Issouf et Mohamed, deux escrocs dans les filets de la Police judiciaire

dimanche 3 avril 2016 à 01h09min

Le Service régional de la police judiciaire (SRPJ) de Ouagadougou a mis le grappin sur deux présumés escrocs dont l’ingéniosité a permis d’embobiner plus d’une victime dans une affaire de jus de Moringa.

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Issouf et Mohamed, deux escrocs dans les filets de la Police judiciaire

Lemane Issouf et Mama Mohamed, deux escrocs au carnet d’adresses bien fourni, ont été mis hors d’état de nuire par le commissaire de Police Bonswindé Sankara, chef du SRPJ, et ses hommes. Le premier, âgé de 40 ans, se dit être employé de commerce et le second de nationalité étrangère dit être déclarant en douane. Le bon coup de filet de la police judiciaire intervient plus de trois mois après la plainte que le sieur Samba Boniface a portée le 25 novembre 2015 contre des inconnus.

L’étudiant, le docteur et le chauffeur

Selon le Commissaire Sankara, le mode opératoire de ces présumés est assez ingénieux. "Ils appellent la cible avec un numéro de téléphone français grâce au rooming. L’un d’entre eux se présente comme un étudiant burkinabè en France travaillant avec un docteur. Dans la majorité des cas, ce rôle est joué par Lemane Issouf", tient à souligner le chef de la SRPJ. Après avoir créé une sorte de familiarité avec son interlocuteur, il lui annonce que le laboratoire pour lequel il travaille a besoin de jus de Moringa, plante aux multiples vertus, pour la fabrication de médicaments.

Il dit ensuite à la victime que le docteur lui donnera de plus amples informations. C’est en ce moment que Mama Mohamed entre en scène en jouant le rôle du docteur, responsable du laboratoire NOVATIS. "Ce dernier communique à la victime le prix auquel le jus est acheté par la maison. 86 000 F CFA le litre par exemple. Il la met en contact avec une autre personne qu’il présente comme un chauffeur de la CAMEG à la retraite et connaissant la localité où le jus de Moringa peut être trouvé à un prix inférieur au prix précédemment communiqué", poursuit le Commissaire. Rappelons que ce chauffeur n’est autre que Lemane Issouf jouant également le rôle de l’étudiant.

Très vite, la victime trouve l’affaire alléchante car "la différence entre les deux prix vaut des millions de francs CFA", estime le chef de la SRPJ. Profitant donc de la crédulité du client, le chauffeur "fictif" demande à celui-ci de lui transférer par Airtel money l’argent nécessaire pour l’achat du produit. La victime s’exécute sans broncher. "Après, l’escroc lui demande une autre somme d’argent pour le conditionnement du produit par exemple". Le manège se poursuit jusqu’à ce que la victime se rende compte de l’escroquerie. A partir de ce moment, les deux bandits retirent les cartes SIM de leurs téléphones et deviennent injoignables.

Butin saisi

Au total, ce sont cinq personnes qui ont été bernées par les deux escrocs. Les hommes du Commissaire Bonswindé Sankara ont d’ailleurs découvert un cahier contenant la liste des victimes et leurs contacts téléphoniques et un annuaire du répertoire des 500 premières entreprises du Burkina Faso. Le nombre des personnes ayant été victimes de tentative d’escroquerie reste pour l’heure inconnu. La somme de 210 000 F CFA, 11 téléphones portables et 63 puces téléphoniques ont été également saisis au cours de l’enquête, informe le chef du SRPJ. Les deux escrocs seront conduits devant le Procureur du Faso près le Tribunal de Grande Instance de Ouagadougou.

Recourir aux conseils d’autrui

L’escroquerie est un phénomène qui prend de l’ampleur, constate le Commissaire Sankara. Même après avoir bouclé l’enquête, le Service régional de la police judiciaire continue d’enregistrer des plaintes pour escroquerie avec le même mode opératoire, fait remarquer son patron. Pour ce faire, il a lancé un appel à la vigilance en invitant la population à toujours recourir à des conseils lorsque des personnes leurs proposent des affaires via les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Les numéros verts restent ouverts. Le 16 pour la Police nationale, le 17 pour la Gendarmerie nationale et le 10 10 pour le centre national de veille et d’alerte (CNVA).

HBF
Lefaso.net

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