mme Chantal Compaoré (…) » et a terminé son discours sans rien rectifier.

Certains députés du parti et des membres qui se croyaient influents au sein du bureau politique national n’ont pas hésité à nous confier que le bureau politique n’a pas été consulté pour la formation du gouvernement. A la question de savoir pourquoi ne pas poser le débat lors des réunions fréquentes du bureau, tous se sont murés dans le silence « au nom de la discipline du parti » ; ce qui laisse croire que le seul changement intervenu dans le système hérité de Blaise Compaoré est qu’il est devenu tricéphale. Face à une telle situation, la question qui nous vient à l’esprit est la suivante : Jusqu’à quand peut-on diriger un parti politique dans la compromission et la frustration de ses membres ?

Cette classe politique que l’on voit depuis 1987 a-t-elle quelque chose de nouveau à proposer ?

Malgré le bilan élogieux des 100 jours qui nous a été présenté dans les mêmes conditions avec « le chef sur son trône surélevé », nous ne voyons pas grand changement : préférence pour la presse étrangère au détriment de la presse nationale pour les déclarations les plus importantes (par complexe ?), tâtonnement généralisé dans la gestion des affaires d’Etat, mandat contre Soro et contre Blaise Compaoré noyés dans les méandres diplomatiques, trio (AN, Intérieur et Extérieur) dépêché à Abidjan sans convaincre l’opinion, liberté provisoire distribuée à tous les dealers de parcelles, aux élus et autres accusés de coup d’Etat… donnant l’impression qu’on a rien à leur reprocher. Acharnement sur « les amis d’hier », la course au placement de ses proches dans la haute administration d’Etat, népotisme, etc.

Le peuple voit et comprend car tout cela se fait au grand jour maintenant et ceux qui dénoncent sont soit traités d’aigris ou menacés, voire intimidés. La fracture s’élargit entre le peuple et le pouvoir. Les agissements arrogants de certains ministres actuels et le vide créé par certains cumuls dans la hiérarchie politico-administrative ne font qu’en rajouter. Le peuple a du mal à suivre et comme on le sait en psychologie, dès que le commandement est perturbé, celui qui reçoit les ordres ne sait plus quoi faire.

Pour ne pas conclure, retenons que les 27 années de Blaise Compoaré ont créé un vide politique sans précédent dans notre histoire. Le charisme de cet homme et le culte du chef que lui vouaient ses serviteurs frustrés et ses opposants fabriqués ont anéanti la classe politique. Les « transitaires » et à leur tête la paire « Zida -Kafando » sont venus enlever le peu de crédit que le peuple accordait encore à la classe militaro-politique.
L’incompréhension manifeste des affaires judiciaires avec les affaires Guiro, Soro, Compaoré, les libertés provisoires distribuées… la mauvaise communication notamment des listes de voitures disparues, de meurtrier identifié et invité à se rendre… tout cela donne l’impression que le gouvernement n’a pas le charisme nécessaire. De même, face à l’insuffisance de l’Etat à assurer sa mission régalienne de la sécurité des citoyens et ce, conformément à la constitution, la mise en place des groupes d’autodéfense constitue une mauvaise réponse sinon la plus dangereuse et l’histoire des autres pays africains comme la Centrafrique, le Soudan ainsi que Congo Brazzaville doit nous servir de leçon.

Il appartient au Président élu d’affirmer son pouvoir et de mettre fin à ces errements de début de règne en se focalisant sur son programme politique. La conduite actuelle des affaires fait écrire par certains que vous avez certes travaillé à la chute de Blaise mais que vous n’étiez pas prêt à assurer le pouvoir d’Etat comme ce qu’on voit actuellement avec les leaders du Brexite de l’autre côté de l’Atlantique. Après tout, c’est bien lui qui a été élu et qui sera comptable de son bilan. Le choix des hommes qui vous accompagnent dans cette mission est certes très délicat, compte tenu de vos histoires respectives et de vos visions différentes de l’avenir politique de notre pays. Mais un gouvernement c’est un orchestre et s’il y en a qui jouent hors gamme, il faut les mettre dans les rangs ou les remplacer par des musiciens plus compétents sinon vous risquez de jouer la cacophonie.

