« Les dirigeants du MPP qui ont usurpé le pouvoir d’Etat n’ont jamais respecté la Constitution », Soumane Touré, président du PITJ

mercredi 30 mars 2016 à 22h39min

Cette année encore, le Parti de l’indépendance, du travail et de la justice (PITJ) a sacrifié à sa tradition de rentrée politique. Ce rendez-vous annuel qui s’est effectué au siège du parti sis au quartier Wemtenga, a été mis en exergue par les responsables du parti pour ausculter la vie politique nationale, de Blaise Compaoré au régime actuel en passant par la Transition. Nous vous proposons la déclaration liminaire de cette rentrée, effectuée sous forme de conférence de presse.

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« Les dirigeants  du MPP qui ont usurpé le pouvoir d’Etat n’ont jamais respecté la Constitution », Soumane Touré, président du PITJ

Déclaration liminaire

Le décor de notre rendez-vous a changé parce que nous voulons par là célébrer les cinquante deux (52) ans de notre parti et rendre hommage à deux militants émérites de notre parti qui nous ont quittés : le fondateur du PAI, Amirou Thiombiano et le premier secrétaire général adjoint du PITJ, Dr Sanou Zézouma Jean.
Décédé le 13 mars 1975, il y a 40 ans que le fondateur de notre parti, après avoir accompli sa part de tâche nous a laissé la direction du parti en nous prodiguant ses conseils. Amirou Thiombiano a tiré sa révérence, soulagé et convaincu d’un bel avenir de lutte pour le parti à cause de deux jeunes auxquels il a toujours fondé beaucoup d’espoirs : les camarades Soumane Touré et le Dr Sanou Zézouma Jean.
Le Dr Sanou Zézouma à son tour nous a quitté le 09 novembre 2015 après avoir également, dans la discrétion et brillamment accompli sa part.
Amirou Thiombiano et le Dr Sanou Jean nous ont laissé le brillant exemple d’engagement, de dévouement, de militantisme qui doivent nous inspirer.
Avant sa disparition prématurée, Amirou Thiombiano a partagé avec nous la conviction selon laquelle la longueur de la vie importe peu. Le plus important étant de donner un sens et un contenu à sa vie, tout devant être dans l’action au service de l’humanité. C’est par l’action que l’on conquiert l’éternité.
Ils ont œuvré de leur mieux, ils ont agi de leur mieux en s’efforçant d’être conséquents avec leur engagement. Qu’ils reposent en paix.
Pour notre part, nous nous efforcerons de faire avancer le projet de patriotisme, de démocratie, de progrès pour notre pays et pour l’Afrique qu’ils ont conçu et pour lequel ils ont œuvré en fondant le PAI devenu depuis 2011 le PITJ. Nous nous engageons pour ce faire, à mener de front toutes les luttes, surtout celles pour préserver le parti avec ses orientations, ses idéaux, ses principes et surtout son style. C’est l’hommage que méritent ces militants et dirigeants émérites.
En leur mémoire et en celles de tous ceux qui sont tombés dans la lutte au Burkina Faso et en Afrique, observons une minute de silence.

Chers invités
Mmes et Messieurs les représentants des organes de presse
Camarades

Nous vous souhaitons la bienvenue au rendez-vous annuel du 30 mars qui tient lieu de rentrée politique de notre parti, dont nous avons convenu depuis 2007 et que nous avons régulièrement honoré jusqu’en 2015.
L’année dernière, pour des raisons propres au parti, nous n’avons pas pu honorer à bonne date ce rendez-vous que nous avons néanmoins rattrapé le 12 juin 2015 en saisissant l’occasion du 14ème anniversaire de la Constitution du 02 juin 1991. Il fallait s’exprimer très clairement et fermement parce que la Constitution du 02 juin 1991 a été manipulée, malmenée et bafouée aussi bien par le régime antérieur de Blaise COMPAORE que par la prétendue transition qui a été instaurée après la démission de Blaise COMPAORE.
Les analyses, les réflexions et les propositions pour une transition pacifique, démocratique et républicaine, que notre parti a faites le 12 juin 2015 pour le respect de la Constitution, l’instauration et la consolidation d’une démocratie véritable dans notre pays nous ont valu d’être interpellés, gardés à vue et menacés d’être inculpés et déférés a la Maison d’Arrêt et de Correction de Ouagadougou (MACO) au mépris de tous nos droits constitutionnels.
Et pourtant, avec le recul et au fil des coups d’Etat et des évolutions politiques, même nos adversaires les plus irréductibles de l’intérieur comme de l’extérieur sont obligés de reconnaître que c’est véritablement à une réflexion de haut niveau sur notre processus démocratique, sur la paix et la stabilité de notre pays que nous conviions tous les citoyens du Burkina Faso, civils comme militaires.

C’est le lieu de féliciter et de remercier tous ceux de l’intérieur et de l’extérieur qui se sont indignés du bafouement des droits et devoirs constitutionnels de notre parti par les responsables de la prétendue transition. Leurs réactions les honorent en tant que démocrates auxquels les libertés individuelles et collectives sont chères.
Nous avons été sensibles aux réactions indignées de personnalités politiques extérieures, de chefs d’Etat et singulièrement à celles du Vatican.

Chers invités
Mesdames et Messieurs les représentants des organes de presse
Camarades

Au fil de nos rendez-vous annuels de 2007 à 2015, vous avez eu connaissance des réflexions, des analyses et des prises de positions argumentées sur la base de la Constitution de notre parti sur les grandes questions politiques en débat.
A l’origine du mouvement de résistance à la modification de l’article 37, vous aurez noté la position intransigeante de notre parti aux côtés de l’Eglise catholique. Cette position intransigeante trouve son fondement dans le principe de droit qu’avait invoqué le Collège des Sages pour obliger Blaise COMPAORE et sa majorité CDP à l’Assemblée à rétablir l’article 37 dans ses dispositions premières. Ce principe de droit énonce qu’aucune assemblée dérivée ne peut modifier la volonté première du constituant originel qu’est le peuple. C’est ce principe que notre parti a opposé au mot d’ordre de la suppression du Sénat qu’a lancé le CFOP qui avait la prétention de diriger le mouvement de résistance à la modification de l’article 37 et au respect de la Constitution par Blaise COMPAORE et son CDP. Par ailleurs, nous avons démontré qu’il était urgent de mettre le Sénat en place pour ne pas ouvrir un boulevard aux putschistes. En effet, le Sénat, dans la conjoncture du moment et compte tenu des évolutions en perspective, était l’Assemblée de la transition et son président devait être le président du Faso par intérim en cas de vacance de la présidence pour quelque raison que ce soit.
L’intransigeance de notre parti pour le respect de la Constitution lui a interdit de se mêler du mouvement de résistance conduit par le CFOP.
C’est cette même intransigeance qui nous a commandé et qui nous commande de rejeter et de condamner la transition telle que installée après la démission de Blaise COMPAORE ainsi que les organes qui en sont issus, et tout ce qu’ils ont fait jusqu’à l’organisation des scrutins.
Le principe de droit qui a été opposé à Blaise COMPAORE pour l’obliger à rétablir l’article 37 est le même principe qui lui a été opposé, le contraignant à la démission. Ce même principe doit être opposé à la prétendue transition, à ces organes, et à tout ce qu’elle a fait, notamment l’organisation du scrutin couplé du 29 novembre 2015.
Rappelons encore ce principe : aucune Assemblée dérivée ne peut modifier la volonté première du constituant originel qu’est le peuple.
La prétendue transition n’a pas obéi aux prescriptions de l’article 43 de notre Constitution. Elle a violé également la loi relative aux forces armées nationales et aux instruments internationaux que le Burkina Faso a ratifiés. C’est pourquoi, conformément à l’article 166 de la Constitution :

