Accusations contre Zida et la Transition : Le Mouvement Plus Rien ne Sera Comme Avant dénonce une cabale politique

vendredi 8 avril 2016 à 00h08min

Le Mouvement Plus Rien ne Sera Comme Avant (M / PRSCA) a animé ce jour 07 avril 2016 une conférence de presse. Au menu des échanges avec les journalistes, trois sujets d’actualité essentiellement : l’affaire des parcelles de Ouaga 2000, les soupçons de blanchiment d’argent et l’annulation du décret de nomination de Yacouba Isaac Zida comme ambassadeur du Burkina Faso aux USA.

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Accusations contre Zida et la Transition : Le Mouvement Plus Rien ne Sera Comme Avant dénonce une cabale politique

Le coordonnateur du M/PRSCA, Idrissa Nogo a donné la lecture que son mouvement a des sujets évoqués. "Burkinabè, ne nous laissons pas manipuler par les excès et les outrances d’une certaine opinion nationale dont le but est de créer le ras-le-bol social et inciter la population à la rue...L’ancien Premier ministre Yacouba Isaac Zida a été marqué par les épreuves et taillé dans l’austérité de la Transition politique qui n’est pas, certes, exempte de reproches. Toutefois, la Transition a été la matrice même de la démocratie féconde qui a accouché d’une alternance politique historique ayant favorisé aujourd’hui, l’arrivée au pouvoir de l’actuel gouvernement du Président élu Roch Marc Christian Kaboré". Et voilà ainsi le décor planté.

De l’affaire des parcelles de Ouaga 2000, le M/PRSCA estime qu’une certaine opinion va trop vite en besogne en accusant Zida, alors qu’il n’a pas été jugé et condamné :"Où mettons-nous la justice Burkina censée être indépendante depuis la chute du régime de l’Ivoirien Blaise Compaoré ? Où mettons-nous la présomption d’innocence ? " s’est-il demandé. Pour lui, Zida n’est pas formellement inculpé dans cette affaire. Il a alors rappelé que c’est ce dernier lui-même, qui le 04 décembre 2014 juste après sa nomination au poste de premier ministre, avait déclaré : "Si mon propre nom est cité dans une affaire, je vais démissionner et aller répondre. Je me mettrai à la disposition de la justice pour que la vérité soit faite. Personne n’est au-dessus de la loi". Et que c’est en joignant l’acte à la parole, que Zida a adressé quelques jours avant la fin de ses fonctions de Premier ministre, une lettre à l’Autorité supérieure de contrôle de l’Etat et de la lutte contre la corruption (ASCE/LC) pour solliciter un audit sur la période de la Transition.

Pour les conférenciers du jour, en demandant un réexamen des procédures de passation de plusieurs marchés et un audit financier couvrant cette période, le nouveau Président "Roch Marc Christian Kaboré n’a fait que réaliser la volonté de l’ancien Premier ministre. Où est donc l’os ?" s’est demandé Idrissa Nogo. Pour lui, la loi prévoit des conditions dans lesquelles il peut être dérogé à l’interdiction faite aux membres du gouvernement, de prendre part aux marchés et aux adjudications passées par l’administration, ni acheter ou prendre à bail tout ce qui appartient au domaine de l’Etat.

Sur les soupçons de blanchiment d’argent, le principal animateur du point de presse remarque qu’il ne s’agit que de simples soupçons, que le nom de Zida n’est nulle part cité et que "Les supposés auteurs de ces mouvements de capitaux suspects peuvent être à la fois les autorités de la Transition, les anciens patrons du gouvernement de l’Ivoirien Blaise Compaoré qui pourraient utiliser ces fonds crasseux pour financer le coup d’Etat militaire de septembre 2015 du général félon Gilbert Diendéré ; pour financer les subversives écoutes téléphoniques entre Djibril Bassolé et les autorités ivoiriennes ; pour financer les attentats terroristes de janvier 2016 et la série d’incendies des commerces à Ouagadougou ; pour financer les attaques des camps militaires et de dépôts de munitions dans les banlieues de la capitale" foi de l’orateur du jour.

Pour ce qui est de l’annulation du décret de nomination de Zida, le M/PRSCA se demande si "Les Burkinabè sont-ils amnésiques ou sont-ils de mauvaise foi ? Rappelons-nous que Yacouba Isaac Zida lui-même avait dit être en attente de confirmation ou d’infirmation de sa nomination par les autorités démocratiquement élues. En fin de fonction, Isaac Zida et Michel Kafando savent très bien qu’il ne leur revient pas à eux de faire publier le décret de nomination de Zida dans le journal officiel du Faso...Curieusement et contre toute attente, le 10 mars 2016, le décret de nomination de l’ancien chef du gouvernement est publié dans le Journal officiel (JO) ! Et comme pour rectifier une faute juridique, dès le 16 mars 2016, un autre décret est pris précipitamment par le gouvernement de Roch pour abroger celui portant nomination du général Yacouba Isaac Zida comme ambassadeur. Soit l’acte est jugé politiquement opportun, dans ce cas on le rend légal en le publiant et en le gardant ; soit il est sans objet, et on ne le publie pas...En tout cas, ni Yacouba Isaac Zida, ni Michel Kafando n’ont intimé l’ordre à quiconque de rendre public le décret de nomination dans le JO. Il y a donc administrativement et juridiquement une entorse opérée par le gouvernement et un tort causé à Isaac Zida. En droit cela s’appelle du
faux en écriture publique" a souligné Idrissa Nogo.

L’autre question d’actualité sur laquelle les journalistes ont tenu à avoir le point de vue du mouvement est celle relative à l’absence prolongée de Zida du pays. Alors que le délai de sa permission a expiré. Les journalistes ont voulu savoir si cela ne prouve pas qu’il se reproche vraiment des choses et que ce qui se dit sur son compte est vrai ?

"Nous avons des informations de Yacouba Isaac Zida. Rien que hier, un proche à lui confiait qu’il était au Canada auprès de sa famille et sa femme un peu souffrante. C’est un général qui sait ce que c’est la discipline militaire. Il rentrera en temps opportun au pays et s’expliquera. Seul lui peut répondre à votre question", a dit le conférencier.

Pour qui roule le M/PRSCA ? Ont demandé certains journalistes. Pour personne, foi du coordonnateur du mouvement. "Nous voulons qu’on publie la liste de ceux qui sont passés nuitamment prendre de l’argent afin qu’on puisse respirer et que tout soit clair" a répondu Idrissa Nogo.

Angelin Dabiré
Lefaso.net

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