Journée africaine des droits de l’enfant : Le MDE rappelle à l’Etat burkinabè ses engagements

vendredi 17 juin 2016 à 00h59min

Le Mouvement pour la promotion des droits de l’enfant (MDE), dans cette déclaration à l’occasion de la journée africaine des droits de l’enfant célébrée le 16 juin de chaque année, invite l’Etat à se pencher sur la situation des droits de l’enfant au Burkina Faso.

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Journée africaine des droits de l’enfant : Le MDE rappelle à l’Etat burkinabè ses engagements

A l’occasion de la journée africaine des droits de l’enfant célébrée chaque année le 16 juin, le MDE, appelle les dirigeants des Etats africains à assumer davantage leur responsabilité face à la situation dégradante des droits de l’Enfant en Afrique, marquée par l’accès réduit aux centres de soins, le manque d’éducation, la vente et l’enlèvement des enfants, la prostitution des enfants,l’implication des enfants dans les conflits armés, la dégradation de l’environnement,…

Le MDE réclame aux Etats africains plus de justice pour les Enfants. Il ne cesse de rappeler que la Charte Africaine des Droits et du Bien Etre de l’Enfant est l’instrument continental pour pallier les insuffisances de nos Etats et de nos familles vis-à-vis de la promotion des Droits de l’Enfant.

Le MDE rappelle que l’Enfant en tant qu’être vulnérable doit être considéré en priorité dans toutes les sphères de décision. A ce titre, Il salue, la place en matière de santé que le Gouvernement burkinabè accorde aux enfants et le prie de bien vouloir respecter ces décisions en toutes circonstances.En mettant en œuvre le droit de l’enfant de jouir du meilleur état de santé possible et de bénéficier de services médicaux et de rééducation, le MDE s’en réjouit, surtout que cela témoigne de l’adhésion effective du Burkina Faso à la Convention internationale des droits de l’enfant. En réalité, il ressort qu’au Burkina Faso comme dans bon nombre de pays d’Afrique de l’Ouest, la situation générale des enfants de 0-6 ans n’est pas du tout rose.Un enfant sur cinq meurt avant d’atteindre l’âge de 5 ans. Les principales causes de cette mortalité sont dues au paludisme, aux maladies cibles du Programme Elargi de Vaccination (PEV), à la malnutrition, aux maladies diarrhéiques et aux infections respiratoires aiguës. Cette situation combinée à la pauvreté des populations, rendait davantage difficile la prise en charge de ces maux accroissant ainsi, le taux de mortalité.Pour y faire face, le Gouvernement a décidé de la gratuité des soins aux enfants de moins de cinq (5) ans. Il a également décidé de rendre gratuits les soins suivants : gratuité du dépistage du cancer du sein et du col de l’utérus ; gratuité des césariennes et des accouchements ; gratuité des soins pour les femmes enceintes.

Ces mesures qui ne sont que louables doivent être saluées à leur juste valeur, mais l’inquiétude ici, c’est leur pérennité quand on sait que depuis leur application, les centres publics de santé ne désemplissent pas d’enfants malades. C’est pourquoi, le MDE déplore le fait pour le Gouvernement de ne pas s’attaquer à la cause de la maladie. En agissant ainsi, il est évident que la préoccupation des autorités ce n’est pas d’éradiquer le mal, mais plutôt d’accroitre le taux de fréquentation dans les centres de soins comme l’indique les chiffres deux (2) semaines après l’effectivité de la gratuité des soins dans les trois (3) régions du Centre, Hauts Bassins et Sahel. Il ressort que 118 587 enfants de moins de cinq (05) ans ont été pris en charge dans les formations sanitaires.