-  Tous les militaires qui ont participé aux coups d’Etat du Général TRAORE Honoré, du Lieutenant Colonel Isaac ZIDA et du Général Gilbert DIENDERE doivent être poursuivis et sanctionnés ;
-  Tous ceux qui ont contribué à la rédaction et l’adoption de la Charte de la transition, tous ceux qui ont contribué à la mise en place de cette transition doivent être poursuivis et sanctionnés pour violation de la Constitution ;
-  Tous les partis politiques et toutes les OSC qui ont pris part ou soutenu la transition doivent être poursuivis et sanctionnés ;
-  Tous ceux qui ont participé aux organes de la transition doivent être poursuivis et sanctionnés pour complicité d’atteinte à la Constitution ;
-  Les autorités religieuses et coutumières qui ont approuvé, soutenu et participé à la transition et à ses organes doivent être poursuivies et sanctionnées ;
-  L’Assemblée nationale et le gouvernement mis en place doivent être dissouts ;

En clair la transition et tout ce qu’elle a fait doivent être déclarés nuls et de nul effet.
Pour parler simple en empruntant à notre premier président Maurice YAMEOGO, il faut se dresser dans une désobéissance civile contre le ‘’Tampiisme, ’’le Bazaisme’’ et le ‘’Wigouisme ’’tout court.
Il faut aller en désobéissance civile afin que notre peuple renoue avec une vie constitutionnelle normale.
Le PITJ lance un appel aux jeunes et à notre peuple à se mobiliser massivement dans une action de désobéissance civile pour exiger des forces armées et de sécurité (FDS) qu’elles rétablissent l’ordre constitutionnel qu’elles ont rompu après la démission de Blaise COMPAORE.
Les jeunes et notre peuple doivent se mobiliser et exiger des forces de défense et de sécurité (FDS) qu’elles mettent aux arrêts pour être jugé, sanctionné le Général P. ZAGRE, Chef d’Etat-major général des armées qui, par son incapacité à trouver une solution conforme à la Constitution, aux lois et aux règlements de l’Armée, aux conflits ayant opposé les éléments de l’ex-RSP provocant ainsi la débâcle des forces armées et de sécurité.

Le PITJ invite les jeunes et notre peuple à se mobiliser massivement dans un mouvement de désobéissance civile pour exiger des forces armées et de sécurité (FDS) qu’elles organisent le retour pacifique au pays de Blaise COMPAORE et de tous les exilés de l’ex-RSP.
Le PITJ invite les jeunes et le peuple à se mobiliser massivement pour exiger des forces de défense et de sécurité (FDS) qu’elles organisent un forum vérité, justice et réconciliation pour permettre à notre peuple de renouer pacifiquement avec une vie constitutionnelle normale.

Notre pays est plongé dans une grave crise et dans l’insécurité avec la situation lamentable que tout le monde peut observer au niveau des forces de défense et de sécurité.
Cette situation de crise exige de chacun et de tous, une grande mobilisation et une action vigoureuse pour éviter que pour un rien notre pays ne bascule dans l’instabilité et la violence.
Les dirigeants du MPP qui ont usurpé le pouvoir d’Etat n’ont jamais dans leur passé politique respecté la Constitution. Notre parti, en 2009, dans une lettre de 54 pages adressée à Roch Marc Christian Kaboré, Président de l’Assemblée nationale à l’époque a dénoncé les lois contraires à la Constitution que tous les groupes parlementaires avaient initiées et adoptées. Aussi en 2010, lorsque Roch Marc Christian Kaboré a rendu publique la résolution de son parti, le CDP, de tout mettre en œuvre pour modifier l’article 37, notre parti avait dénoncé leur intention de porter atteinte à la Constitution en l’invitant à sortir de sa couardise pour trouver un autre candidat en remplacement de Blaise Compaoré.
Les dirigeants du MPP, bien avant d’arriver au pouvoir, ont promis d’instaurer un régime parlementaire dans notre pays, donc de ne pas respecter la Constitution de la quatrième république. C’est pourquoi Roch Marc Christian Kaboré s’est cru autorisé à clamer dans son discours d’investiture devant le Conseil Constitutionnel et tous les chefs d’Etat réunis que dans six mois, il passera à la cinquième république. Avait-il oublié que dix minutes avant, il avait prêté serment sur son honneur de préserver la Constitution, de la respecter et de la faire respecter. Il venait donc ainsi de violer son serment de préserver la Constitution. Il venait également de violer la Constitution de la quatrième république qui ne prévoit pas qu’un parti politique isolement, même majoritaire, puisse prendre la décision de la modifier.

Le Conseil Constitutionnel aurait dû le déchoir sur-le-champ.

Cette déclaration de passage à la cinquième république dans les circonstances où elle a été faite est une atteinte grave à la Constitution. La presse écrite là comprise ainsi et n’a pas cru bon la faire figurer dans la retranscription du discours d’investiture.
Il faut arrêter Roch Marc Christian Kaboré et son MPP dans leur fuite en avant pour passer à la cinquième république dans le seul but de couvrir leurs crimes d’atteinte à la Constitution de la quatrième république. Ils s’empressent également d’organiser les élections municipales pour couvrir la complicité d’atteinte à la Constitution qu’ont commise les maires CDP qui se sont réunis à Koudougou pour soutenir Blaise Compaoré dans son projet de modification de l’article 37. Par la même occasion, ils veulent couvrir les crimes économiques commis dans la gestion communale ; ils veulent ainsi couvrir les maires prévaricateurs, Simon Compaoré ayant présidé pendant dix sept ans l’Association des Maires et Municipalités du Burkina (AMBF) a connaissance des quatre grands rapports sur la gestion municipale qui l’incriminent lui-même. Simon Compaoré, l’impuissant Ministre de la Sécurité Intérieure face aux Kogl-wéogo ne trouve pas mieux que de libérer des maires prévaricateurs du CDP de la MACO pour aider le MPP à remporter les élections municipales à venir.
Blaise Compaoré et son dernier gouvernement ont été mi en accusation. Avec eux, tous les députés, ministres et responsables du CDP ont vu leurs candidatures invalidées par le nouveau code électoral. Logiquement, tous les maires CDP devraient être sanctionnés pour complicité d’atteinte à la Constitution et leurs candidatures et leurs participations aux élections municipales invalidées et interdites. Voici pourquoi le pouvoir usurpateur du MPP avait formé le projet de coupler les élections municipales avec le référendum.
Il faut donc arrêter Roch Marc Christian Kaboré et son MPP dans leur fuite en avant parce qu’ils vont droit dans le mur comme Tandja. Faute de quoi, dans trois mois, le pays risque de basculer dans l’instabilité et l’insécurité à l’occasion de la campagne référendaire pour l’adoption de leur nouvelle Constitution.
Au Burkina Faso comme dans la plupart des pays africains, les atteintes à la Constitution ont provoqué de graves crises tournant quelquefois à la guerre civile. Les auteurs des atteintes à la Constitution étant très souvent aussi les auteurs de crimes de sang et des graves crimes économiques qui mettent les pays à genoux et entraînent la paupérisation de plus en plus grande des populations.

