La plateforme minimale des chercheurs à leur ministre de tutelle

jeudi 19 mai 2016 à 02h25min

Les chercheurs du Centre national de la recherche scientifique et technologique ne sont pas satisfaits de leurs conditions de travail. Au cours d’une Assemblée générale qu’ils ont organisée le 13 mai dernier, le sujet a été une fois de plus évoqué. A l’occasion, une « plateforme minimale » a été élaborée qui a été adressée au ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation. L’intégralité de la plateforme.

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La plateforme minimale des chercheurs à leur ministre de tutelle

1. Liquidation de la dette sociale

1.1. Apurement sans délai de la dette sociale en effectuant un état des lieux (prenant en compte tous les contentieux) et l’élaboration d’un plan de liquidation de cette dette qui prendra en compte les reclassements, les avancements, les indemnités diverses, les bonifications d’échelons, etc.

1.2. Octroi du bénéfice de l’incidence financière liée à toute nomination avec diligence à titre de régularisation et non à partir de la date de signature de l’acte. Prendre des dispositions pour corriger toutes les irrégularités qui ont entaché certains actes nominatifs.

2. Revalorisation de la fonction de chercheur

2.1. Revalorisation de la fonction de chercheur par une augmentation des salaires, de l’indemnité de technicité, de l’indemnité de logement.

2.2. Revalorisation de la prime de recherche à 2 000 000 (2 millions) FCFA.

2.3. Relecture de la Loi 025 en vue du reclassement des Attachés de recherche dans le statut des Chercheurs titulaire et arrêt de la procédure qui consiste à recruter les jeunes chercheurs aux fonctions d’enseignant de lycée et collège avant de les nommer Attaché de Recherche ;

2.4. L’octroi des 2 échelons de bonification aux médecins, pharmaciens et vétérinaire recrutés au CNRST et prise en compte du statut des médecins, pharmaciens et chirurgiens- dentistes chercheurs dans la loi 081

2.5. Elaboration d’un plan de formation des Ingénieurs de Recherches et allocation des moyens conséquents pour leurs formations doctorales (Paiement de la paillasse, frais d’inscription etc.).

2.6. Etendre le bénéfice des voyages d’études aux Attachés et Ingénieurs de Recherche.

3. Financement de la recherche

Contribution plus importante de l’Etat au fonctionnement des unités, laboratoires et stations de recherche. Financement par l’Etat des activités de recherche afin que les axes de recherche soient orientés pour lever les contraintes de développement qui répondent aux priorités nationales.

4. Gouvernance de la recherche

4.1. Création d’un service de suivi/promotion de la carrière des chercheurs. Ce service sera chargé du suivi technique des dossiers des postulants au CAMES et de la constitution de la carrière de tous les chercheurs admis aux différentes sessions du CAMES avec constatation des bénéfices financiers.

4.2. Instauration d’une véritable vie démocratique au sein du CNRST en procédant par des élections démocratiques avec un collège électoral plus large (l’ensemble des travailleurs) pour la désignation des directeurs d’instituts et le Délégué général du CNRST et parfaire l’organisation (libre choix des représentants par leurs collèges).

4.3. Transformation de l’Assemblée Générale du CNRST en une instance démocratique et décisionnelle. Que les décisions issues soient appliquées et servent aux gouvernants de la maison. Que les actes/recommandations de l’AG soient exécutoires.

4.4. Amélioration de la gouvernance scientifique des laboratoires afin d’éviter l’emprise individuelle en prenant des mesures en vue d’en faire de véritables outils de formation et de recherche à la disposition des équipes de recherche.

4.5. Mise en place d’une commission bipartite (administration et partenaires sociaux) pour l’examen minutieux de la liste des bénéficiaires de la prime de recherche eu égard aux incohérences constatées et versement de cette prime au dépôt des programmes et rapports d’activités.

Adoptée par l’Assemblée Générale du 13 mai 2016

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Vos commentaires

  • Le 20 mai 2016 à 08:30, par KABRE
    En réponse à : La plateforme minimale des chercheurs à leur ministre de tutelle

    Je vous soutiens les chercheurs.
    Il y a bien longtemps que vos conditions devaient être revues.
    Nous ne pouvons construire un Burkina authentique si la recherche n’y participe pas. Et les moyens manquent a nos chercheurs. Il est temps de faire mieux.

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  • Le 20 mai 2016 à 10:06, par Baosida
    En réponse à : La plateforme minimale des chercheurs à leur ministre de tutelle

    A la lecture de la plateforme minimale on peut à vue d’œil donner raison au Syndicat. Mais il faut rechercher les causes de cette situation qui perdure. C’est une question de gestion. Le management de la recherche est nul. Il n y a aucune planification, aucune analyse scientifique. On demande l’argent à tour de bras et on dépense sans respect des règles. Je suggère que les autorités actuelles fassent un audit sérieux de ka gestion du CNRST et de ses instituts pour mieux apprécier. Les pauvres syndicats se battent pour la justice sociale.
    le CNRST est un EPE et ses contractuels doivent être payés par ses recettes propres.
    Alors les revendications semblent justes, mais il faut auparavant diagnostiquer la gestion du CNRST avant toute réponse du gouvernement.

