« Beaucoup de maires vont regretter d’avoir accédé à cette fonction », Boureima Ouédraogo, Médiateur de « Alliance pour refonder la gouvernance en Afrique »

samedi 25 juin 2016 à 02h30min

Journaliste, directeur de publication du bimensuel Le Reporter, Boureima Ouédraogo est le Médiateur au Burkina du réseau « Alliance pour refonder la gouvernance en Afrique ». Il travaille également avec l’« Association construisons ensemble-laboratoire de recherche sur les citoyennetés en transformation » (ACE-RECIT) ou laboratoire citoyennetés depuis 2004. A ce titre, Boureima Ouédraogo est un acteur averti des questions de décentralisation au Burkina Faso et en Afrique de l’Ouest. Dans cette interview, il nous livre sa lecture du scrutin municipal de mai 2016 et du processus de décentralisation au Burkina.

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« Beaucoup de maires vont regretter  d’avoir accédé à cette fonction », Boureima Ouédraogo, Médiateur de « Alliance pour refonder la gouvernance en Afrique »

Lefaso.net : La gouvernance locale ou le processus de décentralisation est un sujet qui vous intéresse. Quel état des lieux pouvez-vous faire, à ce jour, du processus de la décentralisation au Burkina ?

Dresser l’état des lieux de la décentralisation au Burkina paraît un peu fastidieux. Cela demande quand même une étude approfondie en tenant compte des spécificités aussi bien au niveau régional que des communes urbaines et rurales, pour pouvoir mesurer le niveau réel d’encrage de la décentralisation dans le quotidien des populations. Je crois que là, c’est un travail qui devrait être fait notamment par les institutions en charge du pilotage de la décentralisation au Burkina Faso.

Toutefois, sans prétendre dresser un état des lieux exhaustif, je voudrais faire un commentaire sur les évolutions du processus de décentralisation au Burkina Faso, jusqu’à la dissolution des conseils municipaux durant la transition, mais aussi avec la reprise actuelle, à travers les récentes élections municipales.

Globalement, ce qu’il faut dire, c’est que la décentralisation au Burkina reste encore peu appropriée par les populations ; or, qui parle de décentralisation, dit de rapprocher la décision politique du citoyen, c’est –à dire, de gouverner au plus proche du citoyen. C’est pour ça d’ailleurs qu’on parle de gouvernance locale. Alors,comment rapprocher la décision politique du citoyen sans créer les conditions pour permettre effectivement à ce citoyen d’être pleinement conscient de ses responsabilités, de ses droits et devoirs. Ça, c’est l’un des premiers points faibles de notre décentralisation.

Ensuite, il y a le choix des exécutifs locaux, c’est-à-dire, ceux qui doivent diriger les collectivités territoriales, notamment les conseils municipaux et conseils régionaux. Déjà, les scrutins de listes prévus par le code électoral, pose un problème de maîtrise de ce choix. Par exemple, même si vous êtes suffisamment populaire dans votre zone, vous ne pouvez pas vous lever individuellement dire que je suis candidat dans mon secteur pour être conseiller municipal.

Il faut repenser effectivement ce choix en faisant en sorte qu’on sorte des scrutins de listes pour aller vers des conditions d’éligibilité qui permettent à tout citoyen de pouvoir, à titre individuel,être éligible au niveau des conseils municipaux. Ça, c’est une question essentielle.

Il y a, à mon humble avis, une réflexion plus approfondie à faire dans le sens de donner plus de possibilités aux citoyens de choisir les dirigeants et en dehors des partis politiques. C’est vrai qu’avec les récentes élections, on a introduit les candidatures indépendantes. Mais au fond, les candidatures indépendantes telles qu’elles ont été introduites, ne changent pas fondamentalement le mode de scrutin. Le problème de scrutin de liste demeure. si vous voulez être candidat indépendant,vous devez pouvoir réunir les candidatures nécessaires pour former une liste complète dans la circonscription.

En somme, on demande plus ou moins, de vous mettre dans les mêmes conditions que les partis politiques avec une reconnaissance au niveau du ministère en charge des libertés publiques. On n’a donc pas véritablement évolué sur les questions de candidature indépendante.

