Cri de détresse des agents du SNAID de la sous-section des Brigades de vérifications du centre

vendredi 25 mars 2016 à 09h38min

C’est pour interpeller une fois de plus leur hiérarchie et prendre l’opinion publique à témoin que les agents vérificateurs du SNAID (Syndicat national des agents des impôts et des domaines) ont animé ce jour 25 mars 2016 une conférence de presse. À l’occasion, ils ont dénoncé la non satisfaction de leur plate-forme revendicative et leurs conditions de travail.

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Cri de détresse des agents du SNAID de la sous-section des Brigades de vérifications du centre

« Nous ne demandons ni une augmentation de salaire, ni de prime de travail. Nous voulons seulement une amélioration de nos conditions de travail ». Ces propos sont de Arsène Metuor Somda, délégué général par intérim des travailleurs de la sous-section SNAID des brigades de vérifications du centre. Lui et ses camarades ont fait la genèse de la lutte qu’ils mènent sans résultats tangibles depuis un certain temps.

Tout a commencé, expliquent- ils, avec la plate-forme revendicative déposée en 2014 puis réactualisée en 2015. Une plate-forme qui porte essentiellement sur les conditions de travail des fonctionnaires des brigades de vérifications du centre et comporte huit points. On peut citer : garantie de la sécurité des agents dans l’exercice de leurs fonctions et de leur cadre de vie ; dotation du service en personnel d’appui ; dotation du service en moyens de travail en qualité et en quantité suffisantes ; dotation des vérificateurs en carburant en quantité suffisante et dans les délais requis ; mise à la disposition des brigades d’un local approprié aux effectifs des agents ; entretien des bureaux et des toilettes et augmentation de leurs capacités d’accueil ; formation de tous les agents selon le besoin ; dotation de chaque brigade de vérification en téléphone ; mise à la disposition des vérificateurs d’un programme de vérification adéquat et dans les délais requis .

Une lettre ouverte au Directeur régional, des rencontres entre l’administration et les travailleurs, puis avec le Directeur général des impôts en personne le 22 mars dernier n’ont pas permis de trouver des solutions à la plate-forme revendicative. « Face à la détérioration du cadre et des conditions de travail et au silence lourd et méprisant de leur hiérarchie, les travailleurs ont donc pris leurs responsabilités en interpellant le Directeur régional par une lettre ouverte en date du 29 février 2016. Cette lettre à suscité trois rencontres bipartites entre l’administration et les travailleurs qui se sont toutes soldées par un échec. La dernière rencontre avec le Directeur général des impôts, premier responsable de l’administration fiscale burkinabè, a achevé de convaincre l’ensemble des travailleurs des brigades, du manque de volonté manifeste de la hiérarchie d’apporter des réponses adéquates à leurs préoccupations minimales. En effet, au sortir de cette rencontre, l’ensemble des points de la plate-forme revendicative sont demeurés en l’état sans le moindre début de solutions », ont déclaré les conférenciers.
La conférence de presse a débuté par une visite des bureaux des travailleurs de la sous-section, au nombre de 45. Et ce que nous avons pu constater dépasse l’entendement. C’est tout simplement inacceptable que des agents de la Fonction publique puissent travailler dans de telles conditions. Bureaux sinistrés et surchargés (huit travailleurs parfois dans un même bureau), plafonds en lambeaux ; une seule salle de toilettes sans chasse-eau ; odeurs nauséabondes ; tôles rouillées et dalles fissurées drainant les eaux de pluies dans les bureaux pendant l’hivernage selon les occupants des lieux... Bref ! Tel est le calvaire et le quotidien de ces travailleurs en charge du contrôle des comptabilités des entreprises, de la lutte contre la fraude et l’évasion fiscale, de l’instruction des dossiers de recours.

C’est au dernier trimestre de l’année 2012 que ces travailleurs ont intégré les locaux de l’ex Ambassade des USA à Koulouba. Ils ne comprennent pas pourquoi on les maintient dans de telles conditions, surtout qu’il ne s’agit pas de bâtiment appartenant à l’administration mais à un particulier. « Comment comprendre l’inertie d’une administration dite moderne face à ce scénario apocalyptique ? Les travailleurs des brigades doivent-ils payer de leur vie le prix de la compromission dans la gestion calamiteuse de ce bail administratif ? » s’interroge un conférencier. Dans tous les cas, ils n’entendent plus travailler dans ces conditions, en exposant gravement leur santé. Ils veulent que la hiérarchie leur trouve un autre local.

