Elections municipales : « C’est le dernier exercice pour la démocratie qui se joue le 22 mai 2016 », Gilles Thibault, ambassadeur de France au Burkina,

mercredi 27 avril 2016 à 23h44min

La France accorde un intérêt majeur aux élections municipales à venir qui viendront boucler la boucle du cycle électoral post-insurrectionnel et ce, pour entre autres raisons qu’elles « constituent un rendez-vous crucial pour la stabilisation et la consolidation de la démocratie au Burkina ». Comme aux élections couplées de novembre dernier, le pays apporte du soutien aux acteurs-clés du processus électoral. C’est pour partager l’information et accorder les vues avec ces acteurs bénéficiaires, que l’ambassadeur, Gilles Thibault, a animé un point de presse ce mardi 26 avril 2016, à sa Résidence à Ouagadougou.

Elections municipales : « C’est le dernier exercice pour la démocratie qui se joue le 22 mai 2016 », Gilles Thibault, ambassadeur de France au Burkina,

Ces structures bénéficiaires sont le Conseil d’Etat, la CENI et les médias à travers le projet Faso Médias FM. Les interlocuteurs de la France sont ces trois entités au regard de leur rôle dans le processus. En effet, rappelle l’ambassadeur, le Conseil d’Etat a un rôle essentiel dans le processus (puisque responsable du contentieux électoral et de la proclamation des résultats) ; c’est l’acteur institutionnel clé. D’où ce soutien à la plus haute juridiction de l’ordre administratif au Burkina qui, depuis 2009, est aux élections municipales ce que les élections présidentielle et législatives sont au Conseil constitutionnel. Un soutien qui s’est incarné par la signature d’une convention entre lui et l’Ambassade de France en fin mars dernier pour un montant de 100 millions FCFA.

L’autre acteur bénéficiaire de l’appui de la France est la Commission électorale nationale indépendante (CENI) qui est l’institution au centre du jeu, à tout point de vue. Cet appui de l’Ambassade vise à accompagner l’institution à jouer pleinement sa mission pour des élections libres, apaisées, transparentes et acceptées de tous.

Quant aux médias, le diplomate français soutient qu’ils ont un rôle essentiel qui est celui d’aller vers les électeurs pour les motiver et les encourager à aller voter. Ici, il est attendu de ce maillon, qu’il donne des informations fiables, précises et présente les enjeux de ces élections, les acteurs et les résultats. Les médias, au regard de leurs missions, constituent donc l’interface entre le citoyen (électeur) et les candidats. Ce sont eux qui sont, localement, dans leurs propres langues (en référence aux réalités locales), à mesure d’expliquer les enjeux de ces élections. C’est pourquoi, pour l’ambassadeur Gilles Thibault, il y a nécessité d’actualiser constamment les connaissances des hommes de média pour communiquer la plus efficacement possible sur le terrain. Mieux, il estime que pour ces échéances électorales, il faut faire plus que communiquer ; il faut informer, donner des informations vérifiées, analysées, décryptées, équilibrées et équitables. Il s’agit également d’inviter les citoyens à la responsabilité, à l’esprit civique et au fair-play.

Pour la France, au regard du succès des élections couplées du 29 novembre dernier et de l’importance des municipales pour la stabilisation, la consolidation et le bon fonctionnement de la démocratie au Burkina, ce rendez-vous du 22 mai 2016 est à ne pas manquer. ‘’Les élections municipales viennent couronner l’édifice démocratique ; les maires et les conseillers municipaux sont des gens les plus proches des préoccupations des populations donc, les plus à même de les évaluer… (…).Les élections passées ont été un vrai succès et la France espère que celles-ci le seront également et que la fête ne sera pas gâchée par des trouble-fêtes qui n’auront pas compris que c’est le dernier exercice pour la démocratie qui se joue le 22 mai. Je suis heureux de concrétiser l’engagement de mon pays envers le Burkina Faso. A Paris, quand les deux Présidents se sont rencontrés, le Président Hollande a redit combien nous considérions l’exemple burkinabè comme une grande réussite et combien, jusqu’au bout, la France entend accompagner le Burkina’’, a conforté le diplomate.

Un record de recours devant le Conseil d’Etat !