Chers invités
Mesdames et Messieurs les représentants des organes de presse
Camarades
Jeunes du Burkina Faso,
Peuple du Burkina Faso,

Nous n’avons pas le droit, par peur, par opportunisme, par corruption ou par lâche soulagement d’accepter les politiques de fait accompli. Nous ne pouvons pas croiser les bras et de laisser faire les criminels qui ont porté et porte toujours atteinte à la Constitution. De laisser faire ceux qui ont pillé pendant 27 ans et s’apprêtent à nouveau à piller les ressources nationales.
C’est pourquoi il faut se mobiliser pour exiger des forces de défense et de sécurité qu’elles rétablissent l’ordre constitutionnel et républicain dont ils sont à la base du bafouement, elles qui ont été les premières a porter atteinte à la Constitution en refusant de faire application de l’article 43.

Le PITJ comme par le passé, conscient de ses responsabilités et de ses devoirs, livre à l’attention de tous les citoyens de notre pays, civils comme militaires, LES EXPLICATIONS ET LES JUSTIFICATIONS LEGALES DE LA DESOBEISSANCE CIVILE à laquelle il appelle.
Les crimes de sang et les crimes d’atteinte à la Constitution sont des crimes imprescriptibles.
Toute la vérité et la vraie justice pour tous sont nécessaires pour que notre peuple se réconcilie avec lui-même, avec sa Constitution et avec tous les autres peuples d’Afrique et du monde.

LES EXPLICATIONS ET LES JUSTIFICATIONS LEGALES DE LA DESOBEISSANCE CIVILE

La quatrième république a marqué le printemps de la presse et la floraison des organes de presse de tous ordres au point que tout le monde parle de la presse comme quatrième pouvoir après celui de l’Exécutif, du Législatif et du Judiciaire. Il est donc juste de s’interroger sur la qualité de ce quatrième pouvoir, de son indépendance par rapport aux autres pouvoirs, surtout par rapport aux pouvoirs d’argent, de se demander ce que les femmes et les hommes des médias font de ce pouvoir. Il n’y a que dans l’Etat de droit démocratique que la presse peut s’épanouir et jouer pleinement son rôle. C’est la Constitution qui garantit les libertés individuelles et collectives dont la liberté d’opinion et d’expression d’où la presse libre tire son existence. Lorsque cette Constitution est malmenée, bafouée, violée et remise en cause, quelles doivent être les réactions des organes de presse, des femmes et des hommes de médias ? Il ne faut jamais se faire l’illusion que la liberté de presse peut exister isolément. Pour mieux comprendre cela, il suffit d’interroger le doyen Edouard Ouédraogo dont le journal a survécu aux régimes d’exception. Il vous relatera certainement comment depuis le 03 janvier 1966, les organisations syndicales, épine dorsale du mouvement démocratique et notre peuple se sont toujours dressés contre les différents régimes pour exiger la garantie et l’élargissement des libertés individuelles et collectives, des libertés syndicales, et toujours, le retour à une vie constitutionnelle normale. C’est la Constitution qui garantit toutes les libertés.
Lorsque la Constitution est bafouée, violée ou remise en cause, toutes les libertés sont aussi bafouées, violées ou remises en cause. On peut s’attendre donc à ce que la liberté d’opinion et d’expression, la liberté de presse soient remises en cause. Du reste, les organes de presse, les femmes et les hommes de médias en ont fait l’expérience sous la transition pour être plus près de nous.
Les femmes et les hommes de médias et les jeunes de notre pays sous cette quatrième république avaient l’excuse de la jeunesse et de l’inexpérience, et ce jusqu’en 2010.
A partir de 2010, les jeunes et les hommes de médias ont compris l’importance du respect de la Constitution pour l’instauration d’un Etat de droit véritable.
Lorsque Rock Marc Christian Kaboré qui présidait le CDP a annoncé leur résolution de modifier l’article 37, les jeunes et les hommes de médias, timidement et avec hésitation, se sont engagés dans la lutte pour le respect de la Constitution. Avec détermination et massivement, ils se sont engagés dans la lutte contre la modification de l’article 37 jusqu’à l’insurrection qui a provoqué la démission de Blaise Compaoré. Acte héroïque accompli au prix de sacrifices en vies humaines pour le respect de la Constitution. Pouvaient-ils accepter après cela le coup d’Etat du Lt. Cl. Zida qui a suspendu toute la Constitution alors qu’ils ont refusé que Blaise Compaoré en modifie un seul article ?
Alors, comment ont-ils pu manquer de vigilance au point d’accepter que le Lt. Cl. Zida et sa clique, tout en maintenant la Constitution suspendue, se trouve des acolytes pour ne pas faire application de l’art.43 de la Constitution ?
Comment ont-ils pu manquer de vigilance au point d’accepter un Etat d’exception bâtard en guise de transition ?
La désobéissance civile dans laquelle ils s’étaient engagés pour exiger de Blaise Compaoré le respect strict de la Constitution devait se poursuivre en toute logique. A défaut de continuer la lutte pour le respect de la Constitution, le but qui était l’espoir d’instaurer un Etat de droit démocratique véritable n’a pas été atteint. Par des manipulations, les jeunes et le peuple ont été dressés par le Lt Cl Zida et ses acolytes contre le coup d’Etat du Gal Diendéré qui ne s’attaquait pourtant pas à la Constitution ni ne visait la prise du pouvoir mais était plutôt une critique du premier coup d’Etat du RSP et de la gestion de la transition.
Cette manipulation a permis au Lt. Cl. Zida et à ses acolytes de balayer l’obstacle qui les empêchait de transmettre le pouvoir au MPP conformément au deal dont ils étaient convenus dès l’adoption de la Charte de la transition.
Rappelons que notre parti avait dénoncé la Charte qu’il qualifiait d’entente entre putschistes civils et militaires.
Le pouvoir MPP, présidé par Rock Marc Christian Kaboré est par conséquent un pouvoir usurpé, un pouvoir putschiste, contraire à la Constitution.
Le pouvoir usurpé du MPP doit être impérativement remis en cause pour permettre à notre peuple non seulement de renouer avec la Constitution, mais aussi de lui permettre de construire un Etat véritablement démocratique. Cela peut se réaliser en toute légalité et conformément à la Constitution et de la manière la plus pacifique. C’est la transition décriée elle-même qui en indique la voie et les procédures.

