La communauté universitaire burkinabè en deuil : Pr André Nyamba repose désormais au cimetière de Tabtenga

lundi 2 mai 2016 à 12h00min

La mort a encore frappé au sein de la communauté universitaire. Le professeur de socio-anthropologie, André Nyamba qu’on savait malade, a effectué le voyage du non-retour le 29 avril dernier. L’inhumation s’est déroulée le lundi 2 mai 2016 au cimetière de Tabtenga. Avant cette cérémonie, un dernier hommage lui a été rendu à l’Université Ouaga I Joseph Ki Zerbo et à l’église Saint Camille.

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La communauté universitaire burkinabè en deuil : Pr André Nyamba repose désormais au cimetière de Tabtenga

Décédé le vendredi 29 avril 2016, le Pr André Nyamba a rejoint les siens le lundi 2 mai 2016 à l’âge de 64 ans. Il s’en est allé en laissant derrière lui, une femme et quatre enfants meurtris. A cette occasion, la communauté universitaire a bien voulu marquer sa compassion à la famille éplorée en organisant une cérémonie d’hommage en sa mémoire. Des témoignages ont été les temps fort de cette cérémonie dès l’arrivée de la dépouille à l’amphi Nurikyor Claude Somda.

Par sa présence, le Pr Alkassoum Maïga a témoigné au défunt, la reconnaissance des amis et collègues, celle aussi de l’institution et de toute la communauté universitaire du Burkina Faso. S’adressant à la famille, il a touché un mot en appliquant à la vie de feu André une théorie chère à sa fibre anthropologique. « Sachez chère famille qu’André a anthropologiquement accompli sa vie : Né le 11 juin 1952, père de 4 enfants et grand-père, il a réussi le premier cycle de sa vie : Procréation ; auteurs de plusieurs ouvrages et pour avoir formé par milliers des étudiants burkinabè, André a accompli le second cycle de sa vie : Production ; Depuis ce vendredi 29 avril, il est rentré dans le troisième cycle de sa vie, celui de la protection », a déclaré le Maître de conférences de sociologie.

Tout en restant dans la même dynamique, il renchérit : « André maniait l’art de théâtraliser la transmission du savoir. Il savait heurter sans blesser avec son humour malicieux qui par le biais de la parenté à plaisanterie avait pour cible les Mossé et dont les étudiants se délectaient for bien, le papa et le grand-père scientifique qu’on retrouvait à l’occasion des séminaires méthodologiques des doctorants ». Il a en outre assuré qu’André est une vision car il a porté et concrétisé le cycle doctoral du département de sociologie. Ainsi, il a enjoint M. Maïga de gravir vite les échelons avant son départ. Car, explique-t-il, pour lui, il nous revient à nous jeunes de poursuivre le combat pour la discipline.

Un baobab est tombé

« Le lundi tu étais dans cette même salle pour travailler. Aujourd’hui, tu es venu encore pour nous dire au revoir », a d’emblée dit le représentant des étudiants, Dr Bouraïman Zongo, d’une voix chargée d’émotion. Pour lui, des sobriquets étaient utilisés par plusieurs générations d’étudiants pour désigner le feu Pr Nyamba au nombre desquels le Professeur prolégomènes, Professeur Galápagos, Professeur zozo, le dur Nyamba. « Nous t’appelons le dur Nyamba parce que ton cours est toujours ponctué d’histoires drôles, d’anecdotes et souvent d’histoires incroyables et à dormir débout qu’on a conclu qu’il fallait être vraiment un dur pour raconter des histoires comme ça, comme un zozo », a expliqué le représentant des étudiants, Dr Bouraïman Zongo. A l’écouter, le « grand maître » n’a pas tenu ses engagements. « Toi-même, un jour, tu nous as dit en classe qu’avec les TIC aujourd’hui, les gens sont tellement spontanés à tout publier sur eux-mêmes à la minute près, qu’ils sont mêmes capables le moment venu de poster une photo d’eux avec la mention, I m diying. Et là, Professeur, tu es parti, silencieusement, sans nous envoyer ce signal ».

De l’université Ouaga I Joseph Ki-Zerbo, parents, amis, collègues, étudiants éplorés ont d’abord accompagné le disparu à l’église Saint Camille avant de le conduire à sa dernière demeure au cimetière de Tabtenga. Ainsi, des responsables de confession religieuse ont dits des prières pour que le défunt repose en paix.

Qui était le professeur André Nyamba ?

L’homme que l’on pleure depuis le vendredi 29 avril 2016 est Pr titulaire depuis 2008. Il a par ailleurs été enseignant au CESAO de Bobo Dioulasso, enseignant au CESAG de Dakar depuis 2000, responsable du projet « Pluri » depuis 1997, chef de département de sociologie de 1993-1996. Aussi, Pr Nyamba a été enseignant et directeur de l’Institut africain d’éducation cinématographique de 1980-1988, secrétaire général de l’ENAM et enseignant au centre international d’étude en radio rurale de Ouagadougou depuis 1979. Parmi sa foisonnante production scientifique et intellectuelle, l’on peut retenir les ouvrages collectifs, à savoir, les Nouvelles technologies de communication en Afrique, Citoyenneté et décentralisation au Burkina Faso, les Télécommunications entre bien public et marchandise.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

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