Marché international à bétail de Fada N’Gourma : Atout stratégique d’une région

vendredi 11 mars 2016 à 01h21min

Construit avec le soutien financier du gouvernement suisse, le Marché international à bétails de Fada N’Gourma représente un maillon stratégique du secteur de l’élevage

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Marché international à bétail de Fada N’Gourma : Atout stratégique d’une région

De loin, l’épais nuage de poussière qui recouvre le ciel laisse penser que s’y déroule un championnat régional de lutte Samo. Mais quand on s’en approche, on n’entend ni sons de tam-tam, ni cris d’encouragement, ni hurlements. Vous parvient plutôt un bruit sourd où se mêlent bêlements, meuglements, un incessant vroum-vroum de camions qui arrivent sur l’aire de stationnement ou en partent, et les décibels que crache une sono mal réglée.

A la sortie Est de Fada, sur la route nationale N°4 Fada-Kantchari en direction du Niger, se dresse un grand mur en briques cuites, couvrant 4,70 ha de superficie. Il faut d’abord garer sa moto au parking, parcourir une cinquantaine de mètres avant de franchir une des portes d’entrée de cette imposante arène qui fait la fierté de la ville. Bienvenue au Marché international à bétails de Fada N’Gourma (MIB), construit en 2006 pour un coût de 720 millions de F CFA grâce à un accord de financement signé entre le gouvernement suisse, la direction de développement de la région et le gouvernement burkinabè. C’est ici que tous ceux qui opèrent dans le secteur de l’élevage se donnent rendez-vous chaque dimanche pour vendre ou acheter du bétail et faire des affaires. Un rendez-vous bien inscrit dans l’agenda de nombreux commerçants de pays d’Afrique de l’Ouest, notamment le Nigeria, le Ghana, la Côte d’Ivoire et le Togo.

Infrastructure économique de grande envergure, le marché est divisé en deux compartiments : Le premier est réservé à l’administration et au commerce classique (friperie, boissons, nourriture, ustensiles de cuisine, accessoires d’habillement, etc.), et le second héberge le marché de bétail. Ce dernier est subdivisé en plusieurs box correspondant à chaque catégorie de bétail : Le gros et petit ruminant. 32 box sont réservés aux bovins, 64 aux ovins-caprins et 128 pour la volaille.

Dans un brouhaha qui caractérise les marchés africains, vendeurs, acheteurs, intermédiaires et transporteurs prennent d’assaut cet espace dès le petit matin. Les vendeurs, en général des éleveurs viennent des villages environnants, notamment de Tanwalgougou, Yamba et des petits marchés alentours. « En moyenne, pas moins de 4000 têtes de gros ruminants sont vendues par jour de marché, et ça peut être plus si le jour du marché tombe la veille ou quelques jours avant la Tabaski », explique Birba Koudrègma, gestionnaire du marché depuis 2014. « Cette année, on aurait pu faire de bonnes affaires à la Tabaski, mais à cause du coup d’Etat de Diendéré, ça moins marché  », ajoute t-il. Les oreilles du Général ont dû siffler par ici !
L’entrée sur l’aire du marché est gratuite, mais le vendeur doit s’acquitter d’une taxe de 500 F par tête et confier ses animaux aux courtiers, seuls mandatés pour les vendre. « Pour éviter des malentendus, on se met d’accord sur le prix de l’animal, à charge pour le courtier de trouver l’acheteur et réaliser sa marge », explique le gestionnaire, qui estime à environ 20 millions de F CFA le chiffre d’affaires annuel du marché.

Une fois achetés, les animaux sont parqués dans des camions spécialement aménagés, dans des conditions qui donneraient des urticaires aux défenseurs des animaux. Destination : Les marchés de Koupéla, Pouytenga, Tenkogogo, l’abattoir frigorifique de Ouagadougou, mais aussi vers le Togo, la Côte d’Ivoire et surtout le Nigeria où la demande en viande est très forte et où on paie cash sans trop marchander.