Chers invités,
Mesdames et messieurs les représentants des organes de presse ;
Jeunes du Burkina Faso
Peuple du Burkina Faso

Il est urgent et important de comprendre et d’intérioriser la grave crise multidimensionnelle dans laquelle est plongé notre pays à cause des violations répétées de la Constitution et des lois depuis la démission et le départ de Blaise Compaoré.
De ce fait, toutes les institutions ont été déstabilisées et décrédibilisées. Le pays est profondément divisé et même l’Armée et les forces de sécurité jusque-là considérées comme la seule force organisée, hiérarchisée et disciplinée devant servir de dernier rempart, sont en pleine débâcle.
Certains éléments de l’Armée sont retenus prisonniers ; d’autres ont fui en exil et n’ont pas vocation à y rester ; il y en a qui, armés, errent à travers le pays ; enfin, il y a ceux, comme le Lt. Cl. Zida, M’BA Michel Kafando et SyChériff qui cherchent à se faire la malle avec le butin et les décorations qu’ils ont accumulés sous la transition. Ils veulent s’enfuir après avoir installé par des moyens frauduleux et contraires à la Constitution le MPP au pouvoir, à charge pour ce dernier de couvrir leurs arrières.
Le peuple, pour conjurer la guerre civile doit reprendre ses droits en renouant avec la Constitution qui est l’expression de sa volonté. Le peuple doit exiger le respect et l’application de la Constitution en sanctionnant tous ceux qui ont porté atteinte à cette Constitution conformément à l’art.166.

LA REMISE EN CAUSE DU POUVOIR USURPE PAR LE MPP POUR RETABLIR UNE VIE CONSTITUTIONNELLE NORMALE

Pour renouer avec une vie constitutionnelle normale, cela passe obligatoirement par la remise en cause du pouvoir usurpé par le MPP.
Il est possible de réaliser pacifiquement et de façon républicaine cette opération de remise en cause qui est de salut public. C’est l’Etat d’exception bâtard instauré par la prétendue transition qui en indique lui-même les moyens et les voies légales.
Blaise Compaoré et son dernier gouvernement ont formé le projet de modification de l’art.37. Mal leur en prit. Ils ont été contraints à la démission.
Ce qui est important à retenir, c’est qu’ils ont été poursuivis et mis en accusation devant la Haute Cour de Justice pour être sanctionnés pour cette tentative d’atteinte à la Constitution.
Le Gal Diendéré et le RSP ont fait un coup d’Etat le 16 Septembre 2015. Bien que présentés comme des brutes sanguinaires, le Gal Diendéré a reconnu que dans l’Etat de droit démocratique, les Coup d’Etat ne sont pas autorisés et a demandé aux éléments du RSP de déposer les armes. Il s’est rendu lui-même pour répondre politiquement de ses actes devant la justice.
En s’appuyant sur ces deux exemples de traitement pacifique, légal, dans le respect des droits des uns et des autres, le peuple doit exiger et obtenir la sanction de tous les actes d’atteinte à la Constitution quels qu’en soient les auteurs.
Dans cet esprit, les jeunes et le peuple doivent exiger la poursuite et la sanction de tous les auteurs d’atteinte à la Constitution :

La poursuite et la sanction de tous les officiers supérieurs de l’Armée qui se sont regroupés autour du général Honoré Traoré et qui ont désobéi aux ordres du chef suprême des Armées
Après l’échec de sa tentative de modification de l’art.37, Blaise Compaoré, contraint dans sa déclaration de démission, ordonné la mise en œuvre de l’art.43 de la Constitution.
En cela, ils ont non seulement désobéi aux ordres du Chef suprême des Armées, mais aussi commis le crime d’atteinte à la Constitution. Il s’est trouvé dans notre Armée des officiers regroupés autour du Gal Nabéré Honoré Traoré pour commettre la félonie et la forfaiture de non application de l’art.43 de la Constitution. Ces officiers supérieurs doivent donc être identifiés et poursuivis pour désobéissance et incitation des troupes à la désobéissance, à l’indiscipline et à la rébellion.
Ces officiers félons regroupés autour du Gal Nabéré Honoré Traoré sont ceux-là qui ont provoqué le déraillement du processus constitutionnel démocratique dans notre pays après la démission de Blaise Compaoré pour n’avoir pas cherché les voies et moyens d’application de l’art.43 de notre Constitution conformément à l’ordre régulier et légal donné par Blaise Compaoré encore Président du Faso, Chef Suprême des Armées et Ministre de la Défense.
La conséquence la plus grave et la plus immédiate de la félonie et de la forfaiture de ces officiers a été le coup d’Etat du 1er Novembre 2014.

Le premier coup d’Etat du RSP du Lieutenant-Colonel Zida

Les officiers supérieurs regroupés autour du Gal Nabéré Honoré Traoré n’ont pas obtempéré à l’ordre du Chef Suprême des Armées Ministre de la Défense. Pourtant, la discipline étant la force première des armées, ils ne se rendaient pas compte que par leur acte grave de désobéissance, ils bafouaient la hiérarchie et ouvraient la voie à l’indiscipline dans l’Armée.
C’est ce que leur rappela quelques heures seulement après, le RSP qui, fort de sa cohésion, de son esprit de corps et de sa puissance de feu, perpétra le coup d’Etat du 1er Novembre 2014. Apeurés et transis, ces officiers se virent obligés d’entériner le coup d’Etat et, suprême humiliation, d’accepter le Lt-Cl Zida comme Chef de l’Etat, Chef suprême des Armées. Il n’y a donc rien d’étonnant que, chemin faisant, grisé par la peur qu’il a inspirée à ces officiers supérieurs félons, le Lt Cl Zida s’octroie en fin de course le grade de Gal avec suffisamment d’étoiles pour être à leur hauteur ou au-dessus d’eux.
Ce premier coup d’Etat du RSP a bel et bien été un coup d’Etat militaire classique dans la tradition des coups d’Etat perpétrés par notre Armées depuis le 03 janvier 1966. Dans la proclamation, au nom des forces de défense et de sécurité, on retiendra que la constitution a été suspendue, l’Assemblée nationale et le gouvernement dissouts et le Lt Cl Zida fait Chef de l’Etat.

Pour ces actes contraires d’atteinte à la constitution, leurs auteurs dans les rangs des forces de défense et de sécurité doivent être identifiés, poursuivis et sanctionnés conformément à l’art.166 de la Constitution.
De même, toutes les autorités coutumières et religieuses qui se sont rassemblées au palais du Morho Naaba "empereur des mossé, ethnie majoritaire", pour recevoir et adouber le Lt cl Zida doivent être poursuivies et sanctionnées.
Toutes ces autorités coutumières et religieuses qui ont pris la photo de famille sur le perron du palais du Morho Naaba doivent être poursuivies et sanctionnées pour complicité de coup d’Etat et d’atteinte à la Constitution.