Les autres points sur lesquels les échanges ont porté avec les journalistes étaient relatifs à la dotation des vérificateurs en carburant. Ceux-ci percevaient en moyenne 13 500f CFA par mois pour « le travail de terrain qui consiste à la recherche du contribuable, le contrôle au siège de l’entreprise et la remise de toute la série de correspondances y relatives ». Une note ramène cette dotation à 12 500f alors que les travailleurs veulent la voir évoluer à 30 000. Ils dénoncent « Une gestion opaque du carburant. Cette qualification est selon eux justifiée par la non-communication de la dotation annuelle des brigades, la mise à l’écart subtile des brigades et du syndicat dans la commission de répartition du carburant, les dotations non périodiques et disparates entre les services sans maitrise des effectifs... Par ailleurs, le carburant reçu de la commune en tant qu’appui tend à se substituer au carburant budgétisé par la Direction générale des impôts ».

L’informatisation des services ; l’accès à une connexion Internet ; la dotation en ordinateurs et en frais de communication ; la détermination exacte des substances du plafond en putréfaction ; l’analyse de leur niveau de toxicité ; des visites médicales orientées et la prise en charge sanitaire immédiate et conséquente des travailleurs éventuellement affectés consécutivement à l’exercice de leur profession dans ces locaux, sont aussi des doléances qui ont été faites.
Et pour se faire maintenant entendre, la sous-section SNAID des brigades du centre, sous l’égide de la section du Kadiogo, a décidé de tenir des sit-in récurrents et médiatisés dont la première série court du jeudi 31 mars prochain dans les locaux des brigades, au vendredi 1er avril 2016 au siège de la direction régionale des impôts du centre de 8h à 11h. Et en cas toujours de non réaction de la hiérarchie, ils promettent adopter d’autres formes de lutte pour se faire entendre.

Angelin Dabiré
Lefaso.net

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Vos commentaires

  • Le 25 mars 2016 à 17:03, par kalif
    En réponse à : Cri de détresse des agents du SNAID de la sous-section des Brigades de vérifications du centre

    c’est regrettable ces conditions de travail lamentable d’une élite burkinabè ; cette équipe de Paul Tiéba ne fait que du bruit inutile. On verra de quelle matière elle mobilisera les 1000 milliards pour sa mauvaise gestion. Où se cache la bonne gouvernance financièr ?

    Répondre à ce message

  • Le 25 mars 2016 à 19:21, par Sidzabda
    En réponse à : Cri de détresse des agents du SNAID de la sous-section des Brigades de vérifications du centre

    Yaaaako mes frères !
    Il faudrait que l’administration publique s’y mette vraiment pour permettre aux agents de mieux exécuter les taches a eux assigné.
    Faites comme les magistrats vu qu’apparament au Faso pour voir ses préoccupations êtres prises en compte dans l’exercice de ses fonctions il faut grever pour qu’on rehausse vos salaires et améliore vos conditions de travail.
    A cette allure toute l’administration ira un jour en grève et on verra ou nous tous on ira.
    Allons seulement....... Courage a vous surtout

    Répondre à ce message

  • Le 26 mars 2016 à 01:17, par Lavie
    En réponse à : Cri de détresse des agents du SNAID de la sous-section des Brigades de vérifications du centre

    C’est le résultat de la gourmandise des agents des impôts. Comment comprendre que le fonds commun destiné a être purement et simplement partagé aux agents soit plus important que le fonds d’équipement qui a pour vocation d’améliorer les conditions de travail de tous les agents et de favoriser l’atteinte des résultats. Vous n’osez même pas demander une augmentation de salaire ou d’autres avantages quelconques. Car vous êtres conscients que chaque agent pris individuellement est mieux traité que l’institution qu’est la Direction Générale des Impôts. Vos conditions de vie à la maison sont nettement supérieures à celles de votre lieu de travail. C’est un choix.

    FAUT PAS FÂCHER NOUS AMISER !

    Répondre à ce message

  • Le 26 mars 2016 à 06:48, par ISMO
    En réponse à : Cri de détresse des agents du SNAID de la sous-section des Brigades de vérifications du centre

    Hop ! Plus rien ne sera comme avant !
    Mais l’etat a décidé de mettre fin aux bails administratifs Attendons de voir.

    Répondre à ce message

  • Le 29 mars 2016 à 09:42, par sidzabda
    En réponse à : Cri de détresse des agents du SNAID de la sous-section des Brigades de vérifications du centre

    cette situation explique le nombre croissant des malades mentaux et des déviants parmi les agents des impôts ; à maintes reprises le service de la santé a fait son rapport sur les conditions de travail de ces agent ; qu’en avez -vous fait monsieur le DG. En dehors des chiffres intéressez -vous souvent à la littérature car certains écrits peuvent souvent vous aider à prévenir les dangers. Une visite des lieux de travail permet aux responsables de constater dans quelles conditions vivent leurs collaborateurs , si l’agent est dans une bonne condition de travail il se fera le devoir de donner le meilleur de lui même pour optimiser son rendement ; par contre si son lieu de travail s apparente à une fournaise souffrez qu’il cherche un échappatoire n’en vous déplaise.

    Répondre à ce message

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