Ce point de presse a été une occasion pour le président du Conseil d’Etat, Souleymane Coulibaly, pour expliquer le niveau d’implication de son institution dans ce processus et présenter les activités qui lui incombent dans ce cadre. Ainsi, l’on note que les compétences du Conseil d’Etat commencent dès la publication du fichier électoral avec les contentieux des listes qui sont traités par les tribunaux administratifs (au nombre de 24 répartis sur tout le territoire national). Les jugements des tribunaux administratifs sont susceptibles de pourvoi devant le Conseil d’Etat. Après ces contentieux de listes, il y a les contentieux de déclaration de candidatures, phase à laquelle se trouvait l’institution à la date du 26 avril. « La particularité de cette année est qu’on a reçu un nombre considérable de recours qu’on n’a jamais eu dans les élections précédentes ; d’une vingtaine de recours à la dernière élection en 2012, on est aujourd’hui à 85 recours », dévoile le président du Conseil d’Etat. La tâche consiste surtout à vérifier les contestations conformément aux prescriptions du code électoral du 7 avril 2015. L’institution statue également sur les bulletins litigieux que va lui acheminer la CENI et sur les contestations des résultats provisoires (contentieux de scrutin, de dépouillement).

Outre ces aspects, le Conseil d’Etat connaît également des contestations liées à la répartition par le Conseil supérieur de communication (CSC) du temps de passage des candidats dans les organes de presse publics (contentieux porté directement en premier et dernier ressorts devant le Conseil d’Etat ; c’est-à-dire que ça ne passe pas par le tribunal administratif comme dans les autres cas suscités).
Pour le scrutin proprement dit, le Conseil d’Etat va, les jours à venir, procéder à la formation de ses membres en vue de la supervision dans les différentes régions. En ligne de mire également, des collaborateurs à l’image des journalistes et des acteurs de la société civile dont l’implication est ‘’capitale’’ pour le succès du processus.

La CENI, à travers son vice-président, Joachim Baggnan, a rassuré être prête « pour terminer cette charpente architecturale de la démocratie » que représentent les municipales et pour ce faire, elle peut bénéficier à nouveau de l’appui du projet Faso Médias FM (plateforme mise en place pour traiter et diffuser l’information de façon synergique) déployé dans le cadre des élections couplées du 29 novembre 2015. Selon le président de l’UNALFA (Union nationale de l’audiovisuel libre du Faso), Charlemagne Abissi, à la soixantaine de radios partenaires de la plateforme, s’ajouteront cette fois-ci, les télévisions BF1, Impact TV et Burkina Info.

Oumar L. OUEDRAOGO
(oumarpro226@gmail.com)
Lefaso.net

Messages

  • De quelques rappels utiles de qui finance le Conseil d’Etat et la CENI de cette néocolonie ou sous préfecture française qu’est le Burkina-Faso devenu et où flotte désormais le drapeau de ses troupes d’occupation et de conquête encasernées à Ouagadougou.
    Oui qui finance dicte ses règles mêmes sous forme de conseils à ses obligés et domestiques. C’est la dure loi des puissants qui s’autorisent tout chez les dominés ; jamais chez des égaux ou autonomes ; comme peuvent l’être par exemple, l’Inde, la Russie ou l’Iran.

  • De quelques rappels utiles de qui finance le Conseil d’Etat et la CENI de cette néo-colonie ou sous préfecture française qu’est le Burkina-Faso devenu et où flotte désormais le drapeau de ses troupes d’occupation et de conquête encasernées à Ouagadougou.
    Oui qui finance les élections, le Conseil d’Etat, la CENI dicte ses règles mêmes sous forme de conseils à ses obligés et domestiques. Et c’est également lui qui valide les résultats qui sont conformes à la garantie de ses intérêts.
    C’est la dure loi des puissants qui s’autorisent tout chez les dominés ; jamais chez des égaux ou autonomes ; comme peuvent l’être par exemple, l’Inde, la Russie ou l’Iran.

  • De toutes les façons, on a plus de leçons à retenir de votre politique !!! L’Afrique se reveille !!! Le charognard s’envolera !!! Juste un peu de statistiques, regarder le classement des pays d’Afrique sous colonisation déguisée francophones ! Pas même "honte ?!" Laissez nous maintenant avancer !!!

  • Pas convainquant et surtout pas étonnant venant d’eux qui pensent qu’ils sont les meilleurs sinsinon les plus intelligents. ALLONS SEULEMENT !!!

  • Merci Excellence pour votre éclairage sur la gestion de la Transition politique au BURKINA. Vous avez été clair. La mission de la transition a été bien remplie car elle a pu organiser les élections municipales et législatives de façon transparente, libre, équitable et réussie, reconnues par tout le monde entier. Voilà qui est bien dit. Le reste des détails en ce qui concerne les parcelles ou la mauvaise gestion des fonds publics, s’il y a mauvaise gestion, relèvent du domaine judiciaire. Même si on n’aime pas quelque chose qu’on ait la décence de reconnaitre au moins que la transition a quand même travailler pendant ces 13 mois.

  • EXCUSE. Je voudrais parler des présidentielles de 2015(internautes 5).

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