Abou Bamba DOUKARE (ABD)

1 C’est une expression populaire chez les Mandingue qui signifie que les pauvres n’ont que du poisson sec à manger et à le sécher au soleil, l’aigle peut l’emporter. Vous resterez bredouille comme le cas de l’Etat avec ses caisses vides aujourd’hui.

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Vos commentaires

  • Le 6 juillet 2016 à 12:46, par Autorité de l’Etat
    En réponse à : Les racines de l’incivisme sont à rechercher dans une classe politique discréditée

    Sous le règne de l’ex premier ministre Tertius Zongo,il faut avoir l’honnêteté intellectuelle de le reconnaître, des efforts visibles étaient faits pour le renforcement de l’autorité de l’Etat face aux abus de l’utilisation des biens publics. Ainsi, des opérations de traque étaient menées de façon inopinée contre ceux qui utilisaient des véhicules de l’Etat sans ordre de mission à des fins personnelles. Le résultat était admirable .De nos jours, c’est le laisser-aller. Pour que l’autorité de l’Etat soit restaurée, il faudrait que l’exemple vienne d’abord des autorités elles-mêmes. Ce qui est encore loin d’être le cas. On ne saurait soi-même cultiver le favoritisme, le népotisme, la politisation de l’administration publique au profit d’un groupe politique et par régionalisme et pouvoir prétendre lutter pour le respect de l’autorité de l’Etat.

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  • Le 6 juillet 2016 à 13:15
    En réponse à : Les racines de l’incivisme sont à rechercher dans une classe politique discréditée

    Rien que le titre dit tout. Je crois que vous aviez osé dire quelque choses de vrai. Quelqu’un a dit un jour qu"après son passage le pays ne saurait être géré comme jadis. Le poissons à toujours pourrit par la tête. Mais les renégats et les rappasses diront ce qu’ils voudront.

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  • Le 6 juillet 2016 à 13:23
    En réponse à : Les racines de l’incivisme sont à rechercher dans une classe politique discréditée

    Mon cher, ne ramenez pas tout à la politique. Quand des gens ivres brulent un feu rouge, dechire le drapeau du burkina, brulent des édifices publiques, tabassent leurs formateurs/leurs geniteurs...etc en quoi la classe politique est-elle responsable ?
    L’incivisme est tout simplement du à :
    - A la demission des parents du devoir d’éducation de leur progniture
    - Des droits à la con accorder aux individus surtout aux enfants
    - de la surpopulation , pauvreté et oisivité
    - la drogue
    - l’utilisation abusive des TIC

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  • Le 6 juillet 2016 à 14:00, par Bouba
    En réponse à : Les racines de l’incivisme sont à rechercher dans une classe politique discréditée

    Je n’ai pas pu lire toute votre analyse mais le début, je le partage. Et aujourd’hui, le peuple burkinabè à commencer par ses intellectuels n’a que ses yeux pour pleurer. Choisir entre les RSS et Blaise Compaoré, c’est fuir la peste pour le choléras. C’est la même classe politique qui nous a pollué l’air depuis 30 ans (corruption, crimes de sang et crimes, et économiques, corruption électorale, jeu politique malsain, politisation de l’administration publique, etc. ). Vous pouvez continuer à rêver mais cette classe politique ne pourra jamais restaurer l’autorité de l’État. Le meilleur service que les RSS puissent rendre à ce pays , c’est de débarrasser le plancher afin que le pays puisse enfin respirer et repartir sur une base plus saine, qui incarne les valeurs de justice, de morale et de bonne foi qui puisse rétablir la confiance.

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  • Le 6 juillet 2016 à 14:19, par Makena SEDEGO
    En réponse à : Les racines de l’incivisme sont à rechercher dans une classe politique discréditée