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  • Le 20 mai 2016 à 10:15, par Boukaré
    En réponse à : La plateforme minimale des chercheurs à leur ministre de tutelle

    Aucun pays ne peut se développer sans la recherche !
    Au Burkina, ce sont les chercheurs qui ont démontré que la chloroquine (Nivaquine) ne pouvait plus soigner le Paludisme ;
    Ce sont les chercheurs du Burkina qui ont mis au point les semences améliorées qui produisent des cultures à cycle plus court (car la saison des pluies de plus en plus brève) et à bon rendements
    Ce sont les chercheurs du Burkina qui étaient les premiers à rejeter le coton BT (il y a presque 10 ans) et ce n’est que maintenant que les coton-culteurs sont redirigés vers le coton conventionnel (parce que la fibre est plus courte)

    Malgré ces résultats que vivent les chercheurs :
    - Vous bénéficiez d’un avancement ou d’une nomination à un grade supérieur, certains attendent près de 10 ans pour constater l’incidence financière
    - certains sont récrutés avec pour diplôme exigé le doctorat d’état en médecine, pharmacie ou chirurgie dentaire, et la fonction publique mentionne professeur certifié
    - les voyages d’études ne sont pas autorisés pour les attachés de recherche alors que le même grade dans les universités du pays, leur collègues (assistants) en bénéficient
    - Certains chercheurs une fois rentrés de formation (durant laquelle les indemnités sont naturellement coupés) doivent attendre plus d’une année avant de voir ces indemnités rétablies
    Et comme cela, le gouvernement burkinabè est tranquille ;
    Trop c’est trop ;
    Alors camarades chercheurs, mobilisation et détermination.
    Nan lara, An saara !

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  • Le 20 mai 2016 à 10:31
    En réponse à : La plateforme minimale des chercheurs à leur ministre de tutelle

    Vous n’aviez pas dit « arrêt des recrutements truqués au sein du CNRST » ! Quant on veut reprocher à quelqu’un de quoi que ce soit, assurez vous que vous êtes clean. Le CNRST est pourri. Tous les recrutements qui s’y font, sont par connaissance ou par intervention. Aucune des conditions contenues dans les appels à candidature ne sont respectées. Vous dites « arrêt de la nomination des enseignant des lycées au CNRST », pourquoi ? parce que cela vous empêche d’élargir le champ de vos « « magouilles » » ?

    Répondre à ce message

  • Le 20 mai 2016 à 11:04
    En réponse à : La plateforme minimale des chercheurs à leur ministre de tutelle

    Tout mon soutien. Quand on regarde la production scientifique et la contribution au développement de l’agriculture Burkinabé de l’Institut comme l’INERA, je ne peux que vous soutenir. Il faut améliorer les conditions de vie de nos chercheurs pour éviter la fuite des cerveaux. Il semble que beaucoup de chercheur du CNRST sont entrain de quitter pour des instituts étrangers où les salaires sont meilleurs. C’est vraiment dommage. Il semble aussi les enseignant-chercheurs et les chercheurs Burkinabé sont les moins payés de la sous-région. Même le Bénin et le Niger les dépassent. Quand même !

    Répondre à ce message

  • Le 20 mai 2016 à 11:57
    En réponse à : La plateforme minimale des chercheurs à leur ministre de tutelle

    Bien vu. Enfin, les chercheurs se joignent aux enseignant-chercheurs pour revaloriser leur conditions de vie et de travail. Total soutien à vous. Car ne dit-on pas partout que l’enseignement et la recherche constituent un socle pour le développement d’un pays ?
    En principe, le peuple ne peut qu’être avec vous.

    Répondre à ce message

  • Le 20 mai 2016 à 12:33, par Bouisida
    En réponse à : La plateforme minimale des chercheurs à leur ministre de tutelle

    La recherche ; toujours la recherche. Ça fait longtemps qu’on cherche au Burkina. Je suis d’accord pour le financement de la recherche .Avant la recherche il Ya eu l’enseignement .Plaidez aussi pour la revalorisation de la fonction enseignante. Merci.

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  • Le 20 mai 2016 à 14:23
    En réponse à : La plateforme minimale des chercheurs à leur ministre de tutelle

    Internaute N02, il faut apprendre a lire. Voici ce qui est ecrit : "...arrêt de la procédure qui consiste à recruter les jeunes chercheurs aux fonctions d’enseignant de lycée et collège avant de les nommer Attaché de Recherche"

    Au cas ou tu l’ignores, les jeunes chercheurs (avec doctorat) ne sont pas recrutes comme Attaches de Recherche mais comme Professeurs des lycees et colleges. C’est plutard qu’ils sont nommes Attaches de recherches, et cela peut prendre des annees.

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  • Le 20 mai 2016 à 16:03, par yaore
    En réponse à : La plateforme minimale des chercheurs à leur ministre de tutelle

    Je souscris entièrement aux propos de l’ibternaute 2. Les recrutements ne subissent aucune norme. Les syndicats doivent aussi dénoncer cet état de fait.La question du CNRST est une question de management.tant que la question de la gestion administrative et financière ne sera pas réglée, aucune issue bénéfique n aura lieu pour les travailleurs. Chaque boss vient avec ses parents et amis pour les recrutements. Encore une fois, l’ASCE devra y faire un tour au CNRST et dans les instituts. Des audits internes ont été faits mais on se garde de publier les resultats. La recherche est un pilier du développement mais il faut absolument des hommes conscients pour réaliser cela.

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  • Le 20 mai 2016 à 17:35, par Difa
    En réponse à : La plateforme minimale des chercheurs à leur ministre de tutelle

    Du courage les chercheurs. Vous devriez être les mieux payés de ce pays avec les enseignants-chercheurs. Vous créer de la connaissance. Aucun pays ne peut se developper sans la recherche. Dommage qu’au Burkina Faso, la recherche n’est pas une priorité pour le pays. Ainsi nous dépendrons toujours des autres.

    Répondre à ce message

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