Il faut également créer une nouvelle dynamique qui fait émerger une nouvelle citoyenneté au niveau local, qui fait que les populations se sentent intimement responsables de leurs collectivités, plus concernées par la gestion quotidienne des affaires locales, s’y investissent en s’acquittant de leurs devoirs et en revendiquant pleinement leurs droits. Il y’a deux choses : il faut bien revendiquer ses droits, mais il faut pleinement assumer ses devoirs.

A ce niveau aussi, il y a un travail à faire pour créer une nouvelle citoyenneté locale à travers la participation et le contrôle citoyen de la gestion publique locale. Sans ça, effectivement, on va continuer à mettre en place des conseils municipaux, des conseils régionaux mais cela ne va pas résoudre totalement les questions pour lesquelles la décentralisation a été engagée.

Le plus grave, c’est qu’on a comme l’impression, qu’à travers la décentralisation, on est en train de reproduire au niveau des communes, les tares que nous avons au niveau de l’Etat central. C’est-à-dire, qu’on transpose juste les gros problèmes de l’Etat, au niveau communal. En effet, transfert de compétences ressemble juste à un transfert de responsabilités. C’est -à -dire que l’Etat se décharge de certaines de ses responsabilités qu’il n’arrive pas à assumer pleinement aux conseils municipaux.

On parle de transfert de compétences, mais au fond, il y a très peu collectivités territoriales qui ont les moyens techniques et les ressources humaines nécessaires pour assurer pleinement les compétences que l’Etat doit leur transfère, n’en parlons pas des ressources financières qui vont avec.
Au niveau institutionnel, Il y a des sortes d’hésitation.L’Etat transfère des compétences sans les ressources humaines et financières essentielles pour la gestion de ces compétences.

Enfin, il y a cette question des plans communaux de développement. Tel que fait, il y a une sorte de nomenclature décidée par le niveau central sur la base de laquelle, les collectivités territoriales doivent habiller leurs plans locaux de développement, avec leurs spécificités locales. C’est une sorte de clonage des politiques nationales au niveau local. Or, si on veut aller à une décentralisation vraie, il faut éviter de reproduire les tares de l’Etat central au niveau des collectivités territoriales.

L’un dans l’autre, je peux dire que sur le plan des textes, il y a un travail de fond à faire. D’abord, pour renforcer les dispositifs institutionnels au niveau des collectivités territoriales et également pour créer les conditions pour donner suffisamment de possibilités aux collectivités territoriales d’élaborer et mettre en œuvre de véritables politiques locales tenant compte de leur spécificités et de leur potentiel socioéconomique. En ce moment, on pourrait arriver à gérer des affaires locales avec des moyens propres ou en tout cas, à créer les conditions pour mobiliser directement les ressources pour financer le développement local.

Il y a également cette question de la fiscalité.C’est l’Etat central qui est toujours gestionnaire de la fiscalité. Si on veut des collectivités territoriales fiables, il faut que la part qui revienne aux communes et aux régions, soit beaucoup plus élevée. Il y a des acteurs qui proposent que cette part atteigne jusqu’à 30%.Pour le moment, ça reste encore du domaine du rêve.

Lefaso.net : Les résultats définitifs des élections municipales ont été proclamés, quelle est votre appréciation des élections municipales (déroulement de la campagne, du scrutin et surtout les résultats obtenus) ?

Je dois dire que ces élections locales étaient très attendues parce qu’elles intervenaient après une situation inédite. J’ai omis de l’évoquer plus haut, mais la dissolution des conseils municipaux a été un acte illégal.Curieusement, personne n’a dénoncé cet acte illégal parce que selon le code général des collectivités territoriales, on ne peut pas dissoudre l’ensemble des collectivités territoriales.

On peut dissoudre les conseils municipaux,au cas par cas, selon les problèmes qui se posent ; mais là, on a dissous l’ensemble des conseils municipaux et des conseils régionaux du Burkina. Si personne n’a réagi, c’est parce que ces conseils municipaux et régionaux manquaient une certaine légitimité aux yeux des populations.A la limité, c’était un bon débarras, parce qu’on considère toujours le maire ou le conseiller municipal comme un dealer de parcelles et non un agent de développement .Donc, on est arrivé à des élections après que les gens aient cru que c’était le moment de rompre avec les conseils municipaux de dealers pour aller vers des conseils municipaux de développement.