Le MDE ne se réjouit pas de ce taux car cela signifie clairement que les enfants souffrent au Burkina Faso et que leurs conditions de vie ne sont pas agréables. Par exemple, l’accès à l’eau potable et à l’assainissement constitue un problème majeur pour les jeunes enfants qui sont exposés à des risques de maladies d’origine hydrique surtout dans les zones rurales et péri-urbaines où l’accès des ménages à l’eau potable et aux infrastructures d’hygiène et d’assainissement demeure insuffisant.Le MDE invite alors le Gouvernement et les autres partenaires intervenant dans le domaine de l’enfance à redoubler d’effort pour rendre l’enfant plus heureux.

A côté de cette situation, le MDE rappelle aux enfants leur devoir de respect envers les autres. Ce n’est pas parce qu’on parle des droits des enfants qu’ils n’ont pas de devoir. C’est l’occasion de leur rappeler qu’ils doivent travailler à l’école, respecter les enseignants et leurs camarades.

En dépit de cela, tout en dénonçant cette attitude des enfants, le MDEdéplore la fermeture des écoles notamment à Nagaré suite aux saccages perpétrés par les élèves dudit établissement. La fermeture des salles de classe ne saurait être aucunement une sanction appropriée au manque de discipline des enfants. C’est plutôt l’incapacité de l’Etat à résoudre avec promptitude et efficience l’indiscipline des élèves. Quoiqu’on dise, les adultes sont tous responsables des comportements des enfants. Les enfants actuellement manque de repère, ils n’ont pas de bons exemples. Par exemple, le laxisme dans l’éducation des enfants qui se manifeste par le silence des parents face aux dérives de leurs enfants, témoigne du manque de fermeté dans l’éducation des enfants. Ce n’est pas obligé de châtier tout temps, mais comme le dit un quidam « qui aime bien châtie bien ». Un enfant ne saurait apprendre à être responsable si l’éducation qu’on lui donne ne vise pas sa responsabilisation.

De ce qui précède, le MDE tient d’abord à rappeler à l’Etat burkinabè ses engagements vis-à-vis de l’éducation des enfants. Selon la Charte Africaine des Droits et du Bien Etre de l’Enfant, l’éducation vise entre autres, à prendre des mesures pour encourager la fréquentation régulière des établissements scolaires et réduire le taux d’abandons scolaires.La fermeture des écoles n’est en aucun cas, une mesure pour encourager la fréquentation régulière de ces lieux du savoir. Bien au contraire, et pire, le fait de fermer les écoles signifie que l’Etat se lave les mains en matière d’éducation. Or il appartient à l’Etat d’apporter toutes les garanties nécessaires pour la protection de l’enfant. Il en est ainsi, lorsque les Etats conviennent que l’éducation vise à inculquer à l’enfant le respect de ses parents, de son identité, de sa langue et de ses valeurs culturelles, ainsi que le respect des valeurs nationales du pays dans lequel il vit, du pays duquel il peut être originaire et des civilisations différents de la sienne.

Par ailleurs, le MDE pense que la famille qui est la cellule de base de la société, est en train de perdre de sa valeur d’antan. En réalité, l’enfant doit être éduquéd’abord, par ses parents qui doivent lui inculquer la préservation et le renforcement des valeurs morales, traditionnelles et culturelles africaines positives.Aujourd’hui, les enfants sont abandonnés à leur propre sort. Ils s’éduquent eux-mêmes dehors à travers leurs camarades età la maison avec les Technologies de l’Information et de la Communication.

Enfin, avec l’insécurité grandissante au Burkina Faso, le MDE demande au Gouvernement burkinabè de rassurer les populations par des moyens visibles de sécurité. Le MDE est convaincu qu’en matière de sécurité, il n’y a pas beaucoup à dire, il n’y a qu’à faire. Il fait confiance aux forces de sécurité et de défense. Cependant, il tient à attirer leur attention sur la sécurisation des enfants dans leurs écoles et lieux de loisirs. Certes, le principe de non franchise universitaire et scolaire est accepté de tous, mais en l’espèce, il ya lieu au nom de la sécurité des enfants en temps de terrorisme, de mettre en place une sécurité spéciale des établissements scolaires et universitaires.

Le Président du MDE
Gabin Toupanga Tingueri

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