Elles doivent être poursuivies et sanctionnées quels que soient les bonnets dont elles sont affublées parce que ce sont des citoyens burkinabè. Elles sont même des citoyens très particuliers parce qu’elles ont vocation à incarner les valeurs ancestrales et religieuses. A ce titre, elles ont participé à la commission constitutionnelle qui a rédigé et proposé au peuple qui l’a adoptée, la Constitution du 02 juin 1991. A ce titre toujours, elles ont fait partie du Collège des Sages qui a imposé à Blaise Compaoré le rétablissement de l’article 37 au motif qu’aucune assemblée dérivée ne peut modifier la volonté première du constituant originel.
Comment pouvaient-elles donc accepter que le Lt cl Zida et sa clique qui ont provoqué des morts et des blessés parmi les insurgés se présentent à elles pour leur annoncer leur prise du pouvoir et la suspension de toute la Constitution ?
Blaise Compaoré, Président du Faso, premier citoyen, premier magistrat du Faso est inculpé et poursuivi devant la Haute Cour de justice pour son projet de modification de l’article 37, pour atteinte à la Constitution. Peut-il y avoir de citoyens plus prestigieux pour être hors des poursuites judiciaires ?
Les autorités coutumières et religieuses pouvaient-elles s’autoriser le bafouement et la violation de la Constitution, alors qu’elles y ont fait inscrire les valeurs ancestrales et religieuses ?
Du reste, bien que ce coup d’Etat ait été désapprouvé et rejeté par l’opinion publique nationale et internationale, les autorités coutumières et religieuses ont continué d’apporter leur soutien aux putschistes militaires et civils qui vont libérer leur génie et se donner la main pour perpétrer un autre coup d’Etat.

Le coup d’Etat militaro-civil fondé sur la Charte de la transition

C’était une idée fixe chez tous les putschistes militaires et civils de tourner le dos à la Constitution et de ne pas faire application stricte de l’art.43 pour établir une transition conforme à la Constitution qui devait être l’unique référence de l’ordonnancement politico-administratif du pays.
Sous des prétextes purement subjectifs et dangereux pour la cohésion nationale, ils entreprirent d’élaborer une Charte de la transition sur la base de laquelle ils ont installé une transition en violation de la Constitution.
Pourtant, la transition prescrite dans la Constitution à l’art.43 était simple et facile d’application. Suite à la vacance du pouvoir consécutive à la démission de Blaise Compaoré, la disposition transitoire introduite dans la Constitution en attendant la mise en place du Sénat fait du Président de l’Assemblée Nationale le président de l’institution parlementaire devant présider la transition.
Force devant rester à la loi, surtout à la loi fondamentale en ces moments graves, il fallait donc amener Soungalo A. Ouattara et lui faire prêter serment devant le Conseil Constitutionnel.
Au cas où il aurait été mort ou introuvable, l’Assemblée avait cinq vice-présidents qui le suppléaient, même de l’opposition, et le choix du président pour la transition n’aurait pas été compliqué. On a prétendu que le peuple n’aimait pas les membres de l’ancienne assemblée . . . même donc ceux de l’opposition !
Dans la mesure où l’application de la disposition transitoire ne convenait pas subjectivement aux uns et autres, pourquoi n’avoir pas envisagé simplement la mise en place du Sénat telle que prévue par la Constitution, ce qui aurait eu l’avantage de doter la transition à la fois d’un président et d’une Assemblée.
C’est ce que notre parti appréhendait lorsqu’il a dénoncé le vide institutionnel fabriqué pour exiger la mise en place rapide du Sénat pour ne pas ouvrir un boulevard aux putschistes. C’est pourquoi aussi le PITJ a dénoncé le mot d’ordre « Non ! Au Sénat » comme une atteinte à la Constitution. Et c’est pourquoi aussi notre parti a refusé de prendre part aux manifestations de protestation à la modification de l’art.37 organisées par le CFOP. Nous avions prévenu que s’opposer à la mise en place du Sénat par quelque moyen que ce fût, relevait de l’invitation à porter atteinte à la Constitution, créer un vide institutionnel dangereux dans l’évolution politique de notre pays. Voici qu’après la démission de Blaise Compaoré, le Sénat n’étant pas mis en place, l’institution pour asseoir une transition conforme à la Constitution à fait défaut parce qu’on avait passé le temps à crier dans les rues « Non ! Au Sénat ». La mise en place du Sénat avait pourtant démarré avec l’élection des sénateurs au niveau régional. Il ne restait que les autres membres à désigner pour compléter à 90 le nombre des sénateurs. Certaines composantes avaient même déjà désigné leurs représentants au Sénat. Où résidait donc la difficulté à mettre le Sénat en place, pour qu’on se lance dans des constructions contraires à la Constitution en guise d’organes de la transition ?
Par conséquent, avant de poursuivre notre propos sur le coup d’Etat civilo-militaire, il faut exiger que soient identifiés tous ceux qui, avec le CFOP, ont élaboré et mis en œuvre le mot d’ordre « Non ! au Sénat » pour être également poursuivis pour atteinte à la Constitution et obstruction à la mise en place du Sénat.
Le projet de modification de l’art.37 de Blaise Compaoré n’a pas abouti, mais lui et son dernier gouvernement ont été mis en accusation. Alors, a fortiori, il ne peut être fait indulgence aux partis membres du CFOP et aux organisations de la société civile dont le projet d’obstruction de la mise en place du Sénat a abouti et fait le lit au coup d’Etat militaro-civil fondé sur la Charte de la transition.
Examinons à présent le coup d’Etat civilo-militaire fondé sur la Charte de la transition.
Le PITJ a analysé la Charte de la transition comme contraire à la Constitution et comme la codification de l’entente entre les putschistes civils et militaires. En effet, la Constitution en son art.43 comme l’a rappelé Blaise Compaoré, préconise clairement les procédures de mise en place de la transition en cas de démission du Président du Faso.
La Charte de la transition telle que établie ne s’appuie pas sur les dispositions de l’art.43 de la Constitution pour les adapter aux circonstances du moment. Au contraire, la Constitution est demeurée suspendue durant tout le temps de la rédaction et de l’adoption de la Charte par ses auteurs. C’est dire donc que les auteurs de la Charte ne se sont à aucun moment référés à la Constitution. Cependant, la Charte après son adoption avait la prétention d’être un complément à la Constitution et même d’être une norme supérieure à la Constitution en cas de conflit entre cette Charte et la Constitution.
Tous ceux qui ont élaboré et adopté la Charte de la transition n’avaient pourtant pas la qualité et la compétence pour modifier la Constitution en y ajoutant ou en y retranchant quoi que ce soit. La Constitution stipule clairement les procédures pour sa révision, de même que ceux qui peuvent engager ces procédures. Il n’est nul part stipulé dans la Constitution que des représentants d’insurgés, même associés à d’éminents juristes peuvent fabriquer un substitut à la Constitution ou s’autoriser à la triturer.
La Charte de la transition est une violation de la Constitution, elle viole la loi portant Charte des partis politiques, elle viole la loi portant statut général des personnels des forces armées nationales. En outre, la Charte de la transition viole gravement les instruments internationaux auxquels le Burkina Faso est partie, notamment : la Charte Africaine de la Démocratie, des Elections et de la Gouvernance, le Protocole de la CEDEAO sur la Démocratie et la bonne Gouvernance et la Déclaration de Bamako de la Francophonie. En voici la démonstration.