Malheureusement, les partis politiques, toutes tendances confondues, n’ont apparemment pas pu convaincre les citoyens qu’on était en plein mouvement vers une rupture avec ces conseils municipaux de dealers de parcelles. Cela s’est ressenti à travers la faible mobilisation des citoyens. C’est d’ailleurs le taux de participation le plus faible au niveau des élections locales sous la quatrième république.Ce qui montre quand même, que les populations sont plus ou moins désabusées par le processus électoral. Et ces élections locales qui devaient être des élections de proximité n’ont pas dérogé à cette règle. Bien au contraire, ça confirmé qu’il y a une tendance à ne pas faire confiance aux politiques ou en tout cas, les politiques n’ont pas réussi à convaincre qu’ils étaient porteurs d’alternative par rapport aux angoisses des citoyens.

La première remarque par rapport à ce processus électoral, c’est le faible taux de participation et le faible engouement qu’il y a eu autour des élections. La deuxième remarque aussi, c’est le fait qu’on s’est retrouvé en présence des mêmes acteurs politiques, même s’il y a eu une sorte de recomposition, que certains acteurs se sont retrouvés sous d’autres bannières. Par exemple, beaucoup de candidats qui se sont retrouvés avec le nouveau parti au pouvoir, étaient des candidats de l’ancienne majorité lors des élections de 2012 ; cela a donné l’impression qu’au niveau local, les partis politiques prennent les mêmes et on recommence.

L’on n’a pas vu des porteurs de projets qui ont pu convaincre les citoyens que maintenant, on est en marche vers le renouveau. Naturellement, quand la compétition se déroule entre les mêmes acteurs, c’est naturellement les plus en vus du moment qui gagnent et c’est tout à fait logique que le MPP, le parti au pouvoir, ait remporté les élections parce qu’effectivement, c’est eux qui sont au pouvoir et ça reste encore dans la mouvance des élections de 2015.

Lefaso.net : Dans plusieurs localités, la désignation des maires est émaillée de violences, allant même à bloquer parfois le processus de désignation. Comment peut-on expliquer cette situation à ce stade du processus ?

C’est le sommet de l’incivisme. Quand des élus du peuple, se livrent à de telles pratiques au point de pouvoir se ridiculiser sur la place publique, ils montrent qu’ils sont plus sur des questions d’intérêts personnels partisans, que sur l’intérêt général, parce que je ne crois pas que toutes ces bagarres aient un lien quelconque avec l’intérêt général. Ça montre aussi que certains, pour le poste de maire, sont prêts à tout. Malheureusement, il y a d’autres qui les suivent jusqu’à l’incivisme, à cette violence inutile et j’allais dire cette violence idiote qui ne fait pas honneur à notre démocratie.

Lefaso.net : A ce niveau,vous ne pensez pas que les différents partis politiques devraient sensibiliser leurs militants ?

Ça montre à quel point, nous avons des partis politiques qui sont irresponsables et qui n’arrivent pas à faire en sorte qu’on crée la discipline en leur sein. Si c’était des partis où les militants sont disciplinés et respectueux des mots d’ordre, on n’aura pas à assisté à toutes ces bagarres. Les débats se seraient menés à l’interne et quand arriverait l’heure du choix, les gens se rangeraient autour de ce qui a été décidé par le parti.

Maintenant, une chose aussi est que le parti puisse désigner mais sur quel base, le parti désigne. Si le parti ne désigne pas sur la base de la légitimité des candidats, c’est normal que les autres soient frustrés donc, tout cela est dû au fait aussi que les partis n’ont pas assumé leurs responsabilités dans la gestion du processus électoral. Et même dans la suite, après les élections, il fallait aussi s’assurer que les hommes et les femmes qu’ils choisissent pour diriger les conseils municipaux font l’unanimité au sein des élus du parti et à la suite maintenant, on peut espérer que le jour de l’élection du maire, l’ensemble des conseillers puissent se mobiliser autour des candidats retenus par les partis. Malheureusement,ce qu’on a vu, ce n’est pas le cas. Ça montre même un désaccord profond à certains endroits entre les personnes choisies et les attentes des conseillers.

