« Nous déménagerons dans les locaux de l’ambassade du Tchad au Burkina »

Christian Dagou, porte –parole des étudiants tchadiens de 2IE • vendredi 11 mars 2016 à 01h31min

Les étudiants boursiers de l’Etat tchadien inscrits à l’institut international de l’eau et de l’environnement (2iE) ont tenu une conférence de presse ce mercredi 9 mars 2016 pour exprimer leur mécontentement suite au non payement de leurs frais de scolarité 2013-2014, 2014-2015 et 2015 -2016. Ces frais s’élèvent pour ces trois années à 1 milliards 900. Ce qui a conduit l’institut à leur interdire l’accès aux salles de cours et aux chambres.

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 « Nous déménagerons dans les locaux de l’ambassade du Tchad au Burkina »

Les étudiants tchadiens inscrits à l’institut international de l’eau et de l’environnement (2iE) sont mécontents de leurs conditions d’étude et de vie. En effet cela fait trois ans que l’Etat tchadien n’a pas honoré les frais de scolarité de ses étudiants, ni leurs bourses de subsistance. Cette situation a entrainé l’exclusion des étudiants tchadiens des salles de classes et des chambres. Selon Charles Dagou , porte- parole des étudiants « cela fait 7 mois qu’aucun étudiant n’a mis pieds dans une salle de classe ».

Avec l’interdiction d’accès aux chambres et ne sachant où aller, les étudiants ont décidé de déménager dans les locaux de leur ambassade quitte à en perturber le fonctionnement.

A en croire les conférenciers, ils ont alerté plus d’une fois les autorités tchadiennes sur leur situation mais ils n’ont jamais obtenu gain de cause.

En septembre 2014 déjà, ils manifestaient devant l’ambassade de leur pays pour dénoncer la situation dans laquelle ils se trouvaient. L’ambassade avait réagi en envoyant une délégation s’enquérir de la situation et recenser tous les étudiants tchadiens de 2iE. Mais cette initiative est restée sans suite.

En décembre 2015, nouvelle manifestation, nouvelle délégation. Et toujours pas de solutions selon les conférenciers. Cette conférence est donc une énième interpellation à l’endroit des autorités tchadiennes afin qu’elles se penchent sur leur sort.

A la question de savoir comment ils vivent sans bourse de subsistance, Charles Dagou, porte –parole des étudiants répond « Il faut dire que beaucoup de nos camarades dans cette salle ont des dettes. Nous faisons aussi du préceptorat. Nous sommes des guerriers, on se défend. Si c’est pour assurer notre survie, nous sommes prêts à travailler au-delà de nos forces et nos parents sont là pour nous soutenir ».

Lorsqu’on leur demande s’ils envisagent un retour au pays au cas où ils n’ont pas gain de cause, les conférenciers sont unanimes pour dire qu’ils ne peuvent rentrer bredouilles au bercail. « Nous ne pouvons pas envisager de rentrer au pays sans toutefois avoir un diplôme parce que c’est humiliant. » affirme Mabrouka Mahamat, étudiante en infrastructures et réseaux économiques.

Nous sommes entrés en contact avec l’ambassade tchadienne qui dit ne pas être informée de la conférence de presse organisée par les étudiants tchadiens de 2iE. Par ailleurs, l’ambassade affirme que la situation des étudiants de 2iE est délicate et qu’elle ne souhaitait pas s’exprimer sur cette question.

Justine Bonkoungou ( stagiaire)
Lefaso.net

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