Réinsertion socio-économique des détenus : L’INSS renforce les capacités des Gardes de sécurité pénitentiaire

jeudi 3 mars 2016 à 00h31min

Réunis à Ouagadougou, ce 1er mars 2016, une quinzaine de gardes de sécurité pénitentiaire participent à un atelier de formation entrant dans le cadre du projet « Réinsertion socioéconomique des détenus par l’amélioration des circuits de commercialisation de la production céréalière dans les maisons d’arrêts et de correction de Ouagadougou et Koudougou ». Pendant 72 heures, ils seront instruits sur les conditions de détention et les effets que cela implique sur les familles des détenus.

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Réinsertion socio-économique des détenus : L’INSS renforce les capacités des Gardes de sécurité pénitentiaire

Difficile d’éviter la récidive après avoir purgé sa peine et essuyé un échec dans le maintien des rapports familiaux. Pourtant, l’Institut des Sciences des Sociétés (INSS) croit qu’une autre vie est possible hors des geôles. La réinsertion socioéconomique des détenus ayant déjà purgé la moitié de leur peine est au cœur d’un projet visant à les outiller sur les techniques culturales et le management dans la commercialisation des produits céréaliers. Après avoir formé, courant janvier dernier, les formateurs que sont les GSP sur les techniques agricoles, l’INSS revient à la charge avec une autre formation sur les conditions de détention et les effets de cette détention sur les familles.

Surpopulation en milieu carcéral

Les conditions en milieu carcéral ne sont pas reluisantes et cela est particulièrement lié à la surpopulation dans les établissements pénitentiaires. Selon le Contrôleur GSP Sibiri Sébréné, représentant le directeur de production pénitentiaire, la population de la MACO (Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou) est estimée à plus de 1500 détenus, pourtant le bâtiment, construit dans les années 60, était initialement destiné à accueillir 500 détenus. Et même si des études n’ont pas encore été menées sur l’espace occupé par chaque détenu, M. Sébréné estime qu’actuellement il y a près de 2 détenus par m2. Il se pose inéluctablement des problèmes d’hygiène. Même si ce n’est pas arrivé, comme on le dit dans le jargon, Ouédraogo Edith, inspectrice d’éducation spécialisée, affirme que depuis un certain temps, les conditions sont en voie d’amélioration.

Le retour en famille

Pour une véritable réinsertion du détenu au sein de sa société, Marie Thérèse Arcens Somé estime que celui-ci doit commencer par renouer les liens avec sa famille. Après l’incarcération d’un individu, il n’est pas rare de constater que les relations familiales s’amenuisent au fil du temps. « Les enfants de détenus éprouvent des sentiments de crainte, de honte, de culpabilité et ils se sentent dévalorisés », fait remarquer la formatrice. Même s’il n’existe pas de dispositif particulier pour accompagner les familles des détenus, elle note que ces derniers peuvent bénéficier de « permissions, de la semi-liberté, etc. » Cela leur permet de garder le contact avec les membres de la famille et de resserrer les liens par ricochet.

Au-delà de la théorie, il est prévu des travaux de groupes sur les différents modules. Le plus attendu est sans doute la simulation de l’administrateur des affaires sociales Jean Martin Dabiré. Cette simulation va consister en un jeu de rôles axé sur des scènes de vie en milieu pénitentiaire. L’objectif est d’amener chacun à avoir une perception de sa façon de travailler.

La porte n’est pas fermée

Même si cette formation à l’endroit des GSP va être démultipliée au sein des établissements pénitentiaires, il reste moins que les détenus auront besoin d’être outillés véritablement pour qu’à leur sortie, la réinsertion puisse se faire aisément. A ce propos, le directeur de l’INSS, Ludovic Kibora, a déclaré que d’autres structures peuvent appuyer ces détenus en leur offrant le kit minimum pour démarrer leurs activités. L’INSS est donc ouvert à d’autres soutiens pouvant impacter la vie des futurs ex-prisonniers.

Herman Frédéric BASSOLE
Lefaso.net


Le Projet en bref

Conçu et élaboré par le Département socio-économie et anthropologie du développement (DSEAD) de l’INSS, en partenariat avec la Direction de la production pénitentiaire (DPP), le projet « Réinsertion socioéconomique des détenus par l’amélioration des circuits de commercialisation de la production céréalière dans les maisons d’arrêts et de correction de Ouagadougou et Koudougou » a été retenu dans le cadre de l’appel à proposition du Fonds compétitif national du Programme de Productivité Agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO). Il est financé à hauteur de 34.990.542F CFA sur une durée de trois ans. Son objectif est de renforcer les capacités des détenus dans la connaissance et la maitrise des techniques de production et des circuits de commercialisation des productions céréalières. Pour ce faire, l’INSS bénéficie de l’expertise d’un partenaire qu’est l’Institut National de l’Environnement et des Recherches Agricoles (INERA).

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