Il y a des localités aussi où ce sont les militants qui ont envahi les lieux pour dire qu’ils ne veulent pas du nouveau maire. Il y a une commune où le maire lui-même a été lynché parce que les gens disent qu’ils ne veulent pas de lui. Si On arrive à cette situation, ça repose encore une question fondamentale :est ce qu’il ne faut pas relire le code électoral pour permettre d’élire les maires au suffrage universel direct ,quitte à ce que le maire soit celui qui conduit la liste du parti dans la commune ? Il est désigné d’office comme par exemple ce que l’UPC a fait à Ouagadougou, en désignant Nathanaël Ouédraogo comme candidat à la mairie maire de Ouaga.

Moi, je crois qu’il y a cas même une nécessité de repenser la question et voir comment on permet aux populations de choisir, comment on choisit les conseils municipaux mais en sachant que si tel parti gagne, c’est un tel personne qui sera le maire. Cela a l’avantage de la transparence dès le départ.

Lefaso.net : Qu’est-ce qui peut expliquer cette course effrénée vers les mairies ?

Moi, je crois qu’il y a un gain derrière, même si le mandat du maire ne devait pas être suffisamment aussi incitatif sur le plan financier. Quand on regarde ceux qui se battent, il y en a quand même qui ne sont pas des nécessiteux, mais s’il y a toute cette bataille, moi je ne crois pas que ce soit seulement pour le pouvoir de l’élu local. Je crois qu’il y a un gain derrière, il peut être financier, il peut relever du prestige social. Mais ce qui est sûr, il y a quelque chose auquel, les gens tiennent forcement au point que plus rien ne compte, sauf ce gain qu’il faut à tout prix avoir.

Lefaso.net : Comment voyez-vous la suite de la décentralisation au Burkina ?

Pour la suite de la décentralisation, c’est vrai que ce qui s’est passé avec ces élections n’incitent pas trop à l’optimisme. On a comme l’impression , qu’on est pas encore arrivé à formater au niveau de la classe politique, des hommes et des femmes, qui sont conscients des enjeux de la décentralisation et du développement local à travers la mise en place des exécutifs locaux .Mais , au fond, là où il faut espérer ,c’est que plus on avance, plus on se rend compte que progressivement, il y a des dynamiques locales qui émergent dans certaines communes ,qui feront que quelques soient les personnes qu’on va élire à la tête des conseils municipaux, il ne pourront pas faire ce qu’ils veulent.

De plus en plus, on ne va pas accepter que les maires soient des dealers de parcelles, qui vont s’enrichir de façon illicite et s’en aller après. De plus en plus, on va arriver à une situation où les populations vont exiger la reddition des comptes, vont exiger des projets de développement locaux et que ce qui est prévu par les conseils municipaux, soient effectivement mis en œuvre. Et mieux, on va arriver à une situation où le gens vont être de plus en plus exigeants vis -à -vis de l’Etat par rapport à la décentralisation.

L’Etat ne pourra plus continuer à transférer juste des compétences pour dire que les communes ont en charge l’éducation, la santé … sans effectivement transférer les ressources nécessaires pour assurer la gestion de ces compétences ; il y a donc un espoir que progressivement, on va arriver à faire en sorte qu’ au niveau local , il émerge une véritable revendication d’une autre forme de gouvernance, c’est-à-dire,une gouvernance de transparence, une gouvernance de proximité,une gouvernance d’efficacité en terme de réponses aux aspirations et aux besoins des populations directement par les conseils municipaux .

On y arrivera pas du jour au lendemain, c’est une construction continue, mais je crois que les conseils municipaux qui viennent d’être mis en place, vont servir de vrai baromètre à l’avenir de notre processus de démocratisation, parce qu’on verra si oui ou non, les consciences citoyennes sont suffisamment éveillées pour accepter ou refuser l’arbitraire au niveau local, pour revendiquer des projets de développement au lieu des projets individuels. Moi, je crois que parmi les maires qui se sont battus pour y arriver dans beaucoup de localités, il y en aura beaucoup qui vont regretter d’avoir accédé à cette fonction.On ne va pas les laisser tranquille.