    très belle analyse. vraiment, vous n’avez pas laissé personne. chacun a eu son compte. le peuple burkinabé qu’on présente comme intègre et vaillant a perdu ses repères. il n’a plus confiance à ses FDS, ni à sa justice et préfère se confier aux kogleweogo sans un réel plan de gestion de ces milices pour l’avenir. En tant que Burkinabé vivant à l’extérieur, ça me fait peur. Les Burkinabé, pour un oui, ou pour un non, et de fois d’allégations sans fondement ou mensongères, aiment casser, bruler, détruire. c’est maintenant, la mode, on ne peut plus revendiquer pacifiquement. Combien de personnes sont au chomage, ou ont perdu leurs emplois, suite à des manifestations violentes. Que ça plaise aux uns ou aux autres, il faut reconnaitre que Sankara a travaillé, mais a aussi fait des erreurs. Blaise Compaoré aussi en a fait autant. Voyez le cas de certains pays, comme le Niger, le Tchad, le Mali, la Guinée, la libye ou le Congo, vous pensez qu’ils font mieux que nous. Arretons de bruler. Le taux du " poutoogo" est en hausse vertigieuse. Restaurons le service militaire obligatoire pour tous les jeunes de 18 à 35 ans afin de discipliner la jeunesse burkinabé et inculquer les valeurs republicaines et le respect du bien communautaire. WEBMASTER, TU N’AIMES PAS LAISSER MES MESSAGES PASSER, J’ESPERE QUE CETTE FOIS CI, TU LE FERAS. JE NE COMPRENDS POURQUOI. SI TU PEUX LAISSER LES GENS S’INSULTER ET DIRE DU N’IMPORTE QUOI, POURQUOI PAS MON MESSAGE. OK ?

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  • Le 6 juillet 2016 à 16:12, par Amadoum
    En réponse à : Les racines de l’incivisme sont à rechercher dans une classe politique discréditée : C’EST DU PROPRE !

    La nature a horreur du vide !

    Nous pouvons maintenant apprecier le fond de ce dicton. Apres lecture de cette analyse pertinente, tout ce que je peux dire est ceci : "maudit soit le jour ou Blaise Compaore a decide de prendre le pouvoir dans notre pays !’

    Au moment ou le debat sur la limitation des mandats presidentiels battait son plein, le president Kabore disait, je paraphrase : limiter le mandat presidentiel est anticonstitutionnel. D’aucuns avaient pousse l’absurdite en disant que nous Africains, notre maniere de gerer est differente ; ou encore, tant que le peuple veut des services du Naba, il servira. En theorie et en apparence, cela est beau , mais la realite et la nature humaine, et surtout l’histoire nous montrent le contraire.

    Que ceux qui vont se pencher sur la nouvelle constitution du pays veille a ce que personne ne puisse s’accrocher au Naam trop longtemps ! Et que toute personne, une fois au pouvoir et pour quelque raison que ce soit, ne puisse s’accrocher au Naam trop longtemps !

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  • Le 6 juillet 2016 à 16:48, par Zereson
    En réponse à : Les racines de l’incivisme sont à rechercher dans une classe politique discréditée

    Très belle analyse que je partage entièrement.Les jeunes révolutionnaires qui aspirent au changement véritable devraient la lire.N’oublions pas que ce sont ces mêmes qui ont accompagnés Blaise Compaoré et qui, au début du Front Populaire(je pourrais même dire durant le long règne de Compaoré), ont tenté par tous les moyens de salir l’image de Thomas Sankara et des acquis de la RDP. (toute chose qui a ouvert la porte au laisser-aller ayant conduit à l’incivisme des dirigeants eux-même d’abord et de leurs fils dans nos lycées frustrant les fils du petit peuple).Les revoir aujourd’hui s’affubler de Faso dan fani pour aller dans le sens de l’idéal révolutionnaire des insurgés me semble de l’opportunisme pur et du ridicule. La classe politique actuelle a été abâtardie par les années de pourriture morale et spirituelle de Compaoré)

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  • Le 6 juillet 2016 à 17:54, par banabana
    En réponse à : Les racines de l’incivisme sont à rechercher dans une classe politique discréditée

    Réflexion très pertinente. Hier sur le tableau de la RTB télé, le premier Ministre affichait la volonté du gouvernement de réintroduire l’enseignement de la morale et de l’éducation civique dans les programmes scolaire. En tant qu’enseignant je suis pessimiste sur l’efficacité de cette solution. Les élèves étaient réceptifs aux leçons de morale parce qu’il y avait de bon exemple au sommet de l’état. Aujourd’hui il suffit de commencer une leçon de morale dans une classe et les élèves et les élèves détruisent votre thèse avec dès exemples impunité avérés. Les beaucoup d’élèves croient malheureusement l’homme honnête et intègre n’a plus sa place dans notre société. Ce que l’on appelait vice( mensonge, vol, détournement, tricherie etc.) semble devenir dès vertus.

