Droit de l’enfant : Le programme BRAVO pour faire exister des enfants oubliés

mercredi 27 avril 2016 à 01h00min

Birth registration for all versus oblivion (BRAVO), est un programme conçu par la communauté Sant‘ Egidio pour garantir l’enregistrement de tous les enfants à l’état civil. Dans le cadre d’une étude menée dans la région du centre-ouest, le comité de pilotage du programme a restitué les résultats de l’enquête effectuée dans la commune de Réo. C’était ce mercredi 27 avril 2016 à Ouagadougou.

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Droit de l’enfant : Le programme BRAVO  pour faire exister des enfants oubliés

« Aidez-moi à exister », c’est à travers cet appel que le programme BRAVO donne une identité à des milliers d’enfants au Mozambique, au Malawi et au Burkina Faso. Piloté par la communauté Sant’Egidio depuis 2009, « le programme BRAVO vise à promouvoir l’enregistrement des enfants au moment de leur naissance et à remédier à l’absence d’enregistrement par une procédure d’inscription tardive ».

Document officiel attestant l’existence d’un enfant, l’acte de naissance est un document rare dans la région du centre-ouest. Avec un taux d’enregistrement des naissances estimé à 62%, cette région connait le plus faible taux d’enregistrement après celle du Sahel. « Cette initiative est très importante. En effet, sans acte de naissance, il n’est pas possible de passer les examens finaux du cycle primaire et les enfants sont exclus des écoles supérieures », a signifié Colette Guebré, responsable Burkina-Programme BRAVO.

Pour le Secrétaire général du ministère de la justice, des droits humains et de la promotion civique (MJDHPC), Paulin Bambara, l’acte de naissance permet à l’enfant d’exister, d’avoir un avenir, et de pouvoir évoluer toute sa vie. « C’est l’un des premiers droits de l’enfant, après le droit à la vie, à la santé, à l’alimentation » a-t-il noté.

De quoi interpeller le comité de pilotage du programme BRAVO, un programme qui avait guidé l’initiative gouvernementale en 2009, année de l’enregistrement universel et gratuit des naissances. Cette Initiative avait permis d’enregistrer à l’état civil, trois millions et demi de Burkinabè. La présente étude menée dans la commune de Réo a permis d’engranger des résultats satisfaisants selon Colette Guebré. L’étude ayant débuté en juin 2015, a permis d’enregistrer 1395 enfants après 10 mois. Soit un taux d’enregistrement des naissances estimé à 98%. Ce résultat est le fruit de plusieurs actions de sensibilisation à l’endroit des parents dans les centres de santé et les écoles, des formations au profit des agents d’enregistrement de l’Etat civil.

A ce sujet, Paulin Bambara a tenu à féliciter le comité de pilotage du programme pour l’immense travail abattu. « Le programme a démontré qu’il est possible d’assurer l’enregistrement des naissances presque à 100% » a-t-il dit. Ainsi, il a émis l’idée d’étendre cette stratégie d’enregistrement des naissances dans tout le pays. Et cela, de concert avec les ministères concernés. Il s’agit des ministères en charge de la santé, de l’administration territoriale et de la justice.

Nicole Ouédraogo
Lefaso.net

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