C’est peut-être le début, et d’ici la fin de cette mandature, on va avoir des choses concrètes par rapport à la décentralisation.Les prochains mandats pourraient alors être intéressants que ceux qu’on a vu de par le passé. C’est l’espoir qui m’anime. Et je crois que de plus en plus, les partis politiques, vont réfléchir par deux fois avant de proposer certaines candidatures.

Lefaso.net : Pensez-vous que le Burkina doit repenser son mode de gestion des affaires publiques ?

Oui, ce qui nous arrive au niveau local, n’est que la reproduction des difficultés de la gestion de l’Etat au niveau central. On a un Etat qui est à la fois trop distant des préoccupations des populations mais en même temps aussi, trop faible pour pouvoir assurer ou répondre aux attentes des populations. En réalité, quand vous regardez nos Etats, on crée des institutions qui relèvent plus du mirage. Il y a des endroits où on vous dira que l’Etat n’existe pas.

Dans la gouvernance quotidienne de l’Etat, il y a un certain nombre de problèmes qui font que l’Etat reste encore trop loin du citoyen.
En même temps, l’Etat se trouve dans l’incapacité d’exercer son autorité sur l’ensemble du territoire, c’est exactement la même chose qu’on retrouve au niveau des conseils municipaux où on a trop d’attentes avec très peu de moyens. Il y a donc nécessité de repenser la gouvernance aussi bien locale qu’au niveau national.

Quel projet d’Etat pour un pays comme le Burkina ?Est-ce que l’Etat tel que nous l’avons aujourd’hui est capable de répondre aux attentes de l’ensemble des burkinabè sur toute l’étendue territoire national ? C’est la question fondamentale qu’il faut qu’on se pose. Ensuite, est ce qu’il n y a pas un certain nombre de valeurs auxquels les burkinabè croient, qui représentent beaucoup plus pour eux que les textes et les lois qui régissent actuellement le fonctionnement de l’Etat et de la nation. Ça aussi, ce sont des questions de fond qu’il faut qu’on se pose.

Il y a d’abord le projet d’Etat, et ensuite les institutions et comment on articule ces institutions depuis le pouvoir central jusqu’au niveau local, pour réguler le vivre ensemble et faire en sorte que chacun se sente appartenir à une communauté de destin que nous appelons soit la commune,soit la région, soit l’Etat, au niveau central. De façon globale, il y a nécessité qu’on repense notre gouvernance pour créer les conditions d’une pleine participation de tous à la gestion quotidienne de l’Etat et aussi de l’intérêt que tous devront pouvoir avoir à participer. Si nous devons tous participer, il faut qu’on sache pourquoi on y va et comment on y va. Ce sont des questions de fond sur lesquels il faut qu’on réfléchisse.

Nous pensons en tout cas , qu’il y a une nécessité de refonder la gouvernance en partant justement du local ;c’est -à dire, partir du local,de la commune,où on a un sphère géographiquement circonscrit ,qui est une entité suffisamment gérable par les populations ,qui permet de générer un certain nombre de principes et de règles de vivre ensemble, sur la base desquels on peut tirer des éléments pour alimenter une réflexion beaucoup plus globale sur ce qui devraient être les règles ou les principes globaux qui régissent le fonctionnement de l’Etat. Et là, on pourra bâtir une architecture institutionnelle à partir des réalités telles qu’elles sont vécues au niveau local, telles qu’elles s’expriment dans le quotidien des populations ; tels que les gens sont capables d’assumer pleinement.

Interview réalisée par Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 24 juin 2016 à 15:07, par Raogo
    En réponse à : « Beaucoup de maires vont regretter d’avoir accédé à cette fonction », Boureima Ouédraogo, Médiateur de « Alliance pour refonder la gouvernance en Afrique »

    Journaliste, directeur de publication du bimensuel Le Reporter, Monsieur Boureima Ouédraogo est aussi tout fraichement élus Président de la SEP.