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  • Le 6 juillet 2016 à 18:31, par Boinzem
    En réponse à : Les racines de l’incivisme sont à rechercher dans une classe politique discréditée

    El Hadj Barro Djianguinaba disait dans son français délicieux que "ce n’est pas Blaise le problème mais son derrière" pour dire ses suiveurs. Ils ont diné le naam, lui recevait les coups. On l’a chassé, ils sont restés pour continuer de diner le naam. Le peuple s’est fait avoir de la plus idiote des façons à cause du zèle et l’inculture politique des insurgés qui ont été manipulés par les RSS de A à Z. Vous avez fui le caca pour vous réfugier dans l’anus. Maintenant, mangez votre marde et surtout bon appétit. J’espère que cela va durer longtemps pour que vous éprouviez la honte et le dégout qu’inspire l’imposture politique.

    C’est ça l’école de la vie. Vous regrettez surement Blaise mais vous n’aurez pas le courage de le dire pour ne pas reconnaitre vous être trompés dans votre jugement extrémiste à son égard. Tuilinabo a fini son show et Zida s’est barré sans crier gare avec le magot. Chérif est retourné à son grain de thé et Loada se fait discret. Il ne reste plus qu’Ibriga qui fait mine de nettoyer la merde. Vous voilà récoltant ce que vous avez semé en plein midi du 31 Octobre 2014 en live sur France 24. Et vous n’avez pas encore vu le côté hideux de la chose. Armez-vous de courage au pays du Yelkayé en attendant le secours de Dieu. Seul lui nous sortira de ce bourbier honteux.

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  • Le 6 juillet 2016 à 18:35, par Boinzem
    En réponse à : Les racines de l’incivisme sont à rechercher dans une classe politique discréditée

    Je valide entièrement votre article. Le mensonge a beau courir la vérité le rattrape toujours.

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  • Le 6 juillet 2016 à 21:23
    En réponse à : Les racines de l’incivisme sont à rechercher dans une classe politique discréditée

    Il s agit de la prestation de serment du président mais pas l intronisation du président comme vous l avez écrit.

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  • Le 6 juillet 2016 à 23:16, par icoss
    En réponse à : Les racines de l’incivisme sont à rechercher dans une classe politique discréditée

    Très bel et profond article internaute n7 zereson je suis votre commentaire

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  • Le 7 juillet 2016 à 05:52, par gangobloh
    En réponse à : Les racines de l’incivisme sont à rechercher dans une classe politique discréditée

    Mais pourquoi les hommes sont devenus un troupeau d’animaux qu’il faut à chaque fois ramener à l’ordre par un baton ? A force de vouloir diriger par la force, je crains fort qu’on ne parle de dictature. Un deveppement mental à tous les niveaux est aussi nécessaire .

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  • Le 7 juillet 2016 à 08:50
    En réponse à : Les racines de l’incivisme sont à rechercher dans une classe politique discréditée

    C’est LA COMPARAISON QUI DÉGRADE L’HOMME !
    Et chez nous, en COTE D’IVOIRE ? C’est comment, comment ?

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  • Le 7 juillet 2016 à 09:28, par Tastas
    En réponse à : Les racines de l’incivisme sont à rechercher dans une classe politique discréditée

    Exact ! L’incivisme trouve son origine dans l’élite politicarde de notre pays. Après une lutte acharnée contre la patrimonialisation du pouvoir, c’est exactement ce qui se laisse voir actuellement. Les postes juteux sont réservés aux membres des familles des RSS. La gabegie et le népotisme ne peuvent être érigés en mode de gouvernance. Une accumulation de frustrations entraîne forcément l’incivisme et la haine de l’ordre établi.

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  • Le 7 juillet 2016 à 09:39, par Jack
    En réponse à : Les racines de l’incivisme sont à rechercher dans une classe politique discréditée

    très bel analyse, c’est la vision claire d’un intellectuel de taille à votre genre que le peuple burkinabé a besoin pour mieux s’éveiller. Malheureusement, nous sommes très peu à pouvoir LIRE. C’est là le véritable problème.

