Attaques terroristes : De Ouaga à Grand Bassam

mardi 15 mars 2016 à 00h25min

Presque deux mois après les attentats de Ouaga, c’est la république sœur de Côte d’Ivoire qui vient d’être la cible de la folie meurtrière des terroristes. Nous compatissons avec la Côte d’Ivoire et les familles des victimes dans cette période de deuil et d’union. Aux blessés qui vont désormais vivre avec les séquelles du traumatisme du 13 mars, nous leur adressons nos souhaits de bon rétablissement.

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Attaques terroristes : De Ouaga à Grand Bassam

Comme à Ouaga, ce sont des établissements hôteliers fréquentés par des Occidentaux qui ont été visés dans la station balnéaire de Grand Bassam. Mais les victimes ne sont pas qu’occidentales parce que cette violence aveugle n’épargne personne dans la poursuite de son agenda politique.

Après les attentats de Ouaga, certains ont mis en cause la désintégration des renseignements burkinabè suite au départ de Blaise Compaoré comme étant une des failles exploitées par les terroristes. Mais les attaques de Grand Bassam montrent que les terroristes n’ont pas forcement besoin de la fébrilité qui peut caractériser une période de transition pour frapper fort. C’est peut-être là aussi un message des terroristes pour prouver qu’ils peuvent frapper où et quand ils veulent.

Cette situation crée non seulement la psychose et le sentiment d’une omniprésence des terroristes dans nos villes africaines, mais aussi suscite de l’impuissance face à un phénomène qui touche des pays jadis épargnés. Il s’agit d’une guerre asymétrique où la mort est voulue et souhaitée par les assaillants, y compris leur propre mort. Dans ce contexte, comment combattre ces attaques de guérilla qui s’étendent désormais du Sahel au Golf de Guinée ?

Par la nationalité des victimes et le nombre de pays touchés, c’est un phénomène qui nous interpelle tous car ce défi sécuritaire a pris des proportions alarmantes. Alors, voici ma proposition sur le redimensionnement du dispositif sécuritaire en matière de renseignements en Afrique de l’Ouest. C’est une solution qui consiste à mutualiser les ressources humaines et matérielles dans la collecte, l’analyse et le partage d’informations. Des cellules nationales seront rattachées à une structure sous régionale qui est très souple et efficace dans son processus décisionnel et le déploiement d’éléments sur le terrain.

Parce qu’il faut surtout éviter que cette structure soit grippée par une lourde bureaucratie ou des conflits de leadership. Des modèles existants de coopération policière comme Interpol ou celui du partage de renseignements entre certains pays occidentaux sur la menace terroriste offrent des pistes de réflexion sur la conceptualisation d’un cadre qui serait mieux adapté aux réalités locales.

Que la terre de Côte d’Ivoire soit légère aux victimes !

Boukary Sawadogo, Ph.D.
Enseignant chercheur
USA

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Vos commentaires

  • Le 14 mars 2016 à 13:24
    En réponse à : Attaques terroristes : De Ouaga à Grand Bassam

    Monsieur SAWADOGO, les politiciens en Afrique de l’Ouest ne veulent pas d’une force opérationnelle qu’ils ne peuvent pas influencer à souhait. La CEDEAO a une force régionale mais pourquoi n’est elle pas fonctionnelle ? Que cette force intervienne dans un pays en crise, pourrait être fatale pour les hommes politiques c’est la raison pour laquelle l’opérationalisation de cette force n’est pas pour demain.

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  • Le 14 mars 2016 à 13:30, par King
    En réponse à : Attaques terroristes : De Ouaga à Grand Bassam

    Seigneur ! Ne pardonner pas à ces terroristes car ils sont conscients de ce qu’ils ont fait.
    Seigneur,recevez auprès de vous ,ces personnes fauchées par les balles assassines de ces barbares.
    Seigneur,aux personnes blessées,donnez leur la grâce de recouvrer la santé.
    Dans cette période de deuil,je présente mes condoléances à toutes les familles éplorées.
    JE SUIS GRAND-BASSAM,JE SUIS COTE D’IVOIRE.

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  • Le 14 mars 2016 à 15:22, par Le transitaire
    En réponse à : Attaques terroristes : De Ouaga à Grand Bassam

    Le problème de la mutualisation dans le domaine des renseignements est qu’on ne peut pas maîtriser les fuites d’informations. Ce faisant, cela pourrait profiter aux djihadistes qui disposent de plusieurs moyens pour infiltrer nos service de sécurité et avoir les renseignements dont ils ont besoin.
    Pour ma part il faut d’abord mettre l’accent sur la formation de nos agents de renseignements, créer des unités spécialisés en matière de renseignements et de luttes (intelligence+armement).
    J’ai plusieurs fois emprunter les routes nationales burkinabè mais laissez moi vous dire que les contrôles laissent à désirer. il y a trop de laxisme et de complaisance. Que dire alors de nos pistes rurales ?
    Ensuite, le partage de renseignements se fera pour traquer des mouvements suspects qui transiteraient d’une frontière à une autre.

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  • Le 14 mars 2016 à 15:59, par L’Oeil du peuple
    En réponse à : Attaques terroristes : De Ouaga à Grand Bassam

    La lutte a mené contre le terrorisme est longue et sinueuse. C’est en conjuguant les efforts ensemble qu’on peut arriver à vaincre cette peste. Nos condoléances à nos frères Ivoiriens. Et surtout beaucoup de courage. On est ensemble pour la lutte.

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  • Le 15 mars 2016 à 02:42, par Le Panafricain
    En réponse à : Attaques terroristes : De Ouaga à Grand Bassam

    Yaaako au peuple ivoirien,le peuple burkinabé est de coeur avec vous. Il y’a certains ivoiriens qqui riaient quand ça s,est passé au Burkina voisin,c,est chacun à son tour,c,est ensemble qu,on combat le terrorisme,puisse Dieu apaiser le coeur des familles endeuillée...

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  • Le 15 mars 2016 à 12:18, par Bark Biyo
    En réponse à : Attaques terroristes : De Ouaga à Grand Bassam

    "Résister, c’est d’abord ne pas s’arrêter à la persécution, ni à la calomnie, ni à l’injure. C’est rester semblable à ce qu’on est jusque dans la défaite". Que le Président actuel de l’Assemblée Nationale au Burkina Faso, Sali fou Diallo médite fortement cette réflexion. On ne peut pas vivre éternellement dans la rancune et la haine des autres. La roue tourne... inéluctablement. Au lieu de passer le temps à critiquer les autres, aimons-les et aidons-les à s’amender. Bark Biyo.

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