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  • Le 24 juin 2016 à 15:10, par Ino
    En réponse à : « Beaucoup de maires vont regretter d’avoir accédé à cette fonction », Boureima Ouédraogo, Médiateur de « Alliance pour refonder la gouvernance en Afrique »

    Je suis en partie du même avis que certains maires vont regretter de cette folie qui les font courir un peu partout. Nous allons les pousser au travail et c’est la seule condition pour rester maire. Ils seront jugés sur tous les plans et la sanction, c’est le prochain vote.
    Ceux qui aspirent voler les maigres richesses des communes pourront avoir comme adversaires en face les intègres paysans et ses Koglwéogo. Que les FDS et les juges corrompus restent tranquilles, les Koglwéogo intègres assurent mieux.
    Vive le peuple intègre. Laisse passer

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  • Le 24 juin 2016 à 16:38, par TIENFO
    En réponse à : « Beaucoup de maires vont regretter d’avoir accédé à cette fonction », Boureima Ouédraogo, Médiateur de « Alliance pour refonder la gouvernance en Afrique »

    Vivement que les élus locaux ou nationaux comprennent qu’ils sont dorénavant redevables vis-à-vis de leur base électorale. Sinon il en sera ainsi : « beaucoup de maires vont regretter d’avoir accédé à cette fonction ». Désormais les actions des élus seront suivies de près et à la loupe par la population. Le peuple a refusé catégoriquement et officiellement depuis les 29-30 octobre 2014 d’être "mouton" qu’on tond à loisir. Fini ça. Toutes leurs actions sont maintenant suivies même celles non politiques. Tant mieux si une telle situation arrive à assainir les candidatures aux différents postes (députes, maires).

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  • Le 24 juin 2016 à 17:02, par Mechtilde Guirma
    En réponse à : « Beaucoup de maires vont regretter d’avoir accédé à cette fonction », Boureima Ouédraogo, Médiateur de « Alliance pour refonder la gouvernance en Afrique »

    « Il faut repenser effectivement ce choix en faisant en sorte qu’on sorte des scrutins de listes pour aller vers des conditions d’éligibilité qui permettent à tout citoyen de pouvoir, à titre individuel, être éligible au niveau des conseils municipaux. Ça, c’est une question essentielle. […]. Crest vrai qu’avec les récentes élections, on a introduit les candidatures indépendantes. Mais au fond, les candidatures indépendantes telles qu’elles ont été introduites, ne changent pas fondamentalement le mode de scrutin ».

    Cela ne peut se faire qu’au niveau des Conseil paroissiaux (toute Églises confondues : Protestants, catholique), des cours des rois et chefs de clans, de la Mosquée, des Associations professionnelles (formel comme informel, car n’oublions pas que l’informel n’est qu’un chômage déguisé). Il faudrait permettre aux chômeurs de suivre l’évolution économique de notre pays de même de personnes ressources importantes (retraités anciennes personnalités), nantis de l’expertise de leurs expériences. Cela pourra permettre de saisir des occasions d’initiatives privées et la chance donnée à tout le monde : des petites et moyennes entreprises également.

    Dans les débats j’avais indiqué que les candidatures indépendantes étaient un euphémisme politique donc un piège. En effet, c’est un parti politique. Le parti des indépendants ou « Le parti indépendant » ça vous dit quelque chose ? Et j’avais dit que c’était le point d’achoppement qui faisait grincer les dents dans le rapport du collège des sages. Et j’ajoutais que c’était la voie d’or qui permettrait à la bourgeoisie de confisquer la victoire des sans-culottes et remettre l’ancien système sur ses roulottes parce qu’avec ce parti il y avait un semblant d’inclusion qui donnait un sentiment d’acquis de conscience aux gros requins et autres rapaces.

    Mais tout cela il faut repartir à la case départ d’une transition de vérité qui réconcilie tout le monde, qui ressoude les citoyens tant au niveau de la localité qu’à celui la nation toute entière. Après seulement on élabore la Constitution en tenant compte de cette donne : Conseillers municipaux, les locaux eux-mêmes (de même les maires) et non des partis politiques. Toutefois, on peut laisser aux partis politiques les gouverneurs qui devront être des agents d’écoute et des témoins pour le pouvoir central. Et là encore, pour éviter que leurs doléances ne soient torpillées en cours de route, les locaux devraient bénéficier d’un Sénat pour envoyer leurs représentants au plus hauts niveaux des Institutions républicaines. Pour cela, il faudrait aussi un statut pour les chefs coutumiers.

    Merci Ouédraogo, pour avoir soulevé un débat qui demande beaucoup de courage à tous les participants. Vous tenez le flambeau de ce courage. Merci encore.