Dans cette région de l’Est où l’élevage occupe une place de choix dans l’économie, le marché international de bétail constitue un outil performant d’écoulement de la production. Reste qu’il est sous exploité, ce que regrette Birba Koudrègma : « La gestion du marché n’est pas maximisée parce qu’il n’y a pas de marchés secondaires. Entre deux dimanches, on aurait pu avoir d’autres activités en créant un autre rendez-vous pour d’autres produits  », regrette t-il. Son bureau, sobrement équipé, est mitoyen de « Radio à Bétails, « un outil qui sert à sensibiliser les vendeurs et les acheteurs à payer les taxes et à signaler tout incident qui se produirait dans le marché », précise le gestionnaire.

Le marché est géré par un conseil stratégique d’exploitation de 14 personnes dont cinq élus membres de la délégation spéciale suite à la dissolution des conseils municipaux sous la Transition, et d’un comité de gestion de sept membres.
Au quotidien, ce sont quatre permanents dont un gestionnaire qui a besoin de renforcer ses capacités, et trois gardiens qui veillent au bon fonctionnement du marché, auxquels s’ajoutent un caissier intérimaire, un statisticien, huit prestataires, trois collecteurs et les agents de la police municipale.
Dans sa déclaration de politique générale le 5 février dernier, le premier ministre Paul Kaba Thièba s’est engagé à construire 20 lycées professionnels et à développer des filières de formation dans les domaines de l’agriculture, l’élevage, la boulangerie, la menuiserie et la mécanique. A l’Est du Burkina, on piaffe d’impatience d’acquérir des compétences en élevage intensif et en gestion de fermes modernes.

Joachim Vokouma ; Lefaso.net (France)

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Vos commentaires

  • Le 11 mars 2016 à 07:22, par La vérité
    En réponse à : Marché international à bétail de Fada N’Gourma : Atout stratégique d’une région

    Merci pour cet aperçu du marché à bétail de Fada.Toutefois, cet embelli de façade ne doit pas cacher l’aspect qualité de la gestion. Très visiblement il y a des signes de mauvaise gestion à en juger par le train de vie de ce collecteur d’agent communal qui nargue ses supérieurs de par les investissements qu’il a acquis. La fraude est ambiante. Vite que la lumière soit faite sur la disproportion qu’il y a entre son salaire d’agent communal et le luxe insultant qu’il se paye. A bon entendeur salut.

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  • Le 11 mars 2016 à 08:26, par TINAK
    En réponse à : Marché international à bétail de Fada N’Gourma : Atout stratégique d’une région

    "20 millions de F CFA le chiffre d’affaires annuel du marché" c’est insignifiant, je crois qu’il doit y avoir une erreur.

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  • Le 11 mars 2016 à 08:59, par Fererio
    En réponse à : Marché international à bétail de Fada N’Gourma : Atout stratégique d’une région

    Désolé que la Gnagna qui est le pourvoyeur de ce marché à bétail est enclavée. Pas de routes, les commerçants qui viennent vendre sont spoliés au retour etc. Si on n’y prend garde ça peut diminuer la vivacité de ce marché.

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  • Le 11 mars 2016 à 10:01, par FilsduGulmu
    En réponse à : Marché international à bétail de Fada N’Gourma : Atout stratégique d’une région

    Voilà une réalité que lefaso.net vient de dire. Un pool commercial, un atout stratégique de cette région.
    Quand je pense que pour arriver à Fada il faut slalomer comme un serpent même si tu es sur le goudron (Kantchari-Fada-Koupéla-Ouaga) délabré et aucun entretien. Que dire maintenant des autres villages ou provinces qui sont les principaux fournisseurs en bétails pour le marché.
    Il faut que l’Etat se réveille, au lieu de construire des échangeurs à Ouaga, il faut d’abord faire des bonnes routes pour permettre aux populations de bien écouler leurs productions.
    Merci à lefao.net.

