Soutenance de thèse de doctorat unique : Assonsi SOMA décortique la problématique des risques d’inondation dans la ville de Ouagadougou

mardi 23 février 2016 à 22h00min

En vue de l’obtention du grade de Docteur en Géographie, Assonsi SOMA a défendu avec succès, le 15 décembre 2015 à l’université de Ouagadougou, sa thèse sur le thème : « Vulnérabilité et résilience urbaines : perception et gestion territoriale des risques d’inondation dans la ville de Ouagadougou ».

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Soutenance de thèse de doctorat unique : Assonsi SOMA décortique la problématique des risques d’inondation dans la ville de Ouagadougou

La réflexion de l’impétrant résulte du fait que les risques, de toute nature, et les catastrophes qui en découlent, sont de plus en plus au centre des préoccupations internationales et nationales, tant dans les champs scientifiques, politiques qu’auprès du grand public. Le thème est d’actualité, au regard de la récurrence des problèmes liés aux inondations, mieux vécus à travers les situations d’urgence qui en résultent et auxquelles doivent faire face de grandes agglomérations urbaines dans la sous-région comme Ouagadougou, Cotonou, Bamako, Dakar, Abidjan, Accra, Lomé, etc. et ailleurs dans le monde.

Pour ce qui est de la ville de Ouagadougou, objet de l’étude, l’impétrant est parvenu à des résultats forts intéressants,après quatre années de recherche sous la direction du professeur Georges COMPAORE, Maître de Conférences au département de Géographie de l’université de Ouagadougou. Fondée aussi bien sur la recherche fondamentale que sur la recherche opérationnelle, la démarche méthodologique de l’impétrant est beaucoup plus orientée vers l’analyse multicritères et multidisciplinaires, avec une application des outils géomatiques pour mieux appréhender la gestion territoriale des risques d’inondation.

Le déclic de sa réflexion, ce sont les inondations du 1er septembre 2009, suite à une pluie diluvienne de 263 mm en moins de 12 h, qui a causé de nombreux dégâts dans tous les secteurs d’activités et des pertes en vies humaines dans la ville. Depuis lors et bien avant cet évènement, la ville connaît de plus des catastrophes liées aux inondations, face auxquelles les différents acteurs tentent autant que faire se peut, d’apporter des réponses.

De là est apparue la question fondamentale suivante de la recherche : La ville de Ouagadougou présente-t-elle un niveau d’exposition élevé aux risques d’inondation qui sont différemment perçus et gérés par les acteurs ?

L’objectif global de la thèse est d’analyser l’exposition de la ville de Ouagadougou aux risques d’inondation, qui sont différemment perçus et gérés par les acteurs de la ville. L’hypothèse principale laisse entrevoir que du fait de la croissance urbaine, la ville de Ouagadougou est exposée à des risques d’inondation, qui sont différemment perçus et gérés par les acteurs.

Des résultats auxquels il a abouti, il ressort d’abord que la ville de Ouagadougou qui compte environ 2 000 000 d’habitants répartis sur une superficie de 52 000 ha en 2014, se développe à travers un « chassé-croisé » entre croissance démographique et étalement spatial sans une véritable politique d’aménagement et de viabilisation de l’espace urbain. Une cartographie a permis de mettre à nu les différentes zones exposées aux risques d’inondation afin de mesurer leurs niveaux de vulnérabilité et les facteurs qui en sont à l’origine.

Il ressort ensuite que la vulnérabilité de la ville aux risques d’inondation est liée à des facteurs d’ordre naturel (changement climatique) et humain (incivisme dans l’occupation de l’espace). Les conséquences qui en découlent sont assez perceptibles, se penchant sur les inondations du 1er septembre 2009 pour en mesurer leur portée.

De la perception des risques d’inondation, il résulte des éléments d’analyse auprès des différents acteurs, une position divergente vis-à-vis de la construction des risques et l’érection des préoccupations à faire valoir ou non dans l’élaboration de politiques publiques qui sous-tendent leur gestion.

Aussi, des différentes postures rencontrées dans le rapport des acteurs de la ville avec les risques d’inondation concomitamment avec les actions d’aménagement et de gestion des zones à risque, d’adaptation et de résilience, l’impétrant note dans l’ensemble, une précarité des actions entreprises. La conclusion tirée est que la ville de Ouagadougou est très vulnérable aux risques d’inondation et manque également de stratégies claires d’adaptation et de résilience, avant, pendant et après une inondation.

Du coup, l’impétrant suggère le développement d’un certain nombre d’actions proactives et réactives pour faire face aux risques, aux catastrophes et assurer la résilience des populations face aux inondations. Il préconise ce faisant, une organisation institutionnelle et réglementaire de la gestion des risques d’inondation, des outils d’aide à la décision et des stratégies et mesures d’adaptation et de résilience pour les populations, notamment l’élaboration et la mise en œuvre d’un Plan de gestion, d’un observatoire et d’un projet de Système d’information géographique sur les zones à risque d’inondation.. Ces propositions visent à accompagner ou orienter les acteurs de la ville dans la gestion territoriale des risques d’inondation.

La thèse de l’impétrant est un document de 418 pages, réparti en 03 parties structurées en 6 chapitres, en plus de la problématique, de la méthodologie et des annexes.Le texte est enrichi de 51 tableaux, un ensemble de 26 cartes, 12 graphiques, 19 schémas et 21 planches photographiques, servant de support à la description des faits saillants et à l’analyse des résultats.

Au regard des résultats auxquels l’impétrant est parvenu et de la qualité de sa prestation orale, le jury présidé par le Professeur Kwami Gabriel NYASSOGBO (Université de Lomé) et composé du Professeur Wonou David OLADOKOUN (Rapporteur, Université de Lomé), du Professeur Ollo Koulanswonté Frédéric PALE (Examinateur, Université de Ouagadougou) et du Professeur Georges COMPAORE (Directeur de thèse, Université de Ouagadougou), lui a décerné la mention très honorable et l’a fortement incité à poursuivre sa réflexion notamment dans le sens de la recherche opérationnelle et fondamentale.

En sus, l’impétrant a bénéficié d’une série de formations et d’appuis complémentaires ayant servi à la rédaction de la thèse, notamment au Mali, en Suède, au Bénin, au Pays-Bas et en République de Chine Taïwan. Il a également fait des publications de deux articles et participé à une étude internationale sur la prise en compte de la dimension climatique dans les stratégies de développement urbain dont le rapport a été publié par ONU-Habitat en collaboration avec Cities Alliance et conduite par l’Institut international d’études sur les établissements humains (Pays-Bas).

Bon vent au Docteur SOMA.

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