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  • Le 24 juin 2016 à 17:11, par Mamon Yélé
    En réponse à : « Beaucoup de maires vont regretter d’avoir accédé à cette fonction », Boureima Ouédraogo, Médiateur de « Alliance pour refonder la gouvernance en Afrique »

    Merci cher président de la SEP. Vous maîtrisez votre sujet et vous êtes expansif.
    Je ne suis tout a fait d’avis avec vous pour ce qui de certaines "extrémités" que vous proposez et je voudrais la définition d’une terme "gouvernance" devenu usuelle et aimé par ces temps de politique.
    - je ne suis pas d’accord avec les candidatures indépendantes basés sur les actions, le charisme ou la descendance de personnes. Si tant est que ces critères peuvent constituer des raisons d’adhésion publique ils doivent être codifiés comme option politique partageable. On a réussi même à ranger les projets de sociétés en fonction qu’ils prônent le partage social ou la promotion des initiatives individuelles en socialisme et capitalisme, en gauche et droite avec des proximité et des extrémités à chaque bord. A moins d’un tiercérisme inventé par Bado qui tente mais en vain de se démarqué les idées convergent et sont toujours classables dans ses projets. Je reste convaincu qu’il ne faut pas hiérarchiser les états en disant que certains ne sont pas au stade où ils méritent une démocratie totale et qu’on peut accepter des étapes. C’est la négligence de ces règles qui amènent l’existence de groupuscules anarchistes et insurrectionnels (n’ayons pas peur du mot) qui remettent en cause l’existence de l’état souverain.
    - cela m’amène au 2ème point de désaccord qu’est l’autonomie fiscal totale que vous proposez pour les communes. Où cela s’est-il vue ? Vous pensez aux Landers Suisse ou Allemand, Je ne suis pas sûr de leur total indépendance et. Ce n’est pas d’une fédération qu’il s’agit mais d’un simple partage de responsabilités pour mettre celles possibles aux mains des localités selon le principe cher de subsidiarité pour ne pas se concurrencer sur certaines peccadilles réalisables localement.
    pour la gouvernance je pense qu’il s’agit de gouverner simplement selon des règles préétablies dont le non respect constitue la mal gouvernance. si c’est cela il faut souvent regarder si c’est celles là (les règles) qui sont en cause ou leur utilisation.
    en fin j’ai un proposition saugrenue pour le choix des candidats aux postes que serait démocratiques , hautement subjectif et permettrait de mettre ceux qui sont effectivement choisis sans influence majeur les uns les autres. Il s’agit ... laissons ça pour quand on me trouvera et nommera président de la CENI.

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  • Le 24 juin 2016 à 18:57, par patri-ote
    En réponse à : « Beaucoup de maires vont regretter d’avoir accédé à cette fonction », Boureima Ouédraogo, Médiateur de « Alliance pour refonder la gouvernance en Afrique »

    Entretien très instructif.
    Vivement le vrai changement....

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  • Le 24 juin 2016 à 21:44, par Le combattant
    En réponse à : « Beaucoup de maires vont regretter d’avoir accédé à cette fonction », Boureima Ouédraogo, Médiateur de « Alliance pour refonder la gouvernance en Afrique »

    Ce qui est sur les choses doivent être remise au plat. Balayer ce faux régime et remettre en place des vrais HOMMES. Ce sont tous des zombies qui nous dirigent ils faux les écarter si non le pays ne fait que se sombrer de jour en jour et on risque de toucher le fond sans jamais pouvoir remonter.

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  • Le 24 juin 2016 à 22:20, par ouedraogo
    En réponse à : « Beaucoup de maires vont regretter d’avoir accédé à cette fonction », Boureima Ouédraogo, Médiateur de « Alliance pour refonder la gouvernance en Afrique »