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  • Le 7 juillet 2016 à 11:38, par BOUISIDA
    En réponse à : Les racines de l’incivisme sont à rechercher dans une classe politique discréditée

    Bonjour à vous tous soucieux de l’avenir de notre pays. Continuez d’analyser, de critiquer cela c’est aussi notre rôle d’aider nos dirigeants à mieux diriger le pays. Mais sachez que les meilleurs footballeurs, les meilleurs boxeurs et les meilleurs lutteurs se trouvent dans les gradins. Soyez surtout modestes dans vos propos car on se connait tous au Burkina. La politique c’est un art et comme tout art il y a la prédisposition mais aussi l’apprentissage. L’Afrique et le BURKINA sont sur le terrain de l’apprentissage. Ne dit on pas que chaque peuple mérite ses dirigeants ? Dans les pays développés la politique est un appel mais en AFRIQUE la politique est un gagne-pain. Ceux qui sont des appelés au BURKINA sont peut être morts ou sont à naitre, nous tous nous essayons de faire ce que nous pouvons. Mais continuons de critiquer sachant que nous ne feront mieux que ceux qui sont là. Ça dépend si vous êtes appelés ou pas. Au sujet de l’incivisme je partage entièrement la proposition d’un internaute à savoir la formation militaire obligatoire au BURKINA et le retour de la cravache à l’école .

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  • Le 7 juillet 2016 à 11:55
    En réponse à : Les racines de l’incivisme sont à rechercher dans une classe politique discréditée

    L’incivisme des plus grands, entraîne la délinquance des plus petits. Comment vous pouvez nommer des auteurs de malversations, tels que Lassané Sawadogo et Seydou Zagré, à de hauts postes de responsabilité et vouloir qu’il y ait du civisme ? Ce nouveau ancien régime récoltera ce qu’il a semé.

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  • Le 7 juillet 2016 à 11:59, par lassane
    En réponse à : Les racines de l’incivisme sont à rechercher dans une classe politique discréditée

    Franchement ,chapeau bas à ce monsieur qui fait toujours de très bonnes analyses et réflexions . C’est comme cela le débat intellectuel et la contribution au débat démocratique .Bravo Monsieur .On a du plaisir à vous lire

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  • Le 7 juillet 2016 à 13:34, par jan jan
    En réponse à : Les racines de l’incivisme sont à rechercher dans une classe politique discréditée

    ADB VOUS AVEZ TOUT DIT, IL NE MANQUE RIEN, BRAVO POUR VOTRE ECRIT.

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  • Le 7 juillet 2016 à 13:35, par BOUISIDA
    En réponse à : Les racines de l’incivisme sont à rechercher dans une classe politique discréditée

    A chacun son tour au BURKINA, Tastas. L’incivisme c’est quand j’ai perdu mes avantages et privilèges. Alors je suis prêt à mettre le feu partout pour me venger de l’autre qui a pris ma place on se connait tous au BURKINA.DIEU voit tout il n’y a rien de sérieux au BURKINA.VOUS ETES tous les MEMES.

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  • Le 7 juillet 2016 à 13:54, par BOUISIDA
    En réponse à : Les racines de l’incivisme sont à rechercher dans une classe politique discréditée

    A chacun son tour au BURKINA, Tastas. L’incivisme c’est quand j’ai perdu mes avantages et privilèges. Alors je suis prêt à mettre le feu partout pour me venger de l’autre qui a pris ma place on se connait tous au BURKINA.DIEU voit tout il n’y a rien de sérieux au BURKINA.VOUS ETES tous les MEMES. Chacun cherche à manger. Le peuple est manipulé par des gueulards qui pensent détenir la vérité. Rien que du blablas. Les défenseurs des sans-voix remplis d’hypocrisies. Arrêter de jouer au donneur-de -leçons. Critiquer avec des preuves à l’appui serait plus constructeur. Arrêtez votre jalousie et soyons positifs..Aujourd’hui c’est l’autre demain ça peut être moi et ainsi va la vie et le BURKINA.

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  • Le 7 juillet 2016 à 14:18, par Lionceau
    En réponse à : Les racines de l’incivisme sont à rechercher dans une classe politique discréditée

    C’est vrai que beaucoup d’hommes d’état ont donné des mauvais exemples à la jeune génération.
    Ces jeunes ont vécu tellement de transgression aux règles, en plus avec arrogance, qu’ils ont fini par se convaincre que tout est permis au Faso. Et pire, que tout appartenait aux dirigeants.
    Donc pour eux brûler un bâtiment public, c’est bruler le bâtiment de blaise ou de françois, transgresser un feu, c’est transgresser le feu tricolore de blaise ou françois.