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  • Le 11 mars 2016 à 10:20, par Filsdupaysan
    En réponse à : Marché international à bétail de Fada N’Gourma : Atout stratégique d’une région

    Wahoooo, bonne nouvelle pour nous éleveurs. Mais mon inquiétude est lié à l’état des routes pour accéder audit marché. Il parait que la zone est pleine des bandits et que les routes sont impraticables, alors que fait notre Etat pour rentabiliser ce JOYAU ? Que fait l’Etat pour permettre aux vendeurs d’être en sécurité après la vente de leur bétail ? Et compte tenu de l’état des voies d’accès, est cela ne freine pas un peu la fréquentation du marché par nos voisins ?
    En toute objectivité, reprendre la route R4, et bitumer les autres voies qui relient ce marché aux vaillants producteurs (Gnagna, Dori, Kantchari,Pouytenga.......)
    Le pays gagnerait et la région se développera et nous les paysans producteurs éleveurs aussi.

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  • Le 11 mars 2016 à 11:23, par valver
    En réponse à : Marché international à bétail de Fada N’Gourma : Atout stratégique d’une région

    L’internaute 1 la vérité je suis découragé de ces comportements sur le net.Faut travailler et laisser les autres tranquilles.Il suffit pas de se cacher dernière un ordinateur pour dire que quelqu’un vole.Vas à visage découvert porter plainte si tu as des preuves et tu verras si on va pas te poursuivre pour diffamation.

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  • Le 11 mars 2016 à 12:34, par Inous
    En réponse à : Marché international à bétail de Fada N’Gourma : Atout stratégique d’une région

    Internaute6 Valver ; pourquoi vous ne voulez pas que lorsqu’il y a un écart entre le salaire d’un agent public et son rythme de vie, on s’interroge. S’il va à visage découvert, on va attenter à sa vie, mon cher.

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  • Le 11 mars 2016 à 13:58, par NAMSOM
    En réponse à : Marché international à bétail de Fada N’Gourma : Atout stratégique d’une région

    20 millions par an STP,nous on a honte d’entendre ça , un marché à bétail international, faux gestionnaire tu devrais nous parler de milliards , mais comme vous bouffer et vs remplisser vos comptes il va de soi de dire 20 millions c’est quoi 20 millions ? stp tais-toi mais sache que rien se serait plus coe avant et d’ailleurs nous voulons qu’il y ait des audits de vrai audits

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  • Le 11 mars 2016 à 15:07, par Naboho Lassina
    En réponse à : Marché international à bétail de Fada N’Gourma : Atout stratégique d’une région

    Internaute no 1 ne l accuse pas de voleur, ce collecteur d impots.
    Il fait comprendre qu il y a un grand faussé entre le train de vie que ce dernier mène
    et les salaires perçus en contrepartie de son travail.C est ce que l on qualifie de délit d apparence.Merci

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  • Le 11 mars 2016 à 15:39, par GUABRI
    En réponse à : Marché international à bétail de Fada N’Gourma : Atout stratégique d’une région

    Des ZAFF font des AFFAIRES au marché de bétail. Mauvaise gestion ; détournement de deniers publics. Le ZAF doit répondre devant la justice pour délit d’apparence.BANDES D’ESCROS.

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  • Le 11 mars 2016 à 20:25, par BiRBA
    En réponse à : Marché international à bétail de Fada N’Gourma : Atout stratégique d’une région

    Le marché à bétail de Fada à bésoin d’un nouveau statu de règlement voir même la revision de son Manuel de procedure administrative et financier. La polique ne colle pas avec la Bonne marche des infrastructures marchandes concues pour s’autogérer dans le sytème de la décentralisation. C’est deplorable et même inadmissible qu’on se taise Sur cet article. Que gagnerait Faso net lorsque des solutions adequate viendrait. Son objectif c’est d’attirer attention des autorités nationales,regional et communal afin qu’un issue fit trouver. L’audite reste incournable pour tout agent qui gère les fonds publics, donc il appartient à la commune maitre d’ouvrage de prendre disposition utile pour voir Claire sur la gestion non auditer et de publier à l’oppunion public.Le marché à bétail un cas de la region de l’Est. Vive le Faso net.

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