    Je félicite monsieur ouedraogo sur son point de vue sur sa perception sur le processus de décentralisation au Burkina Faso. Mais je dois dire que le plus souvent certaines analyses ne tiennent pas compte du contexte réel de notre pays et surtout ne tiennent pas compte de ce que nous recherchons. La décentralisation est un processus qu il faut concevoir et mettre en œuvre en s’inspirant des expériences d’ici et d’ailleurs mais également en tenant compte de notre contexte spécifique. C’est pourquoi il est très hasardeux de croire qu’en si peu de temps nous allons aboutir à des formules parfaites et idéales. En effet, les questions d’appropriation du processus, l’exercice des compétences au niveau local, les mesures d’accompagnement telles que les questions de l’adaptation de la fiscalité, la territorialisation des politiques publiques, etc sont des chantiers complexes pour lesquels il faut de la pratique pour arriver à des résultats performants. Le choix du "doing by learning" que nous avons pratiquement adopté a certainement ses forces et ses faiblesses. Mais c’est ensemble que nous devons construire le processus. En la matière il ne faut pas souhaiter que le processus soit dicté et appliqué comme une directive administrative. C’est aux populations et aux citoyens au niveau des CT, tirant leçons de leurs expériences doivent faire les réglages nécessaires.
    Il ya beaucoup à dire mais j’espère que d’autres occasions se présenteront.

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  • Le 25 juin 2016 à 13:30, par Diarra
    En réponse à : « Beaucoup de maires vont regretter d’avoir accédé à cette fonction », Boureima Ouédraogo, Médiateur de « Alliance pour refonder la gouvernance en Afrique »

    Correction : il faut reconnaître qu’un maire a effectivement dénoncé la dissolution des maires sous la Transition. Il est important de reconnaître les faits historiques : iil s’agit du maire d’une commune du Boulkiemdé.

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  • Le 12 août 2016 à 01:17, par Ouedraogo
    En réponse à : AFFAIRE Djibrill BASSOLE : Monsieur le Commissaire Alioune ZANRE, qui vous manipule ?

    Suite à l’audience du 10 aout concernant l’affaire Djibrill BASSOLE dont nous vous faisons le résumé ci- dessous il nous plait de poser certaines questions au Commissaire du Gouvernement Alioune ZANRE :
    1) Monsieur le commissaire pourquoi suite à une communication entre 6 personnes il n’y qu’une seule personne qui soit interpellé ?
    2) En quoi le rejet de l’accusation par l’accusé rend l’authentification des écoutes impossibles ?
    3) Selon vous il faut que l’accusé reconnaisse l’authenticité de l’écoute avant que vous ne procédez à son authentification. Ridicule vous ne trouvez pas ?
    4) Puisque l’accuse est déjà détenu et que vous cherchez à trouver une raison pour le condamner à quoi servirait cette authentification en ce moment ?
    5) Condamner une personne sur la base d’un élément non authentifié pour chercher après condamnation à authentification d’élément. Hum monsieur le Commissaire à quelle logique cela répond ?
    Comme résumé de l’audience nous pouvons retenir ceci : la défense du General bassolé a déplore la violation des droits de son client. Par ailleurs, elle déplore le fait que Djibrill Bassole , accusé d’avoir échangé au téléphone ave plusieurs interlocuteurs pendant le coup d’Etat, soit la seul personne poursuivie par la justice militaire, dans le cadre de l’enquête. Enfin le avocats ont déploré le entorses faites aux articles 194 et 140 du code des procédures pénales.<< la détention étant l’exception et la mise en liberté étant la règle, rien ne justifie ne justifie le maintien de Djibrill Bassole en détention >> a indiqué Antoinette Ouedraogo avant de demander au parquet militaire d’arrêter de jouer à cache-cache et d’avoir le courage de présenter toutes les charges retenues contre son client.
    En réponse à l’argumentaire de ces dernier sur les écoutes, il note qu’étant donné que << l’accusé conteste les écoutes, leur expertise devient impossible et insensé>> dans un accès de colère il dira ceci : << si vous voulez que l’on parte au fond, nous le ferons, Djibrill BASSOLE a communiqué avec cinq personnes au total.

    En tout cas tout ceux qui on assistés à l’audience se croyait dans une salle de spectacle. Pendant que la défense du General Bassolé dénonçait la grave violation des procédures, le commissaire du Gouvernement Alioun ZANRE a préférait s’illustrer en comédien d’un jour. En tout cas la bonne répétition de son texte et de jeu fut à l’honneur de son metteur en scène.
    Jean Yves Ouedraogo
    Etudiant à l’université de Ouagadougou

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