    Cette jeunesse a quasiment besoin d’une rééducation et la société civile, les partis politiques les médias, les syndicats et les congrégations religieuses devront jouer un role majeur dans ce sens. Parce qu’ils sont à ce jour les mieux écoutés par la jeunesse.

    Si demain, la société civile et les syndicat lancent des mots d’ordre et des mouvements d’envergure nationale pour la citoyenneté et incluent dans leurs démarches des appels à la citoyenneté au lieu de véhiculer des messages de désobéissance civile pour un oui ou pour un non, nous pourrions redresser un peu la situation.

    Néanmoins il faut reconnaitre aussi que les populations burkinabè , notamment urbaines, ne sont pas "facile" en discipline.

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  • Le 7 juillet 2016 à 14:52, par éteinelle
    En réponse à : Les racines de l’incivisme sont à rechercher dans une classe politique discréditée

    Très révélateur de l’angoisse qui habite les burkinabè.Mais une question à tous.Si la classe politique actuelle débarrasse le plancher comme semble le revendiquer certains,qui va la remplacer ? les OSC ? ;les syndicalistes, ?les coutumiers ?les religieux ?En vérité chacun a fuit ses responsabilité dans ce pays.Tout le monde cherche l’argent et la plus part du temps avec facilité.Vous voulez la, preuve ? la tête de prou de ceux qui ont fait fuir le Blaise parmi la jeunesse c’est bien Hervé Ouattara du CAR. Il est jeune ce monsieur,il ne fait pas parti de la "classe pourrie" de la génération Blaise Compaoré. Mais avec les dernières révélations le concernant qui peut dire encore que "la jeunesse est l’avenir " de ce pays.Si les anciens sont pourris ,or c’est eux qui ont éduqué les jeunes ,sur quoi pourrons nous logiquement déboucher sinon l’impasse. Qu’on ne me dise surtout pas qu’il ya des gens qui ont pu garder la tête hors de l’eau de cette noyade collective.dans les ONG comme dans les syndicats les plus à gauche ce n’est guère mieux (cf analyse de NAB dans son canard du mois mai 2016). En fait il faut s’assoir sur la même table,les pourris,les moins pourris etc pour discuter de l’avenir de ce pays sans prétention aucune car il me semble qu’un étalon ne saurait se plaindre lorsque de lui nait un autre étalon quelque soit sa manière de galoper.

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  • Le 7 juillet 2016 à 18:01, par Idriss
    En réponse à : Les racines de l’incivisme sont à rechercher dans une classe politique discréditée