Les auteurs de l’élaboration et de l’adoption de la Charte de la transition se gargarisaient de mots pour convaincre que leur Charte a été le résultat d’un consensus national. Ce qui est loin de la réalité.
A preuve, la Déclaration de Bamako de la Francophonie prescrit qu’il faut le consensus pour l’adoption des textes fondamentaux avec la participation de tous les partis politiques.
Sur 106 partis politiques reconnus légalement au lendemain de l’insurrection, seulement 33 ont été invités à participer au débat ayant abouti à l’élaboration et à l’adoption de la Charte de la transition. Pourtant la Charte des partis politiques stipule à son art. 27 que « tout parti légalement reconnu a le droit de participer à tous les débats concernant la vie nationale » ; ce qui n’est que la reprise des dispositions de l’art.13 al.4 de la constitution qui stipule : « tous les partis politiques sont égaux en droits et en devoirs ».
Le consensus est donc clairement défini par la Déclaration de Bamako de la Francophonie qui ne contredit pas les dispositions de notre Constitution (article 13 al. 4) et la Charte des partis politiques (art.27). Il n’y a donc pas eu un consensus national pour l’élaboration et l’adoption de la Charte de la transition. L’on peut également noter que ni la Déclaration de Bamako de la Francophonie ni notre Constitution ni la Charte des partis politiques ne prévoient la participation des OSC à la formation du consensus national.
L’élaboration et l’adoption de la Charte de la transition ne sont que l’œuvre des seuls putschistes civils du CFOP et des organisations de la société civile qui leur sont alliées. Ils ont fait la navette auprès du Lt. Cl. Zida et sa clique pour en négocier les termes jusqu’à parfait accord.

Le PITJ ne s’est donc pas trompé en qualifiant la Charte de la transition d’entente entre putschistes civils et militaires.
La mise en place des organes de la transition est plus révélatrice de la volonté délibérée de violer la Constitution et les lois nationales de même que le mépris des instruments internationaux. Pourtant les représentants de la communauté internationale ont donné leur caution et leur soutien à la Charte de la transition. En voici des preuves flagrantes.
Au CNT, sur les 90 membres, la Charte de la transition octroie 30 sièges aux 33 partis affiliés au CFOP et 10 sièges aux autres partis légalement reconnus qui se sont pris à leur jeu. C’est bel et bien une violation flagrante de la Constitution (art.13 al 4) et de la Charte des partis politique (art.27). C’est également une violation du principe du pluralisme politique reposant sur le droit à l’égalité de tous les partis politiques légalement constitués prescrit par la Charte Africaine de la Démocratie, des Elections et de la Gouvernance en ses art.3 et 10.
Pour faire entrer les putschistes militaires au CNT comme dans le gouvernement, les auteurs de la Charte de la transition ont octroyé 25 sièges aux forces armées de défense et la sécurité, violant ainsi la loi portant statut général des personnels des forces armées nationales en ses art. 3 et 6 qui précisent clairement que les militaires de carrière en activité de service sont tenus de demander la mise en disponibilité avant d’exercer leurs droits et libertés politiques qui leur sont interdits.
Le plus grave, en faisant entrer au CNT 25 membres des forces de défense et de sécurité et en faisant entrer le Lt. Cl. Zida et les colonels BA et Barry au gouvernement, les auteurs de la Charte de la transition ont violé la Charte Africaine de la Démocratie, des Elections et de la Gouvernance en son art. 25 qui stipule : « les auteurs de changements anticonstitutionnels ne doivent pas occuper des postes de responsabilité dans les institutions politiques de leur Etat ».
N’est ce pas bel et bien le Lt cl Zida, flanqué des colonels Ba et Barry, entouré des généraux et autres qui ont apparu sur les écrans des télévisions pour faire la proclamation par laquelle les forces de défense et de sécurité ont pris le pouvoir, suspendu la constitution, dissout l’Assemblée nationale et le gouvernement et désigné le Lt cl Zida comme Chef de l’Etat.
Selon donc l’article 25 de la Charte Africaine de la Démocratie, des Elections et de la Gouvernance, le Lt cl Zida ne pouvait pas revenir dans le gouvernement de la transition a fortiori comme premier Ministre et Ministre de la Défense. Il en est de même des colonels Ba et Barry, respectivement aux postes de Ministre de l’Energie, des Mines et des Carrières et de celui de l’Administration Territoriale et de la Sécurité.
La Charte de la transition était bel et bien contraire à la Constitution, aux lois et aux instruments internationaux auxquels le Burkina Faso a souscrits.
Par conséquent, tous ceux qui ont participé à l’élaboration et à l’adoption de la Charte de la transition, le Conseil Constitutionnel présidé par Millogo Dé Albert qui l’a approuvée comme conforme à la Constitution et reçu les serments de M’Ba Michel Kafando et des membres du CNT, sont coupables d’atteinte à la Constitution et doivent être poursuivis et sanctionnés conformément à l’art. 166 de la constitution.
Il doit en être de même pour tous les partis membres du CFOP, les OSC qui ont participé, approuvé et soutenu la Charte de la transition, les autorités religieuses et coutumières qui ont approuvé et cautionné la Charte de la transition, tout ce beau monde, coupable d’atteinte à la Constitution et d’avoir instauré un changement anticonstitutionnel doit être poursuivis et sanctionné conformément à l’art.166 de la constitution du 02 juin 1991 qui stipule : « la trahison de la Patrie et l’atteinte à la Constitution constituent les crimes les plus graves commis à l’encontre du peuple » et conformément à l’art. 25 de la Charte Africaine de la Démocratie, des Elections et de la Gouvernance qui dispose : « les auteurs de changements constitutionnels peuvent être traduits devant la juridiction compétente de l’Union Africaine ».

Le deuxième coup d’Etat du RSP du Gal Diendéré

Le 16 septembre 2015, le Gal Diendéré à la tête du RSP a opéré un coup d’Etat et dans la proclamation, il critiquait sévèrement la gestion de la transition et voulait instaurer un Conseil National pour la Démocratie (CND). Aucune autre déclaration n’a été faite pour donner des précisions sur les intentions des putschistes.
Les vives protestations et réactions tant au plan national qu’international et les risques d’affrontement entre éléments d’une même armée n’ont pas permis à ce coup d’Etat d’aboutir. Le Gal Gilbert Diendéré a pu obtenir des éléments du RSP qu’ils déposent les armes en reconnaissant lui-même que les coups d’Etat ne sont pas autorisés dans un Etat de droit démocratique. Librement, le Gal Gilbert Diendéré s’est rendu en se disant prêt à en répondre devant la justice ; il s’est dit prêt à assumer politiquement les responsabilités du coup d’Etat. Le Gal Diendéré et autres responsables du RSP ont été arrêtés et inculpés par la justice militaire pour atteinte à la sureté de l’Etat, séquestration etc.
Précipitamment certains ont qualifié ce coup d’Etat du Gal Diendéré de « coup d’Etat le plus bête du monde ». En est-on aussi sur ?
Pour le PITJ, c’est un cas d’école dans l’histoire des coups d’Etat dans notre pays en ce sens que dans leur proclamation, les putschistes n’ont pas dit qu’ils prenaient le pouvoir d’Etat. Ils ont plutôt critiqué la gestion de la transition pour conclure qu’ils voulaient créer un Conseil National pour la Démocratie (CND). L’action des putschistes ne visait-elle donc pas simplement à démontrer que la transition telle que instaurée et telle qu’elle était dirigée par le Lt. Cl. Zida et M’BA Michel Kafando était mauvaise ?
C’est pourquoi le PITJ, quant à lui qualifie le coup d’Etat du Gal Diendéré du 16 septembre 2015 de 2e coup d’Etat du RSP en critique du 1er coup d’Etat du RSP du Lt Cl Zida. Si l’on tient compte des démêles du Lt. Cl. Zida et de ses anciens compagnons du RSP, l’on peut comprendre que ce deuxième coup d’Etat du Gal Diendéré et du RSP visait simplement à retirer le Lt. Cl. Zida et les autres militaires du gouvernement, ce qui n’aurait certainement pas manqué de faire s’effondrer la transition qu’ils dirigeaient.
Il doit être cependant exigé du Chef d’Etat-major général des armées, le Gal Pingrenoma Zagré, des explications très claires sur ce coup d’Etat du Gal Diendéré. Il était de notoriété publique qu’il y avait un conflit ouvert entre le Lt. Cl. Zida et ses anciens compagnons du RSP. Des commissions ont même été mises en place pour résoudre ce conflit. M’BA Michel Kafando a même fait une déclaration publique larmoyante à ce sujet.
Le Chef d’Etat-major Général des armées doit expliquer au peuple pourquoi il ne s’est pas appuyé sur la Constitution, les lois et règlements de l’Armée pour résoudre ce conflit. Il doit surtout expliquer au peuple pourquoi il n’a pas cherché les solutions dans le cadre de l’Armée et des institutions républicaines. Il doit expliquer au peuple comment et pourquoi il a transféré cette grave affaire de l’Armée et la République au palais du MorhoNaaba ou les gens ne sont ni habilités, ni outillés pour traiter les conflits entre militaire.
Enfin, le Chef d’Etat-major Général des Armées, le Gal PingrenomaZagré doit expliquer au peuple la situation bordélique que son incapacité à régler ce conflit a créé au sein de nos forces armées et de sécurité avec tous les risques d’insécurité pour elles, pour le peuple et pour le pays.

L’usurpation du pouvoir d’Etat par le MPP

C’est par des méthodes frauduleuses, propres aux gangsters que le MPP a infiltré le mouvement de résistance à la modification de l’article 37, pour le transformer en un instrument de lutte à mort pour le pouvoir entre le MPP et le CDP. C’est par les mêmes méthodes que le MPP a cassé le mouvement et le CFOP pour pouvoir discuter directement et agir de concert avec le Lt. Cl. Zida et sa clique en vu d’usurper le pouvoir d’Etat. C’est par les mêmes méthodes de gangsters que de concert le Lt Cl Zida et sa clique et Sy Chériff du CNT, qu’ils vont imaginer des procédés et des mesures prétendument légales tel le nouveau Code Electoral pour casser et handicaper les autres partis et écarter des prétendants à la présidence. C’est ainsi qu’ils ont assuré un boulevard pour la présidence au MPP. Sy Chériff, Président du CNT a qualifié tout cela de moyens pour détruire le système Compaoré. Pour ce faire ils ont mis précipitamment en place la Haute Cour de Justice et nommé à la tête du Conseil Constitutionnel Kassoum Kambou en violation des textes qui régissent cette institution dans le même temps qu’ils y introduisaient des hommes à eux comme Anatole Tiendrebéogo.
Dans leur rage destructrice du système Compaoré, ils n’ont pourtant pas touché à la CENI. Ils n’ont même pas jugé utile de renouveler ses structures comme le prescrit le code électoral. La raison en est simple : c’est la machine de fraudes électorales mise en place par les dirigeants du MPP du temps où ils dirigeaient du CDP.
Me Kéré Barthélémy, bien que présenté par l’église catholique, a été fait Président de la CENI avec l’accord et la bénédiction de Rock Marc Christian Kaboré alors Président du CDP. Il a donné la consigne de vote au profit de Me Kéré et à écarter les autres prétendants comme Mathias Tankoano du CDP pourtant réputé proche et fidèle de Rock Marc Christian Kaboré.
C’est donc parce que Me Kéré, toute la CENI et ses démembrements étaient acquis et prêts à la fraude au profit du MPP qu’ils n’ont pas été touchés par le « plus rien ne sera comme avant ».
Le PITJ savait tout cela dès la prise de fonction de Me Kéré Barthélémy, et par lettre à lui adressée a dénoncé la mafia électorale qu’il contribuait à mettre en place. Me Kéré n’a pas pu donner une réponse écrite à cette lettre. Il a préféré nous inviter à son bureau le jour même de l’ouverture des assises nationales sur les réformes politiques pour nous dire que s’il agissait comme il le fait, c’est parce qu’il s’est trouvé enfermé dans un dilemme entre l’application stricte des dispositions du code électoral et de la loi portant Chef de file de l’opposition. Le PITJ lui a répondu qu’en tant que juriste et avocat, il doit savoir que seul le code électoral encadre et dirige toutes les activités de la CENI en dehors de toute autre considération.
Me Kéré Barthélémy et la CENI ont donné la preuve de leur inféodation à Rock Marc Christian Kaboré et au CDP en s’illustrant de la plus mauvaise des manières dans le traitement du contentieux pré-électoral des élections couplées de 2012 notamment dans la circonscription de Gourcy. C’est pourquoi Salif Diallo ne comprend pas que Me Kéré ne veuille pas continuer de rendre le service pour lequel il est placé à la tête de la CENI, comme dernièrement dans le fief politique de Salif Diallo à l’occasion des élections municipales à venir. Me Kéré risque d’apprendre à ses dépens que les compromissions avec les mafieux comme ceux du MPP se paient cash.
C’est aussi au niveau du CSC que la clique du Lt. Cl. Zida, le MPP et le CNT de Sy Chériff ont élaboré une réglementation pour favoriser l’implantation et la campagne du MPP, dans le même temps qu’ils cherchaient à handicaper les autres candidats et formations politiques.
Malgré cela, les violations manifestes et nombreuses de cette réglementation par le MPP n’ont donné lieu à aucune sanction.
Au vu et su de tout le monde, le MPP a mené une campagne haineuse sur fond de régionalisme et de tribalisme.
Le scrutin couplé du 29 novembre 2015 était plié d’avance. Le coup K.O annoncé par Salif Diallo était garanti par la CENI, soutenu par la France qui avait annoncé que son choix portait sur Roch Marc Christian Kaboré, et le Morho Naaba à son tour n’a pas caché son soutien à ce dernier. Il a même donné à deux reprises la consigne de vote en faveur de Rock Marc Christian Kaboré. La première fois, les émissaires du Morho Naaba s’étaient égayés pour porter la consigne de vote aux sujets de Sa Majesté lorsque par téléphone portable, il leur fut intimé l’ordre de ne rien dire : C’était le mercredi 16 Septembre 2015, jour de la survenance du coup d’Etat du Gal Diendéré.