    M. DOUKARE,
    J’ai lu avec grand intérêt l’analyse que vous vous êtes donné la peine de faire sur cet incivisme qui menace gravement la paix sociale dans notre pays et je voudrais vous en féliciter. Permettez-moi cependant de vous faire cette petite remarque que je voudrais la plus respectueuse possible au regard de votre contribution appréciable au débat sur cette épineuse question.
    Je suis fier de vous savoir assez courageux pour citer les noms de ce chef déchu (Blaise COMPAORE), de ces « opposants fabriqués comme candidats » (Frédéric GUIRMA, Emile KABORE, Ram OUEDRAOGO…) et de ces proches collaborateurs qu’ont été Djibril BASSOLE, « le diseur officiel de vérité » et Yacouba OUEDRAOGO. Avec le même courage qui vous honore, vous citerez les noms et faits d’armes des Ablassé OUEDRAOGO, Emile PARE, Zakaria, Paul Kaba THIEBA, GUIRO, SORO et autres ZIDA et KAFANDO.
    Vous nous livrez du même coup une très belle analyse de la situation politique de notre pays à la croisée des chemins d’après insurrection, analyse qui a le mérite de nous éclairer sur la voie à suivre afin d’éviter les écueils qui ont conduit le défunt régime à sa chute.
    Vous avez aussi le mérite de reconnaitre que certains tenants de l’ancien régime ont été de ceux qui, par des phrases ou qualificatifs du genre « qui est fou pour lorgner Kosyam », et « antidémocratique » (en parlant des tentatives de limitation du nombre de mandat du chef d’alors), ont contribué à faire croire à Blaise COMPAORE qu’il était « invincible ».
    Vous rappelez aussi cet épisode malheureux de ce dirigeant du MPP qui aurait affirmé que, sur la vingtaine de victimes de l’insurrection populaire, « 17 sont des militants du MPP ».
    Curieusement cependant, quand vous parlez de ces déclarations pour le moins compromettantes pour leurs auteurs, on ne retrouve plus chez vous ce courage qui vous animait lorsque vous nommiez si vaillamment Blaise COMPAORE et toutes ces personnes qui se sont illustrées tout aussi négativement dans un passé récent.
    C’est vrai que chacun sait que vous parlez des RSS, mais si tant est que tout ce que vous dites à leur compte est tout aussi vrai que ce que vous dites des autres, pourquoi alors n’avez-vous pas le même courage pour les citer nommément ? Vous donnez ainsi l’impression de n’avoir le courage de nommer que les « faibles » ou soit disant tels, et que vous réserveriez peut-être ce courage pour quand les hommes « forts » du moment ne le seraient plus. Pourtant, ces hommes entre les mains desquels se trouve la destinée de notre pays ont, tout comme Blaise COMPAORE à un moment crucial de l’histoire de notre pays, besoin de personnes en mesure de les faire sortir de leur bulle afin de rester à l’écoute des populations qu’ils sont censés servir.
    « Qui est fou », serait-on tenté de dire comme l’autre, mais en taisant les noms des RSS comme vous le faites, un esprit aussi éclairé que le vôtre se comporte ni plus ni moins que comme les mêmes que vous critiquez dans cette analyse ; ces valets qui auraient passé leur temps à encenser les tenants du défunt pourvoir pour, finalement les accompagner vers la sortie par la petite porte de l’histoire. Auriez-vous comme dessein caché d’accompagner aussi les RSS vers la sortie ? On peut supposer qu’avec la verve et la justesse d’analyse qui sont les vôtres, vous avez pu faire pareil avec le défunt régime, ce qui du coup vous mettrait au rang de ceux-là même que vous critiquez si bien en ce moment et vous ferait passer pour moins courageux que vous ne le seriez en réalité. Et pourtant, comme le courage irait si bien à un aussi fin analyste que vous !
    Je n’ai que du respect pour votre hauteur d’esprit et vous comprenez donc que je sois déçu à l’idée même que vous manquiez de courage pour contribuer à éviter à notre pays des soubresauts dommageables à la paix.
    Qui sait, peut-être êtes-vous un résident étranger dans notre pays, ce qui expliquerait une telle prudence de votre part au vu de l’actualité très récente en rapport avec les voyages à l’étranger.
    Osez quand même le dire, les RSS ont été parmi les plus grands fossoyeurs de la démocratie dans notre pays et constituent un grave danger pour son avenir. Cela ne ferait qu’ajouter à votre mérite car vous ne diriez que la vérité…

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  • Le 7 juillet 2016 à 20:25, par ka
    En réponse à : Les racines de l’incivisme sont à rechercher dans une classe politique discréditée

    J’ai toujours partagé les analyses de l’Auteur , mais ici, je tire mon chapeau a Idriss intervenant 25, pour son intervention rempli d’une autocritique fondée, même si à la fin on sent un peu son contre cœur aux RSS, qui peut être faites aussi par les 53% du peuple qui ont eu confiance aux RSS, vu dans ces deniers temps leur patinage dans les décisions de mauvaise gouvernance. J’avoue qu’avec mes critiques fondées qui vont pour le peuple et non un régime qui patine, j’aurai fait une critique parallèle à celle d’Idriss à cause de manque de fermeté de l’auteur, de dire aux RSS leur lâcheté de laisser traîner pour quoi les 53% ont voté leur programme. Avant l’insurrection j’ai dit ce que je pense à l’ex-régime et son représentant, et même ayant voté un programme qui allait pour 53% du peuple, dans mes critiques fondées, j’accuse les RSS de détourner la victoire de la jeunesse a leur avantage en oubliant ce qu’attende le peuple : Exemple les dossiers des crimes impunis, du coup d’état, de la sécurité exct. Néanmoins je félicite mr. Doukaré pour ses analyses qui vont pour le peuple, c’est ainsi que devraient intervenir nos intellectuels sachant, au lieu de verser dans les polémiques stériles. Cela est digne d’un véritable intellectuel non alimentaire, comme quelques juristes qui viennent avec des analyses au dépend de leur gosier.

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