La deuxième fois, après que le Gal Diendéré se soit mis à la disposition de la justice et le RSP dissout, l’élection a été reprogrammée et alors, les émissaires de tous poils purent enfin porter aux sujets de Sa Majesté la consigne de vote en faveur de Rock Marc Christian Kaboré.
Par des méthodes de gangsters (violence, intimidation, chantage et corruption etc.…), le nouveau code électoral aidant, le Lt. Cl. Zida et sa clique et Sy Chériff et son CNT réunirent ainsi les conditions pour la transmission du pouvoir d’Etat au MPP. C’est pourquoi les gens, quand ils voulaient parler de la transition en cour, employaient le terme transmission.
Le scrutin des élections couplées n’a été qu’une simple transmission du pouvoir d’Etat, une vaste mascarade électorale. Pour en faire accepter le résultat, les observateurs nationaux et internationaux, dans une débauche d’énergies et de superlatifs, en vantèrent le calme et la transparence. Cela s’avérant insuffisant pour conjurer le risque de crise postélectorale. Les ambassadeurs de la France et des Etats-Unis firent le siège de l’UPC de Zéphirin Diabré afin qu’il accepte les résultats du scrutin avant même la proclamation des résultats provisoires par la CENI.
Salif Diallo quant à lui, entreprit de faire de tour des états-majors politiques pour distribuer les sièges de députés et promettre des postes ministériels.
C’est après tous ces arrangements que les résultats définitifs ont été proclamés et Rock Marc Christian Kaboré investi dans une pagaille qui se voulait solennelle, "Président du Faso démocratiquement élu". Alors il fût demandé à tous les candidats malheureux a ce scrutin bidon de féliciter publiquement Roch Marc Christian Kaboré.
M’BA Michel Kafando, après avoir fait l’éloge de la transition, a dit qu’ils étaient enfin parvenus à cette transmission du pouvoir à Rock Marc Christian Kaboré et qu’il n’en voulait pas à ceux qui ont exécré la transition. Là, le PITJ se sent concerné et interpellé.

Mmes et Mrs les représentants des organes de presse.
Jeunes du Burkina Faso
Peuple du Burkina Faso

Le PITJ a exécré la transition contraire à la constitution et continuera d’exercer cette transition et tout ce qu’elle a fait. Pour ces raisons, le PITJ a continué la désobéissance civile après la démission de Blaise Compaoré et va poursuivre la désobéissance civile jusqu’au départ des usurpateurs du MPP. Mieux le PITJ invite les jeunes et notre peuple à reprendre la désobéissance civile pour chasser le MPP usurpateur du pouvoir et pour rétablir une vie constitutionnelle normale.

Ce n’est pas pour des raisons subjectives ou politiciennes que le PITJ a poursuivi la désobéissance civile depuis la démission de Blaise Compaoré et qu’il invite les jeunes et notre peuple à reprendre la désobéissance civile pour chasser le MPP du pouvoir. Le PITJ invite les jeunes et le peuple à reprendre la désobéissance civile pour chasser le MPP du pouvoir afin de renouer avec la Constitution, de rétablir une vie constitutionnelle normale. La justification de cet appel à la désobéissance civile réside dans les motifs de la décision du Collège des Sages d’obliger Blaise Compaoré à rétablir l’art.37 de la Constitution. En effet, bien que la majorité CDP à l’Assemblée nationale ait modifié l’art.37, le Collège des Sages a exigé et obtenu que l’art.37 soit rétabli au motif que, aucune assemblée dérivée ne peut modifier la volonté première du constituant originel qu’est le peuple souverain.
Blaise Compaoré a obtempéré et fait rétablir l’art 37 par la même majorité CDP à l’Assemblée nationale. C’est croire qu’il avait décidé d’obéir à ce principe intangible de droit constitutionnel.
Mal lui en prit de vouloir bafouer à nouveau ce principe. Il a provoqué la désobéissance civile et l’insurrection qui lui firent comprendre qu’il ne pouvait impunément bafouer ce principe. Il fût contraint à la démission et demanda de faire application de l’art.43 de la Constitution.
Ceux qui pensent que la Constitution appartenait à Blaise Compaoré disent qu’il n’avait pas à indiquer ce qu’il fallait faire après son départ. Ils n’ont rien compris ou se trompent lourdement. La Constitution est la volonté exprimée du peuple Burkinabé qui l’a adoptée par référendum. C’est pourquoi, même si Blaise Compaoré n’avait pas invoqué un seul article dans sa déclaration de démission, il s’imposait de consulter la Constitution pour trouver les modalités prescrites pour pourvoir à sa succession. Dans la Constitution, les modalités prescrites, la volonté première du constituant originel sont rappelés à l’art.43. Toujours donc selon le principe intangible de droit qu’avait invoqué le Collège des Sages, aucune assemblée dérivée, même celle fabriquée par les insurgés ne pouvait modifier la volonté première du constituant originel qu’est le peuple de faire application de l’art.43 pour pouvoir à la succession de Blaise Compaoré.
La désobéissance civile et l’insurrection n’ont jamais eu comme objectif de balayer la Constitution mais plutôt d’obliger Blaise Compaoré et son CDP à respecter la Constitution et à ne pas modifier l’art.37. On ne peut donc pas vouloir une chose, verser le sang pour obtenir cette chose, et s’atteler immédiatement à faire le contraire. C’est donc pourquoi les jeunes et notre peuple doivent reprendre le chemin de la désobéissance civile, s’insurger même s’il le faut, pour rejeter la transition telle qu’elle s’est déroulée et balayer tout ce que la transition a fait jusqu’au MPP qu’il a installé au pouvoir.
Pour faire simple, comme parlait notre premier Président Maurice Yaméogo, depuis la démission de Blaise Compaoré à nos jours, tout ce qui a été fait est du « Tampirisme », du « Basaisme », et du « wigauisme » tout court.
Vive le Burkina Faso démocratique et uni

Vive le PITJ
La lutte continue

Pour le BEC
Le Secrétaire Général

Soumane TOURE

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